Dead Rising 4 logo

Lors de la conférence Microsoft à l’E3 dernier, voilà qu’apparaît une vidéo mettant en scène Frank West sur une musique de Noël. Surprise, Dead Rising revient pour un nouvel épisode prévu pour le 6 décembre, en exclusivité temporaire sur PC et Xbox One. C’est là que Capcom Vancouver a fait fort. Au lieu de nous proposer une suite sans saveur comme l’ont été les deuxième et troisième épisodes, les développeurs nous remettent dans la peau de Frank West, qui de plus retourne à Willamette, théâtre des événements du premier opus de la série. Capcom joue la carte de la nostalgie, en s’appuyant donc sur un personnage que les joueurs avaient apprécié, dans un lieu qui leur est familier. Mais, est-ce vraiment suffisant pour apporter un intérêt nouveau auprès de la franchise zombiesque ?

Capcom Vancouver a repris le flambeau de la série Dead Rising directement après le premier épisode. Depuis, le studio nous propose des titres moyens, peu novateurs, mais qui trouvent tout de même leur public. Après un troisième épisode très moyen pour de nombreuses raisons, Capcom décide d’opérer des changements dans la recette. Du moins en surface, puisque, vous vous en apercevrez assez vite, Dead Rising en est arrivé au point de non-retour qui nous amène à espérer que le studio s’arrête ici. Définitivement. Pour résumer, prenez Dead Rising 3, les critiques qui lui ont été faites, et transposez-les dans un jeu sorti 3 ans plus tard. Un ratage de la part des équipes alors qu’on pouvait espérer un titre faisant entrer la série dans une nouvelle ère, en tout cas, c’est comme ça que je vois ce Dead Rising, pas si désagréable pourtant pour un nouveau venu.


Dead Rising 4 – Trailer : retour au centre… par CooldownTV

Willamette, terre de tous les dangers

Dead Rising 4 arbalète

Du massacre de maccabées en prévision, avec des armes toujours aussi loufoques

Dead Rising 4 donc, comme on l’a dit plus haut, nous fait vivre une nouvelle histoire avec le célèbre reporter Frank West. 15 ans se sont écoulés depuis les événements tragiques du premier épisode. Depuis, les humains ont trouvé un vaccin au zombisme et sont désormais immunisés. La vie reprend donc son court, et Frank West, marqué par les épreuves qu’il a subies, se reconvertit en professeur de photographie.
C’est un Frank vieillissant (il est noté qu’il a 52 ans mais physiquement, il en fait toujours 40) et qui en a un peu marre de ne pas recevoir la gratitude qu’il mérite, qui va se retrouver au milieu d’une toute nouvelle infection… A Willamette. Infection débutée mystérieusement pendant un Black Friday mouvementé dans le centre commercial de la ville. Mais alors que fait Frank West dans cette ville, à massacrer du zombie à la pelle ? Forcément, on lui a promis la gloire qu’il méritait. Ni une ni deux, il fonce tête baissée pour essayer de découvrir ce qui se cache derrière ce nouveau mystère. Bon, autant le dire tout de suite, l’histoire est plutôt sympa mais le véritable point fort là-dedans est bien sûr le personnage de Frank.

Plutôt bien écrit, le personnage est attachant et n’hésite pas à lâcher quelques répliques hilarantes qui m’ont souvent eu (mais je suis bon public). Frank n’est pas forcément l’enfoiré qu’on veut nous faire croire qu’il est, et cela ne rend que plus touchant notre quinquagénaire (non mais sérieux Capcom, si vous voulez dire qu’il a 50 ans, faites-le ressembler à quelqu’un de 50 ans). Les autres personnages par contre sont… comment dire. Absents ? Désincarnés ? A aucun moment on ne se dit que tel personnage est important et que tel autre ne l’est pas. Chacun est mis à égalité dans l’insipidité, gentils comme méchants.
Le tout souligné par une VF vraiment moyenne, sauf pour Frank dont le doubleur parait impliqué, qu’il est impossible de changer si on n’est pas anglophone. En effet, et je souligne juste ici un tout petit détail, les allergiques à la VF devront très bien comprendre l’anglais puisqu’il est impossible de passer seulement les voix dans la langue de Shakespeare. C’est tout ou rien, que ce soient les sous-titres ou les indications. Dommage.

Dead Rising 4 Willamette

La ville de Willamette et sa campagne sont prises par le froid

Frank est donc le centre de l’histoire. Histoire qui l’amènera à parcourir la ville de Willamette et son centre commercial, qui a malheureusement perdu de sa magie par rapport au premier épisode. Un grand monde ouvert nous est offert dans ce Dead Rising 4 et ce n’est pas pour me déplaire, moi qui aime me balader. Si les paysages, et les graphismes en général, font le boulot (disons dans la moyenne basse), il ne sera pas aisé de les inspecter en détail, la faute à une faune trop nombreuse. Je vous explique.
Il y a de nombreux bâtiments à visiter dans cette map divisée en plusieurs zones accessibles sans temps de chargement. Des bâtiments regorgeant de secrets nous permettant de comprendre les causes de l’épidémie, mais aussi d’objets en tous genres. Le fait est que Capcom Vancouver a rempli ce monde de morts vivants. Littéralement rempli aurais-je du dire. Il est impossible de faire cinq pas sans tomber sur un zombie et certaines zones ne comportent pas un mètre carré sans créature. Si bien qu’on se fait constamment harceler par celles-ci, nous empêchant de mener à bien notre exploration. Un gros point faible pour moi, voyant le tout comme une constante pression totalement inutile. Bien évidemment, cette densité pourra plaire à certains, qui verront là dedans une prouesse technique étonnante ou simplement une invitation au bain de sang.
Mais Capcom a voulu ici montrer qu’ils en avaient sous le capot et nous dire « Regardez tout ce qu’on peut afficher sans chute de FPS ! Impressionnant hein ? ». Non, car la new gen en est bientôt à sa quatrième année d’existence et qu’une telle prouesse ne m’a aucunement impressionné, d’autant que c’était un des reproches du troisième épisode, trop de zombies à l’écran. Ceux-ci sont du coup représentés comme une masse informe aux tonalités rouges. Informe car le design a été épuré, probablement pour éviter cette fameuse baisse d’images par seconde. La masse est tellement dense que le titre s’apparente parfois (trop souvent) à un simple mûso à la sauce occidentale, dans lequel on dézingue des dizaines de zombies sur seulement quelques mètres.

Des erreurs inhérentes à Dead Rising

Dead Rising 4 zombies

Il y a beaucoup trop de zombies affichés dans ce jeu

Par contre, ce qui m’impressionne c’est la quantité d’objets disponibles un peu partout sur la map. C’est aussi le charme de la licence Dead Rising, tout objet repéré est une potentielle arme en puissance. C’est par cette quantité ridicule d’armes que Dead Rising 4 peut devenir fun. On se plaira à en essayer un maximum et à découvrir les nouveaux combos d’armes possibles. Personnellement, j’ai un faible pour l’épée glaçante, la hache électrique, l’arbalète à fusées et le désormais indispensable exosquelette, qui confère à Frank une résistance et une force accrues. Chacun ses goûts.
Idem pour les véhicules, toujours barrés lorsqu’on en combine deux, ou les déguisements et habits que l’on peut trouver ici et là, rendant les cinématiques toujours très drôles. Malheureusement, l’abondance des objets surtout de soin, rend le jeu un peu trop facile. J’ai rarement été en grande difficulté lors de la campagne et les traditionnels combats contre les maniaques (eux aussi insipides puisque pas mis en valeur lors d’une cinématique) sont relativement rapides, pour peu qu’on se soit un minimum préparé avant.

La vraie difficulté pourrait en fait venir directement du gameplay de Dead Rising 4. Un gameplay très approximatif, pas précis pour un sou, avec la caméra trop éloignée du personnage, qui pose de gros soucis dans les intérieurs confinés. L’impossibilité de locker un ennemi pourra vraiment embêter un certain nombre de joueurs, d’autant que la mécanique aurait été extrêmement utile face aux nouveaux types de zombies que sont les néo zombies et les zombies évolués. Ceux-ci se déplacent en effet vite et aiment faire des roulades, rendant les coups difficiles à porter. Ajoutez à cela pas mal de petits bugs de collision et l’ensemble peut rapidement devenir brouillon.

En parlant des maniaques, qui étaient dans les épisodes précédents parfois drôles, parfois impressionnants, ceux-ci n’apparaissent désormais plus que lors des missions secondaires données par Paula, qui tient un podcast complotiste. Ses missions se résument à ça, allez à un point sur la map, tuez les maniaques et repartez avec quelques points d’expérience qui vous permettront d’améliorer votre arbre de compétence qui est, il faut l’avouer, bien fourni. Ces missions se fondent du coup dans le nombre d’activités annexes présentes à certains endroits de la ville. Sauver un survivant pour qu’il rejoigne l’abri le plus proche et ainsi le faire évoluer pour qu’il propose plus d’objets à l’achat, détruire du matériel d’un groupe de mercenaires, etc.

Personnellement, je n’ai que très peu utilisé ces abris sécurisés, la faute à des objets en vente que l’on peut trouver très facilement dans le monde ouvert et à une mauvaise organisation. Chaque abri communique avec l’abri central, qui se situe dans le centre commercial, via un réseau souterrain. Le réseau n’est pas bien fichu et on ne sait pas où passer pour rejoindre tel abri, si bien qu’on se résignera à prendre un véhicule et à faire le trajet nous-même.
Mais revenons aux missions. Si l’histoire est plutôt intéressante à suivre, les missions principales m’ont assez vite découragées. Celles-ci se présentent la plupart du temps de la même manière : aller à un point A, enquêter avec l’appareil photo de Frank, aller à un point B, combattre, fuir la zone ou aller à un point C. Un peu redondant, d’autant que la carte et la construction approximative des niveaux nous bloquent parfois pendant quelques minutes, parce qu’on ne sait pas par où on doit passer.
Dead Rising 4 ajoute également quelques phases d’infiltration totalement ratées puisque les déplacements ne s’y prêtent pas et que les ennemis vous repèrent même lorsque vous avancez accroupis. On se retrouve donc la plupart du temps à foncer dans le tas en espérant qu’il n’y ait pas trop d’adversaires.

Pour qui ?

Si vous n’avez jamais joué à un Dead Rising, cet épisode peut vous plaire. Il n’est pas forcément nécessaire d’avoir joué aux autres épisodes pour comprendre, l’histoire générale étant plutôt bien résumée au début du jeu.

Pour celles et ceux qui veulent seulement découper/frapper/déchiqueter du zombie en masse, sans se poser trop de questions, en profitant de l’arsenal très fourni qui est offert.

Si vous avez aimé Frank West dans le premier épisode et dans Dead Rising 2 : Off the Record. Le personnage est marrant, sympa (même si certains dans le jeu le détestent) et apporte un ton léger à une aventure un peu trop premier degré.

Si vous avez aimé les précédents volets de la série. Dead Rising 4 opère quelques changements visibles par rapport à l’opus précédent, changements qui pourront plaire aux fans.

 

Dead Rising 4 exosquelette

L’exosquelette est assez fun à essayer


Dead Rising 4 n’est pas une réussite. Je m’étais mis à espérer en voyant les vidéos du jeu avant sa sortie. Espérer que Capcom évolue enfin et change la recette qu’ils nous servent depuis 10 ans. Le titre souffre des mêmes défauts que ses prédécesseurs et on en vient à se demander si le studio en a quelque chose à faire des retours des joueurs et de la critique. Si des changements bienvenus ont été apportés, notamment sur le système de choix et de sélection des armes, ceux-ci ne sont que mineurs par rapport aux défauts qui constellent le jeu. Pourtant, on passe de bons moments pendant les premières heures. On est curieux, on explore, on veut savoir le fin mot de cette histoire qui se résume en fait à une chasse à l’homme à l’échelle d’une ville. Mais plus on avance dans le titre, plus on se rend compte de ses problèmes et plus l’ennui se fait sentir. Le temps est donc venu pour Capcom Vancouver de sérieusement repenser sa licence ou de l’arrêter une bonne fois pour toutes, avant qu’il ne soit trop tard. 

Dead Rising 4 a été testé sur Xbox One avec une version presse. Les images présentes sur ce test ont été fournies par l’éditeur.

 

Dead Rising 4 logo

Dead Rising 4

Les plus
  • La ville de Willamette, grande et ouverte
  • Les combos d'armes et de véhicules
  • Frank West
  • Fun au début
Les moins
  • Beaucoup trop de zombies à l'écran
  • Plein de petits bugs énervants
  • Les personnages secondaires
  • Les maniaques
  • Un peu trop premier degré
  • Le gameplay un peu à la ramasse
  • L'imprécision des décors
5.5 10