Le Dernier Bar, lieu d’expression de l’imaginaire

Le Dernier Bar, lieu d’expression de l’imaginaire

Nous nous sommes rendus au Dernier Bar avant la Fin du Monde, un lieu d’expression des cultures de l’imaginaire situé à deux pas de l’Hôtel de Ville de la capitale. Ce bar est connu pour sa décoration aux couleurs des univers préférés des geeks et des gamers, ainsi que pour ses soirées à thèmes. Cette visite nous a permis d’interviewer Thomas, le responsable de établissement.

Interview

Peux-tu te présenter ?
« Je suis Thomas, je suis le chef d’établissement du bar, c’est moi qui dirige les équipes ici? »

Et peux-tu présenter le principe du Dernier Bar avant la Fin du Monde ?
« Le principe, il n’y en a pas qu’un ! C’est un endroit qui se veut avec plusieurs visages, plusieurs casquettes. En particulier, on est un bar, un restaurant, mais en même temps nous sommes un espace culturel, ce qui veut dire que nous recevons, faisons vivre et agitons un petit peu tout ce qui concerne les cultures de l’imaginaire, la communauté des personnes qui s’intéressent de près ou de loin à tout ce qui peut être aussi bien mangas, séries télé, films, jeux vidéo, jeux de rôle, musique, littérature et j’en passe et des meilleures. En fait, tout ce qui est geek, d’une façon très large, tout ce qui concerne les cultures de l’imaginaire. Nous nous adressons donc effectivement aux geeks, même si c’est un terme qui est très, très général, maintenant, puisque nous le sommes tous plus ou moins un peu. Sociologiquement, ça concerne tout un tas de personnes très différentes, différentes communautés avec différentes habitudes, centres d’intérêt, aussi bien transversales au niveau des catégories d’âge que du genre. À une époque, les geeks, c’était quelque chose de très underground, ce qu’on appelait de la culture marginale. Si tu t’intéressais à la science-fiction ou au manga, tu étais une exception. Ça a beaucoup changé, puisque maintenant, tout le monde joue aux jeux vidéo, tout le monde va voir le Seigneur des Anneaux, tout le monde connait Star Wars et je pense que Naruto est connu de la plupart des gens. Nous sommes donc une sorte d’ambassade ou de vitrine, pour des gens et une culture qui ailleurs seraient soit regardés bizarrement car parfois très décalé. Ici, on a tendance à normaliser ce qui parait étrange ailleurs. La force d’intégration des geeks aujourd’hui est impressionnante. Le secteur du jeu vidéo est aujourd’hui plus gros que celui du cinéma. La littérature et les films de fantasy, de science-fiction, rentrent dans la vie de tous les jours. »

rdc DB

Le rez-de-chaussé de l’établissement

Le Dernier Bar avant la Fin du Monde est un lieu où l’on peut croiser tous les univers. Quels sont ceux que tu préfères ?
« Bonne question. Je suis un vieux de la vieille, j’aime bien Star Trek, je suis un joueur de jeu de rôle, donc effectivement, je suis plus branché création, imagination. Je joue assez peu aux jeux vidéo modernes. Je suis plus jeux de société à l’ancienne, mangas, comics, BD. »

Quels sont tes projets ? Un agrandissement, un nouvel établissement ?
« On essaie déjà de faire en sorte qu’ici, ça continue à être un endroit top. Malgré tout, comme justement on est pour moi à la pointe d’une innovation qu’on essaie de faire bouger et vivre, il faut se renouveler, les nouveautés perdent vite leur caractère neuf. On travaille sur les animations qu’on propose, les activités, la carte, qui est changée tous les deux ou trois mois. On essaie de ne pas se reposer sur nos lauriers. On organise régulièrement des grosses soirées, comme une soirée d’anniversaire qui arrive bientôt. À côté de ça, effectivement, on va ouvrir un autre bar à Lille, ce Dernier Bar avant la Fin du Monde reposera sur le même principe mais aura sa propre personnalité. Il ouvrira en octobre. »

Quels sont tes jeux préférés, jeux vidéo et jeux papier ?
Personnellement en jeu de rôle, ce sont ceux avec lesquels j’ai grandi. J’étais à fond dans Warhammer, grosse campagne pendant dix ans ou COPS. J’ai tendance à dire que j’aime jouer à tout. Je suis moins branché vampires. En jeux vidéo, je dois avouer que je joue un peu à World of Tanks et j’attends avec impatience le prochain Uncharted. »

De quoi es-tu le plus fier aujourd’hui ?
« Je pense que c’est d’avoir réussi un des défis qu’on s’était lancé à la base, c’est-à-dire justement de représenter toute une partie des gens qui n’était pas mis en avant. Même si c’est dans l’ère du temps, et que comme on disait, il y a de plus en plus de succès pour ces cultures-là. On a voulu faire un endroit où les gens se rencontrent, un endroit d’ouverture. C’était l’objectif et on est satisfait de voir que tous les jours, il y a des gens d’univers super différents qui viennent se retrouver grâce à des points communs qui peuvent être une BD, une série… Des fois, des gens qui ne connaissent rien de tout ça se retrouvent embarqués dans un jeu ou à parler d’un truc qu’ils découvrent… C’est une question d’ouverture. Dans la mesure où on est à la fois une ambassade et un moteur, on a réussi à constituer un réseau ici. On veut participer à la promotion des BD qui sortent, des web-séries, de jeux de société, donc on est là pour aider les auteurs à présenter leurs jeux, aider les acteurs et les réalisateurs à faire vire leur délire. On reçoit, on aide, et après ça devient, des potes et on essaie de faire quelque chose avec eux. »

Pourquoi devrions venir au Dernier bar avant la Fin du Monde ?
« Je dirais qu’il y a deux raisons. Déjà, si tu n’es jamais venu, c’est quand même un endroit unique. Pour moi, quand tu arrives, il y a un effet « Waouh »: il y a des trucs partout. On essaie de proposer des curiosités dans la décoration, dans tous les petits détails, dans le nom des cocktails ou même par le personnel. Ce sont tous des geeks ! Tu peux venir ici, tu es sûr que tu seras surpris si tu es un peu ouvert, un peu intéressé par le truc. Tu auras certaine une réaction comme « Ah c’est génial, je connais ça « . C’est une bonne expérience à vivre une fois au moins. Il y en a tellement de clin d’œil a des références que c’est difficile de tout voir en une fois, grâce à tous les petits détails qu’on a mis partout. Donc, tu vas forcément te retrouver avec un univers, un délire que tu connais. Ensuite, on fait des trucs super à boire et à manger, que ça soit le midi ou le soir, à n’importe quelle heure tu peux venir boire un coup ou manger un truc. C’est une expérience unique parce qu’on essaie d’être original à ce niveau-là aussi. Et puis ma foi, il ne faut pas rater les gros événements qu’on propose ! Ça, on est les seuls à le faire. »

C’est unique comme concept ?
« Oui. Oui, pour moi, sur Paris, on est pas tant que ça à s’intéresser à ce genre de culture. Le Dernier Bar ne s’attache pas à un style en particulier. Ici, c’est un lieu d’expression pour l’ensemble des cultures de l’imaginaire. Quand tu viens ici, même si tu n’es à fond que dans un seul truc, tu auras toujours la possibilité de trouver quelque chose qui en vient. C’est un portail. D’ailleurs, dans la petite histoire du bar qu’on crée, au niveau du background, on est au centre d’une singularité dans l’espace-temps et il y a différentes dimensions qui se retrouvent ici. C’est d’ailleurs ce qui se passera à l’anniversaire. Il y a souvent des équinoxes des différentes dimensions qui se retrouvent ouvertes et qui se rassemblent ici. Tu peux aussi bien te retrouver avec un stormtrooper qu’un cosplayer de Naruto, un Indiana Jones ou un Men In Black. »

Une dernière question. Quel a été l’accueil qui a accompagné l’ouverture du bar ?

« C’était très attendu parce que les gens en avaient envie. Ça a eu un effet plus important que ce qu’on avait imaginé, et ça ne s’est pas arrêté. On savait qu’il y avait une demande, que les gens avaient besoin d’un endroit qui soit pour eux et où ils puissent s’exprimer, délirer. Il y a une énorme demande à ce niveau-là. Après, la réception par rapport à l’ensemble des autres personnes… Typiquement, dans le quartier, ça a été un peu compliqué, parce qu’on est arrivé, nous, un gros bar avec pleins de jeunes et pleins de gens bizarres, dans un endroit où c’est plutôt establishment parisien. On nous regardait de façon très méfiante. Vu que c’est notre politique, on leur a juste montré qui on était, qu’on est de bonne volonté, et qu’on est là autant pour respecter les autres que pour se faire respecter. Il y a eu une phase un peu tendue avec les autorités culturelles, qui ne croyaient pas tous à notre projet. On a été très content de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Nous seulement on leur a montré qu’il y a bien plus de monde concerné que ce qu’ils pensaient, que nous n’étions pas juste des petits gars isolés. Que même si nous sommes différents nous sommes aussi tout à fait sérieux au quotidien. Et qu’on a le pouvoir économique et les capacités culturelles et intellectuelles pour développer des projets aussi ambitieux que ceux de la culture traditionnelle. Nous sommes assis sur la même marche qu’eux désormais, et nous démontrons notre réussite en étant encore là deux ans plus tard. »

Armes DB

L’entrée du bar donne tout de suite le ton

Conclusion

Que vous ayez juste envie de manger ou que vous souhaitiez embarquer dans une aventure totalement délirante, le Dernier Bar est fait pour vous. Références à foison, ambiance familiale et en plein cœur de Paris. Vous n’avez aucune excuse pour ne pas y aller !

Infos pratiques

Le Dernier Bar avant la Fin du Monde
19 avenue Victoria
75001 Paris, France
Tél. : +33 (0)1 53 00 98 95
Facebook du Dernier Bar
Twitter du Dernier Bar
Site du Dernier Bar
« Merci à Thomas de nous avoir accordé cette interview ! »