Fast RMXNous sommes nombreux, très nombreux même, à être nostalgiques de la licence F-Zero, éteinte on ne sait trop comment avec l’ère Gamecube. Si nous ne sommes pas à l’abri d’un nouvel opus, un jour peut-être, le fait est qu’en dehors de la présence dans Super Smash de Falcon, Nintendo semble avoir totalement délaissé l’univers de ce jeu de course pourtant excellent. Alors forcément, quand en 2011 débarque sans prévenir un certain FAST : Racing League sur Wii, puis en 2015 FAST Racing NEO sur Wii U (qui aura fait nettement plus de bruit), et que l’ensemble de la presse qualifie cette nouvelle série d’alternative honnête à F-Zero, l’esprit des fans s’échauffe. Dans les faits, il s’avère effectivement que les deux titres sont très similaires à la licence adorée de Nintendo, bien que leur manque de contenu n’en fasse pas deux indispensables. Toutefois, Shin’en, le développeur, ne compte pas s’arrêter là, et proposait le 3 mars dernier une suite nommée Fast RMX, exclusivement sur la nouvelle Switch de Big N, en dématérialisé.

Soyons honnêtes, ce que l’on retient du lancement de la Nintendo Switch ce n’est clairement pas Just Dance, ce n’est pas non plus Skylanders, et c’est encore moins Super Bomberman R. On ne retiendra pas non plus 1-2 Switch, qui se révèle amusant quelques heures, sans plus, à condition d’avoir pas mal de potes sous la main. Non, évidemment le jeu qui a marqué les esprits, et qui continue de faire du bruit c’est The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Il faut dire qu’il est excellent, un point c’est tout. Et si je vous disait qu’il n’était pas le seul indispensable de la machine à être paru le jour de sa sortie ?!


Fast rmx – Trailer de lancement par CooldownTV

 

Vers l’infini et au delà

Fast RMX

Iceland, l’un des tracés les plus retors

Petit récapitulatif pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, ou tout simplement pour les plus jeunes qui n’auraient pas pu connaître la licence lorsqu’elle était encore de ce monde : F-Zéro c’est une série de jeux de courses de bolides futuristes, où la vitesse prime sur tout (ou presque), et où les pistes sont surréalistes à outrance, ne lésinant pas sur les loopings et autres bizarreries. Ça en jette dit comme ça, non ?! Alors évidemment, certains me citeront WipEout comme contre exemple, du coté de chez Sony, autre jeu de courses tapant dans la science fiction, et il est vrai que la comparaison tient la route.

À ceci près que la série de Nintendo est nettement plus arcade, ne s’encombre pas d’un quelconque système d’armement à la Mario Kart (si vous me permettez le rapprochement), et que le seul outil à notre disposition sera un boost, se voulant puissant bien évidemment. Vous l’aurez compris, chez F-Zero il est rarement question de technique, quoiqu’il faudra tout de même avoir le sens du timing pour se sortir des circuits retors, et la vitesse est au cœur du gameplay. Fast RMX, c’est la même chose, à une particularité près cependant.

Fast RMX

Malheureusement, les circuits sont souvent très vides, parfois insipides

Pas que les circuits soient plus compliqués, c’est même plutôt l’inverse (si l’on prend pour référence F-Zero GX), mais en plus des commandes classiques d’un jeu de courses (à base d’une touche pour accélérer et d’une pour freiner, avec l’option pencher sur la gauche ou la droite) le titre nous demandera de changer de couleur aux bons moments. Les circuits regorgeront de dalles, oranges ou bleues, qui nous freineront si l’on n’est pas teinté dans le bon coloris en passant dessus, et nous procureront un court boost dans le cas contraire.

Alors certes, sur le papier ça a l’air assez aisé, d’autant qu’on passe du orange au bleu en appuyant simplement sur une touche facilement accessible. Mais le fait est qu’une fois lancé à plusieurs centaines (milliers?) de km/h, même malgré le fait que les circuits soient souvent assez larges, il est difficile d’être efficace, en tout cas dans un premier temps. Au moins, contrairement à la série de Nintendo qui ne manque pas de fourberie à ce niveau, Fast RMX n’a pas couplé sa barre de vie à celle de boost (exception faite dans le mode Hero sur lequel nous reviendrons plus tard), cette dernière se remplissant au passage en récoltant des orbes durant les courses. Il n’y a d’ailleurs aucun moyen de déterminer la longévité du vaisseau, qui se brisera toutefois assez rarement.

 

La Switch, une console taillée pour le multi

Fast RMX

Y’a pas à dire, ça va très vite !

Là où les deux licences se rapprochent (une nouvelle fois), c’est du côté de la prise en main très simple et arcade, presque intuitive. Et pour le coup, si beaucoup (moi compris) avaient des réticences quant à l’aspect un peu dégueulasse de la manette de la Switch (celle comprise dans la boite au lancement, recevant les deux Joy-Con), force est de constater qu’elle fait parfaitement le travail, même dans le feu de l’action. On ne pourra malheureusement pas en dire autant des Joy-Con pris séparément, pour jouer en multijoueur sur le même écran.

Leur petite taille pose en effet souvent problème, c’était par exemple le cas dans Super Bomberman R. Et si leur utilisation fonctionne parfaitement sur Mario Kart 8 Deluxe, un jeu très grand public, Fast RMX accuse quant à lui très vite leurs limites. La faute (si l’on puis dire) à l’intensité des parties, qui pousse assez régulièrement à se crisper sur cette toute petite manette, engendrant des douleurs très désagréables dans les mains. De même, le Joy-Con manquant de touches, le boost est activé en pressant le joystick (comme pour courir dans un FPS), et je peux vous assurer que cela occasionne quelques problèmes dans les virages, ou lors de passages un peu tendus. Tandis qu’en jouant avec la manette complète, ledit boost s’actionnera en appuyant simplement sur une gâchette.

D’un autre coté, si l’on est capable de passer outre ce détail, Fast RMX propose tout de même une expérience multijoueur fort intéressante. À l’instar de Mario Kart 8 Deluxe, qui sortit toutefois près de deux mois plus tard, le titre de Shin’en permet de jouer jusqu’à quatre sur le même écran de TV. Et la Nintendo Switch étant livrée avec deux Joy-Con, il est déjà possible de consommer le jeu entre amis dès son acquisition. De même, la tablette seule permettra des parties à deux joueurs, certes manquant un poil de lisibilité, mais ce sera sans doute un problème récurrent sur ce support de taille moyenne. Reste un mode online tournant plutôt bien, même si l’on déplorera le manque de monde sur les serveurs pour le moment, et surtout un mode local permettant de s’affronter jusqu’à huit n’importe où, rien que ça. Soyons francs, la Switch est une console parfaitement taillée pour les jeux à portée multijoueur.

 

N’est pas généreux qui veut

Le gros problème de FAST : Racing League et FAST : Racing Neo, les deux premiers opus, tenait en ce point seul : le manque cruel de contenu. Proposé une poignée d’euros sur le market de la Nintendo Wii, le premier n’est finalement pas tant à blâmer que ça, d’autant qu’à l’instar de RMX il proposait un multi vraiment chouette. Quant au second, affiché au prix fort sur Wii U à son lancement, il est vrai que la galette était un peu trop légère.

Fast RMX

Le maigre menu annonce la couleur

Et malheureusement, bien que Shin’en ait fait pas mal d’efforts, notamment au niveau du prix (affiché pour le coup une petite vingtaine d’euros, ce qui est tout à fait raisonnable), Fast RMX souffre exactement du même syndrome. Ainsi, le titre propose trente circuits, ce qui est certes pas mal, en dépit du fait que beaucoup soient trop génériques. On ne fera que trop cette comparaison, et je m’excuse par avance d’avoir autant cité le jeu de Nintendo (c’est de l’amour rémanent), mais les circuits de F-Zero sont incomparables, même si, il faut le reconnaître, une poignée de tracés de RMX sont mémorables (je pense par exemple à Iceland ou Kenshu Jungle).

Bref, trente circuits c’est pas trop mal, à condition d’avoir de quoi les mettre en valeur. Et c’est là que pêche malheureusement le jeu de Shin’en, puisqu’en dehors d’un mode championnat à trois niveaux (correspondant chacun à un degré de vitesse), et un contre la montre plutôt bienvenu, il n’a pas grand chose à offrir. Reste le mode Hero, dont le concept se rapproche encore un peu plus de son modèle, en proposant une jauge qui sert à la fois de bouclier et de boost. Même si la difficulté a tendance à monter assez rapidement, on a tout de même vite fait le tour.

Fast RMX est toutefois plein de qualités, fort heureusement, et je ne l’aurai pas qualifié plus haut d’indispensable si ce n’était pas le cas. En plus d’être vraiment fun, le titre est par exemple plutôt joli. Il tourne parfaitement sur la TV, qui affiche une qualité visuelle tout à fait correcte, mais surtout il offre une impression de vitesse remarquable. On a rarement été pareillement collé au fond de son canapé en jouant à un jeu de courses, chapeau ! Il en va de même tablette en main, d’ailleurs, cette dernière se payant même le luxe d’avoir un rendu encore plus propre qu’un téléviseur. Enfin, bien qu’elle passe un peu trop souvent inaperçue, la bande son n’est pas dégueulasse elle non plus. Pourvue de sonorités électroniques, comme dans les deux opus précédents, elle convient parfaitement au dynamisme des courses, et contient même une ou deux véritables perles.

Pour qui ?

Pour ceux qui aiment la vitesse : Des jeux de courses, il y en a à la pelle, et pourtant très peu d’entre eux parviennent à procurer de véritables sensations de vitesse. Fast RMX, lui, devrait les coacher !

Pour ceux qui aiment F-Zero : Alors bon, il ne vous aura peut-être pas échappé que je cite beaucoup F-Zero dans ces lignes, et ce n’est pas gratuit. Le jeu de Shin’en est en effet une alternative parfaitement recevable !

Pour ceux qui veulent un jeu de course sur Switch : Je vous vois déjà venir, effectivement j’ai un peu de retard puisque Mario Kart 8 Deluxe est sorti il y a plusieurs semaines. Toutefois, les deux jeux sont très différents, et je peux vous promettre que Fast RMX mérite lui aussi son titre de noblesse.


 

Sorti dans le silence le plus total, exclusivement en dématérialisé, Fast RMX aurait mérité d’être mis plus en avant. En effet, si l’on ne retient rien du lancement de la Nintendo Switch, hormis Zelda bien entendu, le titre de Shin’en aurait pourtant pu faire partie des indispensables reconnus du line up, et il y a fort à parier qu’il aurait fait plus de bruit en débarquant avec une édition physique. Car bien qu’il ne soit pas parfait, on pense surtout à son contenu relativement superficiel, ce jeu de courses survitaminé a beaucoup à offrir, notamment un multijoueur ultra fun et une impression de vitesse très réussie. Ça va vite, ça va même très vite, et on en redemande !

FAST RMX

Fast RMX

Les plus
  • Un gameplay au poil
  • Beau et rapide
  • De bonnes sensations de vitesse
  • De vastes possibilités en multi
Les moins
  • Le contenu assez pauvre
  • Des circuits qui manquent globalement de saveur
7.5 10