Elder Scrolls Legends cartes Preview En-tête

La série des Elder Scrolls étend son catalogue avec un nouveau jeu de cartes. Baptisé The Elder Scrolls : Legends, ce soft vous plongera dans cet univers fantastique pour des duels de cartes endiablés. Reprenant un système proche du leader du genre, Hearthstone, il apporte tout de même des nouveautés rafraîchissantes. Le jeu est actuellement en Beta, et donc ce qui se trouve dans cette version peut être amené à changer.

Si Elder Scrolls ne vous dit rien, peut être que les noms de Skyrim ou d’Oblivion vous parleront plus. Ce sont tous deux des jeux de cette grande saga de Bethesda. A son actif déjà cinq RPG solo qui ont fait son renom. Dernièrement, à cette série venait s’ajouter un MMORPG au succès honorable, baptisé simplement The Elder Scrolls Online. Le petit nouveau de la famille, The Elder Scrolls : Legends, est, lui, développé par Dire Wolf Digital. Ils travaillent sous l’œil attentif de Bethesda, l’éditeur du jeu. Ce jeune studio est formé de vétérans de l’industrie et spécialisés dans les jeux cartes. Alors on ne pouvait pas espérer mieux.

The Elder Scrolls Legends – Intro Cinematic… par CooldownTV

Tapis !

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas du tout ce genre de jeu, laissez moi faire un petit rappel. Les jeux de cartes à collectionner, appelés aussi TCG, sont des jeux où l’on construit sont propre deck pour pouvoir affronter son adversaire. Le deck, donc, est notre pioche, à chaque tour, on tire une nouvelle carte pour pouvoir renouveler sa main. Et les cartes, elles servent à quoi ? Et bien ce sont des cartes monstres, sortilèges, équipements ou autre. Elles vous permettent de faire des actions et d’élaborer des stratégies pour vous défaire de votre adversaire. Et justement pour vaincre votre adversaire, il faudra réussir à mettre ses trente points de vie à zéro. Pour poser des cartes, il vous faudra de l’énergie. Ici, comme sur le leader du marché, votre énergie est unique et augmente d’un point par tour. Donc il faudra être patient avant de sortir vos grosses unités.
Alors voyons en quoi se démarque ce jeu de chez Dire Wolf Digital. Et bien déjà le plateau de jeu est différent. Il est en effet séparé en deux rangées. Chaque rangée peut au maximum contenir quatre monstres. Une unité sur une rangée ne peut qu’attaquer une unité sur la même rangée. De plus de nombreux effets ne s’activent que sur sa partie de plateau. Mais ces rangées ne sont pas toutes les mêmes. En temps normal, la rangée de gauche est standard, qui n’a donc pas de règle particulière. Mais celle de droite est dite « Ombre ». Toute unité qui vient d’être invoquée sur ce côté du terrain est impossible à attaquer. C’est ce qui permet des stratégies bien diverses, mais qui de temps en temps rendent les choses plus frustrantes. Ça, c’est la composition normale. Cependant durant l’aventure ou lors des arènes en solo, un tas d’autre compositions seront possibles. Cela a le mérite de faire varier les combats et vous demande d’adapter votre stratégie au terrain. Une très bonne chose donc.
La deuxième grosse nouveauté qu’apporte The Elder Scrolls : Legends, c’est son système de runes. A chaque fois que vous perdez 5 points de vie, une rune se brise et vous permet de piocher une carte. Ainsi cela permet d’aider les joueurs qui sont en difficulté, en leur donnant plus de possibilités. Et ce n’est pas tout. En plus de cela, il existe un effet appelé prophétie, qui permet au joueur de jouer cette carte immédiatement et gratuitement si celle-ci est tirée grâce à une rune. Ce système peut réellement faire tout basculer dans une partie, et vous sauver la vie. Son efficacité reste très aléatoire, mais c’est ça aussi ce qui est beau dans les jeux de cartes, les retournements de situation délirants. Oh, et une dernière chose. Le joueur qui commence en deuxième a comme compensation une carte support, qui lui offre un point de mana en plus. Elle a trois utilisations et ne peut être utilisée qu’une fois par tour. Autant vous dire que ça donne presque envie de commencer deuxième.

Elder Scrolls Legends Preview carte Duel

Le plateau de jeu est divisé en deux. Un élément stratégique primordial.

Façonnez votre deck à votre bon vouloir

La création de deck est l’un des aspects primordiaux des jeux de cartes. Et pour le coup, le petit nouveau s’en sort à merveille. Il y a en tout 10 races majeurs reparties en 5 attributs. Alors comment ça fonctionne ? En fait, chaque race va avoir un trait particulier, un élément qui lui est propre. Par exemple, les Elfes noirs ont l’effet « Dernier souffle » qui s’active quand ils meurent. Les Khajiits, eux, ont « Chapardage », un effet qui s’active à chaque fois que l’unité inflige des dommages à l’adversaire. Mais ces spécificités ne sont pas seulement une mécanique qui leur est propre, par exemple les Impériaux gagnent plus de puissance quand ils sont en nombre.
Donc chaque race a des traits spécifiques qu’il faut bien comprendre pour en tirer le maximum. Cependant ces traits ne définissent pas toujours la stratégie global des cartes, mais plus des mécaniques propres. C’est pourquoi 5 attributs regroupent ces cartes sous des bannières communes. Il y a l’agilité (Vert) qui se concentre sur les cartes rapides, la force (Rouge) qui se sert de la brutalité, l’intelligence (Bleu) qui use de ruse et de magie, l’endurance (Violet) que détiennent les créatures massives, la volonté (Jaune) qui submerge par le nombre et enfin les cartes neutres.
Les races sont plus ou moins présentes dans chaque attribut, et ce n’est pas la race mais l’attribut qui contraint votre deck. C’est peut-être un élément dont vous êtes déjà familier. Dans Hearthstone c’est votre classe, dans Magic c’est votre mana. Avec The Elder Scrolls : Legends, ce sont les attributs qui vont vous contraindre dans votre Deck building. Chaque deck peut contenir maximum deux attributs. Ce qui fait un paquet de possibilités et donc un paquet de façons de jouer. Créer son jeu est vraiment un casse-tête. Votre deck doit contenir entre 50 et 70 cartes, même si les plus expérimentés sauront que le moins de carte possible est bien souvent la meilleure solution. Alors vous allez devoir faire des choix drastiques, des choix difficiles mais nécessaires. Et lorsque votre deck sera fini et que vous le verrez tourner comme vous l’espériez, je peux vous dire que le plaisir est au rendez vous. Le seul point noir serait l’équilibrage. Il n’est pas encore parfait, et avec autant de combinaisons possibles il sera sans doute assez difficile de pouvoir bien équilibrer le tout.
Parlons des types de cartes. Celles-ci sont très classiques. On y retrouve les cartes monstres, qui viendront peupler votre plateau, des équipements pour les améliorer, ou encore des sortilèges pour retourner une situation. Les cartes un peu plus particulières sont les supports. Soit elles vous donnent des bonus permanents, soit elles sont des consommables. Ces consommables permettent différentes actions et sont utilisables un certain nombre de fois, mais qu’une fois par tour.

Les illustrations des cartes sont très réussies

Les modes de jeu

Dans The Elder Scrolls : Legends vous pourrez jouer dans plusieurs modes de jeu. Le mode Histoire, le mode duel, l’entraînement et enfin les arènes solo ou multi. Commençons par le principal mode de jeu, l’Histoire. C’est le contenu qui servira de tutoriel et qui vous permettra d’avoir une bonne base de cartes pour commencer à jouer en multijoueur. Mais cela ne se résume pas qu’à ça. Entre chaque partie de cartes, on a le droit à une histoire bien scénarisée et à des cinématiques sous forme d’animations, le tout avec des graphismes 2D extrêmement détaillés et visuellement très réussis. Cependant, à cause de la qualité élevée des illustrations, l’animation reste très sommaire et le tout est assez statique. La campagne de Legends se découpe en 20 chapitres, soit 20 duels. Il vous faudra un petit moment pour la compléter, entre 3 et 5 heures environ. Peut être un peu court, mais le gros du jeu reste le multijoueur. De plus, durant cette aventure, il vous sera demandé de faire des choix. Ils ne vont pas vraiment changer le cours de l’histoire, mais ces choix sont représentés par l’acquisition de deux cartes différentes. Ainsi, si par exemple, vous décidez d’exécuter un personnage, vous obtiendrez une carte exécution, sinon vous aurez une carte monstre qui lui correspond. Au final les choix sont plus motivés par la carte que l’on acquiert que par le role play. Mais ça reste très rafraîchissant et bien venu. L’aventure permettra une progression rapide et l’acquisition d’un grand nombre de cartes. En effet, à certains points clés de l’aventure, ce n’est pas un petit paquet de cartes que vous récupérez, mais bien des decks entiers, histoire de vous faire une grosse base. A la fin de l’histoire, vous aurez acquit 5 decks avec des styles de jeu différents, de quoi pouvoir commencer à expérimenter un peu les possibilités.
Une fois cette campagne finie, que faire ? Et bien plusieurs autres modes de jeu s’offrent à vous. Tout d’abord le mode entraînement, où vous affrontez des IA. Ici, impossible de récupérer de l’or ou des titres. Vos combats ne vous feront gagner que 15 cristaux maximum. Je vous reparlerais de ces cristaux, mais pour vous faire une idée, il faut 50 cristaux pour créer une carte commune et 1200 pour une légendaire. Donc ce n’est pas vraiment sur ce mode de jeu que vous compléterez votre collection. C’est principalement dans les duels que ça se ferra. Ce sont des matchs entre joueurs sans règle particulière. Le matchmaking est réalisé grâce à votre rang. Si vous gagnez un certain nombre de parties, environ 5, alors vous progressez dans le rang suivant. Si vous perdez trop souvent, vous ne redescendez pas de rang, vous stagnez dans votre rang actuel. Si vous atteignez un certain pallier, vous gagnez des cartes bonus, c’est une bonne source de motivation pour progresser. De plus, toutes les 3 victoires, vous êtes récompensé avec 15 pièces d’or et une carte. C’est aussi principalement dans ce mode que vous compléterez votre quête journalière. Un autre bon apport en pièces d’or, qui vous permettra d’acheter de nouveaux paquets de cartes.

The Elder Scrolls Legends Preview mode

C’est dans les batailles en duel que vous passerez le plus clair de votre temps

Enfin vient le mode de jeu le plus prisé des joueurs, le mode arène, appelé aussi draft. C’est un mode de jeu assez différent des autres. Ici oubliez votre collection ou vos decks, vous ne vous en servirez pas. A chaque début d’arène vous devrez construire votre deck de 30 cartes. Pour se faire vous commencez par choisir une combinaison d’attributs, parmi trois proposées. Rappelez-vous, les attributs sont ce qui conditionne les cartes que vous pouvez avoir dans votre deck. Une fois fait, vous tirerez trois cartes aléatoirement, vous en choisirez une que vous mettrez dans votre deck et jetterez les autres. Puis vous repiocherez trois cartes et ainsi de suite jusqu’à que vous ayez 30 cartes dans votre tas. Ce système permet de toujours avoir un nouveau deck avec lequel jouer, et de mettre tout le monde au même niveau. La phase de deck building est très intéressante, et elle évite qu’on soit submergé de choix. Une fois votre deck finalisé, vous devrez combattre joueurs ou IA, suivant le mode que vous avez choisi. L’arène s’arrête lorsque vous avez défait un certain nombre d’ennemis ou que vous avez perdu trois fois. Suivant votre nombre de victoires, vous allez être récompensé plus ou moins généreusement. Mais dans tous les cas vous gagnerez au moins un nouveau paquet de 6 cartes. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’arène de Legends coûte si cher. En effet l’entrée dans une arène vous coûtera 150 pièces d’or, ou environ 2 euros. Donc un excellent mode de jeu, mais qui ne sera disponible que très rarement. Dommage, surtout quand on a un mauvais tirage, ça fait mal au cœur d’avoir dépensé autant pour une session qui ne serra pas très amusante.

Qu’il est beau

The Elder Scrolls Legends Preview cartes Avatar

Il y a quatre avatars disponibles par race

D’un point de vue graphismes, The Elder Scrolls : Legends est très réussi. Les animations sont bien faites, l’interface est efficace et elle est cohérente avec l’univers. Les illustrations des cartes ou de votre avatar sont vraiment sublimes. Le côté artistique n’a pas été mis de côté, je vous le garanti. Pareillement pour les effets sonores, toutes les cartes ont leurs propres dialogues lorsqu’elles sont posées, et l’aventure est totalement scénarisée oralement. De plus, déjà dans cette version bêta, tous les dialogues sont en français, et la qualité est au rendez vous.

Faisons un petit point sur la progression du joueur et le modèle économique. Vous gagnez de l’expérience en combattant, qu’importe le mode de jeu. Vous pourrez obtenir plusieurs récompenses lorsque vous gagnez un niveau. Cela peut être une carte de la race de votre avatar, un paquet de cartes,  ou une évolution de carte. Alors le principe d’évolution est un peu particulier, mais dans la collection de base, il y a des cartes temporaires qui peuvent évoluer. Lors de l’évolution, ces cartes se transforment en une carte plus complète, on a souvent le choix entre deux évolutions possibles. Les évolutions sont toujours bénéfiques. Pour le même prix, vous avez des cartes plus puissantes. Cependant ces cartes ne sont pas accessibles uniquement par les évolutions, elles peuvent être récupérées autrement. Du coup je suis assez dubitatif quant à l’intérêt de ce système, mais ça permet en gros de gagner des cartes plus puissantes au fil de votre avancée en niveaux. The Elder Scrolls : Legends est un free to play, mais pour récupérer des paquets de cartes il faudra passer par la boutique, soit 100 d’or pour un paquet, soit du vrai argent en comptant 2 euros le paquet de cartes. En plus de ça il y a donc les cristaux, qui permettent de forger directement la carte que vous désirez. Ils se récupèrent principalement en recyclant les cartes excédentaires de votre collection.


Au final, The Elder Scrolls : Legends est une très bonne surprise. Les combats sont rythmés, pleins de rebondissements et le jeu est bourré est de bonnes idées. Le principe de rangée distincte ainsi que les runes changent énormément ces duels de cartes. En termes de deck building, on est servis, de multiple possibilités, plein de mécaniques intéressantes et des races sympathiques. Petit bémol sur l’équilibrage, on sent que cela va être difficile de rendre tous ces attributs autant efficaces. En terme de modes de jeu, l’Histoire est vraiment bien. Elle est prenante et c’est un bon point de départ pour commencer. Elle ne dure pas très longtemps, mais est très bien scénarisée. Les modes arènes sont très intéressants mais trop chers, c’est vraiment dommage. On aurait préféré moins de récompenses, mais plus de parties possibles. Dernier point, les graphismes sont tous très soignés et d’une grande qualité. On attend la sortie définitive de Legends avec impatience. 

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The Elder Scrolls : Legends

Les plus
  • Le mode histoire prenant
  • Le système de runes
  • Le principe des rangées
  • Des graphismes sublimes
  • Une grande diversité de deck building
Les moins
  • Une campagne un peu courte
  • Les arènes assez chères
  • Un mauvais équilibrage