Vivendi capital Ubisoft

Ubisoft – Vivendi dépasse les 20 % du capital

Dans un courrier adressé à l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) le 17 juin dernier, Vivendi annonce avoir dépassé les 20 % du capital d’Ubisoft, l’entreprise des frères Guillemot. La bataille reprend.

Seulement quelques semaines après avoir absorbé Gameloft, Vivendi revient à l’attaque sur sa plus grosse cible, Ubisoft, après avoir pourtant décrété une trêve. Dans une note adressée à l’AMF, Vivendi déclare avoir dépassé les 20 % du capital d’Ubisoft. Le géant des médias possède actuellement 20,10 % du capital de l’éditeur français et 17,77 % des droits de vote. Le groupe dirigé par Vincent Bolloré revient donc à la charge alors qu’Ubisoft revient d’un E3 plutôt réussi. Souvenons nous du discours assez émouvant de Yves Guillemot sur la scène de la conférence Ubisoft lundi dernier, qui prônait une liberté totale de l’éditeur et louait l’indépendance dans laquelle baigne l’entreprise. Pas suffisant semble-t-il pour refroidir Bolloré et ses collaborateurs.

Cette nouvelle augmentation de la participation de Vivendi au sein du capital d’Ubisoft nous laisse comme un goût de déjà vu. En effet, Vivendi s’est fendu d’une note d’intention destinée aux actionnaires d’Ubi dans lequel il est écrit que le groupe de Bolloré « n’envisage pas de déposer une offre publique sur Ubisoft, ni d’en acquérir le contrôle ». Des mots différents de la note de décembre destinée aux actionnaires de Gameloft mais qui laissent présager une action future similaire, à savoir un grattage en bonne et due forme des actions de l’éditeur breton pour finalement arriver à une OPA. La preuve ? Vivendi assure la poursuite des achats d’actions « en fonction des conditions du marché ». En attendant, Vivendi continue de demander « une recomposition du conseil d’administration d’Ubisoft en vue, notamment, d’y obtenir une représentation cohérente avec sa position actionnariale ». Cette demande avait déjà été faite il y’a quelques mois lorsque le groupe avait atteint les 15 % du capital. Proposition alors rejetée par Ubisoft qui compte au sein de son conseil les 5 frères Guillemot et 4 représentants indépendants. Si l’entreprise n’a pas encore réagi officiellement à cette annonce, on peut s’attendre à une réponse similaire.

Pour contrer Vivendi, les frères Guillemot peuvent s’appuyer d’une part sur leur stratégie à moyen terme pour l’éditeur, mais également sur les quelques 150 millions d’euros que leur ont rapporté la cessation de leurs actions Gameloft à Vivendi. Le combat reprend donc, plus tôt que prévu.

Pour en savoir plus sur le rachat de Gameloft par Vivendi, nous vous conseillons de lire notre dossier consacré à cette affaire qui aura duré huit mois.