FIFA 17 test cover

Chaque année depuis des temps immémoriaux, FIFA et PES s’affrontent dans une lutte sans merci. Depuis un moment déjà c’est FIFA qui fait la course en tête, mais commençait récemment à ronronner très sérieusement avec des épisodes moyens, sans grandes innovations. Présenté en grandes pompes en mai dernier, ce nouvel opus de la référence en terme de football m’avait laissé une très bonne première impression. Nouveau moteur, nouveau mode, refonte du gameplay, FIFA 17 entend bien remettre les pendules à l’heure. Parvient-il à le faire avec autant d’élégance qu’Andrea Pirlo ? Réponse dans ce test, réalisé sur Playstation 4 à l’aide d’une version envoyée par l’éditeur.


FIFA 17 – L’Aventure – Bande-annonce officielle par CooldownTV

Le Frostbite Engine comme base de travail

L’information avait été cachée avec réussite pendant un bon moment, alors qu’EA travaillait dessus depuis plus de deux ans : FIFA change de moteur et passe sous Frostbite Engine, comme une réponse à Konami et son Fox Engine, équipant PES depuis maintenant deux ans. Et autant vous le dire toute de suite, le rendu global ne fait pas une grande différence avec les autres opus de la série. C’est sur les gros plans et les animations que le Frostbite entre réellement en action. Les joueurs se déplacent plus naturellement, le mouvement des maillots est plus réaliste. Mais c’est au niveau des visages que la différence se fait, avec des faciès beaucoup plus convaincants qu’auparavant. La réalisation générale est toujours aussi bonne, renforcée par des éclairages de qualité qui confèrent au titre une ambiance assez proche de ce qu’on constate sur nos écrans lors des vrais matchs. L’immersion est donc très satisfaisante, comme le joueur pourra le constater dès le match d’introduction, faisant revivre la finale de FA Cup opposant Chelsea et Manchester United. Tout y est : le stade officiel, les joueurs, le trophée, et un public un peu moins ridicule qu’avant. Côté licences, FIFA fait encore très fort avec des dizaines de compétitions, championnats, joueurs, entraîneurs, stades. De ce côté, pas d’immenses changements si ce n’est l’ajout de la J-League, le championnat japonais et d’équipes brésiliennes dans les fameux « Reste du Monde ». Pas de quoi changer les habitudes des joueurs, mais il s’agit une nouvelle fois d’un ajout intéressant, avec quelques talents à dénicher. Le Frostbite fait donc son travail, sans marquer toutefois une nette différence. L’apport de ce dernier se remarque dans les détails et constitue une base plus qu’intéressante pour les opus à venir.

The Journey, un premier jet méritant mais timide et convenu

fifa17_xb1_ps4_journey_hunter_united_wm-1L’annonce d’un mode scénarisé avait tout pour attirer les joueurs curieux de voir ce qu’EA pouvait faire d’un mode qui a déjà fait ses preuves dans les différentes itérations de NBA 2K. Dans la peau d’Alex Hunter, jeune prodige anglais marchant sur les traces de son grand-père, le joueur devra faire évoluer le jeune joueur pour lui permettre de devenir la nouvelle superstar de Premier League. Il s’agit de vivre chaque aspect de l’ascension d’Alex Hunter au travers de l’organisation au quotidien de sa vie de joueur : gestion des rivalités, échanges avec plusieurs joueurs modélisés, sorties des vestiaires et des tunnels, interviews interactives, rendez-vous avec les managers etc. Également, un système de choix étant implémenté dans le scénario, différents embranchements guideront votre expérience, emmenée par les différents joueurs ou personnalités qui se sont prêtés au jeu de la capture. Malheureusement pour FIFA 17, si l’histoire est portée par un jeu d’acteur convaincant, son écriture est pratiquement dénuée de tout intérêt, et les choix, de conséquences. Clichés sur l’amitié, angélisme sur la situation des jeunes joueurs cherchant à percer, on a tôt fait d’ignorer l’aspect scénario qui en plus d’être superficiel, est attendu et se dilue très rapidement.

Aspect agréable toutefois, l’enchaînement des exercices et des matchs se fait naturellement, et on prend plaisir à distribuer les points de compétences obtenus au fil de la progression. Car comme dans le mode Mon Joueur de NBA 2K, chaque geste du joueur est évalué, aboutissant à une note en fin de match donnant plus ou moins d’expérience. De plus, le mode ne nous impose pas de jouer uniquement Hunter mais propose également de contrôler l’équipe entière. Il est alors plus difficile de faire grimper la note du joueur, mais poser un jeu collectif pour faire tenter de faire briller Hunter est plus aisé. On sent par ailleurs que le mode The Journey est aussi là pour attirer un nouveau public. En effet, devant notre jeune joueur, les défenseurs semblent soudainement oublier comment faire leur job. Le compromis semble toutefois nécessaire pour permettre aux joueurs de progresser dans l’histoire. On sent dans ce mode un premier pas d’EA, mais celui-ci ne convainc pas totalement. On espère cependant que les développeurs réitéreront la chose, avec l’expérience apportée par ce premier jet.

Les choix de carrière de FIFA

fifa 17 carrière test

Les objectifs de carrière sont clairement indiqués et détaillés

Mode classique s’il en est, le mode carrière de ce FIFA 17 reçoit un petit lifting plus que bien senti. On commence avec un système d’objectifs très clair donnant la couleur de votre saison une fois le choix de votre équipe favorite fait. Ces derniers sont répartis en 5 catégories : développement des jeunes, objectif national, continental, financier, et développement de la marque du club, dont l’importance varie en fonction de ce dernier. Jouez avec Monaco, on vous demandera de vous qualifier directement en Ligue des Champions et de passer le premier tour. Choisissez Guingamp, et la santé financière du club sera une priorité absolue ainsi que le maintien, quand d’autres clubs vous demanderont de faire monter les jeunes. Si ces objectifs se trouvent à court terme, avec une vision sur une saison, le titre vous proposera également des objectifs à plus long terme comme de rapidement remporter la C1 pour la Juventus. On prend donc un véritable plaisir à retourner sur un mode carrière qui avait progressivement laissé sa place aux différents modes en lignes. Avec cette mise au goût du jour, FIFA retrouve un véritable intérêt à être joué en solo, et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’EA n’a pas tout axé sur son mode phare, Ultimate Team.

Des modifications de gameplay à la pertinence aléatoire

S’il est une chose qu’on nous rabâche chaque année, ce sont les changements apportés au gameplay. Par petites touches, FIFA renouvelle assez régulièrement son approche des frappes, sa conduite de balle, son équilibre attaque/défense. Mais cette année, FIFA 17 prend des risques, en modifiant ses coups de pied arrêtés, l’inertie des joueurs et la manière de protéger son ballon. Ces coups de pied justement, qu’en est-il exactement ? Les changements sont divers, en fonction du type de coup. Les coups-francs offrent désormais un curseur servant à viser une zone en particulier. Il faut donc bien placer son joueur, bien placer son curseur et ajuster la puissance en fonction de son désir : frappe directe, centre tendu ou en cloche. Malheureusement, ces derniers ralentissent le jeu et ramènent FIFA dans son passé sans qu’on sache trop pourquoi. Si les précédents épisodes donnaient l’impression d’être au petit bonheur la chance au niveau des coups-francs, une simple reprise dans la façon d’orienter et de doser aurait suffit. Pour les penalties, le constat est un peu différent. On peut désormais choisir l’exacte position du tireur, visualiser l’angle de la frappe et le dosage n’est plus soumis à cette foutue jauge qu’il fallait caler dans le vert pour espérer réussir. Egalement, on peut désormais essayer de gratter quelques mètres sur les touches pour s’ouvrir de nouvelles possibilités.

fifa 17 match test

La réalisation et la lisibilité sont à la hauteur des épisodes précédents

Concernant le jeu en lui même, FIFA offre de nouvelles possibilités intéressantes, qui montrent toutefois rapidement leurs limites dans l’état actuel du titre. FIFA 17 se veut plus offensif, et on le sent dès lors qu’on constate les prises de balles à l’inertie réduite, les changements brutaux de direction, et la variété toute en souplesse du système de tir. Malheureusement, qui dit attaque favorisée dit défense en difficulté. Et là dessus, le titre mériterait déjà un gros patch pour quelque peu rééquilibrer la chose. La preview nous avait laissé entrevoir un titre plus offensif certes, mais aussi rapide, et le rythme imposé par les grandes écuries mettent à mal les changements de gameplay. Le Real et le Bayern sont toujours aussi injouables en ligne. Les joueurs offensifs rivalisent de créativité et le magnétisme de la protection de balle n’aide pas les défenseurs à s’en sortir. Sorti des grands défenseurs, il est bien difficile d’aller au contact et d’anticiper les déplacements. Le changement de joueur semi-auto un peu fou n’aide pas, mais c’est surtout le manque de patate dans les tacles debout qui pose un problème, tout comme le jeu physique des milieux, qui semble avoir été réduit à une peau de chagrin.

Finalement, FIFA 17 change des éléments qui semblaient fonctionner. Mais quand il s’agit d’équilibrer le jeu, de corriger quelques collisions douteuses et la formidable tendance des gardien à laisser passer les ballons au premier poteau, c’est beaucoup plus compliqué. Attention toutefois à ne pas croire que cet épisode de FIFA est raté, loin de là. En terme d’immersion, de plaisir manette en main, d’exhaustivité, on est en face d’un très bon titre. Même chose en ce qui concerne la variété  de tirs, de passes et les centaines d’options tactiques, c’est du très bon. On rappelle également qu’on juge le titre dans sa version 1.0, et on ne doute pas une seconde que EA saura corriger la majorité de ces soucis au fil des mises à jour.

test fifa 17 visages

Les visages sont bien plus convaincants qu’auparavant. C’est un bonheur en Ultimate Team de voir ses joueurs sous le même maillot

Ultimate Team numéro 1 des ventes

Le mode le plus populaire de la licence n’a pas été épargné par les changements. Exit le mode Draft de l’an dernier, on a le droit cette année à des Défis de création d’équipe, une draft avec des contraintes spécifiques limitant les possibilités de recrutement dans le but d’obtenir plus régulièrement des crédits et des packs de joueurs. Le mode devrait attirer encore plus de joueurs avec FUT Champions, proposant des compétitions hebdomadaires et des événements réguliers. De plus, terminé les copains qui affirment sans trembler que son équipe FUT atomise la vôtre, il est désormais possible de le vérifier puisqu’on peut télécharger son équipe pour jouer en local ou en hors ligne. Sur l’aspect communautaire, FIFA 17 enterre encore une fois la concurrence, mais on sent que EA commence à surveiller de près un PES qui renaît doucement de ses cendres.


Prise de risque pour EA avec ce FIFA 17 donc. Le titre s’en sort avec les honneurs en proposant un contenu toujours plus conséquent et un moteur qui promet pour l’avenir. Les bonnes idées sont légions, même si la réalisation de certaines laisse à désirer. Le mode carrière a subi un lifting bienvenu, le mode The Journey même s’il est oubliable mérite qu’on y jette un oeil et constitue un premier essai encourageant. Quand au gameplay, certaines décisions interrogent, mais l’ensemble est très correct et on sait que des patchs correctifs vont arriver au fur et à mesure. On retrouve le plaisir de planter des enroulés dans la lucarne opposée et à enchaîner les matchs dans tous les modes proposés. FIFA 17 est donc un très bon jeu, qui souffre de son rythme annuel de quelques défauts et de maladresses, mais qui propose ce qu’on attend de lui : du contenu, des licences, de l’immersion et une véritable simulation de football.

Premier trailer FIFA 17

FIFA 17

Les plus
  • Une adaptation réussie au moteur Frostbite
  • Appels plus précis et attaques plus variées
  • Toujours aussi généreux en contenu
  • La physique de balle
  • Le mode carrière repensé
Les moins
  • Les défenses assez nettement désavantagées
  • Le mode The Journey , trop timide
  • Ces contres favorables à l'IA qui perdurent
  • Les coups de pied arrêtés, exceptés les pénaltys
7.5 10