Dragon Ball Fusions TestJe ne sais pas vous, mais moi quand j’entends « RPG » lorsque l’on parle de Dragon Ball, je pense immédiatement à la trilogie des Legacy of Goku parue sur Game Boy Advance. Trois jeux, dont deux à jeter à la casse malheureusement (coucou Buu’s Fury), et pourtant j’en garde un souvenir tout doux, et je ne suis pas le seul. Pourtant, et heureusement d’ailleurs, la liste ne s’arrête pas là, et l’Europe a notamment eu droit à l’excellent Attack of Sayans sur Nintendo DS, un jeu de rôle conventionnel à la direction artistique aux petits oignons. Un titre que vous vous devez d’avoir fait si la portable de Big N figure dans votre collection. Plus récemment, en août dernier, Bandai Namco et Ganbarion sortaient au pays du soleil levant un certain Dragon Ball Fusions, après plusieurs mois de teasing. Bien sûr, on connaît la chanson, il aura fallu attendre quelques temps avant que le titre ne nous parvienne. C’est ainsi que, le 17 février dernier, sortait sur nos 3DS ce RPG un peu particulier, que beaucoup ont déjà qualifié de Pokémon à la sauce Toriyama.

S’il y a bien une licence intemporelle, c’est Dragon Ball et sa suite Dragon Ball Z (non, pas toi DB GT !). Que vous l’ayez découvert dans le club Dorothée, ou bien au hasard d’une journée d’ennui à zapper devant la télévision, ou encore même (pour les moins chanceux) avec la nouvelle série animée signée Toriyama, Dragon Ball Super, peu importe. Le fait est que le manga et son adaptation télévisuelle ont bercé de nombreuses enfances, et continuent de le faire, et que nous sommes nombreux à toujours leur vouer un culte, devenus plus grands. Mais plus important encore, leur notoriété n’a pas cessé de grandir depuis l’arrêt de la bande dessinée, et Dragon Ball a engendré des produits dérivés en pagaille, de l’excellent au dispensable, en passant évidemment par la case cinéma, mais pas seulement. Les jeux vidéo issus de l’univers de Son Goku sont notamment légion, de genre très variés, touchant tantôt la baston (en toute logique), tantôt le RPG, ou encore même les jeux de carte. Rien n’est exclu avec une licence pareillement suivie et appréciée à travers le monde.


Dragon Ball Fusions – Bande Annonce par CooldownTV

 

Le Pokémon à la sauce Toriyama

Avant toute chose, permettez moi de revenir sur le concept de ce Dragon Ball Fusions, car moi même il m’aura fallu attendre de poser les mains sur le jeu pour comprendre exactement de quoi il en retournait. Bien évidemment, pas besoin de connaissance infinie dans le manga pour faire immédiatement le rapprochement entre son titre, et la fameuse fusion, que l’on assimile tout particulièrement à Trunks et Son Goten. Un truchement scénaristique qui était plutôt bienvenu dans l’histoire dépeinte par Akira Toriyama, qui donna d’ailleurs lieu à pas mal de scènes mythiques, ou bien cocasses. Et vous l’aurez compris, dans Dragon Ball Fusions, il sera question de… fusions.

Dragon Ball Fusions test

On peut modeler son personnage de A à Z

Bien qu’on la débloque plutôt tardivement dans l’aventure, après environ cinq à six heures de jeu, l’une des plus grosses particularités de Dragon Ball Fusions est sa Fusion EX. Un système classique de fusion entre deux personnages, qui n’est toutefois pas limitée dans le temps, contrairement aux précédentes. Et si l’on a tout de suite envie de fusionner un peu tout et n’importe quoi (pourquoi pas un petit Vegeta et Broly ?!), c’est tout à fait possible ; excepté dans quelques situations, tous les personnages ne sont en effet pas compatibles les uns avec les autres. L’intérêt étant qu’un personnage issu d’une Fusion Ex est nettement plus puissant, mais aussi et surtout qu’il pourra être dé-fusionné à notre guise. Rien n’est jamais permanent, les possibilités sont donc vraiment énormes, et les divers résultats envoient clairement du lourd, aussi bien en terme de visuel que de puissance. Mais mieux encore, pour acquérir de nouveaux personnages, il faudra les capturer… Oui oui, les capturer !

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On peut voler bon sang !!

Le terme est peut-être mal choisi, mais le concept est là : un très grand nombre de personnages peuvent être attrapés (oui, comme dans Pokémon), et ce simplement en étant achevés en utilisant une attaque spéciale nommée Attaque Zenkai. Un mouvement aux dégâts un peu aléatoires cependant, de quoi conserver une petite difficulté, et il faudra bien entendu affaiblir le combattant que l’on désire capturer avant de nous lancer. Et autant vous dire que Pokémon Soleil et Lune n’a qu’à bien se tenir, car Dragon Ball Fusions embarque pas moins de 171 personnages dits uniques, comprenez « personnages n’ayant pas subi de fusion », pour un total tout bonnement ahurissant de combattants (en ajoutant les Fusions Ex donc) dépassant le millier. Le tout étant répertorié dans une simple liste de personnages, malheureusement bien moins classieuse et complète que ne l’est le Pokédex… enfin on ne gagne pas à tous les coups.

En plus de têtes connues de l’univers de Toriyama, les développeurs ont mis au point un grand nombre de petits nouveaux, qui pourront eux aussi être enrôlés. Alors certes, on aura plutôt tendance à vouloir se procurer du gros personnage principal issu du manga, et bien évidemment ce sera possible. Toutefois, qu’on se le dise, il sont loin d’être seuls, et seront en outre, souvent, les plus compliqués à obtenir. Le grand nombre de quêtes annexes que propose le titre n’est pas anodin, pas mal d’entre elles seront en effet l’occasion de combattre et de capturer de nouvelles têtes, et ce ne sera pas mince affaire.

 

Dragon Ball Fusions : du 5V5 qui envoie

Mais l’intérêt de Dragon Ball Fusions ne s’arrête pas à ses nombreux personnages et à ses multiples possibilités de mélanges farfelus. En effet, le titre de Bandai Namco possède son propre système de combat, et il n’a clairement rien à envier aux précédents jeux de rôles de la licence. Et croyez moi, ça me fait mal de le dire, mais c’est aussi le cas de Dragon Ball Z : Attack of Sayans, un peu trop convenu et superficiel sur bien des points, malgré sa grande qualité.

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Les combats donnent souvent dans le spectaculaire

Dans cet opus, les combats s’effectueront en 5 contre 5, sur une map aux contours prédéfinis. Jusqu’ici tout va bien. Chaque personnage pourra attaquer lorsque son tour viendra, ce qui est défini par une barre d’Active Time Battle, à la manière de Final Fantasy VII notamment, mais qui englobe l’intégralité des combattants, même les adversaires. Si dans un premier temps ce système de combat semble assez bateau, offrant peu de possibilités, très vite tout s’accélère grâce à ses diverses spécificités. Premièrement, il sera possible d’utiliser au choix des attaques basées sur le kikoha (en gros, les attaques spirituelles, ce qui ressemble dans l’animé à des boules de feu), ou des attaques au corps à corps. Les premières toucheront l’adversaire quoi qu’il arrive, à moins que ce dernier ne dispose d’assez de ki (une sorte de barre de mana qui monte lorsque l’on prend des coups ou qu’on en met) pour répliquer directement, s’en suivant un QTE décidant lequel des deux personnages recevra l’attaque. C’est un peu plus compliqué en ce qui concerne les attaques au corps à corps.

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Le système de garde est bien pensé

En effet, en cas d’attaque physique il faudra passer par un système de parade dynamique, ne laissant que quelques secondes au joueur pour se décider. L’attaquant choisit à quel endroit il souhaite frapper, le défendeur choisit où il souhaite placer sa garde, et bien évidemment les dégâts dépendent entièrement du résultat. Mais ce n’est pas fini ! En cas d’attaque physique réussie, le personnage touché sera expédié plus loin, la distance dépendant bien sûr de la puissance du coup, et s’il touche le bord de la map il pourra être envoyé à l’extérieur (ce qui occasionnera des dégâts supplémentaires ainsi qu’un retour au début de la barre d’action) ou renvoyé vers l’intérieur (provoquant de nouveaux dégâts). Idem, s’il est envoyé en direction d’alliés il se blessera et leur fera mal par la même occasion, et en direction d’ennemis il sera renvoyé par ceux-ci (qui pourront parfois se le balancer comme une vulgaire balle de Volley s’ils sont bien placés).

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Les Fusions Ultimes donnent souvent quelque chose de sympa

Le tout couplé à d’autres spécificités, comme les attaques de soutien (dépendant du positionnement des alliés sur la barre d’action dynamique), les Fusions Ultimes (une attaque dévastatrice durant laquelle nos 5 personnages présents sur le terrain fusionnent tous ensemble), et les fameuses Attaques Zenkai dont on parlait plus haut… inutile de vous préciser que le système de combat ne manque pas de complexité, contrairement à l’impression qu’il donne durant les premières minutes de jeu. Pourtant, le fait est qu’il ne faudra que peu de temps avant d’y prendre ses marques, et une fois bien en main le résultat est tout bonnement jouissif. On ne met pas de temps à obtenir un niveau suffisant pour balancer des coups spectaculaires, et au bout de quelques heures les affrontements se transforment en de véritables foutoirs où tout le monde rentre dans tout le monde, où les sorties de terrain sont fréquentes… le tout devenant particulièrement grisant.

 

Mais une progression critiquable

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M’enfin ça finit toujours pas devenir explosif

Jusqu’ici aucun défaut à l’horizon, et ce n’est pas sa réalisation qui y changera quoi que ce soit, puisque Dragon Ball Fusions est une vraie bombe, on a rarement vu aussi beau sur Nintendo 3DS. Le design des personnages est léché, les environnements sont magnifiques et originaux (ils rappelleront d’ailleurs beaucoup de souvenirs aux fans de l’univers), et en plus on peut y circuler librement en volant comme dans l’animé, la classe ! Finalement seules quelques arènes auraient mérité un petit coup de chiffon supplémentaire, car la vue du dessus n’est pas toujours particulièrement reluisante. Quant à la bande son, rien à redire, puisqu’un grand nombre de voix originales (japonaises, ne vous y trompez pas) sont présentes, et que les musiques sont relativement sympathiques. La cerise sur le gâteau étant la présence de plusieurs bruitages issus de l’animé, notamment les bruits de chute ou ceux d’attaques spéciales en combat, et une fois encore : c’est la classe !

Dragon Ball Fusions test

C’est pas l’arène la plus dégueu

Là où il pêche vraiment c’est dans sa progression, puisque bien que les quêtes annexes sont nombreuses, et qu’il faudra faire pas mal d’allers retours pour les boucler, le fait est que l’aventure est très linéaire. Trop, sans aucun doute, puisque l’on nous cantonne à suivre un scénario des plus bateaux et prévisible pour avancer en passant de zone en zone, mais que l’envie se fait très vite sentir de tout envoyer valser et de progresser seul… Ce qui ne sera pas possible, du moins pas tout de suite, malheureusement, et cette désagréable impression de dirigisme n’est en rien atténuée par une certaine répétitivité dans les combats au bout d’un certain moment. Au passage, l’aventure met un temps fou à se lancer véritablement, et l’on a vraiment l’impression d’ingurgiter un tutoriel de cinq à six heures avant de pouvoir faire tout ce que l’on souhaite. Grosso modo, cela correspond au moment où le jeu nous offre enfin la possibilité de faire fusionner nos personnages… et autant vous dire qu’une fois ce cap passé, vous allez en user et en abuser !

En dehors de ça, Dragon Ball Fusions est un RPG classique. Nos personnages gagnent des niveaux et des capacités… rien de bien innovant. Toutefois, le titre propose tout de même pas mal de contenu. Je vous ai déjà parlé du nombre de personnages, tout à fait énorme si l’on prend en compte toutes les Fusions Ex réalisables, ainsi que des quêtes annexes (que je qualifierai au passage de plus intéressantes que l’histoire principale). Vient ensuite la gestion d’attaques spéciales, dont certaines seront assez complexes à récupérer, ainsi que quelques mini jeux, souvent des circuits de contre la montre à faire en volant. Enfin, si vous avez la compétition dans le sang, le titre propose un mode multijoueur en ligne ou en local, s’apparentant simplement à de l’affrontement basique. Rien d’extraordinaire donc, mais de quoi pousser un poil la durée de vie, qui s’élève déjà bien haut avec plusieurs dizaines d’heures de jeu.

Pour qui ?

Pour les fans de Dragon Ball en général : Dragon Ball Fusions est clairement l’un des tout meilleurs jeux issus de l’univers de Toriyama de ces dernières années, et sans nul doute l’un des plus complet.

Pour ceux qui aiment collectionner des trucs : Avec plus de mille combattants à inscrire dans sa bibliothèque, grâce en très large partie au système de fusion très grisant, il y a clairement de quoi faire.

Pour les possesseurs de 3DS qui cherchent un RPG sympa : Sans parler forcément de son background très réussi, Dragon Ball Fusions est un excellent jeu de rôle.


 

Cela faisait un moment que l’Occident n’avait pas accueilli un aussi bon jeu issu de l’univers de Dragon Ball. Il y a bien eu les deux Xenoverse, sympathiques au demeurant, mais en ce qui concerne les consoles portables, la licence n’a livré que de petites déception depuis quelques temps, avec un Battle of Z clairement à la ramasse et un Extreme Butoden marrant mais sans plus. Et avec Dragon Ball Fusions, Ganbarion signe une véritable pépite, tant dans sa maîtrise aiguisée du background du manga, que dans les mécaniques de gameplay développées pour l’occasion. Conçu pour les fans, c’est certain, puisque tapant pas mal dans le fan service, notamment via le système très grisant de fusion, le titre pourra aussi bien toucher les joueurs qui ne sont pas forcément imprégnés de l’oeuvre de Toriyama. Car s’il s’agit bien d’un excellent jeu Dragon Ball, il est avant tout un très bon jeu de rôle teinté d’action.

 

Ce test a été réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.

Dragon Ball Project Fusion annonce

Dragon Ball Fusions

Les plus
  • Son système de combat...
  • Le nombre de personnages impressionnant
  • La Fusion Ex hyper grisante
  • On peut voler !!
Les moins
  • ... bien qu'il finisse pas être un peu répétitif
  • La progression trop dirigiste
8 10