Yves Guillemot Ubisoft

Ubisoft se tourne vers les investisseurs Canadiens

Ubisoft est sur le pied de guerre depuis une semaine et l’annonce d’une OPA lancée par Vivendi sur sa branche mobiles, Gameloft. L’éditeur français dirigé par Yves Guillemot a une stratégie pour faire face à cette action non souhaitée, comme l’indique le journal canadien The Globe and Mail.

On le sait tous, Ubisoft est très implanté au Canada, et c’est là bas que l’entreprise veut chercher sa solution. Selon son président Yves Guillemot, des investisseurs canadiens ont été approchés pour rentrer au capital d’Ubisoft et ainsi contrer, ou en tout cas rendre minoritaire, Vivendi et sa technique d’acquisition agressive. Cette volonté s’est aperçue grâce à la visite du premier ministre du pays, Justin Trudeau, dans les locaux d’Ubisoft Montréal hier. L’éditeur fait donc de l’œil au gouvernement canadien et aussi à la province du Québec (Yves Guillemot a rencontré le premier ministre du Québec Philippe Couillard à Davos en Suisse) pour obtenir leur aide. Le but est de rassembler un maximum de personnes hostiles au rachat de l’entreprise par Vincent Bolloré, comme le relaye l’article du Globe and Mail. Il faudrait qu’Ubisoft ait dans son camp plus de la moitié des votes dans son conseil d’administration pour espérer sérieusement faire reculer Vivendi. Pour cela, ils ont jusqu’à septembre quand se tiendra la réunion annuelle du conseil.

Le choix de se tourner vers le Canada n’est pas anodin. Rappelons qu’Ubisoft y est très implanté avec des studios à Montréal, Québec, Toronto et Halifax. Ces entreprises emploient près de 3000 personnes sur tout le territoire, en faisant un moteur économique essentiel. Mais il reste encore du chemin à parcourir. Les frères Guillemot détiennent à eux quatre quelques 9 % du capital de la société qu’ils ont créée, soit 16 % des voix au conseil d’administration. Blackrock and Fidelity, actionnaire très important, possède 15 % de l’éditeur et est du côté des Guillemot selon le président d’Ubisoft. Vivendi, quant à lui, possède actuellement 14,9 % des parts de l’éditeur et augmente sa participation de jour en jour. Si Ubisoft se tourne vers le Canada, il faudra faire vite, Vivendi risquant d’accélérer son processus en apprenant cette nouvelle.

Mais le géant de Vincent Bolloré a rencontré un premier revers la semaine dernière suite à l’annonce de son projet d’OPA sur Gameloft. Souvenez-vous, Vivendi annonçait un projet d’OPA à 6 € par action alors que celles-ci étaient à 5,48 € à la clôture de la bourse ce jour-là. Cette grosse annonce, combinée au plan que dévoilait Yves Guillemot à ses investisseurs à Londres dans le même temps, ont fait grimper le prix des actions à 7 €, rendant totalement vain le projet de Vivendi. Celui-ci fait également face à une autre problématique qui se révélera surement vraie s’il acquiert l’éditeur, les employés risquent d’être plus nombreux à partir qu’à rester. La plupart étant fidèles aux Guillemot, cela représenterait une déconvenue fort déplaisante pour Vivendi qui verrait partir des créatifs de talents, travaillant pour Ubisoft depuis des années.

Rien n’est donc encore joué et la perspective du plan d’Ubisoft ajoute un peu d’espoir pour l’éditeur. Reste à voir, sur le moyen terme, ce que cela donnera et ce que Vivendi aura préparé de son côté.