« Une éblouissante lumière chaleureuse m’aveugle alors que je me lève d’une rude nuit laborieuse et courte. Puis, alors que mes yeux s’habituent à cette clarté souveraine, s’étend à mes pieds une magnifique vallée merveilleuse et douce où brillent au loin les éclats du soleil sur la peau lisse d’un lac paisible. Mais déjà, ma joyeuse bande d’amis éparpillent mes pensées, ils m’appellent gaiement vers un imprévisible objectif, ils m’entraînent vers l’aventure, vers la fantaisie… »

FINAL FANTASY XV EPISODE DUSCAE_20150317180601
C’est un peu ce que l’on ressent lors des premières minutes de la démo de Final Fantasy, nommée épisode Duscae, nom du lieu que l’on s’apprête à découvrir. Grande vallée où la bande de Noctis, le prince ténébreux et héros de l’aventure, sont obligés de s’arrêter après une panne de voiture, qu’il faudra réparer en récoltant de l’argent, Duscae frappe par sa grande beauté. La qualité des graphismes est clairement au rendez vous, sublimés par une lumière magnifique mais avec une direction artistique assez déroutante pour un Final Fantasy. Aux détours d’une station service très à l’américaine, une grande route goudronnée, quelques infrastructures typées réalistes et américanisées, une nature, certes belle et au design maitrisé, mais sobre et assez réaliste, Duscae déroute par un manque étonnant de fantaisie.

 

Sobre mais beau.

Sobre mais beau.

Il y a pour autant une petite touche de fantaisie dans cet univers, avec au loin un immense cristal bleuté brillant de mille feux et des roches obliques majestueuses. Mais la « Fantasy » reste assez rare au final et les décors laissent s’installer une ambiance à la road trip américain, magnifiée par la relation qu’entretiennent Noctis et ses camarades. Ignis l’intello sérieux, Gladiolus le grand frère fort et fière, Prompto le maladroit plein d’humour et enfin Noctis Lucis Caelum, le beau gosse à l’air ténébreux, forment ensemble, au delà de l’apparence de BoysBand ridicule, un groupe joyeux et sympathique, mais surtout très vite attachant et amusant. Tous basés sur un archétype quasi caricatural, ils se complètent harmonieusement et sont simplement et facilement attachants. Une belle bande de mecs partis sur la route pour quelques aventures. Au final, on espère juste que la caractérisation caricaturale sera vite dépassée dans le jeu fini, pour livrer des personnages plus intéressants, mais on peut faire confiance au scénariste de Final Fantasy VII, VIII et X, Kazushige Nojima pour faire briller le jeu par un scénario de qualité. En tout cas, les dialogues partagés par la joyeuse bande, souvent présents, ne sont pas lourds et permettent de s’installer confortablement avec le groupe de Noctis.

 

Un petit groupe simple mais vite attachant.

Un petit groupe simple mais vite attachants

Pour en revenir à la direction artistique, on peut clairement se rendre compte de la prise de décision des développeurs de tendre vers un univers plus réaliste, d’une grande qualité technique, qui vous fera souvent vous arrêter pour admirer le panorama, mais sobre, réaliste, quasi froid s’il n’y avait pas ces petites touches de fantaisies. Car Duscae frappe par cet équilibre étrange, où les rares traces de magie deviennent, au final, encore plus éblouissantes, par leur beauté intrinsèque, mais aussi car placées subtilement et élégamment dans un décors plus sobre qu’à l’accoutumé. Toute la direction artistique est ainsi faite, chara-design, monstre, nature, infrastructure, tout y est réaliste avec de petites touches de fantaisies, puissantes et magnifiques dans leur rareté. Déroutant, cette ambiance à la road trip sur la route 66, entre mecs, a au moins le mérite d’être complétement originale dans un Final Fantasy et dans le jeu vidéo en général. Reste à voir, même si les bandes annonces le sous-entendent positivement, si le design général laissera tout de même place à un peu de Fantasy.

 

Une petite touche de fantaisie dans un gros bouillon de réalisme

Une petite touche de fantaisie dans un gros bouillon de réalisme

Très bon point et ayant toujours cette touche magique qui fait le sel de la licence, la musique est magnifique. Jamais elle ne devient exaspérante et change avec brio selon les situations rencontrées. Quant au mixage sonore, il est simplement dantesque, quasi, voir même identique, à la qualité des grosses productions du cinéma, si cela n’a l’air de rien comme ça, face au grognement d’un Béhemot en colère vous sentirez largement la différence dans le frisson qui vous parcourra l’échine.

Le scénario quant à lui est difficile à juger dans une courte démo et le contexte de Duscae n’est pas plus passionnant que ça. Sont mentionnés à la va vite le blocus d’un Empire en conflit avec la famille royale de Noctis, en gros, le cahier des charges scénaristique de tout bon Final Fantasy. C’est plus par la découverte du petit groupe que le « scénario » marque un point, qui dépasse son image de boys band trop kawai pour laisser apparaître un groupe charmant et sympathique.

Mais penchons nous maintenant sur le plus important, le jeu en lui même. Difficile de le cacher longtemps, le gameplay de Final Fantasy XV sera aussi déroutant pour les vieux de la vielle que la direction artistique. Abandonnez complétement l’idée du tour par tour et, dans ce qui est en tout cas livré dans la démo, d’une grande partie RPG. Au moins, les créateurs ne se sont pas cachés derrière une jauge ATB, pardonnez moi l’expression, le cul entre deux chaises, ici on choisit l’action, un point c’est tout, on essaye même plus de garder des racines dénaturées avec une jauge ATB. Aux allures de Beat Them All dans les combats, vous devrez frapper, parfois par pack de plus d’une dizaine, des ennemis en passant à toute vitesse de l’un à l’autre en vous surprenant à marteler la touche carré comme un malade sans réfléchir. Pour le pire ou le meilleur, Duscae annonce que Final Fantasy XV sera vraiment très tourné vers l’action. On parle ici d’action plus affirmée, mais surtout plus confessée, c’est aussi parce que ce côté action est pensé en ces termes, qu’il est travaillé pour livrer un gameplay de jeu d’action intéressant. Les combats deviennent très dynamiques, offrant un feedback visuel et sonore de monstre (explosions de lumière, attaques et déplacements à très grande vitesse…), il devient très vite jouissif de contrôler Noctis pendant les combats, en utilisant avec une certaine tactique de l’instinct, les différentes attaques demandant plus ou moins de « PM », avec en plus une garde, à esquive automatique, dévorant goulument votre jauge de « PM ». Passant à la vitesse du son entre plusieurs ennemis, les matraquant avec différentes lames invoquées par magie en choisissant avec mesure quelle attaque, et aussi combien de « PM » dépensé avec l’attaque, renvoyant un feedback sonore et visuel percutant et lumineux, ce Final Fantasy XV prendrait presque des airs de Infamous : Second Son dans son gameplay, avec un petit groupe de potes autours de vous en plus et une petite dimension RPG.

 

Ca tape vite et fort

Ca tape vite et fort

A cent lieux du côté plus stratégique/statique des anciens Final Fantasy, Duscae montre un gameplay où tout va vite, fort et est grandiloquent dans ses feedbacks. Si ici on ne contrôlait que Noctis, on espère qu’un côté plus tactique va émerger dans la gestion des quatre personnages lors des combats. Dernier coups de hache sur l’ancien gameplay Final Fantasy, dernière preuve du changement énorme de cet épisode, le système de soin. Si les potions et autres objets sont toujours au rendez vous, le système de soin a quelque peu changé. Si l’un de vos alliés tombe, menant ses PV à zéros, il vous faudra simplement vous approcher de lui et appuyer sur la touche action pour le remettre sur pied, dans une limite de temps, et ce de façon illimitée. Si cette limite de temps est passée, le personnage n’est plus actif jusqu’à la fin du combat, sauf utilisation d’un objet spécifique. Pareil pour vous, sauf que la mort de Noctis, malgré le fait que les autres soient debouts, équivaut au Game Over, on s’énervera d’ailleurs sur nos coéquipiers qui peuvent mettre un temps fou à venir nous remettre sur pied, mais bon, ce n’est qu’une démo.

Quant au cycle jour/nuit, il se résume dans cette démo à, barbarement, : le jour on peut courir partout et on croise de temps en temps des ennemis, la nuit on croise dix ennemis au mètre carré et on voit walou avec la petite lumière…

« Final Fantasy est mort, vive Final Fantasy ! », c’est ce qu’on espère pouvoir écrire lors du test du jeu final, car au lieu d’une évolution du gameplay habituelle de la licence, ici on a affaire à un gros changement. Mais peut être que tout n’a pas été montré dans cette démo, sûrement en fait, malgré tout, de ci de là on peut penser que la gestion d’équipe sera très limitée, avec certainement aucun contrôle, en dehors de Noctis, en temps réel, sur le groupe, dans les combats… D’autres choses peuvent, doivent, émerger du gameplay pour le rendre un peu plus tactique, un peu plus RPG, au risque de perdre trop de l’âme de Final Fantasy. Mais entre nous, du point de vue de ma façon de jouer face à ce gameplay, j’ai beaucoup bourriné et pas beaucoup réfléchi lors des combats. A bon entendeur.

En espérant surtout un scénario digne des meilleurs Final Fantasy, une direction artistique, gardant une cohérence dans ses choix de réalismes et de roadtrip mais avec une bonne touche de créativité, de beauté, de fantaisie, mais aussi un gameplay un poil plus ambitieux que ce qui a été montré dans Duscae et, enfin, ce qui apparaît comme déjà acquis au vu des cinématiques présentées, une mise en scène du tonnerre, Final Fantasy XV réussira largement son pari de s’ouvrir à un nouveau public plus « casual » et, qui sait, réussir à faire un très bon Final Fantasy.

En tout cas, pour ceux qui ont déjà consommé le schisme ludique, depuis, mmmhh, disons Final Fantasy X, et bien passez votre chemin, vous ne retrouverez rien de vos bons vieux FF, pour les autres, il y a, dans le ressenti de Duscae, un fort espoir que cet élan de nouveautés face mouche, nous surprenant agréablement. Rendez vous en 2009, à bah non en 2015… ou peut être en 2016, on ne sait plus vraiment avec l’ex Versus XIII, au moins, rendez vous pour la prochaine démo qui devrait être disponible cette année. On attend tout ça avec plus d’espoir que d’assurance.

Pour l’instant la démo Duscae est disponible entre 50 et 70 euros, selon vendeur, avec en plus en bonus la version remasterisée de Final Fantasy Type 0 HD (ou l’inverse ?).

Final Fantasy XV

Final Fantasy XV

Les plus
  • Les graphismes sublimes
  • La musique magnifique
  • Le mixage sonore puissant
  • Le petit groupe attachant
  • Des combats dynamiques et prenant
  • Le gameplay Action vraiment assumé
  • La direction artistique original et bien dosée...
Les moins
  • ...mais qui ne plaira pas à tout le monde
  • Un léger manque de fantaisie pour un FF
  • Un manque cruel d'une dimension tactique de groupe dans les combats
6.5 10