Nintendo Switch

Annoncée officiellement en décembre 2016, après des mois de rumeurs diverses et variées, la Nintendo Switch sortait enfin le 3 mars dernier, accompagnée d’un line-up pas forcément avantageux, si ce n’est du côté d’un The Legend of Zelda : Breath of the Wild que la planète jeu vidéo retiendra sans doute. Une raison parmi tant d’autres qui en poussent certains à se désintéresser de celle qu’on appelait jusqu’à il y a peu le projet NX, avec ses capacités techniques effectivement en deçà de celles des consoles de salon de dernière génération de Sony et Microsoft. S’il est indéniable que sur ce point Big N n’est pas au niveau, on commence à en avoir l’habitude avec le constructeur japonais, est-ce pour autant une raison suffisante pour délaisser totalement la Switch ? C’est ce que nous allons essayer de voir.

Alors bon, je ne vais pas vous le cacher, personnellement j’ai précommandé la console dès que j’ai pu, ayant été fortement emballé par la première vidéo que Nintendo diffusait en décembre dernier, et ensuite par la présentation de la machine courant janvier. D’une certaine façon ça fait de moi un petit mouton, mais surtout il m’était difficile d’être un minimum objectif dans les premiers jours d’utilisation, qui m’ont clairement emballés. Parce que oui, rentrons directement dans le vif du sujet, il est clair que le concept est vraiment chouette, et je l’ai pris au mot : on commence une partie sur notre télévision, et lorsque vient l’heure de partir de chez soi, pour aller travailler ou en vacances par exemple, il suffit de retirer la tablette de son socle et l’on peut continuer sa partie où l’on veut. Sur le papier c’est vraiment cool, puisque, premièrement, c’est du jamais vu, et deuxièmement les capacités techniques de la tablette sont plutôt intéressantes.

Certes, et j’ai entendu cet argument dans pas mal de discussions, la tablette (qui est la console, je le rappelle) n’est pas au top en terme de technologie. Elle tourne en 720p et dispose de capacités sympathiques, ce qui en fait jusqu’ici la console portable la plus puissante du marché, mais reste que la plupart des surfaces récentes la mette à l’amende sans problème. Le 1080p s’est totalement démocratisé dans le monde de la tablette tactile, et certains supports disposent même d’écrans 4K. En terme de taille, ce n’est pas ça non plus, puisque l’écran en lui même fait grosso modo la taille d’une PlayStation Vita (de la console en elle-même, entendons nous bien), ce qui est loin, très loin de ce que proposent les constructeurs de surfaces tactiles. Donc, effectivement, si l’on assimile la Nintendo Switch à une simple tablette, avec quelques fonctionnalités en plus, il est clair qu’elle ne fait pas le poids face à ce que propose la marché actuel. Mais…

The Legend of Zelda : Breath of the Wild… clairement le must have de la console

Mais le fait est que si on la prend pour ce qu’elle est, c’est à dire une console de jeu, hybride de surcroît, alors c’est autre chose. En effet, en comparaison à une tablette, l’écran n’est certes pas très grand, mais pour y avoir passé de nombreuses heures je peux vous assurer qu’il est largement suffisant. Personnellement, je trouvais déjà celui de la Vita assez large, alors celui de la Switch n’en parlons pas. D’autant que, malgré la très maigre bibliothèque de la console qui ne nous laisse que peu d’éléments de comparaison, tout ce qui tourne jusqu’ici dessus est plutôt joli, et même plus beau que sur TV en un sens. Prenons Breath of the Wild comme exemple : celui-ci tourne en 900p sur une télévision, et souffre de chutes de framerate diverses et de quelques bugs visuels ; la tablette, quant à elle, offre des parties beaucoup plus fluides, pas dénuées de bugs certes mais pas loin, et, un comble, une distance d’affichage qui semble plus importante.

Nintendo l’avait dit, puis l’a répété, la Switch n’a pas été conçue dans l’optique de concurrencer la PlayStation 4 et la Xbox One en terme de technique pure. Ça commence à être une habitude chez le constructeur, qui ne propose plus aucun support égal à ses concurrents directs depuis la Gamecube (jamais je ne t’oublierai !), mais au final faut-il y voir un détail gênant ? La réponse dépend évidemment de chacun, mais pour ma part, ce n’est pas pour leur puissance que j’achète des consoles Nintendo, mais bien pour tout ce qu’elles offrent derrière. Cela comprend bien sûr (puisque je suis un fanboy, comme beaucoup d’autres) la bibliothèque de jeux estampillés Big N (avec du Mario et du Zelda bien entendu, mais pas seulement : à quand un retour de Metroid par exemple ?!), mais aussi, depuis la DS (une console excellente il faut le reconnaître) une nouvelle façon de jouer. Et sur ce point, la Switch cumule quasiment tout ce que le constructeur japonais a inventé de cool ces dernières années.

Super Bomberman R, une petite déception…

Reste des problèmes d’ergonomie, dont la presse a pas mal parlé avant la sortie de la console, notamment la taille ridicule des Joy-Con une fois détachés de la console ou de la manette. Jouer avec les deux, comme s’il s’agissait de Wii Mote et Nunchuck par exemple, ne pose pas particulièrement de problème, mais dès lors qu’il s’agit de ne jouer qu’avec un seul lors d’une partie multi, c’est une autre histoire. J’ai pu l’expérimenter lors de nombreuses sessions de Super Bomberman R, et je peux vous assurer qu’on ne met pas longtemps avant de souffrir des pouces, et plus généralement des mains. Idem, pour ce genre de jeu qui nécessite tout de même une certaine précision et de la réactivité, les Joysticks ne sont pas tout à fait adaptés, et ne permettront pas de nous déplacer de manière aussi fluide et aisée qu’un pad classique. Le point positif reste que, en dehors de ces problèmes, la console est tout de même livrée avec deux manettes, et ça c’est vraiment chouette !

Quelques soucis subsistent aussi du côté de la connexion internet, qui affiche parfois quelques ralentissements, par exemple lors de parties online de Super Bomberman R ou de Fast RMX. Idem, j’ai parfois eu du mal à envoyer des captures d’écran sur le web, alors que je me trouvais dans la même pièce que ma box. Des points de détail qui seront sans doute corrigés dans les semaines à venir, avant que le mode en ligne payant ne soit lancé. Un service dont je ne parlerai pas amplement ici, puisque ce dernier n’arrive pas avant quelques temps. Toutefois, permettons nous un petit arrêt sur ceci : contrairement à ses homologues sur les consoles de Sony et de Microsoft, celui de Nintendo ne permettra pas d’obtenir gratuitement de nouveaux jeux et de les conserver. Non, Big N a plutôt fait le choix d’offrir la possibilité aux joueurs d’acquérir, pendant un mois, un titre Nes ou Super Nes, qui disparaîtra purement et simplement au début du suivant… un concept pas inintéressant, mais soyons honnêtes, la concurrence propose mieux.

Fast RMX, ou LA bonne surprise du lancement de la Switch

J’aborderais, pour finir, brièvement les divers problèmes dramatiques que certains joueurs ont pu rencontrer ces deux dernières semaines. Pour commencer, parlons du fameux écran bleu… les symptômes ? Votre écran scintille en blanc quelques temps, puis d’un coup, paf, il n’affiche plus qu’un poster bleu, tandis que la console refuse de se relancer. C’est un problème pour le moment incurable, mais visiblement excessivement rare, et heureusement on a inventé les garanties pour ça ! Le vrai problème provient pour le moment des Joy-Con, qui ont parfois du mal en mode salon (lorsque la tablette est dans son socle). Il arrive en effet que certaines consoles perdent le signal des manettes quelques instants, ce qui peut se révéler fatal dans une partie de Fast RMX ou contre un boss dans Breath of the Wild. Un souci sur lequel Nintendo ne s’est pas encore exprimé, mais qui toucherai pas mal de monde, le système de connexion bluetooth étant en cause. Enfin bon, quelle console n’a pas eu de soucis à son lancement ? Ne prenons pas tous ces cas pour des généralités.

En définitive, la Switch aura un intérêt radicalement différent selon l’utilité que vous en aurez. Prise en tant que simple console de salon, ses seuls points forts sont le fait qu’elle soit livrée avec deux manettes, et bien sûr les licences exclusives Nintendo… Mais en soi l’achat en serait dispensable, surtout aujourd’hui, alors que sa bibliothèque est encore minuscule ; autant se procurer une PS4 ou une One dans ce cas. Prise en tant que console portable toutefois, il faut reconnaître qu’elle gagne tout de suite en intérêt. D’abord parce que ses capacités sont sympathiques, même si pas du niveau de la plupart des tablettes (mais passons), parce que le multijoueur fonctionne de la même façon que sur une TV, et enfin parce qu’en rentrant chez soi il sera possible de reposer la Switch sur son socle pour continuer sa partie sur un plus grand écran. Parce que c’est bien là son plus grand intérêt : il s’agit d’un support hybride, qui permet à la fois de jouer sur sa TV, et partout ailleurs. Ainsi, si la console vous intéresse, et que vous êtes plutôt joueur salon, l’achat sera véritablement dispensable. Si vous bougez pas mal cependant, la portabilité de la Switch en fait une console vraiment très intéressante.