DIRT 4

Sous catégorie du jeu de course, le jeu de rallye est en grosse perte de vitesse depuis maintenant un petit moment. Alors qu’il était largement représenté avant les années 2000, et même un peu après, avec des épisodes à foison de Colin McRae, WRC et même SEGA Rally (dans un genre plus arcade), le fait que l’industrie du jeu de bagnole soit devenue aussi spectaculaire ne lui aura pas fait grand bien depuis. Il faut dire qu’il restera toujours difficile de rendre explosif un titre de rallye, même avec toute la bonne volonté du monde. Quelques softs continuent évidemment de naître, par-ci par-là, mais c’est sans grand bruit malheureusement. Reste le nouveau ténor, hérité de la plus grosse et longue licence du genre qu’on ait connu, Colin McRae, qui nous revenait le 9 juin dernier avec un DiRT 4 prometteur, et évidemment très attendu par les amateurs.

Deux ans après le génial DiRT Rally, qui avait littéralement mis la concurrence en position latérale de nervosité en proposant de la simulation nerveuse et beaucoup moins accessible que ce que proposaient les trois premiers volets, voilà que le papa du genre revient donc faire un tour par chez nous. Comme son prédécesseur, DiRT 4 a abandonné PlayStation 3 et Xbox 360 se mourant, afin d’investir PS4, Xbox One et bien entendu PC. C’est une nouvelle fois Codemasters qui est aux commandes, les papas de Grid notamment, de quoi promettre une qualité largement satisfaisante.

De la simulation presque accessible

DIRT 4

On a vite fait de finir la tête à l’envers

La grosse différence entre les différents jeux de Rallye tient régulièrement dans leur vision de la conduite. Et il est vrai que, bien souvent, les développeurs font le choix de l’arcade, au détriment d’une conduite technique. Pas que ce soit nécessairement une mauvaise chose, on se rappelle tous des années 90 et du mythique SEGA Rally par exemple, ou encore des débuts de la licence Colin McRae DiRT ; mais force est de reconnaître que le genre a une fâcheuse tendance à se complaire dans des facilités qui ne lui rendent pas nécessairement hommage, et font vite tourner les parties en rond. Et puis à quoi bon jouer à un jeu de Rallye si c’est pour toucher à autre chose que de la simulation, n’est-ce pas ?

Dans cette optique, Codemasters effectuait un tournant plutôt bien pensé en 2015, avec DiRT Rally qui revenait vers de la simulation pure et dure. Un changement qui ne plut pas à tout le monde, on imagine bien pourquoi, puisque que les amateurs d’arcade ne pouvaient qu’en être grandement frustrés. Toutefois, soyons honnêtes, ce dernier opus envoyait du lourd et enterrait une bonne fois pour toute la concurrence, surtout après un WRC 5 très moyen… et avant un WRC 6 parfaitement médiocre qui finissait d’achever la licence de Bigben Interactive. Reste à voir comment cette dernière évoluera avec son itération 2017, mais il y a gros à parier qu’on ne la verra pas revenir de sitôt sur le devant de la scène.

DIRT 4

Les mecs, vous allez vraiment me laisser rouler avec cette épave ?

Quant à DiRT 4, le jeu de Codemasters reprend globalement ce que proposait DiRT Rally, en y intégrant plus d’outils de personnalisation de la conduite. C’est bien simple, TOUT peut être paramétré, de la classique transmission automatique ou non, jusqu’à l’utilisation des essuie-glaces, en passant par le temps de réaction du copilote. Idem, en ce qui concerne notre véhicule, dont on peut régler chacun des petits détails, jusqu’à obtenir une conduite qui nous convient… ou non, il nous faudra parfois plusieurs essais pour nous rendre compte de l’impact de certaines décisions. Jouer avec les amortisseurs peut, par exemple, se révéler assez dangereux, surtout en sessions tout terrain, où un minuscule défaut peut nous envoyer dans les roses.

Malgré tout, DiRT 4 est un poil plus accessible que ne l’était son prédécesseur, et permettra même de choisir son style de conduite, Gamer ou Simulation. Le premier est, vous l’aurez compris, un peu plus arcade. Contrairement à DiRT Rally, ce nouvel opus dispose en outre d’une difficulté relativement faible, du moins en début de partie, et surtout très progressive. Idem, les amateurs de challenge pourront même décider de rendre leurs concurrents plus agressifs, ce qui se traduit par différents comportements. En Rallye classique et rétro, il faudra simplement batailler plus pour acquérir la première place, tandis que dans le Cross et le Land Rush les concurrents feront de moins en moins d’erreurs, et n’auront aucun scrupule à nous pousser ou nous bloquer au besoin.

On continue d’enterrer la concurrence

DIRT 4

La vue du cockpit offre de très bonnes sensations

Si DiRT Rally creusait indubitablement la tombe de ses concurrents, DiRT 4 continue dans cette voie et finit d’achever WRC, qui nous vendait un épisode franchement pas top en 2016. Il faut dire que la licence de Codemasters a beaucoup à offrir, notamment un gameplay excellent qui procure des sensations grisantes, comme rarement un jeu de Rallye ne nous en a donné. En tout terrain, l’impression de vitesse est palpable, et la tension avec. On aura même tendance à retenir bêtement notre respiration devant certains segments complexes, et je peux vous assurer que lorsqu’un jeu nous affecte aussi fortement physiquement, c’est qu’il est bon ! D’autant qu’à coté de ça, les courses sur circuit sont particulièrement haletantes.

Parlons peu, parlons bien : parlons durée de vie ! Parce que s’il y a bien quelque chose sur lequel DiRT 4 est incollable, c’est son contenu, simplement énorme. En solo, le mode carrière permettra de courir dans quatre types de courses, les Rallyes normaux, les Rallyes Historiques, les Land Rush (qui sont des courses en arène sur terre), et les Rally Cross (des courses en circuit). Et pour en voir le bout, il vous faudra déjà une bonne quinzaine voire vingtaine d’heures, sans faire de pause pipi. Reste divers modes compétitifs en ligne, avec des épreuves qui changent tous les jours, ainsi que des événements communautaires, qui proposent des courses qui se renouvellent régulièrement. (au moment où j’écris ces lignes, il y a par exemple une jolie course sur neige).

DIRT 4

Chaque épreuve propose son lot de petits défis

Il est ensuite possible de créer ou de rejoindre diverses parties multijoueur en ligne, en piochant dans les épreuves du mode carrière et en définissant un certain nombre de paramètres. Enfin, le titre propose un mode Virée, qui offre tout un panel d’épreuves ou de sessions détente, et il y a clairement de quoi faire, notamment avec un mode Destruction amusant qui occupe quelques heures ; ou encore un mode Fureur en Roue Arrière, particulièrement grisant, et offrant même un entraînement à la conduite assez intéressant et très ludique. En bref, avant de voir le bout de tout ce que propose le titre de Codemasters, il vous faudra facilement dans les trente à quarante heures de jeu, si ce n’est plus en comptant le grand nombre de niveaux de difficulté.

Reste la possibilité de monter sa propre écurie, et ainsi d’acheter un certain nombre de véhicules, personnalisables avant course et même au garage, mais aussi de monter son équipe en mode carrière. Il sera en effet possible de recruter différents intervenants, qui viendront s’occuper des réparations de nos véhicules, ou même de changer de copilote, le tout en leur proposant un pourcentage de nos gains que nous déterminons. Bien sûr, ces intervenants sont en droit de nous refuser un contrat si ce dernier leur paraît peu avantageux. Enfin, il faudra, pour maintenir les finances au plus haut, choisir des sponsors, qui nous verseront quelques petits suppléments. En somme, DiRT 4 propose une bonne partie de gestion, franchement intéressante.

Du grand spectacle

Bien entendu, le but premier d’un jeu de Rallye, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une simulation, n’est pas le grand spectacle. Pourtant, il faut reconnaître que DiRT 4 s’en sort vraiment pas mal à ce sujet, et propose des courses nerveuses qui, avec l’impression de vitesse plutôt impressionnante, offre un résultat relativement spectaculaire. Alors bon, on ne va pas se le cacher, graphiquement le titre ne casse pas trois pattes à un bigorneau, et un rapide coup d’œil sur les circuits en début de course laisse apparaître pas mal de petits défauts, notamment une végétation pas toujours très propre ainsi que quelques problèmes d’ombres. Reste aussi des circuits qui se ressemblent pas mal sur le plan visuel, ce qui est quelque peu dommageable.

En dehors de ça, le titre a tout de même de beaux atouts de son coté, notamment une route toujours impeccable, des effets de pluie vraiment sympathiques, ou encore une poussière pas dégueulasse. La vue du cockpit n’est pas en reste elle non plus, et offre de très chouettes sensations, bien que la visibilité y soit évidemment réduite par rapport aux autres caméras. Enfin, nos véhicules prendront évidemment des coups durant les épreuves, pouvant la rendre incapable de rouler ou simplement compliquer les choses (notamment lors d’une crevaison), et force est de reconnaître que l’aspect visuel de ces diverses déformations rend particulièrement bien, idem en ce qui concerne la terre ou la neige qui viendront se coller à la carrosserie.

Pour finir, parler de bande son en abordant un jeu de Rallye peut paraître franchement ridicule, et ça l’est souvent. Toutefois, il faut reconnaître à DiRT 4 un choix de musiques entre les épreuves pas dégueulasse, flirtant entre la pop gentillette et la house, mais aussi et surtout des bruits de moteurs et de piste qui rendent bien, et permettent une immersion totale, tout particulièrement en utilisant la vue de l’intérieur du cockpit. Quant aux copilotes, qui posent parfois problèmes, ils sont ici parfaitement compréhensibles, et leurs différentes voix ne poseront pas de problèmes à notre concentration (pas comme celle de certains jeux PlayStation 2 dont je tairais le nom).

Pour qui ?

Pour ceux qui ont aimé DiRT Rally : deux ans après sa sortie, DiRT 4 reprend quasiment trait pour trait la recette initiée par son prédécesseur, en y ajoutant quelques détails intéressants au passage, notamment une plus grande accessibilité.

Pour les fans de simulation automobile : le titre de Codemasters offre un réalisme franchement saisissant, bien que certaines réactions de la part des véhicules soient parfois (rarement) un peu étranges, et les circuits sont plutôt techniques.

Pour les amateurs de Rallye : soyons clairs, DiRT Rally était un excellent jeu de Rally, et DiRT 4 est encore meilleur, offrant de superbes sensations de conduite.


 

Reprenant globalement la recette de DiRT Rally, son prédécesseur, à savoir un gameplay exigeant et des circuits nécessitant une certaine habileté, DiRT 4 se permet même de faire mieux. Le titre de Codemasters, tout en étant toujours aussi technique, se révèle plus accessible, notamment grâce à la possibilité de choisir son style de conduite, et saura ravir à la fois les amateurs de challenge et les néophytes. Reste son contenu relativement important, qui gagne au passage un mode compétitif en ligne complet, le tout pour une durée de vie remarquable. En somme, DiRT 4 est un excellent jeu de Rallye, très certainement l’un des tous meilleurs de ces dernières années, et finit d’enterrer la concurrence qui ne tient désormais plus la route.

 

Cet article a été réalisé grâce à une version PS4 fournie par l’éditeur.

DiRT 4 titre

DiRT 4

Les plus
  • Un gameplay technique mais accessible
  • Le contenu tout à fait respectable
  • De très bonnes sensations de conduite
  • L'ambiance sonore immersive
Les moins
  • Pas excessivement beau
7.5 10