Après une annonce fracassante à l’E3 2017, Dragon Ball FighterZ a achevé ses étirements et monte sur le ring. Ayant fait monter la hype et la pression sans discontinuer, les attentes étaient forcément énormes. Il est maintenant l’heure de trancher : jeu de combat à vocation compétitive au gameplay complet et sportif, ou simple bonbon garni de fan-service ?

Première réaction manette en main : waow, ça a de la gueule. Le gros point fort de Dragon Ball FighterZ, c’est bien sûr son aspect manga extrêmement fidèle, avec des détails techniques ou des références de connaisseurs par pleines brouettes. Ca peut vous paraître bizarre de parler d’un jeu de baston en commençant par les graphismes… Seulement voilà : sans ces graphismes, l’immersion serait bien moins au rendez-vous. Même au sein d’un déluge d’énergie, les dessins léchés se distinguent sans peine, assurant une action claire. Et si les personnages sont tous fidèlement modélisés, les arènes ne sont pas en reste. Leurs effets de lumière ou de destruction dynamique cadrent des combats d’anthologie.

Combattants Z contre Super Guerriers

Mais parlons-en, du casting. Si sa taille peut sembler réduite (24 personnages, bien loin d’un Xenoverse 2 et de son casting gargantuesque), c’est parce que chaque combattant possède des techniques bien à lui. Goku et Végéta sont les Ryu et Ken locaux, proposant un gameplay simple permettant de prendre en main le soft agréablement. D’autres guerriers sont plus excentriques pour faire varier le jeu ; le bourru Nappa plantant des guerriers végétaux pour faire le sale boulot, par exemple. Tous les combattants principaux de Dragon Ball Z à Dragon Ball Super sont disponibles, pour que néophytes et nostalgiques y trouvent leur compte. Notons que C-18 est malheureusement la seule demoiselle du casting ; un problème que l’on peut imputer à la saga d’origine, où la baston se conjugue rarement au féminin.

Commando Ginyu contre Sangoku dans Dragon Ball FighterZ

Certains combattants peuvent appeler des alliés spécifiques pour leur prêter main-forte. L’occasion de revoir quelques visages.

En ce qui concerne le choix des combattants, il existe une règle principale à garder en tête : vous devez constituer une équipe de trois combattants. Chaque combattant possède une attaque de soutien. En outre, les barres d’énergie sont partagées, ce qui est pratique quand vous appelez un nouveau personnage sur le ring. Les guerriers au repos récupèrent lentement de la vie. Quelques personnages sont orientés soutien, comme Krillin ; peu adapté à la castagne, ses lancers de haricots magiques guérissent ses alliés. D’autres belligérants comme Buu Enfant sont plus à l’aise en personnages de réserve, pour inverser le cours d’un match en bénéficiant de l’énergie accumulée par ses alliés.

Guerriers supersoniques

Une fois dans l’arène, c’est un gameplay nerveux mais simple à aborder qui vous attend. Deux auto-combos sont intégrés à chaque personnage ; idéal pour faire découvrir le jeu, pas optimal à la longue. Petite particularité, chaque combattant possède une touche pour tirer des boules de feu, faibles mais rapides. On peut déplorer un nombre trop faible de coups spéciaux, 3 ou 4 en moyenne par guerrier. Heureusement que la rapidité des rixes ne nous laisse guère le temps de nous ennuyer. Vous pouvez employer tout un panel de mouvements spéciaux, entre ruée fulgurante et téléportation pour enchaîner votre adversaire, et l’approcher sans tarder.

Difficile parfois de se repérer au sein des déluges pyrotechniques. Heureusement que ces moments sont brefs.

Cela tranche avec d’autres jeux de combats (comme Street Fighter V), où la maîtrise de l’espacement est clé. Ici, il s’agit de riposter à temps ou d’occuper l’adversaire à l’aide de ses soutiens, pour ne pas lui permettre de se déplacer comme bon lui somme. La défense est d’autant plus importante que vous pouvez charger votre énergie. Cela vous rend sans défense, mais vous permet d’accumuler du ki, en vue de déchaîner vos attaques les plus dévastatrices. Dragon Ball FighterZ encourage la débauche d’attaques ultimes et de mouvements spéciaux, en vous permettant de stocker jusqu’à 7 jauges d’énergies à la fois. Il faut reconnaître que balancer d’énormes Kaméhaméhas ou invoquer des sphères embrasées de la taille d’une maison donne toujours un petit frisson.

Tour du monde à coup de tatanes

Afin d’accentuer le côté théâtral, des cutscenes se déclenchent quand vous achevez votre adversaire avec une attaque puissante. Une mandale bien placée les expulsera à travers des rochers, portant le combat plus loin et changeant d’arène. Une transition bien vue entre les rounds, qui ajoute à l’ambiance. Pour les plus fans, il est même possible de recréer des scènes du manga durant les combats, par le biais des Dramatic Finish. Par exemple, si Goku achève Freezer avec force, une scène rappelant la défaite de l’alien dans le manga d’origine se joue. Bien sûr, les scènes ne sont pas toujours exactes, pour des contraintes de dynamisme ou de personnages.

Les arènes sont aussi variées qu’agréables à l’oeil, plus que de simples faire-valoirs pour nos héros.

Pour voir du pays, nul besoin de se faire expulser à travers trois montagnes : démarrez le mode Histoire. Dragon Ball FighterZ propose une histoire orbitant autour de la cyborg C-21 et son armée de clones. Prétexte pour donner lieu à une série d’affrontements un peu bateau ? Oh que oui. Si le rythme narratif n’est pas exceptionnel, les interactions entre personnages, souvent cultes, valent bien une petite traversée du désert. Dragon Ball FighterZ tente d’insérer une dimension RPG dans son scénario, où vous pouvez améliorer vos personnages. Vous pouvez aussi obtenir des bonus de dégât ou de santé pour les prochains combats. Soyons honnêtes : ces bonus sont tout-à-fait dispensables.

Un tournoi pour les dominer tous

Les tournois étant une pièce maîtresse de l’univers Dragon Ball, quoi de plus naturel qu’affronter ses amis ? Pour définir qui est le plus fort, les modes local comme en ligne sont d’une redoutable efficacité. Les combats restent pêchus et dynamiques. Les déluges de flammes chatoyantes et les cutscenes fluides donnent envie de combattre encore et encore. Le mode en ligne offre un réseau solide, permettant de pleinement apprécier Dragon Ball FighterZ. Pour aborder les bastons en toute détente, le lobby vous propose des avatars tout choupis et des stickers à afficher, faisant office de smileys. Fermement plantée dans le domaine du « inutile mais sympa », cette facette du jeu témoigne de la convivialité du soft. Attention : il arrive de rencontrer des adversaires particulièrement immatures, habitués à des jeux Dragon Ball bien différents. Un revers de la médaille inévitable, qui n’empêche pas de prendre son pied.

La cyborg C-21, boss final de Dragon Ball FighterZ

L’androïde C-21 polarise les différentes factions. Plongée au coeur de l’intrigue, elle est déblocable en terminant le scénario.

Dernière escale de ce tour d’horizon de Dragon Ball FighterZ, le mode Arcade. Disponible en 3, 5 ou bien 7 combats, la difficulté s’adapte à vos capacités. Meilleur vous êtes, plus vos adversaires seront redoutables, menant à de mirobolantes récompenses. Cette structure récompense agréablement le talent du joueur, et propose toujours du challenge. Vaincre les Arcades en difficile avec une note de A ou plus débloque deux nouveaux personnages (allez, ne spoilons pas). C’est aussi un moyen de récupérer la monnaie virtuelle de Dragon Ball FighterZ, les zénis, pour tenter sa chance à la boutique. Si les marchandises achetées sont aléatoires (oh, la lootbox camouflée), le flux d’argent est assez important pour débloquer la majorité du contenu sans dépenser le moindre denier réel.

L’avis de Shin, streamer de la CooldownTV

Point décrié lors des annonces successives, le roster peut paraître incomplet. Néanmoins, ArcSys met à disposition un panel de personnages qui ont une vraie fonction et une vraie variation de gameplay à offrir. Il ne faudra donc pas s’étonner de voir Yamcha être classé parmi les tops tier grâce à sa vitesse de déplacement et à sa mobilité ou Nappa défourailler un Goku en sachant placer ses Saibaiman correctement sur le terrain.

Côté visuel, peu de choses à dire. Les graphismes sont magnifiques et calquent l’anime à merveille, les animations le sont tout autant, le framerate ne bouge pas tout au long du combat malgré l’intensité des affrontements. Ceux-ci peuvent sembler confus mais restent lisibles (hormis lorsque trop d’explosions abreuvent l’écran). Le fan-service fait le boulot, calquant les moments marquants du manga au plan près.

Est-ce que DBFZ est un bon jeu de baston ? Oui. Malgré la touche visuelle ArcSys et un rythme de match pouvant faire penser à Guilty Gear, DBFZ se rapproche plus d’un Marvel vs. Capcom (plus particulièrement le 3) dans son gameplay : sélection d’une équipe de trois personnages, gatling combo faible – moyen – fort, intervention des personnages en dehors de la zone de combat soit en remplacement du personnage joué, soit en assistance de celui-ci pour étendre ses combos, gestion de barre de spécial permettant d’enchainer des Super coups… Le jeu a été clairement pensé pour être rapide, dynamique et percutant. Les néophytes n’ont pas été mis de côté et pourront se servir d’auto-combo en mashant le bouton carré ou triangle. Sage décision, ces auto-combos aideront les adeptes des Tenkaichi et autres Xenoverse pour s’adapter.

Les mécaniques demandent de la précision dans l’exécution. Il est possible de cancel tout par presque tout (même par des sauts), permettant ainsi d’étendre ses combos pour accentuer ses dommages sur une ouverture de garde puis de profiter de l’apport des assists, d’importance capitale. La vraie force du gameplay vient dans la liberté de mixer toutes ces mécaniques. Il suffit de vouloir intégrer quelque chose (un coup spécial, une choppe…) dans un auto combo, se rendre compte que ça fonctionne, vouloir intégrer d’autres mécaniques dans son jeu pour créer des combos personnalisés.

La prouesse d’ArcSys est de proposer un vrai jeu de baston sur la licence DBZ qui en était sevrée tout en conservant son fan-service. Une véritable liaison entre les joueurs expérimentés au VS fighting et les joueurs adeptes des anciens jeux DBZ considérés comme plus casuals. Ils ont réussi à développer un jeu de tatanes avec des mécaniques variées et complexes mais accessibles. Finalement, on pourrait penser que DBFZ est un meilleur jeu pour débuter en VS fighting que Street Fighter V.


Force est de reconnaître que la beauté et la fidélité du soft sont indéniables, et que les combats offrent un rare dynamisme. Le système de jeu très (trop ?) simple vous permet de vous lancer dans l’arène avec n’importe lequel de vos amis. Résultat? Des bastons qui relèvent du grand art. A moins d’être accro à la profondeur et la complexité de jeu, Dragon Ball FighterZ saura vous charmer.

Dragon Ball FighterZ

Dragon Ball FighterZ

Les plus
  • Un gameplay dynamique et rafraîchissant, accessible à tous
  • Des graphismes fidèles à 100%, avec des décors de toute beauté
  • C-21, un personnage original digne des combattants classiques
  • Le casting équilibré et varié
  • La fidélité à la série jusque dans les moindres détails
  • La musique, entraînante et dynamique
Les moins
  • Un casting encore trop réduit
  • Le mode histoire, assez anecdotique au final
  • Trop simple : pas de coups spéciaux, trop d'auto-combos
  • Un netcode encore fragile, menant à quelques difficultés techniques
  • Déjà 8 personnages annoncés en DLC...
8 10