beyond good & evil teasing

[EDIT] Michel Ancel tease le nouveau Beyond Good & Evil

On se souviendra de l’année 2015 comme de l’année des revenants, qui a vu ressortir en grande pompe la plupart des arlésiennes du jeu vidéo : De FF VII à The Last Gardian, en passant par Shenmue 3 ou encore Ni-Oh. Une période vidéoludique pour des jeux fantômes s’il en est, que l’on espérait clôturée par un certain Beyond Good & Evil 2. Et parce que nous ne sommes plus à un an près, c’est Michel Ancel lui-même qui tease à nouveau le retour de cette licence phare, et annonce en parallèle une phase de pré-production.

Edit : Ubisoft a depuis pris la parole et confirme que Michel Ancel et Ubisoft Montpellier sont bien en train de travailler sur un nouveau Beyond Good & Evil. Officialisation assez superflue mais qui ôtera cependant les derniers doutes subsistant chez les plus pessimistes.

C’est par le biais de son compte Instagram que le papa de Beyond Good & Evil (et autre Rayman) a dévoilé quelques artworks issus de son nouvel épisode. Un teasing qui s’est mis en place depuis près d’une semaine. Pourquoi maintenant ? Pour cela, il faut aller chercher du côté d’Ubisoft et de sa position délicate vis-à-vis du géant Vivendi. Pour résumer, aujourd’hui plus que jamais l’éditeur est menacé par leur premier actionnaire (Vivendi disposant de près d’un tiers du capital d’Ubisoft). À terme, cette compagnie tend à disposer d’un vote double sur les projets à venir de l’éditeur (comprendre ici « un droit de regard »). Du coup le PDG d’Ubisoft, Yves Guillemot, ne l’a pas entendu de cette oreille et a récemment mené campagne avec ses équipes d’artistes.

Pour en revenir à Michel Ancel, celui-ci occupant historiquement une place de choix au sein d’Ubisoft, quoi de plus percutant que de soumettre au public la licence qui a grandement participé à la réputation de l’éditeur :

  • Le premier artwork est l’occasion pour lui de remercier Ubisoft « pour rendre cela possible »
  • Le second est accompagné d’un « Prêt pour le combat », ainsi que d’une mention « jour d’indépendance #ubisoft »
  • Le troisième termine avec « espèce en voie de disparition – maintenant sauvée – jeu en pré-production – restez à l’écoute » (on ne peut plus limpide)

beyond good & evil artworks

Un teasing un brin militant donc pour Ancel, et qui a le don de nous interroger une énième fois sur ce qui compte advenir de la licence.

De quel Beyond Good & Evil s’agira-t-il ?

Faire autant parler de soi tout en étant aux abonnés absents sur la scène médiatique, c’est tout de même un luxe marketing qui n’est pas donné à tout le monde… mais aussi, certainement, un poids avec lequel Michel Ancel et l’équipe approchée sur la licence doivent conjuguer chaque année depuis l’officialisation d’une suite.

Seulement voilà, nous sommes en 2016 et peut-on seulement encore parler d’un « Beyond Good & Evil 2 » ? Lorsque l’on met bout à bout tout ce que l’on a appris depuis sa mise en chantier, certains signes nous font croire à un désir d’émancipation, à commencer par les artworks ci-dessus.

Même s’il ne s’agit que de travaux préparatoires, on peut difficilement mentir quant à la direction artistique envisagée. Et comme vous pouvez le constater, on se rapproche bien plus d’un traitement réaliste et souillé que du côté cartoon du premier épisode. Peut-être le signe d’une simple évolution graphique me direz-vous, possible, mais de là à imaginer un changement de ton dans l’élaboration de la diégèse du jeu, il n’y a qu’un pas.

De quoi rebondir sur les propos tenus par Ancel il y a une poignée d’années, pour justifier de l’absence de cette suite sur la précédente génération de consoles. Celui-ci parlait d’ambitions artistiques inadaptées aux machines de l’époque (ce qui peut rappeler un certain The Last Guardian, initialement prévu sur PS3). Par contre ce qui est déjà plus intéressant, c’est qu’il voyait au travers de la PS4 / One l’opportunité de concevoir ce qu’il avait toujours imaginé pour la licence, et ce déjà avec le premier épisode. Par conséquent, il ne s’agirait pas pour lui de réaliser une simple suite.

Du coup prequel ? Peu probable. Reboot ? Pourquoi pas, à l’instar de Mirror’s Edge par exemple. Ou alors bel et bien une suite… quinze ans après, grossièrement. Ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus judicieux pour relancer la licence.
Pour l’heure, mieux vaut simplement prendre l’information comme elle vient : un nouveau Beyond Good & Evil est toujours en développement, et c’est bien assez réjouissant comme cela. Et pour l’ami Michel Ancel, gageons que l’on entendra à nouveau parler de lui avec son encore très mystérieux Wild qui devrait, espérons-le, pointer le bout de son nez durant la Paris Games Week à la fin du mois.