markoftheninja2Les ninjas: au dessus c’est l’soleil, ainsi se résume ma conception de l’univers. On s’intéresse aujourd’hui à Mark of the Ninja, un jeu de… Ninja, développé par Klei Entertainment et édité par Microsoft. Sorti en 2012, il s’est vu enrichir d’un DLC l’année suivante.
Klei est un tout petit studio de 11 personnes. Ils sont également à l’origine de l’excellent Don’t Starve et des deux Shank, un peu moins connus mais tout aussi efficaces. Sur leur site web, voilà ce que l’on peut lire : « Klei was build because we want to build games that we care about » (Klei a été monté parce que nous voulons développer des jeux qui nous intéresse, pour les moins anglophone d’entre vous). Et bon sang, c’est vrai!
 
 

Quand on joue à ce jeu on se sent ninja, vraiment.

ninja1

Mark of the Ninja se présente sous la forme d’un jeu d’action/aventure plateforme orienté infiltration. Le système de classement du jeu favorise largement les adeptes de la discrétion et de la non violence via des bonus de fin de niveau. Si ça vous enquiquine d’avoir à recommencer dix fois la même séquence parce que vous avez une seconde de retard sur le timing et qu’un garde vous voit à chaque fois, vous pouvez enfiler votre costume d’O.J Simpson, vous vous lancerez alors dans un massacre systématique de tout ce qui vous passe à portée de lame. C’est l’une des grandes forces du jeu, il nous offre beaucoup d’approches différentes, les techniques très variées et le nombre d’artifices et de pièges que vous pouvez débloquer en progressant dans le jeu vous offrent vraiment un éventail de possibilités aussi large qu’intéressant. Certains sont plus efficaces que d’autre mais dans l’ensemble tout marche bien, il suffit de savoir s’en servir.
 

ninja2

 
La tenue que vous choisissez a également un impact lourd sur le gameplay du jeu: l’une vous autorise le close combat et augmentera votre résistance aux dégâts mais vous empêche d’utiliser la pause active, une autre vous rend capable de vous déplacer si vite que vous êtes capable de vous téléporter mais dans l’impossibilité d’utiliser vos artifices pour faire diversion. Cinq tenues sont déblocables au fil de l’aventure, six avec le DLC et chacune changera radicalement la manière dont vous allez traverser les niveaux. Mark of the Ninja a beau être un jeu plateforme, il ne vous offre pas qu’un seul itinéraire et certains seront plus adaptés que d’autre à votre style de jeu, votre tenue et les objets que vous avez équipé.
Si on ne prend pas en compte le fait que votre corps est couvert de tatouages mi-encre mi-lsd qui décuplent vos capacités physiques et psychiques, que la tenue que vous portez vous confère des pouvoirs tel le vampirisme et que vous faites parti d’un clan de ninja au 21ème siècles, Mark of the Ninja est un jeu qui se veut réaliste dans ses exigences. Votre champ de vision se cantonne plus ou moins à ce qu’est celui d’un humain normal, vous n’avez pas d’yeux derrière la tête, contrairement à Quirel, et vous mourrez si vous vous prenez une rafale de plomb (en difficulté maximum une balle suffit!), le défi est donc au rendez vous! Il vous faudra être attentif et vigilant pour déjouer les pièges qui vous attendent au fil des niveaux.
 

Plus que du gamedesign, un vrai travail artistique

ninja3

Mark of the Ninja fait parti d’une espèce de jeu bien à part, ce n’est pas qu’un beau jeu, c’est un jeu qui a une esthétique. Le dessin est simple, les couleurs peu variées, mais l’on pourrait rester plusieurs minutes à admirer l’élégance des édifices nippons se découpant dans le ciel de la nuit sagement illuminé par une lune d’argent. Même quand vous vous trouverez à patauger dans des catacombes puants remplient de gaz nocifs, vous remarquerez quelque chose : les petites taches de déchets toxiques sur les murs, les poutres vermoulues en arrière plan et la lueur verdâtre dans le lointain…
Ce jeu à réellement une âme, Les bruitages sont exceptionnels, les bruits de pas, les coups de poings, le rendu est lisse et adapté. La musique, quant à elle, est nerveuse, majoritairement basée sur des percussions et des instruments à cordes et accompagne bien le rythme agressif de l’action. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de la trouver un peu vide, pas mauvaise, mais classique. Quand je l’écoute sans jouer au jeu je me dis « ça pourrait être la musique d’un Mission Impossible au Japon » et encore, on ne sent pas vraiment une influence nippone dans cette dernière, à part quelques gongs qui retentissent quand l’envie leur prend. Ce manque d’originalité est dommage, car l’univers noir et mélancolique que nous propose Mark of the Ninja pourrait se voir améliorer par la présence d’une musique plus travaillée, moins support de l’action, nerveuse, mais support de l’histoire, tragique. Je ne vous parlerai pas de celle ci en détail, vous devrez la découvrir par vous même. Elle est classique dans sa forme, mais pose des questions sur le rapport au pouvoir que nous entretenons, notre difficulté à accepter le sacrifice et bien entendu l’évolution des valeurs qui va de paire avec nos avancées technologiques.
 

Pour résumer :

Mark of the Ninja c’est comme un drame Shakespearien à la comédie française, une hécatombe et du beau jeu. Le scénario de ce jeu est sympa, son univers prenant, mais il ne vous apprendra rien sur la réalité de ce qu’était un ninja, ou shinobi pour les intimes. Le choix de ces combattants d’élites ne part pas d’une envie de parler de l’histoire des ninjas ou parce qu’ils sont populaires auprès du publique, les gars de chez Klei cherchaient à créer quelques chose qui brillerait par son côté ludique. Le ninja est symbole d’agilité, de vitesse et de ruse. Jamais vous ne trouverez une redondance dans les différentes situations auxquelles vous serez confrontés, c’est d’ailleurs l’un des facteurs qui explique selon moi la durée de vie relativement courte de l’aventure. S’il y a quelque chose que l’on sent au travers de Mark of the Ninja, c’est que les développeurs ont vraiment joué au jeu, qu’ils ont fait la chasse au petites imperfections et bugs qui pourraient tuer un jeu comme celui ci. Il n’y a pas de doute, ce petit studio a trouvé les Klei du succès… Attendez j’ai un appel… Comment ça viré ?! Il est très bien mon jeu de mot !

Mark Of The Ninja

Mark Of The Ninja

Les plus
  • Des bruitages immersifs
  • Une réelle esthétique
  • Un histoire classique mais qui a quelques chose à nous raconter
  • Un grand plaisir de jeu, difficulté présente, surtout en mode partie plus, mais qui reste juste
  • Un prix très abordable, moins de 15 euros sur steam et un DLC à 3 euros
Les moins
  • Musique peu convaincante
  • Durée de jeu un peu faible
7 10