Bioshock 2 remaster the collection test

Testé sur PC : i5 750, GTX 660 et 8go de RAM

Une suite c’est toujours difficile. Une suite d’un des jeux les plus acclamés de son époque c’est encore plus difficile.  Il faut savoir équilibrer nouveautés et reprises du premier épisode, et tenter de reproduire le même effet. Autant dire que la tâche de Bioshock 2 était compliquée.

À l’époque de sa sortie, Bioshock 2 a souffert de sa filiation. Trop proche de son aîné, il ne prenait pas assez de risques, il n’apportait que très peu à la licence, et Rapture avait perdu son effet waouh. Mais tout ceci était dû au fait qu’il passait après un premier épisode qui fut une fessée pour tout le monde. Aujourd’hui nous sommes en 2016. La trilogie Bioshock reste une pierre angulaire du jeu vidéo moderne, et 2K ressort les jeux après un coup de polish bienvenue. Et Bioshock 2 en sort finalement grandit, bien plus que le premier épisode, et bien plus qu’Infinite. Le jeu prend tout son sens au sein de sa trilogie quand on oublie qu’il est la suite de son prédécesseur. Mais arrêtons le flot de paroles et plongeons ensemble dans les profondeurs de Rapture en jetant un oeil avisé au jeu et à ce que donne le remaster.

Big Daddy, petite histoire

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Rapture toujours aussi glorieuse

Bioshock 2 se déroule 8 ans après les événements du premier épisode. Rapture est encore plus délabrée, la ville commence à prendre l’eau de partout, Ryan est décédé, et globalement tous les habitants sont morts ou drogués jusqu’aux yeux. Vous êtes un Big Daddy, un type génétiquement modifié, dans un scaphandre old school, chargé de protéger les Petites Soeurs, ces gamines génétiquement modifiées pour collecter l’ADAM, la substance qui permet d’éditer l’ADN. Mais pas n’importe lequel, un des premiers modèles. Après une trahison initiée par la mère de votre Petite Soeur, Sofia Lamb, vous êtes laissé pour mort pour finalement vous réveiller dans une Rapture en fin de vie. Votre mission : retrouver votre Little Sister, Eleanore Lamb, enlevée par le Dr Sofia Lamb. Très vite vous comprendrez que vous n’êtes pas un Big Daddy ordinaire, et qu’Eleonore est la clé d’un projet initié par sa mère (que je ne vous révélerai pas, spoilers).

Bioshock était une exploration de la folie d’un homme et de la mégalomanie d’une philosophie basée sur l’individualisme et le capitalisme rendu incontrôlable, Bioshock 2 est une histoire personnelle. Vous-même victime de Ryan, bien plus que le protagoniste du premier opus, vous n’avez cure des projets mégalos de Lamb. Même les projets (discutables) de votre guide à travers Rapture, Sinclair, ne vous intéressent pas. Votre seul et unique objectif, votre seule motivation, est de retrouver votre Little Sister, votre fille (même si techniquement vous n’êtes pas génétiquement liés). Loin d’imiter le premier, avec un twist qui change l’intégralité du sens de votre aventure, Bioshock 2 ne cherche pas à faire dans l’esbroufe. Il vous propose juste de vivre une aventure personnelle, presque intimiste au fond, sur fond de guerre idéologique et de combat contre une ville utopique transformée en enfer sous marin.

Moins grandiloquent que son prédécesseur, Bioshock 2 n’en oublie pas d’être profond. À travers la ville vous trouverez de multiples journaux audio, qui vous en apprendront plus sur Rapture, sur Ryan, sur la chute de l’utopie et sur le Dr Sofia Lamb. On peut regretter que cette dernière soit artificiellement rajoutée au centre de l’histoire de Rapture, le personnage n’ayant même pas été évoqué dans le premier épisode, alors qu’elle est censée avoir été une force extrêmement gênante pour Ryan, presque autant que Fontaine. Mais en soit c’est un détail tant le personnage est intéressant, et totalement en continuité de la mégalomanie qui caractérise cette ville de dingues.

Petites Soeurs, grosse foreuse

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Des algues, des plantes, et de l’eau. Rapture coule

Là où Bioshock 2 peut décevoir, c’est au niveau de son gameplay. Et oui le jeu n’apporte que très peu à la recette du premier. On y retrouve les fondamentaux : flingues et plasmides. La différence majeure étant que maintenant vous pouvez utiliser les deux en même temps : plasmides à la main gauche, arme à la main droite. C’est une modification toute simple, mais qui change complètement la manière d’approcher les combats. Vous vous surprendrez à être un peu plus agressif dans votre utilisation des pouvoirs, et penserez à des combinaisons assez rigolotes entre plasmides et armes (le must restant choc électrique + foreuse).

Mais voilà : par rapport au premier Bioshock 2 n’apporte presque rien de neuf. Les plasmides sont identiques, les armes sont les mêmes, malgré un reskin qui fait passer la mitrailleuse du premier pour une gatling, et les améliorations passives sont les mêmes à deux trois nouvelles près. La plus grosse modification, outre les deux mains, c’est le piratage. Ici pas de mini-jeu relou, mais un simple jeu de réflexe, avec bonus et malus. Simple, efficace, et pas une perte de temps. Gros plus à l’outil de piratage à distance qui permet de faire des choses amusantes (comme retourner une tourelle sur les Splicers avant qu’ils vous aient remarqué).

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Le piratage est beaucoup plus simple

Bon maintenant que les similarités avec Bioshock 1 ont été évoquées passons au feeling général des combats. Et bien ça se ressent que vous êtes un Big Daddy. Vous êtes lourd, très lourd, vous vous déplacez à la vitesse d’un escargot sur une tortue, quant aux sauts, quels sauts ? Les barrières seront un obstacle infranchissable, n’essayez même pas. Parfois ça passera, mais c’est probablement dû à un bug de collision. En revanche en combat cette lenteur et cette puissance feront de vous une machine à tuer. Utilisez votre foreuse et vivez l’expérience Big Daddy à fond pendant que vous creusez plein de trous dans vos adversaires. Mention spéciale aux phases de collecte d’ADAM par vos Petites Soeurs adoptées, et aux nombreux pièges à votre disposition. C’est un plaisir de poser mines, mini tourelles et autres pièges électriques pour repousser les Splicers assoiffés d’ADAM. Et quand ça se passe bien c’est divertissant de tenir une position sans tirer un coup de feu.

Beau remaster, mauvais portage

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Le remaster fait honneur (surtout concernant l’eau)

Bioshock avait filé une énorme claque par sa direction artistique. Rapture était probablement un des environnements les plus magnifiques de son époque. Et bien le 2 continue sur sa lancée. Rapture est sublime. Délabrée, en ruine, au bord de l’écroulement, mais magnifique. Et oui, n’oubliez pas que le jeu se déroule 8 ans après le premier, qui lui prenait place au moment où Rapture sombrait définitivement dans le chaos. La ville était visiblement en mauvaise posture, mais restait étanche et gardait quelque chose de sa splendeur. Là c’est définitivement la fin : certaines parties de la ville sont inondées, d’autre sont totalement envahies par la végétation, et c’est à se demander comment ce qu’il reste d’habitants ont pu se nourrir pendant tout ce temps. Là où Bioshock était le début d’un cauchemar, Bioshock 2 est la fin d’un rêve.

Au niveau de la variété d’ennemis, c’est également du très classique. Vous croiserez les mêmes Splicers que dans le premier opus, juste encore plus ravagés et les mêmes Big Daddy. Bioshock 2 rajoute tout de même deux trois type d’antagonistes en plus, dont un nouveau Big Daddy (avec lance-roquette) et un nouveau Splicer bourrin, spécialisé dans le corps à corps. Bioshock 2 introduit également un nouveau super ennemi : la Big Sister, une ancienne Little Sister dopée à l’ADAM, dans un costume de scaphandrier à la Big Daddy. Elle débarquera aléatoirement lorsque vous récolterez de l’ADAM avec une Little Sister, et sera extrêmement difficile à battre. Contrairement à ses congénères masculins elle usera et abusera des plasmides, mais vous donnera de l’ADAM une fois vaincue.

 

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Des options ridicules pour un jeu PC

Bon on a parlé de Bioshock 2 comme s’il venait de sortir. Maintenant, évoquons le remaster. Honte à 2K. C’est incroyable qu’en 2016, alors que le jeu sur PC prend de plus en plus d’importance, l’on se retrouve avec ce genre de portage console déplorable. Outre les plantages aléatoires, le plus difficile à avaler c’est le nombre d’options absolument ridicules : une poignée de résolutions (de 720p à 1080p), VSync et Anti-Aliasing. Et c’est tout. Si vous voulez avoir une résolution qui correspond à votre écran et bien il faudra aller éditer directement un fichier .ini, et encore ça ne marchera pas à tous les coups. Pareil pour le son où le 5.1 n’est pas une option, et où vous devrez aller aussi éditer deux fichiers pour profiter d’un son spatialisé. Heureusement le remaster en lui-même fait le boulot, Rapture est magnifique, plein de petits détails rajoutant à cette ambiance de fin d’un monde, dommage que l’expérience soit entachée par du clipping, et autre textures qui oublient de se charger. On pensait que les éditeurs et les développeurs avaient enfin compris que sortir des jeux mal portés, voir pas finis, était une pratique anti-consommateurs au possible, mais visiblement les leçons de Batman Arkham Knight ou Assassin’s Creed Unity n’ont pas été retenues.


Bioshock 2 est un grand jeu. Une aventure personnelle au fond d’un océan de réflexions. Rapture est a plus belle chose qui soit arrivée au jeu vidéo, la preuve que l’on peut faire du jeu vidéo intelligent, sans pour autant sacrifier le gameplay sur l’autel de la réflexion. Finalement son plus gros défaut est d’être une suite d’un chef d’oeuvre, à jamais entachée par son manque d’audace dans le gameplay. Mais Bioshock 2 prend tout son sens dans sa trilogie, son audace c’est de se détacher de l’Histoire de Rapture et de nous rappeler que le rêve de Ryan s’est bâti aux dépens de personnes, avec des sentiments et des rêves. Le jeu préfigure avec brio Infinite qui brassera les thèmes de ses deux aînés (mais ceci est une autre histoire). En revanche d’un point de vue plus terre à terre : sortir des jeux dans un état pareil sur PC en 2016 n’est tout simplement pas acceptable. Ce qui est d’autant plus rageant lorsque l’on voit le travail effectué sur le remaster.

Bioshock 2 remaster the collection test

Bioshock 2 Remastered

Les plus
  • Le remaster est très beau...
  • Profond
  • Rapture
  • Une histoire plus personnelle
  • Un réel travail d'ambiance
Les moins
  • ... mais entaché par un portage déplorable
  • Peu d'audace de gameplay
  • Des déplacement lourds
8 10