A défaut de test véritablement rétro cette semaine, j’ai décidé de revenir sur un jeu qui n’aura pas fait grand bruit, et sur lequel j’aurais personnellement pas mal rigolé.
50 Cent : Blood on the Sand

Si je vous dit 50 Cent, vous allez de suite me parler de ce rappeur américain aux grosses punchlines et aux textes énervés, le petit protégé de l’indétrônable Eminem, ce mec qu’on connaît en outre pour s’être pris plusieurs balles au cours de sa vie, et s’en être relevé. Alors bon, je ne suis pas là pour revenir sur la véracité de ces faits, ni pour vous parler de son film, Réussir ou Mourir, qui retrace à priori les grandes lignes de sa vie. Mais saviez vous que le bonhomme, en plus d’être compositeur, producteur, acteur, et bien entendu rappeur, avait aussi été l’objet de plusieurs jeux vidéo ? À commencer par un certain 50 Cent Bulletproof, littéralement « à l’épreuve des balles », malheureusement excessivement décevant, même pour un jeu d’action sanglant sans grande prétention. Le bonhomme ne s’arrêta toutefois pas là, puisque après avoir porté cet étron sur PSP dans une édition en vue du dessus encore plus mauvaise que l’originale (un comble), il nous gratifia de 50 Cent : Blood on the Sand, un shooter qui, là encore, ne fait pas dans la dentelle.

Difficile de croire que Bulletproof a réussi à trouver un public, étant donné sa qualité plus que dégueulasse. Peut-être est-ce la notoriété de Curtis James Jackson (50 Cent, au cas où vous n’auriez pas compris) qui est à l’origine de ce petit succès. En tout cas, il est vrai qu’en faisant les magasins d’occasion, vous risquez fort de tomber sur pas mal d’exemplaires du titre, et même de sa déclinaison sur PlayStation Portable. Preuve qu’il se sera tout de même vendu, suffisamment de surcroît pour que feu THQ et Swordfish Studios (lui aussi démantelé entre temps) s’attellent au développement d’un nouveau jeu. 50 Cent : Blood on the Sand sortait ainsi le 13 février 2009 sur Xbox 360 et PlayStation 3, embarquant avec lui des kilos de testostérone.

 

Du fric, des guns et de la sueur

50 Cent : Blood on the Sand

Evidemment, il y aura quelques stripteaseuses…

Je ne sais pas si vous êtes particulièrement familiers avec le rap, ni même plus précisément avec le travail de monsieur 50 Cent. Pourtant, je suis quasiment certain que l’image que vous avez du bonhomme est loin d’être douce et raffinée. Il faut dire que depuis ses débuts, et je ne parle pas uniquement de son premier album, Curtis véhicule toutes sortes de propos énervés, et a tout de même une grosse réputation de mauvais garçon, avec le deal de poudre, la prison et les balles dans le cornet qui vont avec. Ses textes tournent globalement autour de sujets très distingués, comme la défonce, les gros culs, le pognon et les flingues, et forcément l’imaginaire collectif a fini par l’affubler d’un logo de gangsta rap viril et armé jusqu’aux dents. Voilà qui en explique beaucoup sur le scénario de Bulletproof, qui reprend toutefois certains éléments véridiques de sa vie, et sur le contexte de Blood on the Sand, totalement inventé pour sa part.

50 Cent : Blood on the Sand

… mais aussi des grosses mitrailleuses montées sur de gros véhicules militaires

Celui-ci prend place dans un pays africain quelconque, après un concert pour lequel 50 Cent devait être payé la modique somme de 10 millions de dollars. Malheureusement, l’argent n’est pas là, et le bonhomme qui lui avait promis de le payer a l’air de se moquer quelque peu des finances du rappeur. Celui-ci ne compte évidemment pas se laisser faire, et part dans une véritable guérilla, accompagné seulement d’un de ses potes de la G-Unit.

Vous l’aurez compris, on fait plus fin en matière de pitch, et malgré quelques rebondissements, ça ne vole jamais très haut durant la campagne. Enfin ce n’est évidemment pas sur ce plan que l’on attendait 50 Cent : Blood on the Sand. Toutefois, force est de reconnaître qu’en dépit d’une histoire quasiment risible, et surtout particulièrement prévisible, l’ambiance est plutôt réussie, idem pour l’immersion. Ça vaut ce que ça vaut, mais pour les amoureux de l’univers de 50 Cent, le résultat est plutôt sympathique. Dommage qu’on en voit très vite le bout, en cinq à sept heures grand maximum, la faute entre autre à une difficulté assez faible. Idem, dommage que l’option « coop » ne soit possible que via une partie en ligne, et qu’un écran splitté n’ait pas été envisagé.

50 Cent : Blood on the Sand

Certains environnements sont moins inspirés que d’autres !

Curtis ne s’est pas contenté de doubler son propre personnage dans le jeu, il y a aussi inclus une grosse playlist de ses morceaux, cela va de soi. De sorte qu’en dehors des bruitages génériques et de quelques voix rarement très crédibles, tout ce que le joueur entende soit du 50, de bout en bout. Alors évidemment, les détracteurs du gros rap américain vont pouvoir passer leur chemin, à moins de mettre le jeu en sourdine. Cependant, force est de reconnaître que dès lors que l’on apprécie un minimum l’artiste et son style musical, Blood on the Sand a de sérieux atouts dans sa manche. D’autant que l’ambiance sonore lourde colle parfaitement à l’orientation virile et écervelée du titre de Swordfish Studios. Dommage que les morceaux tournent souvent en rond, malgré la vaste taille de la playlist, disponible au passage sur le menu principal avec une poignée de bonus en sus, notamment quelques clips du rappeur.

 

On ne fait pas dans la dentelle

50 Cent : Blood on the Sand

Les actions coopératives se limitent à ce genre de trucs bateaux

À coté de ça, le titre propose un gameplay très facile d’accès, comme tout bon shooter qui se respecte. Il est clair qu’on ne risque à aucun moment de se perdre dans les commandes, puisqu’en somme ces dernières se limitent à faire des roulades et se mettre à couvert (ce qui s’effectue avec la même touche, à la Gears of War), et tirer sur tout ce qui bouge, souvent sans prendre la peine de viser. Comme Bulletproof, Blood on the Sand se la joue à la Max Payne (ou plus récemment Stranglehold de John Who) avec l’ajout d’un Bullet Time qui rend plutôt pas mal, mais ne dure jamais longtemps. On trouve aussi quelques actions coopératives, comme se faire la courte échelle pour passer au dessus d’un muret, ou ouvrir des rideaux de fer… mais rien d’extraordinaire à ce niveau. Reste de courtes phases de combat au corps à corps, jamais imposées, qui nécessiteront d’appuyer sur une seule et même touche avec le bon timing plusieurs fois d’affilée. Mais soyons clairs à ce sujet, on aura plutôt tendance à les éviter.

50 Cent : Blood on the Sand

Le sempiternel système de couverture qu’on bouffe depuis Gears of War

En clair, 50 Cent : Blood on the Sand reprend çà et là des idées provenant de ténors du TPS, un peu comme Bulletproof quelques années plus tôt, et les assemble en les simplifiant. En plus du sempiternel système de couverture, qui ne nous lâche plus depuis Gears of War, le titre se dote d’un marchand qui permettra de se procurer quelques armes et éliminations, manquant malheureusement pas mal d’inspiration. On récupère des pièces et des munitions à tout va, on fait péter tout ce qui est rouge et qui ressemble à un bidon d’essence, on fait augmenter son score et on se met finalement très rarement à couvert… il faut reconnaître qu’en dépit d’un gros manque de profondeur, le tout se révèle plutôt jouissif. Reste quelques problèmes dommageables, notamment une IA visiblement finie à l’urine, qui court tantôt dans tous les sens sans raison apparente, et tantôt pourra même tirer dans les murs. Quelques rares problèmes de Hit Box sont aussi à déplorer.

Contrairement à Bulletproof, ce second opus (qui n’est pas développé par la même équipe, mais passons) aura reçu un traitement particulier coté visuel. S’il ne casse pas la baraque non plus, Blood on the Sand dispose de quelques environnements pas dégueulasses, et de quelques effets visuels qui sortent du lot (notamment le feu), bien que les très nombreuses explosions ne soient nullement remarquables. Reste le design des personnages… très générique malheureusement, tout particulièrement coté ennemis, avec des petits gars qui se ressemblent tous. Seul 50 Cent himself a vraiment de la gueule au final, ce qui n’est peut-être pas plus mal puisque ce sera le personnage que l’on entendra le plus souvent, et le seul avec un minimum de charisme…

Pour qui ?

Pour ceux qui préfèrent les jeux où il ne faut pas réfléchir : Des shooters, il y en a des tonnes, et bien sûr des meilleurs. Toutefois, jusqu’ici, j’en ai rarement vu d’aussi écervelés que celui-ci !

Pour ceux qui aiment le scoring : Le scoring, c’est plutôt répandu, mais finalement assez peu en ce qui concerne le monde du TPS. Et il faut l’avouer, malgré sa facilité, celui-ci dispose d’un système de points plutôt chouette, et étonnamment exigeant.

Pour les amoureux de 50 Cent : Tandis que Bulletproof était une énorme daube, qui ne rendait absolument pas hommage au rappeur, Blood on the Sand est toutefois un reflet sympathique de son univers, avec la playlist bien fat qui va avec.


 

Il n’y a pas énormément à dire au sujet de 50 Cent : Blood on the Sand, et pour cause : il s’agit d’un shooter totalement écervelé, et sans grande prétention. Ça ne vole pas bien haut, que ce soit du coté de son scénario ou bien de son gameplay, qui manque pas mal de profondeur, mais qui gagne à s’inspirer des grands noms du TPS. Toutefois, force est de reconnaître qu’on se prend facilement au jeu, à dégommer tout ce qui bouge et à déconnecter totalement son cerveau une poignée d’heures, le tout sur fond de gros rap bien gras. À condition bien sûr d’apprécier un minimum ce style musical, cela va de soi. Jouissif mais trop court, le titre de Swordfish Studios ne laissera pas une empreinte indélébile dans votre cerveau de joueur, mais il permettra de se défouler un petit moment.

50 Cent : Blood on the Sand

50 Cent : Blood on the Sand

Les plus
  • Jouissif
  • Le système de scoring
  • La bande son ultra complète
Les moins
  • Durée de vie faiblarde
  • Une IA en dent de scie
  • Les environnements pas toujours top
  • Absence d'un mode coop en écran splitté
6 10