« A dos de Chocobo je traverse les rues de ma cité en flamme en évitant instinctivement les explosions de bombes tout autour de moi. Les pierres cèdent un peu partout sous le fracas de l’invasion violente, mon ancien chez-moi est en train d’exploser, de brûler, mes camarades hurlent de terreur, quant ils ne sont pas bâillonnés par la mort… Vite et avec courage, mon Chocobo fidèle me mène vers un espoir de victoire face à la machine de guerre lancée contre nous, puis tout s’affole. Un sifflement, une explosion, le choc. Je tombe avec mon fidèle destrier. Le corps paralysé par la violence de la bombe, je me traine vers la chaleur corporel de mon Chocobo, qui s’évapore sous la froide main de la mort. Les plumes d’or de l’animal sont souillées par du sang cramoisi. La magie s’éteint face à la violente mécanique de la guerre. La guerre est à nos portes, tout espoir est perdu. Mais le son d’une cape sifflant au vent me réveil de l’étreinte de la mort, dans la cécité de mon dernier souffle, j’aperçois une cape vermillon, alors que je sombre dans l’oubli, j’entrevois l’espoir, je vois la classe 0 »

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C’est ainsi, à travers une longue cinématique, que Square Enix introduit l’ambiance de Final Fantasy Type-0 HD. Dans une violente explosion de flammes et de sang, on peut voir de jeunes enfants mourir en hurlant de terreur sous les exécutions de soldats cruels. L’image du Chocobo aux plumes d’or tachées de sang, mourant au milieu du champ de bataille, exprime tout ce qu’est Final Fantasy Type-0 HD, l’innocence naïve féerique confrontée à la dure violence de la guerre dans ce qu’elle a de plus infâme. Dans cette cinématique dure et émouvante, Final Fantasy Type-0 HD promet une aventure FF un peu plus sombre, tout en gardant ses racines de fantaisie naïve touchante. Ajoutez à cela un gameplay Action/Rpg addictif et fascinant et vous obtenez un jeu qui flirte avec la perfection ludique. Dommage que le portage, surtout graphiquement, ne soit pas à la hauteur du reste…

Pour la petite histoire, Final Fantasy Type-0, anciennement appelé Final Fantasy Agito XIII, fait parti des titres Final Fantasy construis sur le cahier des charges de Fabula Nova Crystallis et faisant donc référence à la mythologie des l’Cie, des tâches, du cristal, mais aussi laissant place à un gameplay un peu plus tourné vers l’action que les anciens Final Fantasy. Commencé en 2009, le jeu sort sur PSP en 2011 et malheureusement, il ne sortira qu’au Japon, laissant l’Europe et le continent américain se rabattre sur de l’import pour les rares pouvant suivre un jeu en japonais. Mais, conséquence évidente de la prise en main par Hajime Tabata en 2013 du projet Final Fantasy XV, main dans la main avec Tetsuya Nomura, un portage sur les consoles next-gen a été annoncé. Portage clairement fait pour faire patienter les joueurs jusqu’à la sortie ultra-retardée de Final Fantasy XV, mais aussi pour commencer à installer la nouvelle prise de direction de la licence Final Fantasy dans le monde occidental. Car, inévitablement, on retrouvera sûrement beaucoup de Final Fantasy Type-0 HD dans le prochain Final Fantasy XV. Mais ce portage vaut il le coup ?

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Clairement, cela reste tout de même très intéressant pour nous de découvrir cette version next-gen, nous qui n’avons pas eu la chance d’y mettre la main dans sa sortie exclusive au Japon, un peu plus que certaines autres Remastered Edition disons, ahem, moins utiles… Mais mettons les pieds dans le plat et plus précisément dans ce qui va fâcher ceux ayant investi dans la next-gen, les graphismes de ce portage PSP > next-gen. Objectivement, c’est précisément là que le jeu déçoit, si de très rares choses ont été remises à neuf dans de la vraie HD, comme par exemple les 14 membres de la classe 0, le reste semble n’avoir subi qu’un petit lissage HD tout en gardant ses gros pixels de la PSP. Ca fait mal, les textures bavent affreusement, la modélisation est parfois très grossière et les animations sont pauvres, quand il n’y a pas un manque cruel d’animation. Voir une ville où la moitié des habitants sont tout simplement figés, laisse, abasourdi, surtout quand sur le dos de votre boite est marqué PS4/Xbox One. Mais certaines choses ont quant même eu l’honneur d’être retravaillées en profondeur, certaines cinématiques et de très rares lieux, mais surtout les 14 membres de la classe 0, qui sont tous vraiment plaisants à voir. Malheureusement, le côté technique des graphismes va offusquer bon nombre d’entre vous, surtout que, malheureusement pour Type-0, on peut faire la comparaison directe avec Final Fantasy XV et la démo Duscae et là, les yeux saignent…

Une belle direction artistique, gâchée par  des graphismes grossiers

Une belle direction artistique, gâchée par des graphismes grossiers

Mais tout n’est pas à jeter dans ces graphismes, car au delà de la technique bancale, Final Fantasy Type-0 HD possède une véritable direction artistique. Certes, cette dernière est blessée par des graphismes pauvres, mais on s’aperçoit vite qu’il réside une beauté dans les décors qui nous entourent et comme dans tout bon FF, le mélange entre magie et technologie avancée laisse place à des idées originales et agréables à voir et à interpréter. Au final, les joueurs un peu curieux et ouverts d’esprit sur la question des graphismes, auront l’intelligence de mettre de côté ce point noir, pour se laisser porter par tout le reste, qui possède alors beaucoup de qualités.

Si c’est l’apanage de tout Final Fantasy, on peut souligner ici une musique somptueuse, réussissant le pari fou de devenir l’une des meilleures de la licence entière ! Entre mélodies magiques et féériques et notes lourdes aux thématiques militaires, Final Fantasy Type-0 HD et plus précisément la compositrice Yoko Shimomura, livrent une magnifique partition qui masque malheureusement la pauvreté de l’ambiance sonore quasi inexistante. Au final, la musique porte toute l’ambiance sonore, mais elle est si réussie qu’elle le fait à merveille. Par exemple, les musiques d’ambiances d’Akademeia vous suivront facilement longtemps après vos parties et vous vous retrouverez à siffloter les deux thèmes principaux de la base de la classe 0 sans vous en rendre compte.

L’histoire de Final Fantasy Type-0 HD est tout aussi plongée dans la dualité qualitative des graphismes ou du côté sonore. On peut reprocher à l’univers d’être assez naïf et faisant appel à un grand nombre de clichés ou archétypes, mais au final, c’est la logique de tout les univers Final Fantasy. Ainsi, au delà de cette approche simpliste Final Fantasy Type-0 HD nous plonge dans une histoire qui nous enchante et nous fait ressentir son monde de façon enfantine, drôle et magique. L’histoire sera vous faire passer de moments touchants à de grands passages épiques tout en apportant constamment de petites touches d’humour fraiches et enfantines-Kupo ! Ajoutez à cela cette dimension de guerre violente propre au titre, qui va au final marquer ce monde enchanteur par la griffe malsaine du conflit entre les nations, avec son lot de trahisons, de rebondissements, de révélations, de coups fourrés, de violentes et infâmes actions militaires et de mensonges. Petit bémol, étant un jeu PSP à la base, Final Fantasy Type-0 HD est avare en cinématiques grandiloquentes, habituelles à la série.

La narration passe principalement par de petits dialogues

La narration passe principalement par de petits dialogues

Si il y a une chose qu’on prend comme étant le plus gros défaut du jeu, c’est le manque de charisme de ses héros, au nombre de 14, qui auraient la caractérisation d’un timbre poste. Mais la vérité est plus subtile que cela, car leur personnalité n’est pas affichée de façon habituelle. A la différence de beaucoup de jeu, les 14 petits héros de la classe 0, ont chacun une personnalité propre, archétypale certes, mais unique. Ainsi le groupe est très attachant et multiplie, dans les échanges entre toutes ces petites têtes blondes, les moments drôles, voir même parfois émouvants. Mais si leur personnalité scénaristique n’est pas très marquée, c’est parce que les créateurs du jeu ont tenté le pari de leur créer avant tout une personnalité ludique. Au final, seul Rem et Machina sortent un peu du lot avec leur histoire et leur relation d’amitié profonde.

Ainsi, chaque membre de l’équipe possède son propre gameplay, qui est l’extension de sa personnalité et chaque gameplay est un grand plaisir à découvrir, mais aussi à jouer. Au nombre de 14 gameplays différents, il y a de quoi faire et on trouve facilement son petit préféré. Certains sont plus spé soin et aide de camp, d’autres magie, d’autres encore au combat au corps à corps et enfin d’autres au combat longue distance et chacun propose un gameplay unique, devant soutenir une équipe de trois. Car c’est là le point le plus fascinant et plaisant du jeu, la gestion des 14 membres de la classe 0.

La classe 0

La classe 0

Très vite, on se surprend à tester avec plaisir chaque personnage, puis chaque équipe, le jeu offre ainsi une grande liberté dans sa façon d’aborder les combats. Ici, l’équipe est primordiale, car si l’un de vos membres d’équipe tombe lors d’une mission militaire, grosse phase de jeu où vous devez remplir un objectif sans possibilité de retourner dans votre base, c’est un permadeath pour le personnage mort, pour tout le reste de la mission. C’est alors l’un des autres 14 membres qui prendra sa place jusqu’à la fin de la mission, ou sa mort. On doit alors constamment faire attention à la gestion de son équipe, de plus, le choix de l’équipe de base est important, car il est impossible de changer de membre lors des affrontements, sauf en cas de mort ou grâce à un cristal de sauvegarde. A la fin de chaque mission, les membres sont alors ressuscités et c’est reparti pour un tour.

De plus, l’expérience acquise par un membre ne l’est que pour lui, si on veut monter le niveau d’autres personnages, il faudra jouer avec. Ce faisant, chaque joueur pourra aborder le système d’équipe différemment, soit il monte une team de trois préférés au risque de se retrouver avec des nazes en cas de mort d’un membre favori, soit il fait en sorte de monter tous les membres au même niveau, au risque de ne jamais avoir un très bon niveau. Différentes possibilités s’offrent à nous et à travers ce grand choix de gameplay fun à jouer, Final Fantasy Type-0 HD séduit indéniablement par son système d’équipe incroyablement bien pensé et équilibré.

Au final, comme cité plus haut, le gameplay de chaque membre de la classe 0 devient l’extension de sa personnalité et si ils n’ont pas de caractérisation scénaristique très évoluée, ils ont ce gameplay propre à chacun qui fait que l’on déteste ou préfère un personnage, non pas pour sa personnalité ou son apparence, mais pour son gameplay, son gamefeel. Ainsi, les créateurs ont abordé les personnages avec créativité et génie, puisqu’ils deviennent ce qu’ils sont exactement dans l’histoire, un groupe de militaires, d’armes, n’ayant pour but que le combat, au final ce qui s’apparente à un vide scénaristique et en fait un choix inventif et cohérent dans l’histoire et un éventail dense de choix de gameplays, qui ne sera jamais impacté par une préférence sur telle ou telle personnalité, mais sur les réelles capacités des avatars. Leur personnalité, leur « charisme », ne se construit pas à travers le scénario, mais bien à travers leur gameplay, ce qui pour un jeu, est complétement logique.

Ainsi, la dimension tactique de Final Fantasy Type-0 HD est primordiale et constamment, il nous faut juger du pour et du contre quant à utiliser ou non un des avatars à notre disposition. De plus, chaque combat est en temps réel, ce faisant, l’action est aussi primordiale, jouant entre les capacités de combats et le système d’esquive, mais aussi sur une marque de mise à mort instantanée sur l’ennemi, apparaissant à certains moments des combats, l’attention est constamment à son paroxysme dans des combats dynamiques et très fluides, surtout en difficulté maximale. Devant switcher entre vos trois personnages principaux, il faut être constamment en mouvement et constamment à l’affut de l’apparition d’un point faible chez l’ennemi. Tout cela se fait dans une parfaite fluidité et une bonne ergonomie, facile à maitriser et intuitive dans son utilisation. Attention toutefois, lors des combats, tout est actif, de l’utilisation du menu et donc des objets, au changement de personnage !

Des combats dynamiques, fluides, difficiles et tactiques. Parfait !

Des combats dynamiques, fluides, difficiles et tactiques. Parfait !

De plus, lors des missions, on peut à tout moment recevoir un défi. Ces défis consistent à remplir certaines conditions dans un temps imparti, si les conditions sont remplies, on reçoit alors un bonus (Regain, Bouclier…) mais si ce n’est pas le cas, le personnage principal utilisé meurt. Bien sûr, le choix ou non de faire un défi nous appartient, mais ce système de défi apporte une amusante dimension anxiogène lors des combats, car ils peuvent apporter beaucoup, mais prendre cruellement. Enfin, le système de chimères est lui aussi impacté par cette équipe et ce thème de la mort, ainsi pour invoquer un eidolon il faut alors sacrifier la vie d’un membre du trio joué.

Ce système incroyablement inventif et équilibré est le gros point fort du jeu, fascinant et passionnant à maitriser, très libre dans sa façon de l’appréhender, c’est un réel plaisir de jouer à Final Fantasy Type-0 HD qui apporte de nombreuses nouveautés tout en gardant les racines des FF. A côté de tout cela nous avons la possibilité d’effectuer des missions secondaires toujours sympas à jouer. Gros point noir, ces missions sont à faire une par une et ne peuvent pas être acceptées en même temps. Cela est la conséquence du système de limite de temps entre chaque grosse mission scénaristique. Ainsi, entre ces phases de missions principales, il nous est octroyé un petit temps, temps que l’on peut utiliser soit pour accomplir des missions secondaires, soit pour parler et découvrir Akademeia, la base militaire de votre équipe. Ce faisant, il faudra choisir avec précision quoi faire entre chaque mission, car une fois l’horloge écoulée, plus question de faire autre chose que la mission principale.

Enfin, un système d’arbre de talents sera à développer pour chaque personnage mais du fait du grand nombre de membres, 14, ces arbres sont très directifs et laissent peu de place à la personnalisation. Il en va de même pour l’équipement, qui n’est pas aussi fourni dans sa densité que les autres Final Fantasy.

Ainsi, Final Fantasy Type-0 HD est un jeu avec de petits défauts techniques, vite oubliés face à un gameplay généreux, inventif et prenant, sa musique somptueuse et son histoire émouvante et parfois violente. Si Final Fantasy Type-0 HD ne fait pas honneur à la next-gen, il fait honneur au joueur en lui livrant un système de jeu action/tactique incroyablement bien équilibré. Un musthave pour tout fan de la série et un jeu à avoir, pour ceux voulant découvrir un système de jeu Action/Rpg réussi et unique, dans une ambiance voguant entre féérie et violence.

Certes, vu comme ça, juste sur son apparence, il ne donne pas plus envie, un peu à l’image des 14 membres de la classe 0, au premier abord, ils n’ont pas grand chose d’attirant, mais une fois la mannette en main, la magie opère et à la fin du jeu, vous pourrez citer sans vous tromper les noms de vos 14 petits soldats, avec un petit pincement au cœur.

A Ace, Rem, Machina, Seven, Sice, Nine, Eight, Jack, Queen, King, Cater, Deuce, Trey et Cinque.

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Pour juger du jeu de façon plus visuelle, je vous invite à découvrir le Let’s Play !

Final Fantasy Type-0 HD

Final Fantasy Type-0 HD

Les plus
  • Une jolie direction artistique
  • Une musique vraiment somptueuse
  • Un challenge bien présent
  • Un système de gestion d'équipe unique et inventif
  • Un gameplay dynamique et fluide dans son côté Action
  • Et libre, dense et parfois anxiogène dans son côté tactique
  • Gros potentiel de rejouabilité
  • Une histoire unique entre violence réaliste et féerie naïve
  • Des rebondissements et révélations touchantes
Les moins
  • Techniquement, pas au niveau de la next-gen et de la HD
  • Aucune ambiance sonore marquée
  • Peu de cinématiques habituelles à la série, laissant une mise en scène un peu faible
7.5 10