La chronique d’Ura #2 : FIFA 14

Et non, vous n’y échapperez pas… Avec la coupe du monde arrivant à grand pas et le cousin chiant qui ne cesse de vous demander de jouer à FIFA, difficile de ne pas entendre parler de football. Le niveau stratosphérique d’Ibrahimovic, le transfert de Gareth Bale pour 100 millions d’euros… Que vous le veuillez ou non, toutes ces choses font beaucoup de bruit.

Il faut avouer que chaque sortie d’un nouvel opus de FIFA en fait presque autant mais pour des raisons bien différentes. Manque de nouveautés pour certains, des petits ajouts qui font la différence pour d’autres : les critiques positives ou négatives affluent et se ressemblent comme d’habitude. Malgré cela, les ventes de ce FIFA 14 s’avèrent en déca (-24% d’après les chiffres du site MCV) pour ses premières semaines de commercialisation par rapport aux précédentes années. Est-ce un hasard ou cette version est-elle vraiment décevante ?

Il n’y a, en tout cas, pas de grande révolution au niveau du contenu. On se contentera à quelques détails prêts de ce qui était présent dans l’édition 2013 (ce qui n’est pas un défaut en soi puisque le contenu de celui-ci forçait déjà au respect). Cependant, quelques modes ont subi un léger lifting dont le mode carrière (entraîneur). Celui-ci est nettement amélioré au niveau des transferts : avant de faire chauffer la carte bleue, vous devrez envoyer des recruteurs observer des joueurs pour connaître leur potentiel et leur valeur. Vous n’aurez donc pour seules informations pour ceux que vous ne connaissez pas leurs clubs et… Leurs noms ! Une bonne petite amélioration qui donne un second souffle à ce mode carrière qui tend, même s’il en est loin, à se rapprocher de l’exigeant Football Manager. Si vous choisissez de n’incarner qu’un joueur, sachez qu’il est désormais possible de demander à être remplacé. Il aura fallu attendre deux ans pour cet infime détail, mais votre avatar ne sera enfin plus mort de fatigue au bout de deux journées trop mouvementées.

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On fera également les retrouvailles avec nos amis Hervé Mathoux et Franck Sauzée et le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont toujours loin d’égaler les commentateurs anglophones qui ont des textes bien plus fournis et détaillés. Sans être à côté de la plaque, nos Frenchies deviennent toujours plus lourds et barbants au fil des années et c’est réellement dommage parce qu’avec un minimum de travail, EA aurait pu nous offrir des commentaires de bien meilleure qualité. Pour ce qui est de l’ambiance, le public composé de milliers de personnes exulte encore à chacun de nos buts et cela même si l’on joue des équipes de quatrième division anglaise. On retrouve aussi une playlist agréable dans les menus composée essentiellement de musiques indépendantes. Comme quoi ce n’est pas parce qu’on joue à FIFA qu’on écoute Booba et La Fouine.

Du bon goût, il y en a eu jusque dans la refonte des menus. Très beaux, ceux-ci font parfois penser à l’interface de Windows 8. Ils sont vraiment ergonomiques lorsqu’on les parcours à l’aide d’une manette et après s’être adapté à ces nouveautés, les informations nous paraissent très claires et accessibles. Par exemple, l’énergie des joueurs est directement indiquée lorsqu’on appuie sur pause. Il est aussi aisé de parcourir tous les menus dans des modes qui vous le demandent (comme le mode carrière). L’interface lors des matchs n’a par contre pas du tout changé.

Ce qui divise les foules sont bien sûr les nouveautés de gameplay car on repart comme depuis plusieurs années sur les mêmes bases. Si le jeu reste bien évidemment une simulation et qu’il est difficile d’innover à cause de cela, les passionnés que nous sommes sont de plus en plus intransigeants sur le réalisme de chaque détail. Et si l’édition précédente avait été relativement bien accueillie grâce à de petites mais efficaces modifications, il n’en est pas forcément de même pour celle de cette année pour qui elles sont pourtant paradoxalement plus visibles. Et l’une des causes de cela est que le maniement des footballers est moins accessible : on ressent vraiment (trop ?) le poids des joueurs et les accélérations en sont donc moins dévastatrices. À côté de cela, les frappes dépendent d’avantage de votre placement et la physique de balle est meilleure qu’auparavant.

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Alors quand on pèse le pour et le contre on en est presque à se demander pourquoi le jeu n’a pas autant de succès que l’année passée et la réponse nous parait presque claire : on se dit souvent que la jouabilité est imparfaite. L’équilibre des duels aériens en est la preuve concrète. Les buts de la tête font mouche bien trop facilement alors que les défenseurs repousseraient les attaques en temps normaux. Des petits détails vous allez me dire, mais à l’image de ceux de FIFA 13, ils font la différence… mais cette fois pas dans le bon sens.

Cependant, ne crachons pas dans la soupe, l’Impact Engine est toujours une référence pour les simulations sportives. Associé à des animations encore plus fluides et variées qu’avant, il offre aux actions une belle part d’aléatoire qui se rapproche de la réalité. Sinon, le nombre de visages modélisés est encore une fois en augmentation mais globalement, les graphismes n’ont pas changé.

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Le constat est le même pour les modes online pour qui les seules nouveautés sont un mode 2 contre 2 en saison (mode classé) et quelques correctifs mineurs à l’exception de gros ajouts au mode Ultimate Team. La gestion de l’équipe est désormais plus complète et l’interface d’avantage ergonomique. Il est moins galère de vendre et d’acheter des cartes puisqu’on peut désormais les trier et en rechercher d’autres. Plusieurs éléments superflus comme la préférence des joueurs pour un dispositif et le moral de ceux-ci ont été jetés aux cachots.

En tout cas, aucune de ces nouveautés ne donne un réel intérêt à ce FIFA 14 pour un joueur occasionnel qui ne verra là qu’un patch à la précédente édition. Ce n’est d’ailleurs pas la seule explication au succès en déca de la série puisque cet épisode est ponctué de quelques petits bugs et erreurs d’équilibrage. Il y a d’ailleurs fort à parier que ces soucis sont dus au manque d’intérêt qu’EA a eu à travailler sur cette version puisqu’avec la sortie de la Xbox One et la PS4, ceux-ci sont sûrement d’ores et déjà concentrés sur le développement de FIFA 15. Donc, pour un habitué de la série, l’achat de cette version peut se justifier puisque les nouveautés au niveau des déplacements et des frappes donnent aux matchs un petit plus par rapport à l’année passée. Par contre, pour les autres, cette version n’est pas indispensable.