Final Fantasy XII The Zodiac Age

Final Fantasy XII : The Zodiac Age fait parti des remasters que l’on attend avec impatience. Square Enix nous offre l’occasion de nous perdre pendant plus d’une cinquantaine d’heures de jeu dans une aventure haletante, le tout avec des ajouts qui sont loin d’êtres anecdotiques. Ce titre donne tout son sens au mot « remaster ».

Final Fantasy XII : The Zodiac Age nous arrive 10 ans après la sortie de la première édition sur PS2. Final Fantasy XII avait été un épisode contesté malgré des qualités indéniables. Square Enix avait osé et tous les joueurs n’ont pas apprécié l’audace dans le style. C’est aussi un jeu sorti bien trop tard au moment où la PS2 passait le relais à la PS3. Aucunes planètes n’étaient alignées pour que Final Fantasy XII marque les esprits. Cette remasterisation est donc la bienvenue pour faire (re)découvrir un titre plein de poésie et de richesse avec un parfum de nostalgie. Cette nostalgie nous permet d’apprécier encore ce titre en se demandant où le talent de Square Enix est passé. En comparant avec les opus suivants (FFXIV est à part) on se dit : « C’était vraiment mieux avant ! ». The Zodiac Age apporte en plus quelques nouveautés bien sympathiques dans le gameplay avec une belle amélioration graphique ce qui en fait un épisode incontournable pour les fans de la licence ainsi que pour les amateurs de bons J-RPG.

Star Fantasy Wars

Final Fantasy a toujours su dépayser le joueur par son approche heroïc fantasy mélange de steampunk ou de cyberpunk. Chaque épisode est un voyage, une ellipse dans le temps. Final Fantasy XII : The Zodiac Age ne déroge pas à la règle : vaisseaux volants, technologie magique, créatures majestueuses et dangereuses. The Zodiac Age oscille entre le steampunk et l’héroïc fantasy. La où le jeu tranche avec les autres épisodes c’est par son approche mature.

Final Fantasy XII : The Zodiac Age est un jeu sombre. Si le départ laisse présager une forme de beauté, on est très vite plongé dans un conflit violent. Le petit royaume de Dalmasca est la cible du puissant empire d’Archadia qui poursuit son expansion vers le sud. La guerre, la première cinématique nous la montre avec violence et beauté. Personnellement, je ne pensais pas que le chocobo pouvait être une monture à la fois puissante et terrifiante au combat. Le royaume ne peut pas faire grand chose face à une telle puissance composée de vaisseaux de guerre gigantesques et d’une flopée de chasseurs de combat. Les généraux de l’empire, les juges, en armure et avec leur voix modifiée sèment la terreur sur les champs de bataille. Les soldats de l’empire sont tout aussi terrifiants. Malgré la défaite, la résistance s’organise autour d’une mystérieuse femme. Dans la ville de Rabanastre humiliée et soumise à l’empire, Vaan est un jeune voleur qui rêve un jour d’avoir son propre vaisseau. Son destin va être mêlé au combat contre l’empire et la reconquête du trône de Dalmasca.

Un empire maléfique, une princesse rebelle, un jeune rêvant d’aventure, un contrebandier charmeur et son vaisseau spatiale… Vous l’avez compris Final Fantasy XII : The Zodiac Age est une version Fantasy de Star Wars. Tout dans le scénario est un clin d’œil à l’œuvre de George Lucas. Le scénario est donc loin d’être mauvais mais on aurait aimé avoir plus de surprises. Cette petite transposition n’en demeure pas moins savoureuse. Dès les premiers instants, on se laisse happer par ce monde dont la mythologie est très bien expliquée via un glossaire des plus complets. Ivalice se dévoile sous nos yeux. Une contrée loin d’être inconnue puisque Yasumi Matsuno l’a déjà dépeinte dans Final Fantasy Tactics mais surtout Vagrant Story, une œuvre que les connaisseurs ont apprécié tel un grand Bordeaux à l’époque de la PSone.

Nous suivons donc différents protagonistes dont les destins vont s’imbriquer les uns avec les autres. Vaan est un jeune mendiant débrouillard qui rêve de s’envoler loin de Rabanastre, son ami Penelo joue le rôle de la confidente amoureuse, Ashe la princesse rebelle voulant rependre son trône, Baltier est le trublion grande gueule du groupe et est accompagné de son Chewbacca sexy Fran, de la race des viéra. Enfin Bach apporte une touche de sérieux et de blessures à ce groupe. Le problème est que tous les personnages ne se valent pas. Vaan est assez insipide alors que Baltier est classe de par son character design ou son histoire personnelle. L’antagoniste Vayne est charismatique mais ses ambitions sont mal cachées. On le voit venir à des kilomètres. On est loin de la profondeur d’un Kefka qui passe du bouffon fou à celui de tyran déluré.

Tout cela peut rendre Final Fantasy XII : The Zodiac Age un peu fade au premier regard. Toutefois, le temps a fait son œuvre et quand on compare à la nouvelle génération, on trouve vraiment que ce Final Fantasy a sa place dans la saga comme un épisode réussi.

Un gameplay savoureux mais très exigeant

Le gameplay va surement faire encore débat. Pour beaucoup il reste un des moins bons Final Fantasy. Je dirais pour ma part que l’on est face à une incompréhension. Final Fantasy XII a mis fin à une tradition à savoir le changement d’écran lors des combats. Tout se passe en temps réel avec une équipe de 3 personnages (voire 4 quand il y a des invités), les commandes sont simples : attaque, magie, compétence, objet, on choisit selon la situation seulement il y a côté bien fastidieux à sélectionner chaque attaque pour chaque personnages. C’est là que le système des Gambits entre en jeu.

Les gambits sont les possibilités de programmer les 2 voire les 3 personnages afin qu’ils combattent automatiquement selon les situations. On peut prévoir diverses stratégies et adapter nos coups en fonction des faiblesses adverses. D’autant que les combats se passent en temps réel, il faut donc avoir un mode automatique pour les gérer. Très sincèrement ce système est loin d’être intuitif mais en avançant, il devient de plus en plus complet et indispensable. Comme le dit l’adage : c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Les gambits sont certes durs à intégrer, d’autant qu’il faut parfois dépenser des précieux gils pour les obtenir mais ce gameplay offre un éventail de possibilités énorme si on l’associe à la grille de permis.

Final Fantasy XII The Zodiac Age Gambit

Exemple de la programmation des Gambits.

Plus que dans les autres Final Fantasy, il est nécessaire d’attribuer des rôles aux personnages tank, soigneur, DPS. La première version laissait une totale liberté dans l’attribution de ses rôles via la grille de permis. Trop peut être car on pouvait booster un perso à son maximum quitte à perdre en cohérence. Final Fantasy XII : The Zodiac Age améliore grandement ce système de jeu en offrant la possibilité de choisir 2 classes par personnage (Chevalier, voleur, mage blanc, mage noir etc…) donnant ainsi une meilleure visibilité sur l’évolution du personnage et permettant de mieux sélectionner ses besoins au combat. Le résultat est donc moins brouillon que la version PS2. Un Final Fantasy n’en serait pas un sans ses limites break ici représentées par des barres de mystes que l’on débloque à certains endroits de la grille de permis. Chaque personnage en a 3 et le but est d’enchaîner les combos en appuyant au bon moment, le tout se concluant par un final particulièrement puissant selon le nombre de combos. Enfin la grille de permis et la progression dans l’aventure permettent de débloquer les éons, invocations qui se lient à un personnage pour être invoquées au combat comme un personnage accompagnateur.

Les combats justement se font en temps réel avec un bestiaire très bien étudié selon les régions. La jungle par exemple est pleine de Morbol alors que les plaines font place aux oiseaux et autres chevaux. L’autre changement dans ses affrontements est que les ennemis donnent du loot à la fin. Le jeu s’axe sur la vente du loot pour non seulement gagner de l’argent mais aussi parfois débloquer des affaires auprès des marchands, sortes de promotions ou de lots d’objets rares. Plutôt sympa dans l’ensemble mais là aussi Final Fantasy XII a rompu avec une tradition. Les farmers peuvent toutefois s’y retrouver d’autant qu’on peut faire des chains d’ennemis de la même espèce afin d’obtenir plus de loot et des petits bonus. Par exemple, dans la mine de Bhujerba, il y a un passage composé de squelettes que l’on peut enchaîner jusqu’à plus de 60 donnant alors accès à de précieux objets.

Sachant que le farming dans ce jeu est indispensable car les boss sont plutôt retords. Ils ne le sont toutefois pas autant que les « contrats ». Une quête annexe qui vous prendra un sacré bout de temps et une bonne dose de sueur pour la boucler. En tant que chasseur de prime vous chassez des monstres particulièrement puissants. Les Gambits décrits plus haut deviennent alors indispensables.

Le bilan de cette longue description du gameplay est que l’on a peut être un des meilleurs gameplay de Final Fantasy. Il est nerveux, finement stratégique mais il est vrai qu’il n’est pas intuitif. On peut reprocher beaucoup de choses en la matière mais aucun reproche ne peut être fait à la volonté de renouveler les bases du jeu. L’exigence vient aussi du farming nécessaire pour obtenir les gils qu’il faut pour acheter équipements et objets. Tout cela a pu déboussoler les joueurs à l’époque mais aujourd’hui il me semble évident que Final Fantasy XII : The Zodiac Age permet par ses apports de remettre l’église au milieu de la place du village.

La remasterisation à son summum

Il est parfois bon de rappeler ce qu’est un jeu avant de s’attaquer aux apports d’un remaster. Certains ne se justifient en rien. Simple portage d’un titre sur une nouvelle console même si le fond est bon, ils n’ont rien de bien innovant et ne justifient pas de sortir votre porte monnaie. Ce n’est pas le cas de Final Fantasy XII : The Zodiac Age qui redonne un sens au mot « remasterisation ».

Le nouveau gameplay est un des apports de cette version offrant un meilleur équilibre dans le développement des personnages comme nous l’avons déjà abordé. A cela s’ajoute une remasterisation graphique qui, sans effacer les années, permet encore de nous émerveiller devant le game design simplement somptueux du jeu. On comprend pourquoi Final Fantasy XII avait poussé la PS2 dans ses retranchements. A l’époque cela pouvait d’ailleurs poser quelques problèmes aux consoles avec des ralentissements par exemple. Le jeu est desservi par des graphismes somptueux et les cinématiques ont largement de quoi nous décrocher la mâchoire.

Cette édition contient aussi un mode accéléré pour pouvoir augmenter la vitesse des déplacements ainsi qu’un mode épreuve permettant d’affronter des vagues successives de monstres. On peut aussi reprendre le jeu en mode New Game +, pratique pour finir un contenu dantesque. Une sauvegarde automatique est aussi disponible. A noter que l’on peut bénéficier du doublage japonais et d’un son remasterisé pour une bande son enchanteresse. En clair, le meilleur de l’époque en encore meilleur de nos jours, que faut-il de plus ?

 

Pour qui ?

Pour les fans de la saga : Final Fantasy XII : The Zodiac Age est un épisode indispensable qui nous plonge dans le monde magique d’Ivalice.

Pour les adeptes des bonnes remasterisations : Simplement la bonne définition de ce que doit être une remasterisation.

Pour les fans de J-RPG : Alors que les J-RPG sont en pertes de vitesse, on adore encore plus ce dernier pilier du genre.

 


Final Fantasy XII : The Zodiac Age est un petit chef d’œuvre qui vaut le détour. Plus qu’une simple madeleine de Proust ressortie 10 ans après la première version, il apporte quelque chose de nouveau. Si les graphismes sont revus à la hausse dans cette version PS4, ce sont les apports du gameplay avec le « Zodiac Job System » qui représentent clairement la nouveauté majeure du titre. Cette remasterisation permet surtout de remettre au gout du jour un titre injustement critiqué. Les anciens reconnaîtront un vrai Final Fantasy malgré les facilités scénaristiques pendant que les nouveaux joueurs pourront vraiment se dire : « Final Fantasy c’était mieux avant ». De quoi s’interroger sur ce que Square Enix cherche à faire avec sa célèbre licence vu la qualité inégale des récents épisodes. Laissons ça de côté pour l’instant et profitons d’un titre qui fait honneur au J-RPG grâce à un remaster de qualité.

Test effectué sur une PS4 Pro avec une version personnelle du jeu.

Final Fantasy XII : The Zodiac Age

Final Fantasy XII : The Zodiac Age

Les plus
  • Une aventure magique
  • Des graphismes encore d'actualité
  • Le zodiac job System qui apporte une touche de nouveauté
  • La BO somptueuse
  • Une durée de vie conséquente (plus de 60 heures de jeu)
  • Une remasterisation digne d'intérêt
Les moins
  • Scénario un peu faible sur le fond
  • Des personnages à l'intérêt inégal comme Vaan et Penelo
  • Le système des gambits loin d'être intuitif
  • Une difficulté parfois rébarbative
9 10