Ubisoft logo

Ubisoft – Les Guillemot se renforcent face à Vivendi

L’éditeur français Ubisoft a annoncé hier que la holding Guillemot Brothers SE a conclu un contrat avec une banque encore anonyme, pour l’acquisition de plus de quatre millions d’actions Ubisoft, représentant 3,5 % du capital de l’entreprise.

Elle est finie, la trêve estivale entre Ubisoft et Vivendi. L’éditeur de jeux vidéo dirigé par Yves Guillemot n’a pas apprécié la montée au capital de son entreprise du groupe de Vincent Bolloré à 22,8 % en juillet dernier. La fratrie Guillemot a eu l’été pour réfléchir à un plan pour attaquer le géant français du divertissement. Plan que nous découvrions hier au soir à travers un communiqué. Nous apprenons donc la conclusion d’un contrat entre la holding détenue par les cinq frères Guillemot et une banque anonyme qui mènera à l’acquisition supplémentaire de 3,5 % du capital d’Ubisoft. Les frères bretons possèdent aujourd’hui 9,2 % de l’entreprise qu’ils ont bâtie, encore trop loin de Vivendi. Mais il y a des conditions à la conclusion de ce contrat. De gros sous sont tout de même en jeu.

« Ce contrat prévoit notamment que la banque financera cette acquisition, et sa couverture, pour une durée de deux ans. Dans ce cadre, Guillemot Brothers SE consentira une promesse de vente à la banque sur les actions Ubisoft objet du financement et la banque consentira une promesse d’achat sur ces mêmes actions. Ces promesses seront exerçables selon certaines conditions prévues par le contrat, à l’échéance de l’emprunt, et seront dénouables soit en titres soit en numéraire, au choix de Guillemot Brothers SE. Les actions faisant l’objet du financement seront nanties au profit de la banque, qui pourra les emprunter auprès de Guillemot Brothers SE selon certaines conditions prévues par le contrat » disait le communiqué.

Cette nouvelle tombe à quelques jours de la réunion annuelle des actionnaires d’Ubisoft, qui se tiendra fin septembre. Vivendi, de son côté, avait annoncé ne pas chercher à lancer une OPA sur Ubisoft jusqu’à fin décembre voire plus tôt. En attendant, le groupe de Bolloré souhaite renforcer son emprise sur l’éditeur et obtenir une représentation au Conseil d’Administration. Privilège que refuse encore de leur offrir Yves Guillemot. Une pétition a même été lancée au mois d’août pour « préserver l’indépendance d’Ubisoft » face à la montée dans son capital de Vivendi, qui, rappelons le, a déjà réussi à acquérir Gameloft, la branche mobiles d’Ubi. Une pétition qui marche très moyennement puisqu’elle a récolté à ce jour 2850 signatures. La réponse de Vivendi ne tardera pas à se faire attendre et la réunion des actionnaires devrait permettre aux Guillemot de mettre en place une stratégie.