Dead Maze est un jeu un peu particulier conçu par les cerveaux fertiles (et non zombifiés) de l’équipe française de l’Atelier 801, basé à Lille. Sorti le 13 Février 2018 gratuitement sur Steam, ce dernier fait la part belle aux zombies en proposant non pas un traditionnel jeu de survie, mais un véritable MMORPG avec son système de quêtes et de progression de personnage comme on en a dorénavant tant l’habitude.



L’Atelier 801, connu jusque là pour son titre à succès : Transformice, revient en ce début d’année avec le très original Dead Maze. Ce dernier nous éloigne en effet des jeux habituels de zombies en vue FPS, dont le réalisme des graphismes essaie en général d’immerger le joueur dans une ambiance glauque et stressante de pure survie.
Ici, c’est au contraire un style très « cartoon », dans un environnement en 2D isométrique, qui a été adopté, un peu à l’image d’autres jeux célèbres français : Dofus et Wakfu. Il nous a fait également penser à Project Zomboïd, dont il se rapproche à travers quelques unes de ses mécaniques de jeu…

Un scénario classique mais qui fonctionne :

MMORPG Dead Maze 1

L’une des très jolies images présentes dans le jeu

Les graphismes et l’animation du jeu d’une manière générale vont dérouter celles et ceux qui souhaiteraient revivre « The Walking Dead » en jeu vidéo.
Le scénario d’introduction, puis les points « histoire » qui apparaissent à l’écran de temps à autres sont de simples plans fixes d’images, et des dialogues qu’il faut faire défiler en cliquant de manière répétée sur la souris. Le jeu se veut donc assez minimaliste sur ce point, oubliant les vidéos habituelles qui en mettent plein la vue avec leurs jets puissants d’hémoglobine. C’est cependant un excellent parti pris de la part des développeurs, puisque ces images joliment colorées nous font penser à des tableaux, sortes « d’arrêts sur image » de l’horreur. Pour l’immersion dans un univers apocalyptique, c’est tout autant une réussite.

On démarre donc l’histoire tel un scénario classique de film catastrophe, tandis que notre personnage accompagne 2 fans de football se rendant à un match. Leur voiture tombe en panne, et, perdus quelque part dans la pampa, nous ignorons alors qu’un terrible Tsunami vient de sévir, et que ce dernier n’est que le premier signe d’une véritable apocalypse qui commence. Progressivement, nous en venons à rencontrer des habitants du coin, qui nous informent du terrible événement et nous enjoignent de fuir en sens inverse.
Bien entendu, la peur nous est inconnue, et poussé par la curiosité, nous nous rapprochons au contraire de la civilisation. C’est là que commence le jeu, nous laissant alors seul face aux zombies qui se massent dans les bâtiments et jonchent les rues. On comprend rapidement les principes élémentaires du jeu : ramasser des armes et massacrer les zombies qui se présentent sur notre chemin avec ces dernières.

Dead Maze se décompose en chapitres, impliquant ainsi une véritable histoire que nous allons suivre tout en accomplissant des quêtes, comme dans un MMORPG traditionnel, afin de tenter de comprendre le pourquoi du comment de l’apparition des zombies. Le premier des 22 chapitres nous présente assez rapidement et intuitivement le gameplay, en nous faisant rejoindre le QG des survivants installés à Lakeview, dans la banlieue de Sacramento.
De là, nous pouvons ensuite rejoindre d’autres lieux pour accomplir les quêtes, qui se débloquent au fil de la progression de l’histoire.

Si le joueur parvient à faire abstraction du design original pour un MMORPG, il retrouvera rapidement tout ce qui compose et fait le charme de ce style de jeu.

Des combats à base d’auto-attaques :

MMORPG Dead Maze 2

Lent et de mauvaise qualité, l’arrosoir n’est sans doute pas la meilleure arme qui soit

Sans tarder, donc, nous sommes confrontés à des zombies qu’li sera difficile d’esquiver. L’affrontement est donc inévitable.

La encore comme dans un MMORPG classique, les combats se font en temps réel. Lorsqu’il est assez près d’un ennemi, votre personnage réalise des auto-attaques à l’aide de l’arme équipée dans sa main. Il dispose en plus d’un panel de sorts. Ces derniers étant toutefois assez peu nombreux, ce sont véritablement les auto-attaques qui font toute la différence.

En ce sens, ce sont les armes qui sont le coeur-même de Dead Maze et de votre personnage. Les sorts étant longs à recharger, les principaux dégâts se font à partir des coups portés par les auto-attaques, dont la vitesse et les dégâts sont influencés par l’arme que l’on tient en main. Il ne semble malheureusement pas possible de parer, de contrer, ni d’esquiver en se déplaçant. Il s’agit donc juste de frapper plus fort et plus vite que le zombie en face de nous.

Ne prenez cependant pas la peine de vous attacher à votre équipement. Toutes les armes disposent également d’une durabilité, assez réduite en général, ces dernières se cassant au bout de quelques combats à peine. Une hache tout juste en main, il faudra déjà la jeter. D’où l’importance de fouiller constamment chaque recoin de la map et ramasser des objets plus efficaces qu’un parapluie ou un seau d’eau par exemple.

Chaque objet possède cependant des compétences, des passifs ou des résistances qui les rendent uniques. C’est ainsi, en s’équipant d’un type d’arme particulier, que l’on devient implicitement un véritable DPS, un support en employant par exemple un Rubik’s Cube capable d’étourdir les ennemis ou encore un tank grâce au passif de provocation d’une poupée pour enfant.
Pas de compétences véritables à monter donc, ce qui rend votre personnage très malléable, capable de faire des dégâts ou d’aider sa team suivant les besoins.

Des caractéristiques d’un vrai RPG :

MMORPG Dead Maze 8

Les habitations ne semblent plus en état…

Notre personnage acquière de l’expérience au fil de son aventure, que ce soit en remplissant des quêtes, en «poutrant» du zombie ou bien en explorant de nouvelles maps.

A chaque montée en level, un choix s’offre à nous entre 3 bonus possibles, parmi lesquels de nouveaux sorts, mais aussi des consommables, des passifs,…
S’il n’y a pas de rôle ou de spécialisation à proprement parler dans Dead Maze, libre à nous d’orienter notre survivant comme bon nous semble au gré des montées de niveaux.

Les quêtes proposées restent relativement classiques d’un MMORPG. Si ce n’est qu’à la place d’aller tuer des dizaines de sangliers, on nous demande cette fois d’aller marteler des zombies ou trouver de la nourriture encore mangeable.
Le découpage du jeu en chapitres nous immerge toutefois dans un véritable scénario, qui prend forme dès le chapitre 1 comme une enquête policière que l’on mène pour le compte de ceux qui gardent le poste de survie. Les dialogues ne sont pas très longs à lire, et l’on prend plaisir à les suivre afin d’essayer de comprendre comment ont pu apparaître si soudainement ces diverses catastrophes.

Le décor de chaque map est très important. L’environnement très urbain regorge de bâtiments divers en ruine que l’on peut explorer librement : des maisons avec jardins, bibliothèques, musées, commerces,… Chaque lieu renferme des objets qu’il est possible de prendre pour aider à sa propre survie. Pensez à fouiller les voitures, les sacs de sport, les armoires,… sans rien omettre.

Il n’est toutefois pas question d’armes farfelues, de grosses armures de plate ou encore de magie. Chaque objet du quotidien, même le plus trivial, peut être utilisé soit pour se nourrir soit en tant qu’arme de fortune.
N’hésitez pas face à un zombie sorti de nulle part. Frappez avec un oreiller, ou lancez lui un ballon en pleine face. Je vous le dis, tout est bon pour réduire ces nuisibles à néant !
Qui plus est, pour se déplacer de zone en zone, pas de vortex ou de portail multidimensionnel. Non, on emprunte tout simplement un vélo, qui nous attend sagement appuyé contre un mur.

Ce souci constant de cohérence dans un monde contemporain infesté par les zombies est des plus appréciable.

Les survivances du jeu de survie :

MMORPG Dead Maze 3

Veillez à ce que les 3 jauges d’énergie, de faim et de soif (en bas à droite de l’écran) ne baissent pas trop

L’autre aspect du jeu, la survie, s’articule autour de 3 principes là aussi très traditionnels.

L’énergie en premier lieu : chacune de nos actions entraîne une baisse d’énergie, qu’il faut récupérer soit autour d’un bon feu de camp soit par l’intermédiaire d’objets. Attention donc au coup en énergie des armes que l’on utilise, afin de ne pas se retrouver épuisé au beau milieu d’une ville, entouré de zombies.
La faim et la soif doivent également être gérées : pour palier aux carences alimentaires ainsi qu’à la soif tenace pouvant entraîner des malus, il est important de fouiller chaque placard, chaque table ou poubelle même, afin de dénicher des objets capables d’être bus ou mangés. Ces derniers se trouvent facilement, mais rassasient chacun de manière différente. Privilégiez notamment la nourriture dotée de passifs intéressants, comme des résistances ou au contraire des bonus temporaires.

Que serait également un jeu de zombies sans son aspect « crafting ».
Assez rapidement dans l’aventure, nous nous réfugions dans une cabane abandonnée dans la banlieue de Lakeview, qui devient notre maison attitrée.
Le « Housing » n’est pas à négliger, puisqu’en aménageant régulièrement cette cabane à l’aide de meubles construits soi-même, nous avons accès à de nouvelles recettes pour améliorer notre confort et surtout notre survie.
La cuisine permet ainsi de crafter différentes recettes utiles pour récupérer de la faim, l’atelier d’assemblage sert quand à lui à l’élaboration d’armes et objets divers utiles pour se battre ou se soigner, le réservoir d’eau permet quand à lui de stocker de l’eau, autre composante indispensable dans le jeu, tandis que la station de recherche nous permet de faire évoluer notre matériel vers un retour progressif à la civilisation.

Tous ces éléments mis bout à bout confèrent à Dead Maze de nombreuses activités possibles, et devraient contenter tout autant les acharnés de baston que ceux qui aiment se rendre utiles grâce à leurs talents de bricoleurs.

Un vrai MMO ?

MMORPG Dead Maze 4

Le gang des panneaux de signalisation sévit !

Enfin, le côté massivement multijoueur est bel est bien présent. On peut parcourir librement les maps avec ses amis, et frapper ensemble les mêmes zombies sans se gêner. Plus on est de fous, d’ailleurs, plus l’on peut aller se frotter à des hordes importantes ou des ennemis coriaces.

La coopération est donc mise en avant, même si elle n’est en rien obligatoire. L’aventure peut en effet se faire complètement en solo, tel le vrai loup-solitaire ne faisant confiance à personne. Le jeu se transforme dans ce cas plutôt en RPG classique. Ce qui contentera à la fois les amoureux de la coop et ceux dont les amis ont tous été dévorés par un zombie coriace.

Ce monde ouvert à la Dofus donne une impression agréable de « fourmilière ». Les joueurs se croisent, peuvent frapper le même zombie même sans se connaître ni échanger le moindre mot, puis repartir chacun de leur côté.
On pourra dans ce sens regretter justement l’absence de survie poussée à l’extrême ou de peur de se faire mordre, qui aurait alors obligé les joueurs à se méfier de tout et à monter de vrais groupes pour collaborer.



Dead Maze se pose comme un très bon MMORPG assez original dans sa thématique. Pour accrocher il faut toutefois apprécier son côté « casual », les combats reposant bien plus sur le matériel dont nous sommes équipé que sur du skill pur et dur. Quid également du end game, de la présence de donjons ou de raids ? Les informations à ce sujet sont encore très floues.
Parmi les points très positifs dès la sortie du jeu, notons les dialogues et descriptions intégralement en français, rendant ainsi l’immersion très agréable (quoi de plus normal me direz vous pour un jeu développé en France) !
Si l’aspect « fourmilière » des survivants se croisant en tous sens est agréable à voir, espérons que la communauté restera active sur le jeu un bon moment, car il serait dommage de se promener à terme dans une ville totalement dépeuplée d’êtres humains.

Dead Maze Titre

Dead Maze

Les plus
  • Le parti pris des graphismes "cartoon"
  • Ainsi que la vue en 2D isométrique
  • Chaque objet, même le plus incongru, est une arme potentielle
  • Un système de craft d'objets classique mais efficace
  • Toujours plaisant d'exploser du zombie entre amis
Les moins
  • Des combats assez "casual"
  • Peu de variété dans les ennemis et combats en général
  • Quid du end game ?
8 10