Retro FPS : Du BFG au Titan

Avec la sortie de Titanfall, qui a été présenté comme le Call of Duty Killer par ses développeurs, le genre du FPS tente de trouver un nouveau souffle. Les First Person Shooter sont depuis longtemps très nombreux dans le paysage vidéo-ludique, et rassemblent un très grand nombre de joueurs. Mais est ce que les joueurs n’en ont pas marre ? Call of Duty et Battlefield ont régné en maître sur le genre pendant de nombreuses années, et les joueurs se lassent maintenant de ces méga-production ultra normalisées, sans aucunes surprises ou prises de risques. Comment en est-on arrivé là ? Quelles sont les origines du genre ? Et quels sont les jeux qui tentent de tirer leur épingle du jeu dans cet univers ultra codifié ?

Un peu d’histoire tout d’abord.

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Les ancêtres des FPS d’aujourd’hui ont tous été développés par le même studio : Id Software. Dans les années 90, ce studio va successivement sortir Wolfenstein 3D, Doom et Quake. Le premier va ouvrir la voie avec son histoire déjantée et son gameplay nerveux, le second va avoir un tel succès que les entreprises de l’époque prennent des mesures pour bloquer les modes multi-joueurs sur leurs machines, et enfin Quake sera le premier vrai FPS dont le gameplay a été pensé pour être jouer en réseaux. Et c’est là que les choses intéressantes commencent.

 

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Pour les plus jeunes d’entre vous, Quake est un FPS avec un gameplay centré sur le skill pur, avec des temps de respawn ridicules et un univers déjanté qui n’est là que pour justifier l’échange de tir de plasma entre les joueurs. Il sera un des premiers jeux proposant un système d’hébergement de parties sur le net, permettant aux joueurs du monde entier de jouer les uns contre les autres, malgré les pings extrêmement élevés de l’époque. Entre 97 et 99, on assistera à la sortie de Quake 2, Half-Life, Quake 3 et Unreal Tournament. Pour beaucoup, ces années représentent l’âge d’or du FPS : C’est l’époque bénie des LAN, ou les joueurs se rassemblent par centaines pour jouer plusieurs jours de suite, ou les meilleurs joueurs font preuve d’un skill proprement hors norme. Ces mêmes joueurs qui sont aujourd’hui des acteurs majeurs dans le monde Esportif (Oui, je pense à F4T4LITY). Quake 3 est probablement le meilleur représentant de cette époque, son gameplay ultra simple à prendre en main le rend accessible, le jeu est ultra rapide, ultra violent, et extrêmement fun.

 

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Le changement de cap viendra de Valve, qui sortira quelques années plus tard le célèbre mod d’Half-Life : Counter Strike. Le côté skill pur déjà présent dans les autres FPS est gardé, mais le côté arcade est laissé de côté. Ici, la coordination et la réflexion entre les membres d’une même équipe est de rigueur si ils veulent gagner, et la mort est beaucoup plus punitive (pas de respawn immédiat, il faut attendre la prochaine manche). Le reste de la production s’étalonne celons ces nouveaux standards, en intégrant tactique et organisation dans leurs gameplay respectifs. Certains iront même plus loin, et créeront de véritables « simulateur militaire light » (ArmA, Battlefield, Planetside, …) dans lesquels le frag bête et méchant n’est pas encouragé.

 

Puis les FPS se portent sur console, avec notamment Call Of Duty : Modern Warfare, et c’est le début de la fin. L’énorme succès commercial du titre lui permet de se poser comme la nouvelle norme, et on associe désormais le genre du FPS à des jeux de guerre, moderne ou pas. De plus, la précision du pad étant largement inférieure à un combo clavier/souris, certaines « astuces » permettant d’aider les joueurs console deviennent des features intégrées dans tous les FPS moderne (Arme avec une touche instantanée, arme à projectile, ect) ce qui contribue à éloigner le genre de ses racines : le skill pur. Maintenant, les FPS à succès sont tous des simulations de guerres plus ou moins réalistes avec un gameplay « tactique » (Et de la regen de vie passive, adieu les trousses de soins), quand leurs aïeux tiraient presque tous leur inspiration d’un univers SF avec une prise en mains très nerveuse.

Les FPS intéressent de moins en moins les joueurs. Sur le dernier mois, en regardant les statistiques Steam, on dénombre environ 168 000 joueurs sur les principaux FPS de la plateforme : Team Forteress 2, Counter Strike : Global Offensive, Counter Strike Source, Sounter Strike 1.6 et Call Of Duty. Si on regarde le nombre de joueurs de DotA 2 sur la même période, on obtient … 395 000 joueurs. Le genre est donc en perte de vitesse, et cherche à se renouveler. Il y a plusieurs pistes, toutes ont déjà été exploitées, certaines plus que d’autre :

 

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Les Free To Play : Principal représentant du genre, Team Fortress 2. Le titre de Valve propose un univers décalé et des graphismes loin de ce que propose la concurrence, ce qui lui permet de puiser dans un marché de niche. Bourré d’humour, ce jeu possède un gameplay plus profond qu’il n’y parait, et une communauté active, qui ajoute régulièrement du contenu.

 

Ensuite, il y a Warface. Développé par Crytek, qui est responsable de la série des Crysis, le jeu est graphiquement très beau, possède un gameplay lisible et accessible, mais pêche de par son conformisme. Sa base de joueur n’est pas énorme pour le moment, et à peu de chance de décoller dans le futur.

 

Enfin, Tribe Ascend. Ce FPS possède un Gameplay ultra nerveux, chaque joueur possédant un jetpack et une paire de « ski » permettant de glisser sur le sol. Les niveaux regorgent de montés et de dénivelés, permettant aux plus habiles d’atteindre des vitesses de déplacement hallucinante. Malheureusement, le jeu à été un échec commercial, et les serveurs sont vides aujourd’hui.

 

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Le MMOFPS. Unique représentant du genre, Planetside 2. Après un lancement chaotique, de nombreux problèmes d’équilibrage et de triche, le jeu de SOE est passé par une intense phase de mise à niveau ces derniers mois. Le résultat est convaincant, avec un jeu désormais plus proche de son prédécesseur, et une communauté grandissante.

 

Et ensuite il y’a les autres, ceux qui ont tenté de se démarquer de la concurrence, mais qui ont échoué.
Shootmania est un bon exemple. Après une phase de communication intensive et centrée sur les possibilités E-Sportive de leur titre, Nadeo a du faire face à un échec commercial retentissant. Mais le jeu ne manque pas de qualité, et si vous recherchez une expérience nerveuse, avec un gameplay technique vous rappelant vos LAN interminables sur Quake 3, foncez les yeux fermés.

 

Brink pour finir. Ce FPS propose un système de déplacement novateur, laissant les joueurs se déplacer comme un free-runeur, ce qui permet d’exploiter la verticalité des niveaux et de changer complètement la dynamique de jeu « normale » des FPS. Malheureusement, il est presque déserté, et s’adresse d’avantage à un public de niche qu’aux joueurs lambda.

 

On voit donc les dégâts qu’ont entrainés les FPS « Mainstream » : Une normalisation du genre qui a tué dans l’œuf tous les projets innovants de ces dernières années, et qui a lassé les joueurs. Le genre du FPS est désormais moribond, et il faut compter sur les futurs jeux novateurs pour assister à un rebond. Le salut peut nous venir du jeu coop, avec Evolve qui se dévoile peu à peu et qui est unanimement présenté comme un futur hit par la critique. Ou alors de jeu encore plus barré, tel que Chroma, un FPS mélangeant tir et rythme, le joueur bénéficiant de bonus si il joue en rythme avec la musique du jeu. De la part de Hidden Path (CS : GO) et Harmonix (Guitar Hero), on ne s’attendait pas à moins.