Tout le monde aime la musique. Tout le monde aime les animaux domestiques. Harmonix flaire le coup sur iOS et Android et propose BeatNiks, un tamagotchi sur fond musical.

S’il y a bien un cachet qui valide l’intérêt que peut procurer BeatNiks, c’est bien Harmonix, le studio qui le porte. La société qui s’est révélée avec Guitar Hero en 2005 et qui a su porter son bébé au fil des générations de consoles profite désormais de l’éviction de sa licence pour se concentrer sur le mobile.

Bien sûr, Beatniks n’est pas le premier à faire le parallèle entre les tamagotchis, la sensation sociétale du début du millénaire au Japon et ailleurs, à dire vrai, et des smartphones dont même les besoins les plus pressants ne peuvent en adoucir notre addiction. Toutefois, la promesse est des plus alléchantes : voilà ici une petite bestiole qui réagit à la musique que vous écoutez. Mieux, qui possède lui même un ADN musical à travailler. Jusqu’à quel point ?

Oh la belle bleue

Après sa (longue) installation, BeatNiks s’illustre avec un constat qui saute aux yeux, celui de l’esthétisme. Résolument coloré, dessiné au surligneur et indéniablement mignon, l’univers de notre petite bestiole s’immisce entre le classique Monstres et Cie et le tout récent Vice/Versa. Une fois les mirettes calibrées, l’heure est venue de choisir l’identité de ce qui sera, au départ du moins, un bout de pâte à modeler avec des yeux.

Harmonix se montre cohérent avec son univers. A l’utilisateur de choisir la personnalité de son alter ego en Playdoe. La couleur définit le type de beat, la forme est affectée à un certain type d’instrumental et le visage permet de pousser la chansonnette suivant plusieurs styles. Du Jazz au Rock en passant par le Hip Hop, chaque genre est grimé façon gros grains.

Une patate Hip Hop, ça mange des bonbons-Pinata. Posez pas de question.

Enfin débarqué dans notre petit univers, les principes de bases du compagnon virtuel sont respectés à la lettre. Pokémon a son trident feu/eau/plante, Fire Emblem son lance/épée/hache. Côté BeatNiks, on tape du côté de la sainte-trinité du mignon numérique, bouffe/câlin/douche.

Pour se sustenter, il faudra donc acheter ou crafter, selon un modus operandi simple. Ingrédient + ingrédient = plat, plus ou moins comestible. Que les créatifs tempèrent leur ardeur : en pratique, on est plus proche d’Adibou que de Minecraft. Pour ravir ceux qui ont l’écran sale, la propreté se matérialise par une bonne douche savonneuse en forme de frottement d’écran. L’occasion de découvrir des rayures, ou d’en créer de nouvelles.

On ne peut pas vraiment dire de BeatNiks qu’il est absolument exigeant. Toutefois, laissez votre pote virtuel seul une demi-journée, et les notifications affluent. Les jauges diminuent assez vite. Une manière aussi de ne pas laisser le temps au joueur d’oublier l’appli qu’il vient d’installer. C’est que, derrière, le contenu se fait assez chiche.

Et la musique, dans tout ça ?

Il est là, le grand problème. Passée le tutoriel permettant de toucher à toutes les activités présentes initialement, voilà deux jeux bien fades. On passe sur le premier, « Roue-à-vrac », est un bonneteau sous un autre visage.

Le second, « Fête-m’en cinq » est, enfin, un jeu qui utilise vos morceaux. Le principe : appuyer en rythme sur des mains qui s’activent suivant le BPM de votre titre. Ne vous attendez pas à un Guitar Hero ou ne serait-ce qu’à un efficace Beats du temps de la PSP : le principe est ultra-simple, possède un minimum de variance et s’avère d’une facilité horripilante. Résultat, on s’endort vite.

Dans le même principe, « Attrap’malbouffe » et « Késa’couplet ? » fournissent une structure qui n’amènent que peu d’intérêt, avec un jeu de plate-forme fade et un quiz de vos connaissances de vos titres. Dommage, puisque l’intégration était bien pensée, l’application détectant automatiquement vos pistes en dur ou en streaming via des services à associer.

Etre classé, c’est être patient et doué de volonté.

Pour s’acheter une durée de vie, BeatNiks utilise la fameuse technique du serpent qui se mord la queue. L’expérience accumulée en jouant et en réalisant certaines actions au cours de la journée permet de débloquer tous les mini-jeux, et surtout obtenir la monnaie virtuelle permettant toutes les actions secondaires de personnalisation. Evidemment, c’est là que les paiements intégrés s’infiltrent.

L’ADN sonore présenté en début de jeu finit par s’effacer au profit de considérations plus banales. Les achats tournent plus vers quelques ingrédients pour cuisiner et s’acheter manteaux et lunettes que vers des contenus musicaux. Difficile de s’attacher à une créature qui s’approche plus volontiers des plus jeunes que d’un quelconque passionné de musique.

Dans ce contexte, se passionner pour le système de niveaux, débloquant ingrédients, habillages et mini-jeux semble bien superflu. Surtout quand celle-ci s’incrémente à une lenteur terrifiante. Sans en être totalement dégoûté, on refile tranquillement BeatNiks au petit cousin ou au petit frère, histoire de pouvoir se poser dans le canapé en paix.


 

Pouvait-on réellement vouloir plus d’une application gratuite ? Oui et non. Pas radin en univers artistique, cohérent dans son délire, BeatNiks pêche dans sa promesse plus que dans sa réalisation. Difficile de faire de la lourde application son application de musique par défaut, pendant que les mini-jeux sont trop peu nombreux et bien trop insipides pour surmonter les 2 heures d’utilisation initiales. On passe.

BeatNiks

BeatNiks

Les plus
  • Mignon et coloré
  • Les gamins adorent : plus besoin d'acheter un animal de compagnie pour Noël
  • Le concept musical...
Les moins
  • ...Très, très superficiel
  • Manque de contenu
  • Redondant
  • L'expérience en mode tortue
5 10