Bande annonce Battlefield 1

Testé sur PC et PS4

Au fil du temps, il est devenu assez évident pour EA de mettre en avant sa licence orientée multijoueur Battlefield. Après un épisode 3 de qualité et un 4 de moins bonne facture, l’éditeur américain revient à la fin de l’année avec un nouvel opus qui apporte un vent de fraicheur à la série. Battlefield 1 se veut en effet d’abord comme LE jeu d’Electronic Arts de cette année 2016, devant Titanfall 2. La place accordée au titre développé par Dice sur les salons n’a fait que confirmer la tendance. L’E3 lui réservait un live stream d’une heure et demi 100% basé sur des parties multi et la Gamescom privilégiait l’accès au grand public. Il faut dire que ce Battlefield 1 est plein de promesses. D’abord, il change complétement d’époque. Finit la guerre moderne, retour aux vieux coucous et à l’intensité effroyable de la Première Guerre mondiale. Si le jeu nous proposera une campagne solo qui promet d’être spectaculaire mais pas des plus intéressantes (quoiqu’on n’est pas à l’abri d’une surprise), EA a d’abord voulu faire tester aux joueurs du monde entier son mode multijoueur à travers une bêta ouverte qui devrait se terminer en milieu de semaine. Après quelques heures de jeu dessus, il est temps pour nous de vous livrer nos impressions somme toute enthousiastes.

Star Wars Battlefront, la dernière production de Dice, avait laissé un goût amer chez les joueurs. Plus produit dérivé qui accompagnait la sortie cinéma de Star Wars VII qu’autre chose, le titre manquait cruellement de contenu et n’offrait qu’un gameplay simpliste au possible. Les suédois reviennent donc cette année avec Battlefield 1, un nouvel opus de leur série militaire offrant des batailles à grande échelle. Plus beau, plus cool et surtout plus différent, c’est ce que nous promettent les développeurs après un passage à vide qualitatif de trois jeux (Battlefield 4, Battlefield Hardline et Battlefront). On en attend donc beaucoup et EA a décidé de nous donner un avant-goût du jeu en nous proposant une bêta ouverte.


Battlefield 1 Trailer par CooldownTV

Les hommes des sables

Mettons directement les choses au clair, non je ne parlerai pas ici de la polémique qui entoure Battlefield 1 sur l’absence des Français et des Russes du jeu de base. Le torrent de rage viendra en temps voulus. Sur ce, penchons-nous sur ce que proposait cette bêta du jeu.

Nous avions accès à une seule et unique map pendant ces quelques jours, à savoir Désert du Sinaï. C’est peu et pas vraiment représentatif de ce que nous proposera Battlefield 1 à sa sortie. Pourtant, pas une seule seconde je ne me suis ennuyé sur cette carte aussi grande qu’intéressante. En effet, celle-ci propose un intelligent mélange de level design. La map se découpe grosso modo en trois parties distinctes : une partie sud composée de dunes de sables et où se trouve, en plein milieu, un petit ensemble de bâtiments qui permettent de garder un œil sur les alentours ; la partie nord-ouest est un petit village rustique dans lequel se déroulent des affrontements urbains et enfin la partie nord-est propose une montagne et ses petits canyons qui privilégient les embuscades. Une map donc, et trois façons de jouer en fonction du lieu où on se trouve.
Une très bonne chose. On déplorera tout de même l’abondance de snipers qui vous empêcheront de gambader joyeusement au milieu du chaos. Et n’oublions pas la météo dynamique ! J’ai pu apercevoir quatre temps différents qui changeaient en pleine partie, modifiant alors, parfois, la stratégie à adopter. La plupart du temps il fait beau ou bien couvert (dans ce cas-là la map est beaucoup trop sombre), mais il arrive qu’une nappe de brume épaisse s’abatte sur le terrain de jeu ou qu’une tempête de sable déferle sur les joueurs. Plus 1 pour la classe. On a du coup hâte de tester les autres maps en espérant qu’elles proposeront une telle diversité.
Sur Désert du Sinaï les deux modes accessibles étaient Conquêtes et Rush avec la possibilité de jouer les Britanniques et les Turcs. Les habitués de Battlefield les connaissent déjà bien c’est pourquoi EA n’a pas voulu prendre de risques en proposant autre chose. Bonne idée ? Bof. Pour les autres, faisons un rapide topo. Le mode Rush se joue à 24 joueurs et propose à une équipe d’attaquer et de détruire des postes télégraphiques pour pouvoir avancer sur la map. Les autres doivent bien évidement les défendre. Le mode Conquête fait s’affronter deux équipes de 32 joueurs qui se battent pour contrôler le plus de drapeaux possibles (ces drapeaux sont fixes et sont positionnés sur des zones stratégiques) et le plus longtemps possible pour engranger des points. L’équipe qui a le plus de points à la fin du temps gagne. Si le mode Rush tend à se montrer moins dynamique et un peu plus lassant, le mode Conquête, lui, fait tout à fait le job. A 64 personnes sur la carte, l’action est omniprésente. Ça tire, ça explose, ça crie en continu.

Battlefield 1 map sinai

La map Désert du Sinaï est très vaste

Il ne se passe pas une minute sans que l’on rencontre un ennemi ou un collègue que l’on pourra suivre dans son véhicule. La présence de ceux-ci d’ailleurs donne un avantage à ce mode de jeu. Non pas que Rush ne possède aucun véhicule, mais ils sont simplement moins nombreux. En Conquête, une dizaine de moyens de transport différents sont disponibles, de la petite jeep au tank à 5 mitrailleuses en passant par le biplan de combat ou encore le bombardier ainsi que le fameux cheval… Il y en a de partout mais encore faut-il pouvoir monter dedans. Là-dessus, Battlefield 1 pêche. Dans les précédents Battlefield, pour monter dans un avion ou un tank, les machines se trouvaient directement sur la carte et en nombre limité.
Ici, les véhicules les plus puissants ne sont accessibles qu’à partir du menu de spawn. Si vous avez de la chance, vous voyez apparaître un avion sur la carte stratégique et pouvez monter dedans s’il reste encore une place (les avions, à l’instar des vaisseaux de Battlefront, ne décollent plus du sol mais sont directement en vol lorsque vous apparaissez dedans). Même chose pour les tanks puissants. Personnellement je trouve cela plutôt injuste et on se retrouve du coup à cliquer comme un barjot sur la carte lorsqu’on voit qu’un avion est disponible.

battlefield 1 canon

Le canon n’est pas précis mais est redoutable contre les véhicules

Bref, admettons qu’on arrive à rentrer dans un de ces vieux coucous, les sensations sont assez énormes. Alors certes, la maniabilité est tout à fait particulière au clavier souris mais la prise en main se fait finalement assez vite. Les détails foisonnent, on entend l’air nous claquer les oreilles et leur puissance est rapidement vérifiable (Ah ! Distribuer les bombes comme des Smarties, quel bonheur !). De même pour les gros tanks, ces espèces de briques de métal où cinq joueurs peuvent monter et utiliser les 5 tourelles mises à leur disposition tout autour de la bête. Petit soucis cependant, il est relativement difficile de les détruire lorsqu’on est simple piéton. Tomber face à l’un de ces mastodontes entièrement habité est souvent synonyme de mort imminente. Pour les combattre il faudra soit utiliser les avions, soit se positionner sur un canon fixe et pilonner d’obus la position du char. C’est efficace, si vous ne vous êtes pas fait sniper avant.

Même stratégie contre le train blindé. Cette machine de guerre terrifiante se mettra à disposition de l’équipe qui perd. Des joueurs peuvent monter à son bord et pilonner littéralement la map d’obus. Un allié de poids si vous êtes trop en difficulté.  A pieds nous avions accès à quatre classes : Support, Assaut, Médecin et Scout. Y en aura-t-il d’autres à la sortie ? Peu probable. Cependant chaque classe possède de nombreuses armes et accessoires différents qu’il sera possible d’acheter avec des points gagnés en augmentant de niveau.
Ces classes seront d’abord utiles pour votre style de jeu bien sûr, mais aussi pour organiser son escouade que l’on vous demandera de choisir avant de commencer une partie. Bon évidemment, si vous ne jouez pas avec des potes, vous prendrez la classe que vous voulez, pas de respect pour le teamplay. La map contient également quelques caisses d’armement spécial. Vous attendiez qu’on vous parle du lance-flamme ? Le voici enfin. Quatre boites sont disséminées sur Désert du Sinaï à proximité d’un drapeau (en Conquête). Celles-ci confèrent donc par exemple le fameux lance-flamme, un fusil de sniper puissant ou encore une mitrailleuse lourde dont le manque de précision (difficile de toucher un ennemi s’il ne se trouve pas à moins de 10 mètres de vous) est compensé par une santé accrue due à l’ajout d’une armure de métal qui comprend tout votre corps. Malgré leurs atouts évidents je n’ai pas vu beaucoup de monde utiliser le contenu de ces caisses. En même temps, pas besoin de ces machines de l’enfer pour prendre du bon temps sur Battlefield 1. Du fun cependant trop souvent éclipsé par des soucis agaçants.

Battlefield 0.5

battlefield 1 maison

Combattre avec des amis est toujours plus sympa

Car Battlefield 1 est encore loin d’être terminé. Certes, le jeu est déjà somptueux graphiquement avec des détails aussi infimes qu’ils participent à l’immersion du joueur dans le titre de Dice. Lorsqu’on se couche par terre dans les dunes et que les grains de sable se déplacent par centaines sous notre main. Lorsqu’on tire dans le sol et qu’un nuage de poussière s’élève et s’étale dans le vide pendant quelques secondes. Les énormes cratères creusés par les obus incessant forment de nouveaux abris mais aussi des pièges pour les plus petits véhicules. Tout est beau dans ce jeu. Tout est beau et tout sonne bien. Le sound design, encore une fois, est impressionnant. Le vent qui siffle dans les oreilles lorsqu’on fait un piqué en avion est criant de réalisme, la balle de sniper qui nous rate de quelques centimètres fait battre le cœur un peu plus vite et les explosions de bombes lâchées par un bombardier à côté de nous nous fait nous accrocher à notre souris pour ne pas nous renverser. J’exagère peut-être un peu mais, personnellement, je suis sensible au sound design. Bref, nous n’étions pas ici pour parler de cela. Battlefield 1, dans son état actuel, est tout de même préoccupant. Le jeu sort dans un mois et demi et de nombreux bugs parfois très enquiquinants sont toujours présents, si bien qu’on peut avoir l’impression de jouer à un jeu en early access…

Combien de fois je me suis retrouvé bloqué au pied d’un mur de 50 centimètres parce que mon soldat n’arrivait pas à passer au-dessus ! Il m’est arrivé de débuter plusieurs parties sans aucune arme dans mes mains. Ce n’est pas qu’elles étaient invisibles, elles n’existaient tout simplement pas. Et cela est plutôt rageant de se retrouver dans une telle situation. Et quand bien même j’avais mes armes, celles-ci ne faisaient parfois aucuns dégâts sur un ennemi même situé quelques petits mètres devant moi. Ne parlons pas des innombrables bugs de collision, des animations qui ne se lancent pas, des spawn aléatoires alors qu’on a bien choisit celui que l’on désirait ou encore des véhicules qui disparaissent d’un coup, sans crier gare. Parlons plutôt des problèmes que j’ai pu rencontrer dans les menus. A la fin d’une partie il est possible de revenir au menu principal mais cliquer dessus pouvait très bien vous faire débuter directement une nouvelle partie. Frustrant. Au niveau des serveurs de parties par contre je n’ai pas rencontré énormément de problèmes, contrairement, semble-t-il, à beaucoup de monde. Les attaques DDos lancées dès le lancement de la bêta ont été visibles sur les serveurs mais, en m’y reprenant 4 ou 5 fois, j’ai toujours réussi à me connecter. En bref, Dice a un peu plus d’un mois pour corriger tous ces problèmes pour éviter de se retrouver avec un patch Day One aussi lourd que le jeu en lui-même et on espère que cette bêta leur aura permis de se rendre compte de ceux-ci dans leur intégralité. On peut tout de même se poser des questions quant au niveau de finition du jeu et lorsqu’on le compare à la bêta de Battlefront qui, elle, s’était passée sans le moindre accro. Rappelons que les nombreux bugs présents dans le multi de Battlefield 4 (et son solo également) avaient participé au désamour des joueurs pour le titre.

bigbyL’avis de Bigby, rédacteur de Cooldown.fr (sur PS4)
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la saga Battlefield n’avait, pour l’heure, encore jamais touché à la Première Guerre Mondiale. On avait toutefois eu droit à la Seconde et à un bout du Vietnam avant d’atteindre l’inépuisable contexte des guerres actuelles, et qui nous martèle depuis des années durant. Donc dire de ce « retour aux sources » qu’il était attendu est un bien doux euphémisme. Parce qu’au-delà de pallier à des joueurs lacés, ce renouvellement était une nécessité pour Dice s’ils ne voulaient pas que leur licence finisse par s’essouffler et s’étouffer dans la complaisance. Je m’attarde sur le contexte historique, parce qu’en réalité, il n’y a pas grand-chose d’autre à dire sur la bêta de ce Battlefield 1. Le gameplay ? Inchangé. Les modes de jeu ? La même. Moyens de locomotion ? Rajout du cheval. Et j’exagère à peine. Mais en même temps, difficile de reprocher au studio d’user d’une recette qui fonctionne toujours aussi bien. Par contre, force est d’admettre que leur Première Guerre Mondiale dispose d’un charme fou (oui, c’est horrible à dire). Que ce soit l’arsenal rustique et plus accessible qu’auparavant, l’authenticité de certains véhicules ou bien la réalisation globale qui transpire encore et toujours la maîtrise, on s’y croirait réellement… du moins, passé les nombreux écueils d’une mauvaise optimisation. Malgré cette tare et l’unique map disponible (peut-être pas des plus convaincantes), cette bêta révèle tout de même le joli potentiel d’un Battlefield qui sera, on l’espère, placé sous le signe du dépaysement.
battlefield 1 désert

Cette bêta de Battlefield 1 laisse présager de bonnes choses pour la sortie finale du titre. Malgré des bugs assez frustrants, les parties sont incroyablement fun à jouer et on ne s’ennuie pas une minute même si on meurt beaucoup. Le level desgin de la map est intéressant et on espère vraiment que les autres cartes bénéficieront d’une telle maîtrise. Les mastodontes spéciaux comme le train blindé (on a hâte de tester le zeppelin) sont une très bonne idée et peuvent permettre à une équipe en difficulté de se refaire. On aura tout de même pu regretter l’impossibilité de composer son arsenal en dehors des parties, ce qui nous oblige à abandonner nos camarades le temps d’acheter du nouveau matériel, et des modes de jeu un peu trop classiques. Pour le reste, le moteur Frostbyte fait des merveilles, le feeling des armes est très agréable, les véhicules sont variés et les parties s’enchaînent relativement vite. Face à un Call of Duty : Infinite Warfare intrigant mais dont les fans semblent s’éloigner et un Titanfall 2 qui ne bouleverse pas la recette du premier, Battlefield 1 pourrait être le FPS gagnant de cette fin d’année. Réponse le 21 octobre sur PC, PS4 et Xbox One.
Bande annonce Battlefield 1

Battlefield 1

Les plus
  • Des graphismes magnifiques
  • Un sound design qui dépote
  • Beaucoup de fun
  • Les véhicules variés
  • Le feedback des armes
Les moins
  • Des modes de jeu classiques
  • Trop de bugs
  • Pas de grande nouveauté