DBZ
Les jeux vidéo issus de l’univers de Dragon Ball Z ce n’est pas ce qu’il manque. Et ce n’est pas dur de comprendre pourquoi, puisque le manga est un énorme prétexte à la baston et aux explosions de super pouvoirs en tous genres. Il y a donc clairement matière à réaliser du jeu de combat à outrance. On a cependant tendance à oublier que l’œuvre de Toriyama a aussi engendré quelques titres différents, dont un certain nombre de jeux de rôle. Parmi eux on compte trois Action-RPG sur Game Boy Advance, développés par Webfoot, et couvrant respectivement l’arc Freezer, l’arc Cell et celui de Buu.

Si le premier n’avait rien d’extraordinaire, puisque trop mou et aléatoire dans son gameplay, le second se révéla quant à lui être une bonne surprise, d’autant plus appréciable pour le fan du manga. Le troisième, cependant, ne vit jamais le jour en Europe, malgré les ventes tout à fait correctes de ses prédécesseurs. Ainsi il fallait passer par l’import ou l’émulation pour pouvoir se mettre sous la dent ce Dragon Ball Z : Buu’s Fury, dernier épisode de cette série exclusive à la Game Boy Advance.

 

Quoi de neuf ?

Ce qui frappe d’emblée lorsque l’on a touché à l’un (ou aux deux) des précédents volets, c’est que ce troisième dispose de pas mal de nouveautés. Pas grand-chose d’innovant, il faut le reconnaître, mais des mécaniques qui n’étaient pas présentes auparavant dans la série et qui rendent Buu’s Fury bien plus complet sur certains aspects. A commencer par un système de compétence, qui permet à chaque gain de niveau de distribuer trois points entre trois statistiques différentes : la force, le ki, et la résistance. On se sent alors beaucoup moins passif dans l’évolution de chacun des nombreux personnages jouables, ce qui est tout à fait plaisant. L’ennui c’est qu’on a vite fait de miser tous nos points sur une seule caractéristique, et de rendre chacun d’entre eux invincible. Arrivé à une force de 100 par exemple, n’importe quel joueur même néophyte ne fera qu’une bouchée des nombreux ennemis qui se dresseront sur sa route, et ce en n’utilisant que le bouton A.

Un défaut qui fait malheureusement écho à une difficulté beaucoup trop faible en règle générale, ce qui rend l’expérience de jeu très différente. Car si Goku’s Legacy premier du nom se révélait dur de par son gameplay totalement aléatoire et bancal, et que Goku’s Legacy 2 disposait d’une difficulté parfois plutôt mal gérée, les deux pouvaient toutefois se vanter de disposer d’un certain challenge. Ce n’est clairement pas le cas avec Buu’s Fury, et il n’y a malheureusement aucun moyen d’y remédier. Il ne propose en effet à aucun moment de choisir son niveau de difficulté, même une fois l’aventure terminée. Mais ne nous attardons pas sur le sujet. Buu’s Fury dispose aussi d’un tout nouveau système d’équipement. Certes relativement basique, il se révèle toutefois suffisamment complet pour trouver un intérêt. Les objets à équiper sont très nombreux, et mettre la main sur les plus puissants d’entre eux ne sera pas mince affaire, puisqu’ils seront lâchés totalement aléatoirement par les ennemis, ou bien cachés dans les environnements.

dbz
Ce troisième volet apporte aussi son lot d’objets à collectionner. Dans Goku’s Legacy 2 il s’agissait de bustes des personnages principaux, seulement accessibles dans des zones spéciales lorsque chacun d’entre eux a atteint son niveau maximum. Dans Buu’s Fury ce sera des caisses en bois… Bon, pour le coup difficile de comprendre où voulaient en venir les petits gars de chez Webfoot, mais l’important c’est que les obtenir toutes débloquera un personnage supplémentaire. Chose non négligeable, bien que l’aventure permette déjà d’en incarner beaucoup. En effet à terme on aura touché à une dizaine de combattants, dont certains plus étranges que d’autres. Il faut le reconnaître cette profusion fait totalement dans le fan service… Mais après tout pourquoi pas ?

Enfin il est désormais question d’un véritable mode multijoueur. Celui-ci permettra d’abord d’échanger des objets avec un camarade possédant lui aussi sa cartouche, mais aussi et surtout de le combattre. Pour le coup le nombre de personnages disponibles pour se taper dessus avec ses potes est presque digne d’un Budokai, et ce n’est pas exagéré. Le titre y prendra en effet en compte chacun des héros jouables durant l’aventure, mais aussi chacune de leurs transformations, ce qui n’inclut malheureusement aucun ennemi. Si ce mode reste un ajout tout à fait louable, il est malheureusement blindé de bugs, comme c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit de multi sur Game Boy Advance. Les ralentissements n’y sont pas rares, les problèmes de hit box non plus, et ne parlons pas des bugs de collision… Bref cela ne vaut en aucun cas le coup d’acheter deux cartouches pour tenter l’expérience, mais si vous en avez l’occasion alors cela peut se révéler amusant.

Parce qu’il faut du vieux pour faire du neuf

En terme de gameplay pur et dur, Dragon Ball Z : Buu’s Fury est tout à fait identique à Goku’s Legacy 2. Il s’agit donc d’un Action-RPG tout ce qu’il y a de plus classique, avec son lot d’attaques spéciales, mais surtout ses transformations à tout va. Il s’en démarque cependant pour deux raisons, à commencer par son absence de difficulté abordée plus haut. La seconde est son level design très inégal. L’épisode précédent était plutôt inspiré sur le sujet, et proposait même des zones et des passages secrets qu’il était fort sympathique de chercher. Ici la plupart des environnements sont bateaux, et les secrets n’en sont pas vraiment, puisqu’ils sont indiqués sur la carte… Restent quelques bonnes surprises se cachant dans des niveaux bien dessinés, mais là encore elles sont plus ou moins gâchées par la facilité déconcertante qu’on aura à en faire le tour.

Buu’s Fury est aussi quasiment identique à son prédécesseur pour ce qui est de sa réalisation. Il en reprend chacune des animations, chacun des pixels, et les transpose dans un univers malheureusement un peu plus fade. Certes, il est toujours très coloré et propose des environnements aux teintes suffisamment différentes pour ne pas totalement sombrer dans la redondance, mais difficile de le qualifier de beau alors que des jeux comme Sword of Mana ou Fullmetal Alchemist sortent la même année. Idem pour sa bande son, dont certains bruitages tapent sur les nerfs du début à la fin. Comme celui qui apparaît lorsque l’on transforme un personnage en Super Sayajin, et qui reste jusqu’à ce que ses cheveux retombent. Côté musiques, certaines sont plutôt sympathiques, et l’on remarquera que la plupart des meilleures de Goku’s Legacy 2 ont été gardées et remaniées. Dommage qu’une certaine partie d’entre elles se révèle assez irritantes.

Buu’s Fury dénote totalement par son déroulement. En effet s’il se révèle plus linéaire que Goku’s Legacy 2 (mais moins que le premier, faut pas exagérer) il tente tout de même de donner une impression de liberté en nous laissant nous balader sur la map comme bon nous semble. Et le pire, c’est que ça marche ! L’ennui, et c’est là l’un des plus gros défauts de cet opus, c’est qu’il nous contraint régulièrement à gagner du level sans aucune raison apparente, sinon pour pour avancer. Il ne sera pas possible de passer certaines portes si l’on ne va pas combattre quelques minutes pour revenir avec dix niveaux de plus. C’est du remplissage facile et tout à fait malhonnête, et en outre ça n’a rien d’amusant, c’est même ennuyeux. Pour finir abordons brièvement le scénario, qui est dans ce troisième volet plus complet que dans les précédents. Bien qu’il se permette quelques libertés, pas nécessairement dérangeantes, Buu’s Fury reste très fidèle à l’histoire originale. En outre il la narre très bien, et n’oublie aucun détail important. Bien que ce ne soit pas son but premier, il parvient à donner de l’intérêt à une histoire que les fans connaissent déjà par cœur.


 

Dragon Ball Z : Goku’s Legacy 2 tapait très fort, surtout après un épisode aussi peu convaincant que ne l’était son prédécesseur, et il fallait que Buu’s Fury fasse encore mieux pour ne pas être entièrement éclipsé. L’ennui c’est qu’en dépit d’un contenu plutôt énorme et d’un fan service réussi, le titre de Webfoot pêche par son manque d’ambition et sa grande redondance. Certes, il propose quelques nouveautés sympathiques, mais c’est au détriment d’une difficulté et d’un level design qui ont totalement été sacrifiés. Il n’en reste pas moins un Action-RPG long, pas entièrement dénué d’intérêt, à condition bien sûr d’être un fan invétéré du manga de Toriyama.

Dragon Ball Z Buu's Fury

Dragon Ball Z : Buu’s Fury

Les plus
  • Du fan service à gogo
  • Un contenu honorable
  • Sa grande durée de vie
  • Les quelques nouveautés
  • Son histoire bien narrée
Les moins
  • Absolument aucune difficulté
  • Le level design redondant
  • Ces phases de leveling infâmes
  • La déception après le second et très sympa volet
5 10