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Au tour de la Belgique et des Pays-Bas de se pencher sur la légalité des loot boxes

Alors que l’ESRB a choisi de ne pas assimiler les loot boxes à des jeux d’argent et de hasard, il semblerait que le sujet est encore loin d’être clos. En effet, la Belgique et les Pays-Bas viennent tout juste d’ouvrir une enquête sur le sujet en se penchant sur Overwatch et Star Wars Battlefront 2 qui enchaîne les polémiques ces derniers jours. 

Alors que c’est un mode de fonctionnement qui est loin d’être nouveau dans le monde vidéoludique, c’est surtout la quantité d’heures de jeux qu’il faut cumuler pour obtenir des personnages plus puissants qui fait enrager la communauté des joueurs. Il semblerait en effet qu’il soit nécessaire de jouer pas moins de 40 heures avant de pouvoir incarner Dark Vador dans Star Wars Battlefront 2. Le site Star Wars Gaming a même été jusqu’à calculer qu’il faudrait jouer 4528 heures (soit près de 6 mois de jeu !) afin de pouvoir débloquer tout le contenu du jeu, ou alors dépenser la modique somme de 2100 $.

Cette polémique grandissante a attiré l’attention de très nombreuse commission au sein du monde entier. Et il se pourrait bien qu’en Belgique et aux Pays-Bas, les loot boxes soient perçues comme des jeux d’argent, prenant ainsi le chemin inverse de PEGI, Ukie et l’ESRB. Selon Peter Naessens, le directeur de la Commission, les loot boxes sont fortement susceptibles de s’apparenter à des jeux d’argent puisqu’il s’agit d’acheter quelque chose dont on ne connaît pas la nature à l’avance et où le facteur chance a une place prépondérante. Mais ce qui inquiète davantage la Belgique, c’est le public cible de ces jeux vidéo considéré comme jeune et a fortiori comme davantage soumis à la pression sociale. Toujours selon Peter Naessens, un enfant pourrait être amené à dépenser plus facilement dans le but de devenir plus fort plus rapidement sans penser aux conséquences.

Si ces jeux venaient à être requalifiés de jeu de hasard, les éditeurs risques gros, allant d’une amende de plusieurs milliers d’euros à l’interdiction pure et simple de vente au sein du pays concerné.Il faut d’ailleurs savoir qu’en Belgique la législation est sévère sur le sujet puisque les jeux de hasard sont interdits à moins de posséder une licence. C’est la loi du 7 mai 1999 sur les jeux de hasard, les paris, les établissements de jeux de hasard et la protection des joueurs qui énonce les conditions pour obtenir les licences et qui exclut également certaines catégories de jeu du champ d’application de la loi.

Electronic Arts, au cœur des polémiques les plus virulentes de ces derniers jours, a tenté encore une fois de se justifier sur la question en énonçant via un communiqué que « créer des expériences de jeux fun et équilibrées est une priorité critique pour EA. Le système de coffres de Star Wars : Battlefront 2 ne s’apparente pas à un jeu de hasard. La capacité du joueur à réussir ne dépend pas de l’achat de coffres. Les joueurs peuvent aussi gagner des coffres en jouant au jeu, sans dépenser d’argent. Quand ils en obtiennent, les joueurs sont sûrs de récupérer du contenu qui peut-être utilisé dans le jeu. » 

Encore une fois, nous sommes face à un glissement vers une remise en question du modèle économique des jeux vidéo, à la fois par la communauté de joueurs et les autorités publiques. Attendons maintenant de savoir ce qui va être décidé.