Bolloré OPA Gameloft
C’est la fin. La fin d’un feuilleton qui aura duré 8 mois. Une énorme bataille financière que se sont livré Gameloft, l’éditeur de jeux mobiles, filière d’Ubisoft, et Vivendi, géant du contenu et des médias, détenu par Vincent Bolloré. Les résultats sont tombés aujourd’hui. Sans surprise, Vivendi est le nouveau propriétaire de l’éditeur breton après une OPA couronnée de succès qui aura tenu le monde du jeu vidéo et de la presse en haleine. Cette histoire va plus loin qu’un simple rachat d’entreprise. Beaucoup craignaient que Gameloft perde son indépendance au profit d’un homme d’affaire très critiqué et n’y connaissant pas grand-chose au jeu vidéo malgré son passif (Activision-Blizzard, c’était Vivendi). Après huit mois de cette affaire, il est temps de revenir sur le retour de Vivendi dans le domaine du jeu vidéo et sa stratégie qui l’a amené ici aujourd’hui.

Vivendi gagnant

Pour commencer, restons dans l’actualité. C’est donc tout à fait officiel, après des rumeurs solides et sérieuses, Vivendi est désormais propriétaire de Gameloft. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a annoncé hier soir que le groupe de Vincent Bolloré détient 61,71 % du capital de l’éditeur de jeux pour mobiles et 55,61 % des droits de vote à l’issue de son offre publique d’achat (OPA) qui s’est terminée le 27 mai dernier. Aucune surprise dans cette annonce. En effet, dès le 24 mai dernier, Amber Capital, un des principaux actionnaires de Gameloft, avait revendu ses parts (14,62 %) à Vivendi, augmentant de ce fait la participation du géant français à 44 % du capital. Les 6 points restant pour obtenir 50 % de l’entreprise n’étaient que broutilles à récupérer. La seule chose qu’on attendait, c’était de savoir à combien s’élevait au final la participation de Vivendi au capital de Gameloft.

61,71 % est encore un chiffre non fixe puisque l’offre rouvrira, comme la coutume le veut, pendant 10 jours, pour laisser aux autres actionnaires ne s’étant pas décidés, le temps de revendre, ou non, leurs actions au nouveau propriétaire. La question qui se pose désormais aujourd’hui est : que vont faire les frères Guillemot et notamment Michel, ancien directeur de l’éditeur ? Le plus logique serait que la fratrie remonte une entreprise à part en emmenant avec eux les créatifs de Gameloft qui avaient menacé de partir si l’éditeur tombait aux mains de Bolloré. Sinon, les frères peuvent se raccrocher à l’infime espoir d’une décision de la Cour d’appel de Paris en leur faveur. Les frères Guillemot avaient en effet déposé un recours qui avait refusé un sursis à exécution, qui aurait gelé l’offre. Mais la Cour doit encore se prononcer sur le fond. Voilà pour l’actualité. Il est maintenant temps, pour vous qui avez soit raté l’affaire, soit oublié, de vous rafraîchir la mémoire.

La mauvaise image entre dans le capital

Yves Guillemot Ubisoft

Yves Guillemot, fondateur et président d’Ubisoft

C’est le 14 octobre 2015 que l’on apprend au détour de quelques news que Vivendi, géant français des médias, entre subitement au capital d’Ubisoft et Gameloft, entreprises des frères Guillemot. Le géant de Vincent Bolloré s’est donc approprié respectivement 6,6 et 6,2 % du capital des sociétés représentant 7,36 millions d’actions Ubisoft achetées pour plus de 140 millions d’euros, et 5,24 millions d’actions Gameloft acquises pour 19,7 millions d’euros. Des achats qui ont pu être possibles grâce à la trésorerie du groupe de Vincent Bolloré.
L’information aurait pu paraître banale si Bolloré n’avait pas remué la sphère médiatique depuis son acquisition de Canal + et de ses choix douteux concernant la chaîne cryptée. Il avait en effet, pendant l’été 2015, décidé de remanier le Grand Journal, émission phare de la chaîne, et de mettre de côté, de façon pas très subtile, les Guignols de l’Info, qu’il jugeait trop critique et satirique à son goût. Ce n’est pas tout puisqu’il avait réussi à faire interdire peu avant, une émission de Special Investigation dédiée aux fraudes et aux évasions fiscales. Des décisions qui avaient provoqué l’indignation de la presse et du public. Un tel homme décidant d’entrer au capital des plus grandes sociétés de jeux vidéo françaises ne pouvait être vu autrement qu’avec un œil circonspect.
Gameloft a décidé de prendre la parole dès le lendemain de cette annonce, en affirmant : « Nous prenons acte de cette prise de participation de Vivendi qui n’a pas été sollicitée ». Autre raison de douter du bien possible apporté par une entrée de Vivendi au capital, le groupe détenait Activision-Blizzard quelques années auparavant. Selon les informations qui ont pu être relayées, Bobby Kotick, le PDG de l’éditeur américain, ne s’est jamais entendu avec Vivendi ni n’a jamais eu le même point de vue qu’eux. Si bien qu’il a risqué d’être renvoyé en mai 2014 alors qu’il tentait de racheter la majorité des actions de Vivendi dans son entreprise.

Le 21 octobre, c’est au tour d’Yves Guillemot, président d’Ubisoft, de faire une déclaration par rapport à l’arrivée de Vivendi dans le capital de sa société éditrice.

« Notre intention est et a toujours été de rester indépendant, une valeur qui, depuis 30 ans, nous a toujours permis d’innover, prendre des risques, créer des franchises appréciées par les joueurs à travers le monde, ce qui a permis à la compagnie de devenir le leader qu’elle est aujourd’hui. Nous allons nous battre pour préserver notre indépendance. Nous ne devrions pas laisser cette situation – pas plus que les futures actions de Vivendi ou autres – nous distraire de notre but. Notre meilleure défense est de rester concentré sur ce que nous avons toujours fait de mieux – livrer des expériences de jeu les plus originales et mémorables. »

Bobby Kotick PDG d'Activision Blizzard

Selon Bobby Kotick, PDG d’Activision-Blizzard, les années Vivendi ont été les pires de son entreprise

Une déclaration qui a tout fait, sauf calmer les ardeurs de Vivendi qui revient à la charge dès le lendemain en déclarant détenir désormais 10,39 % du capital d’Ubisoft et 10,20 % des actions de Gameloft. Le groupe du breton Bolloré a déjà dépensé 244 millions d’euros pour Ubisoft et 34,41 millions pour Gameloft. L’inquiétude commence alors à se faire sentir. Le possible rachat d’une des sociétés par « des personnes qui ne comprennent pas notre expertise et ce qu’il faut pour réussir », selon Yves Guillemot, fait s’interroger nombre de personnes sur la pérennité des jeux à moins gros budget, laissant à la part belle à la créativité (Child of Light, Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre) mais ne se vendant pas autant que les blockbusters.
Quatre jours plus tard, le 26 octobre, Vivendi se fend d’un communiqué public précisant ses intentions. « Le groupe envisage de poursuivre ses achats en fonction des conditions du marché. Ces achats n’ont pas été spécifiquement conçus comme une étape préparatoire à un projet de prise de contrôle d’Ubisoft et Gameloft. Néanmoins, sur les six prochains mois, Vivendi ne peut pas écarter la possibilité d’envisager un tel projet ». Il n’en faut pas plus pour alarmer les professionnels de l’industrie qui se sentent tout sauf soulagés après une telle déclaration. En effet, Vivendi essaie de tempérer en annonçant qu’aucune décision ne sera prise dans les semaines qui viennent mais le fait qu’un projet d’acquisition des entreprises n’est pas à écarter dans les six mois qui suivent a de quoi refroidir.

 

Le « petit » Gameloft dans le collimateur

Quelques semaines passent sans plus aucunes nouvelles. Mais c’est à partir du 12 novembre que les choses vont s’accélérer. Il est désormais clair que Vivendi a une stratégie pour acquérir une des deux entreprises des Guillemot, en l’occurrence Gameloft, la branche mobiles. Si le groupe n’augmente sa participation chez Ubisoft que de 0,42 points (de 10,39 % à 10,81 %), il s’implante de plus en plus dans le capital de Gameloft en augmentant sa participation à 15,98 % (+5,78 points). A peine dix jours plus tard, Vivendi continue son avancée au capital des éditeurs bretons. On apprend le 23 novembre que le groupe de Bolloré détient désormais 17,34 % des actions de Gameloft, soit une augmentation de 1,36 point.
Du côté d’Ubisoft, les choses s’activent également puisque Vivendi annonce détenir 11,52 % des parts de l’éditeur et dépasse donc les 10 % des droits de vote. Un seuil symbolique qui fait redouter encore plus une vague agressive qu’il ne sera plus possible de stopper. Trois jours plus tard, les Guillemot se décident enfin à contre-attaquer. Ils augmentent leur participation au capital de Gameloft à 15,64 % pour 23,82 % des droits de vote, grâce à la trésorerie de leur holding Guillemot Brothers SE qui regroupe toute la fratrie bretonne composée de Yves, Michel, Christian, Claude et Gérard. Vivendi reste cependant le premier actionnaire de l’entreprise sans pour autant posséder le plus de droits de vote. L’Autorité des marchés financiers (AMF) avait publié juste avant un avis indiquant que les membres du concert établi par la famille Guillemot « n’envisagent pas de prendre le contrôle de Gameloft, mais ne s’interdit pas de le faire et prendra les mesures nécessaires pour éviter une prise de contrôle rampante (prise de contrôle d’une entreprise cotée en bourse sans toutefois proposer à l’ensemble des actionnaires une offre sur la totalité du capital avec une prime de contrôle) par des personnes qui pourraient remettre en cause la stratégie et la vocation mondiale de Gameloft au détriment de l’intérêt de la société et de tous ses actionnaires ».
Il est donc encore une fois rappelé ici que l’intrusion de Vivendi dans le capital de Gameloft et Ubisoft n’a jamais été voulue et que les dirigeants des entreprises s’y opposaient totalement. Le 7 décembre, les choses évoluent en faveur de Vivendi qui annonce détenir 26,69 % des actions de Gameloft. Le groupe de Vincent Bolloré se rapproche inexorablement des 30 %, barre au dessus de laquelle une offre publique d’achat (OPA) est obligatoire. Parallèlement les Guillemot ont encore augmenté leur participation au sein de l’éditeur de jeux mobiles à 16,63 %, trop peu pour espérer faire de l’ombre à Vivendi.

Bolloré couverture Stratégie

Vincent Bolloré a fait l’objet d’un montage sur la couverture d’un numéro de Stratégies à l’époque

Dans une interview parue sur le site du Figaro le 18 février, Yves Guillemot, président d’Ubisoft, alors à Londres pour établir ses plans auprès des actionnaires et les rassurer par la même occasion, confirme que Vivendi n’a jamais chercher à faire les choses de manière douce et constructive. « Nous avons demandé à avoir des précisions par écrit sur leurs intentions et sur les synergies potentielles entre nos deux groupes. A ce jour, nous n’avons pas eu de réponses. La première étape dans une alliance, c’est d’apprendre à se connaître. […] La méthode du contrôle rampant n’est satisfaisante ni pour nos actionnaires, ni pour nos employés ».
Ce même jour, un peu plus tard, Vivendi fait l’annonce tant redoutée, le groupe a dépassé les 30 % de participation au capital de Gameloft, l’obligeant à lancer une OPA. Ce projet, déposé auprès de l’AMF, propose un rachat de la société à hauteur de 6 euros par action alors que, le jour même, le prix de celles-ci sur le marché s’élève à 5,48 euros. Une annonce bien sûr déposée non sans hasard puisque, comme expliqué précédemment, Yves Guillemot tentait de rassurer les actionnaires. Vivendi avance l’intention de se positionner en « leader mondial des contenus et des médias » selon Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire. Un choix logique de se tourner vers Gameloft puisque les différentes études indiquent que les recettes liées au jeu vidéo sur mobiles dépasseraient très bientôt les recettes du jeu vidéo console et PC. L’éditeur mobiles a en plus annoncé que son chiffre d’affaires avait augmenté de 13 % en un an et comptait continuer sur cette lancée.

L’avenir inquiète

Yves Guillemot décide de se préparer au pire et regarde déjà vers le futur, où Vivendi pourrait décider de prendre le contrôle d’Ubisoft après Gameloft. Le 26 février il décide de se tourner vers les actionnaires canadiens pour essayer d’obtenir leur soutien, en leur avançant l’utilité de leur implantation au Canada (plus de 3000 salariés dans tous les pays tout de même). D’un autre côté, Vivendi a dû faire face à plusieurs problèmes. Tout d’abord une hausse drastique en une semaine du prix de l’action. En effet, celui-ci s’élevait à 5,48 euros lors de l’annonce de l’OPA (qui proposait 6 euros pas action) pour enfin arriver à 7 euros le 26 février. Une réaction des actionnaires qui désirent, selon les experts, faire grimper l’offre de Vivendi et la rendre plus intéressante plus que soutenir Gameloft en essayant de dissuader Bolloré.
Ensuite, les créatifs de l’éditeur mobiles se sont exprimés en défaveur d’une prise de contrôle possible de leur entreprise. Beaucoup ont menacé de partir voir ailleurs si cela avait lieu. Toujours ce même jour, les actionnaires de Gameloft s’étaient réunis pour discuter sérieusement de cette OPA. La réponse de cette concertation est tombée le lundi 29 février, la majorité des actionnaires refuse l’OPA la jugeant « contraire à l’intérêt de Gameloft, de ses actionnaires, de ses salariés et de ses clients ».
Sur son site, Gameloft explique les différentes raisons de ce refus. Des raisons qui ont déjà pu être avancées par le passé mais qui y sont expliquées plus précisément. L’éditeur avance la complète absence de relationnel industriel de ce projet de rapprochement, l’indépendance à long terme souhaitée par la société et un projet d’OPA non bénéfique à 6 euros par action alors que le prix réel est de près de 7 euros. A cette époque, rien ne nous prépare à ce qui est arrivé aujourd’hui, la balle semble être dans le camp de Gameloft. Mais le monde de la finance n’est pas une science exacte. Vivendi n’a pas attendu très longtemps pour réagir à cette annonce. Dès le lendemain, le géant dit détenir 15,66 % d’Ubisoft et relève le prix par action de son projet d’OPA à 7,20 euros (le même jour, l’action Gameloft est cotée à 7,34 euros).

 

Une semaine plus tard, on apprend que Vivendi est repassé sous la barre des 30 % du capital. Les frères Guillemot ont en effet décidé d’émettre de nouvelles actions de leur société. Ils en ont également profité pour en acquérir de leur côté, faisant monter leur part à 21,10 % et 29,13 % des droits de vote. Le vendredi 18 mars, l’AMF décide, après examen de la proposition, d’autoriser le projet d’OPA à 7,20 euros par action qui s’ouvre alors le lundi suivant et se terminera le 27 mai.
De nombreux analystes pensent que, même si ce projet est encore en dessous du véritable prix de l’action (7,34 euros alors), Vivendi est susceptible de l’augmenter encore. Michel Guillemot n’est pas d’accord avec cette décision et a l’intention de lancer un recours auprès de la Cour d’appel de Paris. Un recours, qui, comme nous vous l’expliquions au début de ce dossier, a été refusé. Mais ce n’est pas tout, Gameloft décide quelques jours plus tard de réunir une nouvelle fois son conseil d’administration.
Une note d’intention est envoyée à l’AMF pour préciser en quoi cette OPA n’est absolument pas profitable pour Gameloft. La note avance de nombreux arguments allant contre une prise de contrôle de la société par le groupe de Vincent Bolloré. Le but ? Dénigrer Vivendi et le faire passer pour le grand méchant. Voici ce qu’on peut lire :

« Le conseil d’administration a également noté que la manière avec laquelle Vivendi est entrée au capital de Gameloft, ainsi que le lancement d’une offre publique hostile, sont de nature à déstabiliser la Société et ses équipes, portent directement atteinte à la mise en œuvre de sa stratégie, et causent un grave préjudice aux actionnaires qui ont vendu leurs actions à Vivendi préalablement au dépôt de l’Offre sur la base de déclarations d’intention non conformes à la réglementation, ainsi qu’aux actionnaires restants du fait de l’atteinte portée au principe fondamental de libre jeu des offres et des surenchères. »

Un futur combat à prévoir

Michel Guillemot PDG Gameloft

Michel Guillemot, président de Gameloft, semble vouloir démissionner

Parallèlement à cette affaire,  Vivendi continue de se pencher vers Ubisoft en augmentant ses parts à 17,7 % et en réclamant une place au conseil d’administration de l’éditeur d’Assassin’s Creed et Rayman. Yves Guillemot n’est pas dupe et déclare que « [Cela] confirme la stratégie habituelle de contrôle rampant du groupe Vivendi, qui annonce qu’il n’a pas l’intention de prendre le contrôle de la société Ubisoft, tout en augmentant régulièrement sa participation et en préparant une offensive lors de la prochaine assemblée générale ». Il y est fait référence, bien sûr, aux premières déclarations de Vivendi lorsque l’affaire a commencé.
De plus, l’entrée d’un actionnaire extérieur serait une première chez Ubisoft, le CA étant composé seulement des cinq frères et de quatre personnes indépendantes. Bref, la menace d’une OPA hostile se fait sentir également sur Ubisoft. Le 20 mai va constituer un tournant majeur pour Gameloft. Vivendi annonce avoir acquis de nouvelles actions au prix de 8 euros. Cette décision entraîne automatiquement de la part de l’AMF l’élévation du projet d’OPA à 8 euros par action. Pour la première fois, cette proposition est supérieure au prix du marché de l’action qui était ce jour-là à 7,98 euros. La stratégie offensive porte enfin ses fruits.
On apprend le 24 mai qu’un des principaux actionnaires de Gameloft, le Britannique Amber Capital, a décidé de revendre ses participations (14,62 %) à Vivendi. Le groupe de Vincent Bolloré possède alors 44 % de l’éditeur à trois jours de la fin de l’OPA. A ce stade, tous les analystes annoncent la victoire de Vivendi. En effet, cette cessation des parts d’un gros investisseur a décidé de nombreux petits actionnaires qui abandonnent et revendent leurs actions. Lorsque l’OPA se termine, vendredi dernier, Vivendi en est à 47 % de participation. Les rumeurs vont alors bon train en attendant les résultats définitifs qui sont tombés hier soir. Tout le monde annonce, sans le moindre doute, la victoire de Bolloré. C’est donc chose faite. Vivendi est le nouvel actionnaire majoritaire de Gameloft avec au moins 61,71 % des parts de l’entreprise et surtout 55,61 % des droits de vote.

C’est donc une affaire tendue qui se termine aujourd’hui par, diront certains, la victoire du capitalisme et des méchants patrons. Mais telle est la loi de la finance et des marchés. Il faut malheureusement faire avec ce genre de déconvenue lorsqu’une société décide de devenir publique. Le 29 juin prochain, l’assemblée générale devra nommer la majorité des administrateurs de Gameloft, des candidats bien sûr proposés par Vivendi. Selon Bloomberg, qui possède des sources proches du dossier, Michel Guillemot, actuel PDG de Gameloft, serait sur le point de donner sa démission. Et Ubisoft dans tout ça ? Il est à prévoir que Vivendi va attendre un peu avant de se décider, mais il est évident que le groupe de Vincent Bolloré ait encore des vues sur l’éditeur breton. L’affaire n’est donc surement pas terminée, au contraire, il ne serait pas étonnant qu’elle ne fasse que commencer.

Graphique OPA Gameloft

L’évolution du prix de l’action Gameloft depuis un an. Source : Bloomberg

Sources : jeuxvideo.com, Bloomberg, boursier.com, AMF, Les Echos, Le Figaro, AFJV, NextImpact, Les Numériques