Dragon Quest VIII : L'odyssée du Roi Maudit test

A l’instar d’un certain Final Fantasy VII, qui aura bientôt droit à un véritable remake sur PS4 et Xbox One, Dragon Quest VIII : L’odyssée du Roi Maudit est le premier épisode de la licence de Square Enix à être parvenu jusqu’en Europe, et en cela il dégage lui aussi une aura bien particulière, presque mystique. Nombreux sont les joueurs qui auront mis un pied dans la saga avec ce huitième opus qui, en plus d’être une réussite à plus d’un titre, aura très vite acquis un statut de véritable jeu culte, totalement mérité au passage.

Alors évidemment, lorsque l’éditeur/développeur aborde l’arrivée prochaine du portage d’un titre aussi grandiose sur console portable, les avis sont mitigés. D’un côté, comment ne pas être enthousiaste devant l’arrivée de ce classique du jeu vidéo sur Nintendo 3DS ?! Il faut dire que la console accueille bon nombre de hits ces derniers temps, tout particulièrement du coté du RPG, avec notamment Dragon Quest VII, inédit en Europe, et que ce n’est pas pour nous déplaire. De l’autre, comment ne pas pester devant les différents downgrades qu’il aura nécessairement dû subir ?! D’autant que dire bonjour à ce portage, c’est s’écarter de la possibilité d’en voir un véritable remake débarquer un jour. Et en fan de la série que je suis, je dois avouer avoir moi aussi subi ce conflit schizophrène intérieur avant de mettre la main sur ce portage que j’attendais de pied ferme après un Dragon Quest Builders qui ne m’aura personnellement pas convaincu.


 

Un downgrade nécessaire

Je pense qu’il est nécessaire, pour pouvoir aborder ce test plus sereinement, de commencer par faire un tour des downgrades qu’a du subir Dragon Quest VIII : L’odyssée du Roi Maudit pour pouvoir rentrer sur une cartouche de 3DS. Parce c’est un sujet qui m’aura personnellement beaucoup fait réfléchir, en particulier quant à la légitimité d’un portage, mais aussi et surtout qui aura beaucoup fait couler d’encre. Et en toute honnêteté, ça ne valait pas le coup.

Dragon Quest VIII : L'odyssée du Roi Maudit testCertes, la disparition des musiques orchestrales est un problème si l’on a connu le titre dans sa version originale, avec sa bande son exceptionnelle. Mais c’est toutefois un problème très relatif, qui gênera dès le thème d’introduction, avant le menu principal, et continuera de faire grincer des dents pendant un moment avant que l’ombre des morceaux d’origine disparaisse. Le fan en sera offensé, et y verra peut-être même un blasphème remettant carrément en cause la légitimité de ce portage. Toutefois, qu’on se le dise, même si la bande son en devient beaucoup moins délectable qu’auparavant, elle n’en demeure pas moins très bonne, et les joueurs qui découvriront Dragon Quest VIII avec ce portage 3DS prendront très certainement plaisir à en écouter les sonorités, même si certaines d’entre elles sont dorénavant un peu kitch. D’autant que ce changement n’a en rien affecté la qualité des doublages, toujours aussi sympathiques… Dommage que des voix japonaises ne soient toujours pas de la partie ceci-dit.

Dragon Quest VIII : L'odyssée du Roi Maudit testVisuellement, en toute logique, le titre a été contraint de s’adapter à ce nouveau support qui ne peut malheureusement pas accueillir d’aussi gros contenus que la PlayStation 2. Et c’est un fait : Dragon Quest VIII était plus fin sur la console de salon de Sony ; toutefois, la différence ne saute pas forcément aux yeux, ou du moins s’oublie très vite. En effet, l’écran de la 3DS offre finalement une qualité d’image tout à fait convaincante, et la petite pixellisation que l’on pouvait voir dans les différents trailers n’apparaît plus aussi évidente. Alors certes, il aura fallut trouver divers compromis pour que ce soft conséquent rentre dans une aussi petite cartouche, ce qui se traduit principalement en jeu par des couleurs beaucoup plus vives, parfois même criardes. Les environnements extérieurs souffrent en outre d’un léger clipping, le titre affiche par moment un certain aliasing, quelques modèles 3D sont un peu baveux, et bien évidemment la distance d’affichage a été réduite.

Oui, on est bien sur 3DS, avec ses problèmes récurrents auxquels on a fini par s’habituer ; et non, Dragon Quest VIII n’est absolument pas laid sur ce nouveau support, bien au contraire. Il est juste un poil diminué, ce qui ne nuit en rien à ses diverses qualités originelles, dont on retiendra surtout son génial Character Design signé Akira Toriyama, le papa de Dragon Ball.

 

On nous prend pas pour des pigeons

C’est un détail qui aura rendu Dragon Quest VII : La Quête des Vestiges du Temps bien moins indispensable dans son édition 3DS qu’il ne l’aurait mérité : les nouveautés n’y sont pas légion, voire clairement anecdotiques. Alors certes, le titre se boucle en une centaine d’heures, ce qui est tout bonnement énorme, et le contenu y était déjà particulièrement impressionnant. Toutefois, ne pas voir la moindre amélioration ou le moindre ajout digne d’intérêt sur cette re-sortie, dont je ne sais pas si je dois la qualifier de remake ou de portage, était clairement décevant. Et cela va sans dire, Dragon Quest VIII : L’odyssée du Roi Maudit était attendu au tournant à ce niveau dans son édition portable.

Dragon Quest VIII : L'odyssée du Roi Maudit testEt pour le coup, on peut dire que Square Enix ne s’est pas foutu de nous, même si une nouvelle fois la firme japonaise n’aura fait le travail qu’à moitié. L’ergonomie du titre a en effet subi quelques retouches, avec notamment la possibilité d’accélérer les affrontements particulièrement bienvenue, le titre paraissant tout de même beaucoup plus lent aujourd’hui, plus de 10 ans après sa sortie européenne originelle. Aussi, le système d’alchimie, passant par l’archimarmite, est désormais instantané, là où il nous demandait pas mal de patience par le passé. Quant aux menus, et je m’attends ici à recevoir la foudre de certains joueurs en évoquant ce point, le développeur a abandonné l’intégralité des anciens pour les remplacer par exactement les mêmes que dans l’édition 3DS de DQ7, et c’est loin d’être un mal. Mais non, rangez votre commentaire plein de haine encore quelques instants, et laissez moi vous expliquer.

Dragon Quest VIII : L'odyssée du Roi Maudit testDans la version originale de Dragon Quest VIII, ouvrir le menu prenait un léger temps de chargement. Rien de bien méchant, il faut le reconnaître, mais c’était tout de même une petite perte de temps, surtout couplé aux différentes manœuvres à effectuer à l’intérieur. Ici, lancer le menu sera instantané, et accéder à l’inventaire, aux magies ou même à la sauvegarde rapide, une autre des nouveautés qui se révèle véritablement bienvenue là encore, se fait de façon totalement intuitive et très rapide. Alors certes, cette interface est clairement dégueulasse, et je ne vous cache pas que je fus le premier à regretter l’ancienne, bien qu’un peu austère. Mais c’est finalement pour le mieux qu’on lui dit adieu, car dans la foulée cela permet au titre de se dynamiser un peu plus, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Autre point commun avec DQ7, les combats aléatoires ont été abandonnés, et les monstres seront affichés directement dans l’environnement.

Un gain de place sur la cartouche, qui se traduit en jeu par un gain de temps à haut niveau, permettant au joueur de ne pas se cogner chaque combat, même les plus dispensables. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faudra en sauter grand nombre, car la difficulté n’a pas été revue à la baisse, et l’on n’échappe pas à la nécessité de levelling déjà présente sur PS2. Mais c’est aussi du coté du contenu que Square Enix a planché, avec quelques petites choses dispensables comme le mode photo, et l’apparition d’une quête secondaire affiliée. Sans grand intérêt il faut le reconnaître. Idem, le titre intègre des morceaux de scénario supplémentaires, qui n’apportent pas grand chose à l’histoire originale. Plus intéressant toutefois, cette édition Nintendo 3DS offre l’opportunité d’enrôler deux nouveaux personnages, Rubis et Morry, et dispose d’un nouveau donjon complexe, destiné aux amateurs de challenge. De quoi faire grossir une durée de vie déjà imposante.

 

Dragon Quest VIII : L’odyssée du Roi Maudit, premier DQ à arriver en Europe

On ne va pas se mentir, Dragon Quest VIII : L’odyssée du Roi Maudit était l’un des hits incontestés de la PlayStation 2, l’un de ses must have un point c’est tout. Et en toute logique, en présence d’un portage aussi fidèle, le titre n’a pas changé au point que sa qualité ne vacille.

Dragon Quest VIII : L'odyssée du Roi Maudit testAinsi, il y a bien quelques petites choses que l’on reprochera à cette édition qui, bien que proposant son lot de nouveautés sympathiques, ne sera pas revenue suffisamment sur l’ergonomie générale notamment. Car en toute honnêteté, l’inventaire n’est, par exemple, pas très reluisant, et on évite autant que faire se peut d’y mettre les pieds malgré la nécessité. J’étais très heureux de constater que le second joystick de la New 3DS pouvait être utilisé pour faire tourner la caméra, mais malheureusement le premier est sous-exploité, et inutilisable dans les menus comme en combat. La croix directionnelle devenant le seul outil permettant ces actions, alors que celle-ci manque un poil d’ergonomie quel que soit votre modèle de 3DS/2DS. Les longues sessions de jeu ne manqueront pas de vous faire bénéficier d’une très agréable tendinite du pouce gauche, et autant vous dire qu’avec un jeu aussi prenant c’est loin d’être rare ! Idem, il aurait été préférable que les monstres soient un peu plus lents. Car si le titre abandonne effectivement les rencontres aléatoires, c’est toutefois très relatif, puisque les créatures nous tombent souvent dessus à une vitesse vertigineuse. Ça reviendrait presque au même…

En dehors de ça, DQ8 sur 3DS dispose toutefois d’une mise en scène très travaillée, mettant en lumière un scénario long et captivant et des personnages charismatiques, servis par un Character Design du plus bel effet. Très classique, il n’en demeure pas moins particulièrement bien conçu à tous les niveaux, de son Level Design fouillé à son système de compétences complexe et très évolutif. Et bien sûr, que serait un Dragon Quest, et même un RPG classique, sans une durée de vie au top ? Car Dragon Quest VIII c’est aussi un contenu excessivement riche, certes pas au point de son prédécesseur, mais tout de même bien supérieur à nombre de jeux vidéos.

Pour qui ?

Pour les amateurs de RPG classique : La 3DS a accueilli quelques RPG assez classiques ces dernières années, notamment avec Bravely Default et sa suite, et DQ8 est un véritable morceau de choix parmi eux.

Pour ceux qui veulent découvrir un classique des années 2000 : Les PlayStation 2 européennes se dotaient en 2006 de ce J-RPG devenu culte depuis, et cette édition portable est très fidèle à l’originale.

Pour les joueurs qui n’ont pas froid aux yeux : A l’instar de Dragon Quest VII, sorti en septembre dernier sur 3DS, cet opus n’est pas dénué de challenge, et il faudra combattre beaucoup pour espérer venir à bout de son aventure.


 

Les appréhensions étaient multiples autour de ce portage sur 3DS de l’un des tout meilleurs RPG des années 2000. Son downgrade graphique et la suppression de ses morceaux orchestraux auront fait couler pas mal d’encre, et ne lui auront pas conféré une image des plus reluisantes avant sa sortie. Toutefois, bien que le puriste pestera quelques heures devant sa musique, qui a effectivement perdu en beauté, Dragon Quest VIII : L’odyssée du Roi Maudit a tout de même énormément à offrir dans cette mouture portable qui, bien que diminuée, se révèle très belle en comparaison au reste de la bibliothèque de la 3DS. D’autant que, contrairement à DQ7 qui paraissait sur le même support en septembre dernier, les ajouts ne sont pas tous anecdotiques, et l’on retiendra notamment l’apparition de deux nouveaux personnages jouables, d’un donjon inédit, et même de nouveaux morceaux de scénario. Reste qu’effectivement, on aurait aimé une ergonomie améliorée, et surtout une utilisation du joystick principal de la 3DS dans les menus comme en combat. Mais ce détail n’enlève en rien à ce Dragon Quest ce qu’il est, c’est à dire un véritable chef d’oeuvre du RPG classique.

Ce test a été réalisé grâce à une version du jeu fournie par l’éditeur.

Dragon Quest VIII : L'odyssée du Roi Maudit trailer nouveautés fonctionnalités 3DS

Dragon Quest VIII : L’odyssée du Roi Maudit

Les plus
  • Très beau pour un jeu 3DS
  • Un excellent et long scénario
  • Le Character Design d'Akira Toriyama
  • Enfin une sauvegarde rapide
  • L'excellente durée de vie
  • Les deux nouveaux personnages
  • Le nouveau donjon
Les moins
  • La disparition des musiques orchestrales
  • Pas assez d'efforts du coté de l'ergonomie
  • Les morceaux de scénario ajoutés manquant d'intérêt
8 10