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Après la série des One Piece : Pirate Warriors et de Hyrule Warriors prenant place dans l’univers de Zelda, Koei Tecmo et OmegaForce nous reviennent avec Arslan : The Warriors of Legend qui adapte cette fois-ci l’animé des Chroniques d’Arslan à la sauce « Warriors » ou « musou », fer de lance du développeur à l’origine des éternels Dynasty Warriors et Samurai Warriors où l’intérêt consiste à réduire en poussière des hordes d’ennemis par milliers à l’aide de combos aussi dévastateurs que simples à réaliser. Arslan : The Warriors of Legend n’échappe évidemment pas à la règle mais vaut-il vraiment le coup pour les amateurs du genre et les fans de l’animé ?


Les Chroniques d’Arslan est au départ une série de romans écrite et publiée par Yoshiki Tanaka depuis 1986 totalisant pour le moment 14 volumes et qui a connu un grand succès au Japon. Plusieurs adaptations de l’œuvre ont ensuite vu le jour dont un manga (actuellement édité en France chez les éditions Kurokawa) dessiné par Hiromu Arakawa, auteure de Full Metal Alchemist et de Silver Spoon, qui sera par la suite adapté dans une version animée dont la saison 1 est déjà terminée et disponible sur le site de Wakanim.

14 ans, première bataille

Pour ceux qui n’auraient encore jamais vu l’animé ou lu le manga Arslan, l’histoire se déroule dans un univers médiéval en l’an 317 où deux puissances se font perpétuellement la guerre. La première est le royaume de Parse situé à l’est. Riche et reposant sur l’esclavagisme, il est dirigé d’une main de maître par l’imposant roi Andragoras III. Chef de guerre n’ayant connu aucune défaite, il est aussi le père de Arslan, notre jeune prince à la chevelure blanchâtre et aux yeux bleus. Se trouvant à l’ouest et vénérant leur unique dieu Yaldobaoth, le royaume de Lusitanie veut quant-à lui imposer par tous les moyens sa religion à tous les autres royaumes. Alors âgé de 14 ans, Arslan se retrouve dans les plaines d’Atropathènes pour livrer sa première bataille aux côtés de son père contre l’armée lusitanienne. Malgré la confiance du roi de Parse en son armée réputée d’invincible, le courant de la bataille va tourner en faveur des lusitaniens et découler sur une cuisante défaite pour l’armée parse qui en perdra sa capitale Ectabâna. Ce tournant scénaristique va alors marquer le début d’un nouveau voyage pour Arslan. Accompagné de son ami Daryûn, il aura pour but de récupérer le trône de Parse, également convoité par un mystérieux combattant portant un masque d’argent. On va s’arrêter ici pour éviter de spoiler la suite des évènements mais il est important de préciser que le jeu couvre l’intégralité de la saison 1 de série animée.

La première chose que le fan d’Arslan pourra constater en lançant le mode Story est la fidélité avec laquelle l’histoire du manga a été traitée. Entre chaque mission, le scénario évolue à l’aide de cinématiques faites à partir de moteur du jeu et de captures d’écrans issues de l’animé, qui ont quand même été légèrement animées afin de ne pas rendre le tout trop statique. Le rendu est loin d’être dégueulasse et entièrement doublé en japonais, par les mêmes doubleurs que l’animé. Les temps de chargement sont d’ailleurs habilement masqués par les cinématiques ce qui rend l’avancée bien plus agréable et sans temps morts. Si l’histoire est dans l’ensemble très bien retranscrite avec de nombreuses phases de dialogues, le jeu est malheureusement sous-titrés uniquement en anglais et il peut très vite devenir indigeste pour les moins à l’aise avec la langue de Shakespeare. Malgré ce bémol, le mode Story fait parfaitement son travail en permettant de revivre une bonne partie des batailles et des moments clés de l’animé pour une durée de vie estimée de 8 à 10 heures selon le niveau de difficulté choisi.

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Si Arslan Warriors n’est pas le jeu le plus techniquement réussi que l’on ait pu voir sur PlayStation 4, les modèles 3D des personnages en cel-shading respectent parfaitement le chara-design que l’on retrouve dans la série animée. Certes, on est loin d’une animation et d’une mise en scène aussi poussée que dans les Naruto : Ultimate Ninja Storm, mais pour un musou, on est quand même bien au-dessus d’un One Piece : Pirate Warriors 3. Musou oblige, le jeu affiche un nombre hallucinant d’ennemis lambdas simultanés à l’écran tout en restant fluide. Là où le titre pêche graphiquement et ce n’est pas nouveau dans ce genre de jeu, c’est au niveau des décors qui sont beaucoup trop vides et qui manquent cruellement de détails et d’interactions, même si les zones sont reconnaissables au premier coup d’œil. Le titre souffre aussi de problèmes de caméra, qu’il faudra manipuler manuellement afin d’avoir une bonne visibilité de l’action et d’ennemis particuliers.

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L’art de la guerre

Comme à l’accoutumé, les phases de jeu nous envoient dans de larges niveaux composés de plusieurs zones dans lesquelles il faudra progresser en zigouillant les centaines d’ennemis qui apparaitront à l’écran, en martelant frénétiquement les boutons carré et triangle pour déclencher des combos surpuissants. Sans oublier les attaques spéciales qui feront des ravages dans les rangs adversaires à la simple pression du bouton rond. Il est également possible de bloquer ou d’esquiver les attaques ennemies et de monter à cheval, ce qui sera fort utile pour se déplacer très rapidement d’un point à un autre. Si cela s’avère fun et jouissif au début, une certaine lassitude peut vite se faire ressentir pour les moins habitués à cause du peu de combos disponibles et du fait que tous les personnages jouables se jouent de la même façon. Chaque personnage peut tout de même manier plusieurs armes et utiliser un mouvement unique qui lui est propre avec R1. Par exemple, Elam réalisera un bond immense dans les airs pour déchainer une pluie de flèches tandis que Daryûn embrochera un ennemi avec sa lance afin de le faire tournoyer avant de l’envoyer valser des mètres plus loin. D’autres personnages possèdent des combos assez originaux qui prennent une grosse liberté par rapport à l’animé comme ceux de Narsus où il utilise son pinceau pour envoyer des giclées de peinture mortelles.

En passant par l’une des nombreuses « Rush Zone » qui apparaitront régulièrement au sein des niveaux, il sera possible de lancer des assauts massifs qui sont pour le coup totalement dans l’esprit de l’animé. L’effet est impressionnant puisque que pour une durée limitée, vous dirigez une véritable armada de soldats parses, représentée par des centaines et des centaines d’unités à l’écran. En plus de faire exploser le compteur de KO, ces Rush seront souvent réquisitionnés afin de détruire des portes ou des barricades bloquant l’accès à certaines zones essentielles à la progression.

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Concernant l’optimisation, chaque personnage peut s’équiper de trois cartes qui boosteront ses caractéristiques de bases comme l’attaque, la défense ou encore le nombre de points de vie mais aussi de bénéficier d’effets supplémentaires comme un bonus de dégâts sur certains types d’ennemis. Réparties en plusieurs rangs, de D à S, il existe plusieurs moyens des les obtenir, soit en les récupérant en pleine bataille après avoir vaincu un ennemi, soit en combinant un minimum de cinq cartes entre elles afin d’en synthétiser une nouvelle qui sera alors plus puissante. Ce procédé permet entre autres de se séparer des cartes que l’on aura cumulé en plusieurs exemplaires. Le jeu propose aussi un système sympathique de sets de cartes qui ajoute, en plus des effets de chaque carte, un bonus supplémentaire lorsque qu’une combinaison de trois cartes ayant un lien est formée. A cela s’agrémente la possibilité d’affecter des attributs élémentaires aux armes, permettant d’infliger des altérations et des effets durant les combos. Le feu brulera l’adversaire pendant quelques secondes, le poison grignotera temporairement les barres de vie, le vent fera des dégâts à travers les défenses tandis qu’une arme imprégné d’eau ralentira les mouvements des cibles.

La répétitivité se ressent aussi dans les objectifs de missions qui consistent souvent à faire toujours la même chose. Mais les missions ont au moins l’avantage de n’être ni trop courtes ni trop longues et d’être parsemées de checkpoints. Au revoir la frustration que l’on pouvait ressentir lors d’un échec dans l’une des missions de One Piece : Pirate Warriors 3 qui étaient interminables et devenaient un véritable calvaire.

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Sous le masque

Une chose est certaine, Arslan : The Warriors of Legend ne s’imposera pas comme une référence dans le milieu des musou en terme de richesse de contenu en ne proposant seulement que trois modes de jeu trop identiques. Une fois le mode Story terminé, il ne reste alors plus que le Free Mode qui consiste à rejouer chaque mission du scénario avec des personnages et des costumes différents dans l’un des quatre niveaux de difficultés ainsi que le Online Mode permettant de refaire ces mêmes missions accompagné d’un ami ou d’un inconnu via internet. Pour ceux qui préfèrent jouer à deux en écran splitté, sachez tout de même que le titre a quelques soucis de stabilité en coop locale qui peuvent carrément faire planter le jeu en pleine mission. En attendant un correctif, abusez de la sauvegarde rapide afin d’éviter de tout recommencer.

À côté de ses trois modes de jeu, on retrouve une galerie où sont entreposées les modèles 3D, les voix et les expressions faciales de chaque personnage ainsi qu’une simple encyclopédie qui explique tous les termes propre à l’univers. Et c’est tout ce qu’il y a à se mettre sous la dent… On regrette de ne pas avoir accès à une boutique pour dépenser ses golds gagnés en mission et à un mode avec des défis pour prolonger l’aventure. C’est bien maigre comparé aux autres jeux du même genre qui ont toujours été réputés pour offrir un contenu gargantuesque déblocable en centaines d’heures. Seuls les trophées du jeu et l’obtention de toutes les cartes apporteront ici un minimum de challenge.

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Sans atteindre la richesse d’un Samurai Warriors ou la qualité d’un Dragon Quest Heroes, Arslan : The Warriors of Legend n’innove pas la formule mais reste tout de même un titre très plaisant à jouer grâce à son gameplay très dynamique et efficace intégrant un système de sets de cartes et d’attributs intéressant. Le mode Story très scénarisé est agréable à suivre et remplit parfaitement son rôle mais il souffre de l’absence d’une traduction française qui aura de quoi faire râler, et à raison, la plupart des joueurs. Si le jeu peut rebuter par son aspect répétitif typique des musou, son nombre trop limité de modes de jeux et de contenus à débloquer n’arrivera pas non plus à satisfaire les plus acharnés du genre sur la durée. Au final, Arslan : The Warriors of Legend s’adresse donc principalement et avant tout [u]aux fans du manga[/u] qui prendront un grand plaisir à redécouvrir et à revivre les aventures d’Arslan et de ses compagnons dans sa conquête du trône à travers la toute première adaptation vidéoludique de cette série qui s’avère plus que convenable.

Arslan : The Warriors of Legend

Arslan : The Warriors of Legend

Les plus
  • Enfin un jeu Arslan
  • Mode histoire fidèle à l'animé
  • Doublage japonais
  • Relativement fluide
  • Gameplay dynamique...
Les moins
  • ...mais répétitif
  • Textes en anglais uniquement
  • Environnements vides
  • Pas assez de modes de jeu
  • Quelques soucis de stabilité en coop locale
6.5 10