La rentabilité des cartes

La rentabilité des cartes

Worth it?

Bonjour à tous, aujourd’hui nous aborderons une nouvelle série de dossiers touchant au célèbre jeu de Blizzard: Hearthstone, ceux-ci plus à destination des néophytes qu’aux pro-gamers. Le programme du jour traitera donc d’un point important pour la construction du deck : est ce qu’une carte est rentable ou non ? Ce guide se tourne plus vers la gestion du deck d’arène que pour la construction.

Minions,

Commençons par les serviteurs. Pour savoir si un monstre est rentable, il faut prendre en compte plusieurs points : le coût de la carte, sa valeur d’attaque et ses points de vie. Il suffit de faire l’addition entre les points d’attaque et les points de vie (allez-y mollo, attention au claquage cérébral). J’appellerai ça le coût réel de la carte. Comparez ce nombre avec le double du coût de la carte. Si le coût réel dépasse le double du coût affiché, alors la carte peut être considérée comme rentable par rapport à son coût. Prenons un exemple simple pour illustrer mon propos : le raptor rougefange.

Raptor rougefange

Si l’on ajoute ses points d’attaque à ses points de vie, on obtient 5, c’est-à-dire son coût réel. Son coût étant de 2, le double (4) est donc inférieur à son coût réel, la carte est donc rentable.
Petit exercice à faire chez vous, calculez le coût réel du yeti Noroît et de l’ogre Rochepoing, puis trouvez si ces cartes sont rentables. Bon, en version rapide, les 2 cartes sont rentables (9 contre 8 pour le yéti et 13 contre 12 pour l’ogre).

Yéti noroît Ogre rochepoing

Il est aussi utile de préciser que pour les petites cartes, il est préférable d’avoir plus de points de vie que de points d’attaque. Par exemple le raptor se fera tuer par une créature à 2 points d’attaque, mais lui ne coutant qu’un cristal de mana, comme un gnome lépreux. On privilégiera donc un crocilisque des rivières, qui pourra éliminer le gnome lépreux, puis une autre créature. Cela permet donc de gérer 2 monstres avec un seul des vôtres : c’est ce qu’on appelle le card advantage. Ce principe repose sur une loi simple : utiliser moins de cartes que votre adversaire, ce qui vous laisse une avance en nombre de cartes utilisables.

Vous suivez toujours ? Parfait! Compliquons maintenant un peu l’équation en rajoutant les effets des serviteurs. Premier exemple : le clerc du soleil brisé. Si l’on ne tient pas compte de son effet, son coût réel est inférieur au double de son coût indiqué. Toutefois, si l’on considère son effet, on peut assimiler cette carte à une 4/3 pour 3 de mana, ce qui fait d’elle une carte rentable. Un autre exemple est le golem des moissons. Là aussi, le monstre seul n’est pas rentable, mais par l’invocation d’une seconde créature, on peut considérer la carte comme une 4/4, ce qui est très rentable. Le golem est aussi pratique, car votre adversaire devra éliminer 2 créatures coup sur coup, d’où un card advantage pour vous. Autre exemple : un meneur défias qui invoque son compagnon permet d’avoir 2 créatures en ayant utilisé qu’une seule carte. Vous prenez donc une avance d’une carte sur votre adversaire, c’est encore du card advantage. Un protecteur d’argent qui permet de sauver un serviteur allié vous permet de poser une créature de plus sur votre plateau, sans en perdre et en éliminant un monstre adverse, d’où là aussi un avantage pour vous.

Clerc du soleil brisé Golem des moissons

Autre point important, ce n’est pas tout de savoir si une carte est rentable, il faut aussi savoir si une autre peut être plus rentable encore que celle-ci. Si nous reprenons le raptor rougefange, on peut trouver de nombreuses autres créatures avec les mêmes caractéristiques (3 d’attaque, 2 PV et 2 en mana), mais avec des effets en plus, ce qui augmentent leur rentabilité. On peut citer à titre d’exemple le jongleur de couteaux, qui avec ses couteaux pourra infliger des points de dommage en plus, le limon des marais, qui détruira une arme adverse, ou le dragon féérique.

Méfiez-vous quand même de certaines cartes qui semblent très alléchantes : posez-vous toujours la question de savoir ce que va vraiment faire votre créature dans la partie. Je citerai pour exemple le guetteur ancien. 4/5 pour 2 : c’est une carte très rentable… si seulement elle pouvait attaquer. Pour libérer son potentiel, il faut soit utiliser un silence dessus, soit lui donner un effet de taunt pour forcer votre adversaire à la trade ou à utiliser un sort dessus. Néanmoins, cela signifie que vous allez avoir besoin d’une autre carte : évitez donc de vous tirer une balle dans le pied si cela ne fait pas partie d’une stratégie millimétrée.

Et maintenant, c’est le moment de compliquer un peu la donne (oui encore !). Il existe des serviteurs qui par leurs valeurs d’attaque, de points de vie et leur coût, ne semblent pas rentables, mais dont l’effet est surpuissant. Prenez la boite de pandore pour illustrer, cela n’a l’air de rien, mais une fois ouverte… Le drake azur peut être cité à ce niveau : en effet, il apporte une carte supplémentaire, c’est-à-dire du card advantage, et de la puissance des sorts en plus. Un commissaire priseur peut, s’il est bien joué, vous apporter un card advantage énorme, car lorsque vous lancez un sort, vous piochez une autre carte à la place et donc vous n’en perdez pas. Je peux vous citer encore le manipulateur sans visage, qui peut copier n’importe quelle carte (viens par ici petit ragnaros !). Le kodo déchainé vous permet de détruire gratuitement une créature adverse, sans perdre sa capacité de trade derrière, d’où du card advantage. Dans le même genre, une prêtresse de la cabale permet d’enlever un serviteur de l’adversaire et d’en générer un de son côté, ce qui fait coup double.

Weapons,

Passons maintenant aux armes, puis aux sorts. Concernant les armes, la notion de rentabilité est plus difficile à établir. Les armes sont rentables de manière générale, car elles permettent de contrôler le board sans devoir trade de monstre. On peut proposer comme formule de rentabilité pour les armes la suivante : multipliez la puissance de l’arme et sa durabilité. Cela est à comparer au double du coût de la carte (tiens ça me rappelle quelque chose…). Ainsi, on peut voir que la hache de guerre embrasée du guerrier est une bonne carte, notamment en début de partie. Si l’on veut être encore plus précis, la durabilité, comme les points de vie, est ce qu’il y a de plus important. Une arme standard à 2 de durabilité permettra de tuer 2 serviteurs, donc 2 cartes, contre une seule pour vous. Là encore il s’agit de card advantage.

hurlesang

Là aussi, il ne faut pas oublier les pouvoirs des armes elles-aussi. Typiquement, Hurlesang sans son effet n’est pas rentable, mais avec, on se rend compte qu’elle peut être utilisée jusqu’à 7 fois. Vous voyez le card advantage qu’une telle carte peut vous apporter ? L’une des seules armes discutables reste l’arc long du gladiateur pour le chasseur : l’effet insensible compense-t-elle son manque de puissance et de durabilité ? C’est à vous de voir !

Et patapon ?

Dernier point, les sortilèges. Je ne parlerai ici que des sorts de dommages, les autres étant trop compliqués pour en déduire une rentabilité absolue. Une carte sort peut être considérée comme rentable si le nombre de dégâts qu’elle inflige est supérieur à son coût en mana. Une boule de feu par exemple est rentable.
En ce qui concerne les sorts à dégâts de zone, cela dépend essentiellement du nombre de dégâts potentiels qu’elle peut infliger. Une consécration pourra par exemple infliger au maximum 16 points de dégâts (14 aux créatures et 2 au héros adverse). Pour le même coût, un balayage ne pourra infliger que 11 dégâts au maximum. Néanmoins, au minimum la consécration infligera 2 points de dommage, mais le balayage 4. Les sorts à dégâts de zone sont situationnels et leur rentabilité varie d’une partie à l’autre. Au cours d’une d’entre elles, les éléments à vérifier au moment de lancer ce sort sont : le nombre de créatures éliminées par le sort, le nombre de créatures éliminables avec (par une arme, un serviteur ou un effet par exemple) et le coût du sort comparé au coût des cartes détruites. Dernier point, comparez les sorts à dégâts de zone entre les différentes classes : un enchaînement coûte 2 cristaux de mana pour 2 points de dommage sur 2 serviteurs, mais 3 de mana chez le chaman (en comptant la surcharge) pour le même effet.

Consécration Balayage

Conclusion

En conclusion de cet article, je rappellerai que même si une carte est rentable, il n’est pas indispensable de la mettre dans son deck. En effet, une carte rentable ne l’est pas tant si elle ne peut pas être jouée en partie ou si elle est inutile. Il faut donc vérifier que ses cartes soient rentables lorsque l’on a construit son deck. Il ne faut pas oublier que ce qui compte c’est la manière dont vous jouez vos cartes en partie. Pour finir, c’est maintenant à vous de jouer, faîtes rentabiliser ce que vous venez de lire !

Gorz

PS : prochainement, un article concernant la rentabilité des cartes en arène devrait arriver. Stay tune !