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Super Smash Bros – Un plan anti-harcèlement controversé

Il y’a quelques mois, une affaire d’harcèlement sexuel de la part d’un membre de l’équipe de Super Smash Bros avait secoué le milieu jeu vidéo. À la suite de cela, un vaste plan anti-harcèlement et comportements « toxiques » lors de ses events a été mis en place par Josh Kessel. Mais ce plan se heurte à des obstacles, parfois légaux, qui réduisent ses possibilités d’actions.

5 % des joueurs des évènements Super Smash Bros sont des femmes. Si la plupart n’ont jamais été victimes de remarques ou de gestes désobligeants, certaines dénoncent des remarques et des comportements sexistes dont elles ont pu être victimes.

En quoi consiste ce plan ?

Ce plan a été créé en avril 2018 par Josh « Roboticphish » Kessel, un organisateur d’événements connu dans le milieu. Il a notamment organisé plusieurs « mêlées » Smash Bros. Dans ce genre d’événements qui attirent des milliers de joueurs, la tension est à son comble puisque les joueurs payent 100 $ pour y accéder. Toute défaite est donc amère, la moutarde peut vite monter au nez des participants.

Il n’est donc pas rare d’entendre fuser des insultes sexistes, pouvant même parfois s’apparenter à du harcèlement. Le but de la création de ce code de conduite est d’éliminer le harcèlement, même banalisé que peuvent subir les gameuses et infliger des sanctions (suspensions, ban…) à ceux qui en violeront les règles. « Certaines personnes qui manquent d’éducation vont parfois dire « oh tu es plutôt forte pour une fille » », expliquait Josh Kessel au site anglophone Polygon.

Les problèmes rencontrés par le plan

Parmi les règles du plan, celle qui indique que les joueurs ayant des antécédents d’intimidation ou de harcèlement envers les femmes se verront refuser l’entrée à des événements. Or, certains joueurs exclus des événements réfléchissent à employer des moyens légaux pour contrer ce plan anti-harcèlement. Selon Kessel, « les organisateurs d’un événements privé comme un tournoi ont le droit de décider qui peut y entrer ». Plus que le risque d’un jugement condamnant Josh Kessel et sa décision, ce sont les coûts légaux qui inquiètent l’organisateur. En effet, les tournois de Smash Bros. s’organisent souvent avec quelques bouts de ficelle sur un budget des plus limités. Plus complexe encore, certains joueurs craignent d’être interdis de tournois pour d’anciennes affaires, ou à cause de diffamations à leur égard.

Un des autres problèmes rencontré par le plan de Kessel, est son manque de crédibilité. En effet, il confiait que la plupart de ces fauteurs de troubles voient ce plan comme une blague et non quelque chose de sérieux, ce qui quelque part justifie son existence. La faute à qui ? Peut-être à l’absence d’une structure globale encadrant l’e-sport lié à Smash Bros., comme il en existe pour d’autres jeux de combats. Cela laisse planer un doux courant d’anarchie, et ne manquera pas de relancer le débat entre Nintendo et l’e-sport.

Quoi qu’il en soit, Josh Kessel a eu le courage de mettre en place un code de conduite pour briser un tabou. Seul l’avenir et les faits pourront montrer s’il est réellement efficace, et s’il peut être légitimement dénoncé par la communauté.