La chronique d’Ura #5 – Bastion

Quoi qu’on pense de Microsoft, on est bien obligé d’avouer que leur Xbox Live Arcade regorge d’un grand nombre de pépites n’attendant qu’à être dévorées par les fans de productions indépendantes que nous sommes. Des plus élémentaires aux plus originaux, il y en a pour tous les goûts et si on prend le temps de bien en faire le tri, de véritables perles peuvent tomber entre nos mains à l’image de Super Meat Boy, Braid ou encore Fez.

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C’est notamment le cas d’un dénommé Bastion, jeu d’aventure en plan ¾, qui depuis le 20 juillet 2011 a su se faire un place dans le cœur des joueurs puisqu’il est désormais lauréat de nombreuses récompenses dont celle de bande sonore de l’année 2011 par VGX. Celui-ci a rencontré un tel succès que ses éditeurs n’ont pas attendu plus d’un mois pour le proposer aux joueurs PC où il a encore une fois été bien accueilli. Un succès étonnant quand on sait que Bastion est tout simplement le premier jeu du studio de développement “Supergiant Games”. On ne peut que les saluer devant cette success story mais une question nous taraude : quel est le secret de ce jeu qui ne sort finalement de nulle part ?

Comme premier élément de réponse à cette question, difficile de ne pas évoquer le scénario qui dispose de nombreuses qualités. L’histoire débute lorsque notre mystérieux héro – le « kids » – se réveille dans un monde semblant tomber en ruine. Il devra alors se diriger vers le Bastion afin de s’abriter des menaces l’entourant. Seulement, après avoir fait plusieurs rencontres, il se rendra compte qu’il lui faudra reconstruire ce Bastion pour se sauver de la catastrophe qu’est la Calamité. Si, comme vous le voyez, il n’est pas forcément inoubliable dans le fond, l’originalité de l’angle grâce auquel il est conté le rend unique. En effet, la grosse particularité de Bastion est de proposer qu’un narrateur ne cessera de décrire, et de très belle manière, tout ce qu’il se passera à l’écran.

Une bien bonne idée surtout lorsque c’est réalisé avec un tel brio ! Le doublage des textes du narrateur frise la perfection (à condition de comprendre l’Anglais sous peine de perdre en immersion en lisant les sous-titres) et sa bande originale est tout bonnement exceptionnelle. Darren Korb a réussi ici à nous proposer des musiques aussi originales que variées et surtout d’une énorme qualité. Celles-ci sont en totales adéquations avec l’ambiance du jeu et ne laissent jamais indifférents. À elle seule, la bande sonore (doublages et musiques compris) vaut le détour et il y a fort à parier que des titres comme « Build that wall » vous resteront en tête pour longtemps.

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Et ce n’est pas tout, messieurs dames ! Les graphismes de Bastion contribuent également grandement à son unicité. Sa patte graphique n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle des productions des français de chez Ankama puisque le Kid évoluera dans un monde très coloré où les décors semblent avoir été peints avec finesse. De plus, pour donner un véritable cachet au jeu, les niveaux se construiront et se détruiront à mesure qu’on les parcourra et le moins que l’on puisse dire et que l’effet est une totale réussite. L’ensemble est une nouvelle fois unique et n’a que pour seul défaut d’être un peu répétitif si on est tatillon.

Le gameplay, lui, est plutôt classique. Proche du hack&slash, il s’avère être facile à prendre en main mais reste plutôt varié puisque dans le Bastion, vous aurez le choix entre plusieurs armes à la maniabilité bien différente. Les possibilités ne sont pas folles, mais suffisantes pour relativement bien mettre en valeur les nombreuses autres qualités du titre. Que ce soit au clavier ou à la manette, rien ne vous fera bouder votre plaisir ! Et pour les fans de trophées ou d’autres récompenses inutiles (oh le troll !), pas mal de défis ponctueront l’aventure qui se finira en une dizaine d’heures.

Pour moins d’une quinzaine d’euro, Bastion est indubitablement un must have ! Unique, original, beau, poétique… Les beaux mots ne manquent pas pour définir ce titre qui aura su conquérir un public avare en jeux indépendants. Et Dieu que c’est rafraichissant de dévorer ce genre de productions qui nous rappellent qu’un gros budget ne fait pas tout. Vivement le prochain jeu de SuperGiant Games : Transistor.