L’an dernier, je vous parlais de Dragon Ball Z : Buu’s Fury, un titre jamais paru dans nos contrées, et que les fans du manga qui auront pris la peine d’y jeter un œil ne garderont en mémoire que pour sa médiocrité. Un jeu parmi tant d’autres qui ne méritent qu’un très rapide coup d’œil, si ce n’est moins, au sein de la légion de softs développés autour de l’univers de Akira Toriyama, qu’on ne présente évidemment plus. Un nombre qui ne cesse de grandir, ce n’est pas cette année qui prouvera le contraire. Pourtant, au sein de cette énorme liste, qui débute avec la Nintendo Nes, les opus marquants sont finalement marginaux. C’est vrai qu’en dehors de Budokai 3 et de Budokai Tenkaichi 3, on ne retient pas grand chose, à part quelques modestes jeux, notamment Goku’s Legacy premier du nom, une petite purge made in Game Boy Advance. Aujourd’hui il ne sera pas question de cette relative déception, mais plutôt de sa suite, deuxième volet d’une trilogie d’Action-RPG développée par Webfoot, j’ai nommé Dragon Ball Z : L’héritage de Goku 2.

La GBA aura tout de même eu droit à pas mal de jeux Dragon Ball, ce qui n’était pas pour me déplaire lorsque j’étais jeune et imberbe. Toutefois, force est de reconnaître que, malgré ma grande naïveté et mon manque de discernement, je n’ai pas réussi à en trouver beaucoup qui valaient la peine d’être essayés. L’héritage de Goku était une bonne petite daube, même si j’en garde étrangement un bon souvenir, Taiketsu est sans doute le plus mauvais jeu de baston sur lequel j’ai mis la main, Advanced Adventure tournait vite en rond… Bref, j’aurais sans doute mieux fait de mettre mes deniers de coté, et d’attendre patiemment que l’industrie ponde de vrais bons jeux DBZ, tels que Budokai Tenkaichi et ses deux suites. Mais bon, vous savez ce que c’est, quand on est gosse on a souvent tendance à s’acharner sur des sujets idiots. Et c’est ainsi que malgré la qualité incertaine du premier épisode, je me procurais tout de même Dragon Ball Z : L’héritage de Goku 2, qui sortait en juillet 2003 par chez nous.

 

On prend les mêmes… en apparence

Dragon Ball Z : L'héritage de Goku 2Ce qui m’a fait peur en lançant ma première partie, c’est que le titre de Webfoot, qui s’est occupé de la majorité des jeux Dragon Ball sur GBA, reprend trait pour trait le design du volet précédent. Alors, soyons clair, ce dernier n’était pas totalement foiré, c’était même certainement le seul véritable point fort du titre. Mais de suite, j’ai craint retrouver l’intégralité des nombreux défauts de L’héritage de Goku, à savoir un gameplay monté avec le cul, aussi imprécis et frustrant que les attrapes peluches de la fête foraine, et une lenteur irritante qui n’a rien à envier à mon arrière grand mère et son arthrite… Un peu comme si dans Pokémon Version Bleue on vous retirait le vélo et la CS Vol, m’voyez ? Idem, j’ai craint qu’on me confronte à nouveau à des dialogues trop longs et inutiles, à des missions risibles qui n’ont rien à voir avec le manga original, ou à une progression aussi désagréablement dirigiste.

Et je crois bien que je n’ai jamais été aussi heureux de me tromper sur toute la ligne. En effet, s’il est bien quelque chose à retenir d’emblée au sujet de L’héritage de Goku 2, c’est qu’il corrige presque intégralement les défauts de son prédécesseur. À commencer par son gameplay, beaucoup moins rigide, beaucoup plus agréable à prendre en main, presque une libération après s’être coltiné le raté quasi-total de l’épisode passé. Les personnages se déplacent de façon plus fluide, plus rapide aussi, et peuvent même courir. Il en va de même du coté des attaques, qui taperont plus loin et seront nettement plus précises, notamment grâce à la disparition des très nombreux problèmes de Hit Box, rendant le combat clairement injouable, surtout au corps à corps. Ce second volet est de suite intuitif et jouissif, et le restera jusqu’au bout de son aventure, quel que soit le personnage utilisé.

La Game Boy Advance en sueur

Dragon Ball Z : L'héritage de Goku 2Une aventure qui n’a rien (ou très peu) en commun avec celle de Goku’s Legacy, qui contraignait à avancer en ligne droite dans une série d’environnements peu inspirés, laissant une liberté d’action très limitée. En effet, ce second volet propose quant à lui une sorte de monde semi-ouvert, dans lequel on pourra voyager en volant, afin de se rendre aux divers lieux pouvant être visités. Ces derniers sont chaque fois plutôt vastes, et en faire le tour exhaustif pourra parfois prendre un moment, notamment parce que le titre ne manque pas de zones secrètes, ou ne pouvant pas être explorées de suite. Il en va de même coté objets ou personnages cachés, avec par exemple la quête des Capsules Dorées, ou celle des Nameks. En terme de contenu, Dragon Ball Z : L’hétitage de Goku 2 n’a rien à envier à la majorité des Action-RPG de la GBA.

D’autant que, contrairement au premier épisode qui ne permettait que de contrôler Goku, point barre, il est question ici de jouer cinq protagonistes différents du manga. Enfin ce n’est pas tout à fait exact, puisqu’en réalisant une certaine quête, assez longue il faut le reconnaître (la faute à une nécessité de levelling pas particulièrement palpitante), il sera même possible d’en jouer un sixième une fois l’aventure terminée. Chaque personnage a évidemment droit à ses techniques spécifiques, et il sera même possible de se transformer en Super Sayan (ou Super Namek concernant Picolo), ce que l’on ne manquera pas de faire à outrance, fan service oblige. En ce qui concerne sa durée de vie, en ligne droite le titre pourra être bouclé en une quinzaine d’heures. Toutefois, en s’attardant un minimum sur les quêtes annexes, tout particulièrement sur celle dont je vous parle plus haut, on peut facilement ajouter dix bonnes heures, peut-être plus. Pas mal pour un jeu GBA.

Tout beau, tout rose ?

Toutefois, tout n’est évidemment pas parfait chez Dragon Ball Z : L’héritage de Goku 2. Plutôt joli, à l’instar de son prédécesseur, le titre de Webfoot embarque au passage un level design plus fouillé et réussi… malheureusement un poil dégradé par un vide relatif dans les environnements. Le bestiaire est lui aussi nettement plus fourni et réussi… mais pas mal de créatures et d’ennemis sont simplement déclinés en différentes couleurs pour déterminer leur puissance. La bande son est franchement réussie… excepté au niveau des bruitages carrément kitch. La progression est beaucoup plus permissive, bien moins linéaire… mais les missions sont toujours aussi ridicules, pour beaucoup. Le scénario est bien mieux amené, toujours aussi fidèle au manga… toutefois les dialogues sont parfois inutilement longuets, une fois encore.

Pour qui ?

Pour les amoureux de Dragon Ball et sa suite : Tout comme l’était son prédécesseur, L’héritage de Goku 2 est parfaitement fidèle au manga, et joue subtilement avec le fan service.

Pour ceux qui aiment l’Action-RPG Old School : En plus d’être un très bon jeu DBZ, ce second volet développé par Webfoot est un Action-RPG à l’ancienne particulièrement réussi, comptant parmi les meilleurs de la GBA.

Pour ceux qui ont fait le premier : Clairement, si vous avez fait le premier, que vous l’ayez aimé ou non, vous ne pouvez pas passer à coté de L’héritage de Goku 2, qui en corrige quasiment tous les défauts.


 

Bien que le premier épisode de la trilogie de Webfoot aura fait nettement plus de bruit que ses deux suites, force est de reconnaître que Dragon Ball Z : L’héritage de Goku 2 méritait largement plus d’être mis en avant que son grand frère. Corrigeant avec brio la plupart de ses soucis de gameplay, enterrant au passage ces atroces problèmes de Hit Box, le titre est à la fois un bon jeu DBZ, et un sympathique Action-RPG. Certes, quelques petits détails sont encore à revoir, notamment coté répétitivité et bestiaire. Toutefois, s’il n’est pas indispensable, il s’agit bien du meilleur soft estampillé Dragon Ball paru sur Game Boy Advance, devant le sympathique Supersonic Warriors.

Dragon Ball Z : L'héritage de Goku 2

Dragon Ball Z : L’héritage de Goku 2

Les plus
  • Facile d'accès et jouissif
  • Un design plutôt sympa
  • Sa bonne durée de vie
  • Le contenu général
  • Fidèle au manga
Les moins
  • Quelque peu répétitif
  • Le level design parfois vide
  • Le bestiaire pas toujours tip top
  • Encore quelques quêtes de remplissage
7.5 10