For Honor Bataille Chevalier

Le dernier né d’Ubisoft, sorti en février 2017, a beaucoup fait parler de lui, notamment grâce aux bêtas successives. Enfin disponible, il a vu de nombreux joueurs se lancer dans la bataille pour faire parler le fer avec honneur (ou pas). Mais For Honor tient-il toutes les promesses qui l’accompagnaient ? Voyons un peu les caractéristiques de ce jeu qui se veut novateur. 

Un gameplay maîtrisé

Interface de For honor

L’interface de For honor

Une fois U-play installé et le jeu lancé, nous voici prêt à découvrir le jeu qui nous a tant fait attendre. Sans attendre, For Honor s’ouvre à nous via un tutoriel relativement basique expliquant les commandes du jeu. Attaque, blocage, le tout en fonction d’une direction choisie par le joueur et modifiable à tout moment. Ce tutoriel, succin et sans fioriture, permet néanmoins de comprendre comment fonctionne le jeu, ce qui n’est pas un luxe. Les commandes sont relativement simples : deux touches d’attaque (faible et puissante), une touche de position de garde, une touche pour diriger le personnage et une pour lock l’ennemi.

Tout ceci fonctionne bien, très bien. C’est intuitif, facile à prendre en main et bien pensé. Les touches sont bien choisies et les mécaniques aussi. Tout est dans la maîtrise de sa manette, ce qui est très gratifiant. Mais le tutoriel ne nous en dit pas beaucoup plus. Pour le reste, deux solutions s’offrent à nous : le mode histoire, dont les premières missions sont un tutoriel plus poussé, ou les vidéos présentent dans les menus permettant d’en savoir plus sur les modes de jeu et les personnages.

Car comme les vétérans de VS fighting le savent, quand le gameplay est maîtrisé, tout est dans le niveau de jeu des joueurs. Et c’est là que For Honor fait fort.

Une courbe de progression impressionnante

Liste des coups du spadassin

La liste des coups du spadassin

Car si au début on apprend à alterner entre attaque faible et attaque puissante, on se rend vite compte que c’est inutile. En effet, chaque coup pouvant être bloqué, contre un adversaire un tant soit peu concentré, aucun ne passera. C’est là que le choix du champion est important, et la maîtrise de ce dernier encore plus. A l’écriture de ce texte, 12 personnages sont disponibles.

Réparti entre les trois factions présentes (Viking, Chevalier et Samouraï), chacun appartient à l’une des quatre catégories suivantes. Les champions dit polyvalents sont un mélange de résistance, de portée et de dégâts relativement équilibré. Les assassins sont quant à eux très fragiles mais possèdent un potentiel de dégât non négligeable. Les gardiens sont leurs opposés, possédant une grande résistance et des mécaniques de contrôle/soin permettant de tenir longtemps. Et les hybrides sont des champions aux mécaniques pointues, désorientant l’adversaire par un gameplay complexe mais en totale opposition avec les autres champions.

Cependant, ces rôles ne représentent pas tout. Chaque champion possède une liste de coups uniques qu’il faut connaître. Ils possèdent aussi des passifs, parfois uniques, parfois liés à leurs catégorie. Et c’est le mélange de ces passifs et de ces actifs qui forge la personnalité du champion. La maîtrise de ce mélange est la clé de la victoire ou de la défaite. Et si quasiment tous les champions sont faciles à prendre en main, aucun n’est facile à maîtriser complètement. A tout cela s’ajoute les règles des modes de jeu, qui permettent à tous les joueurs d’y trouver son compte.

De l’honneur où que l’on soit

Il existe cinq modes de jeu différents, répartis en trois catégories. La première, la plus logique, est celle des duels et des rixes. Ce mode de jeu oppose deux ou quatre adversaires (par équipe) dans une arène. Le(s) dernier(s) debout(s) est(sont) le(s) vainqueur(s). Très intense, c’est le mode de jeu qui pousse au paroxysme le gameplay nerveux du jeu. Deux adversaires qui s’affrontent dans un BO5, sans intervention extérieure, sans prise en compte de la personnalisation des personnages (voir ci-après). Il n’y a plus que les talents personnels et la connaissance des champions qui parlent. Et c’est autant jouissif – quand on arrive à vaincre un adversaire retord – que frustrant – quand on se prend un perfect sans avoir trop compris ce qu’il nous est arrivé.

Le second mode, celui des matchs à mort, comprend les escarmouches et les éliminations. Le second suit les mêmes règles que les duels, sauf qu’il s’agit de l’affrontement entre deux équipes de quatre joueurs. L’escarmouche quant à elle voit deux équipes de quatre joueurs s’affronter avec la possibilité de respawn une fois mort. Le but est de tuer en boucle les joueurs adverses pour accumuler des points. Une fois les 1000 points atteints, l’équipe adverse passe en déroute et perd sa capacité à respawn, ce qui entraîne sa défaite une fois les quatre joueurs tombés. Bien plus violent que l’élimination, l’escarmouche est une vaste mêlée où l’honneur et le fairplay n’ont plus vraiment leur place.

Le dernier mode, Dominion, est celui qui se rapproche le plus d’un Musou. Mettant toujours en scène l’affrontement entre deux équipes de quatre, ce mode change la donne par la présence de 3 points de contrôle à capturer afin de rapporter des points. De loin le mode le plus tactique de For Honor, le dominion oblige les joueurs à privilégier le jeu d’équipe et la stratégie plutôt que la recherche de kill. Ici, le rôle des personnages au sein de l’équipe est vraiment important, et déjà certaines métas se mettent en place à haut niveau.

Carte stratégique multijoueur

La carte stratégique multijoueur

Tout cela donne un potentiel multijoueur vraiment intéressant, autant pour les joueurs adeptes de mettre leurs talents à l’épreuve que pour les stratèges préférant le jeu en équipe. Il est important de noter que chaque faction se bat pour prendre le contrôle de la zone d’affrontement (carte stratégique du menu multijoueur). A chaque fin de bataille, les joueurs peuvent allouer à différents territoires des ressources militaires afin de faire avancer un front. Bien qu’assez secondaire, c’est un plus intéressant. Malheureusement, ce gameplay est entaché par une technique parfois laborieuse.

Un système un peu bancal

Problème de matchmaking

Les problèmes de matchmaking. Les nombres (niveau de champion et d’équipement) sont criants.

For honor est donc un jeu essentiellement multijoueur. Le mode solo, cohérent et agréable à faire, ne saurait tenir le joueur plus que quelques heures. Et qui dit jeu multijoueur dit interface sociale et matchmaking. Et de ce côté là, le jeu a des faiblesses. L’attente pour lancer une game peut s’avérer longue si les joueurs n’ont pas de chance, quand le chargement ne plante pas. Et il arrive parfois que la partie freeze pour resynchroniser les joueurs. Tout cela, on le doit au système p2p d’Ubisoft, ce qui veut dire que se sont les joueurs qui hostent leurs parties. De ce fait, un problème de connexion et la partie freeze, ce qui est très problématique lors d’un combat. Il faut donc forcément avoir une bonne connexion pour pouvoir jouer sans soucis, ou accepter de se faire éjecter d’une partie sur deux.

Mais ces problèmes, bien qu’importants pour un jeu résolument orienté vers le multijoueur, ne sont pas les seuls. Les menus sont lourds dans l’ensemble, même si de bonnes idées sont présentes (notamment pour la personnalisation des champions). Il faut sans cesse faire des allers-retours dans les menus, et la moindre erreur de matchmaking éjecte les joueurs du groupe et les renvoie au menu principal. Cela même lorsque l’erreur de matchmaking est que ce dernier tentait de nous faire entrer dans une salle déjà pleine. Et c’est sans compter l’overlay Uplay, obligatoire, et le fait qu’une invitation sur deux ne mène jamais à la création de groupe. Vous comprendrez que jouer avec des amis peut être frustrant.

Et même si ces problèmes sont brefs, rapidement résolus, ils gâchent l’expérience de jeu, surtout quand ils se produisent plusieurs fois lors d’une même session. De plus, le matchmaking oppose parfois des joueurs qui ne jouent vraiment pas dans la même cour, des débutants ou moyens contre des joueurs qui maîtrisent leur champion et qui sont bardés d’objets haut niveau. La frustration ressentie quand on a l’impression de ne rien pouvoir faire face à un ennemi qui peut nous tuer en trois coups de sabre est assez désagréable. Tout cela fait que beaucoup de joueurs vont être rebutés sans même avoir pu apprécier la profondeur du gameplay.

Des atouts autres

La personnalisation des champions

La personnalisation des champions

Pour les joueurs qui parviennent à passer au dessus des quelques problèmes sus-cités, For Honor rend copie quasi parfaite. Les différentes arènes, quelque soit le mode de jeu, sont grandes, finement travaillées et pleines de détails. En fait, outre la beauté flagrante du jeu (pour les ordinateurs pouvant le supporter), tout est crédible. Attention pour les puristes, je n’ai pas dit réaliste. Le jeu n’a rien de réaliste : anachronisme, escrime surréaliste, scénario abracadabrant… Mais tout est crédible. La sentinelle en armure, avec son espadon, semble plus vraie que nature, autant que l’émissaire qui manie la hallebarde avec une facilité déconcertante. Chaque animation, chaque attaque, chaque élément du décor, tout semble à sa place. Le travail apporté à l’ambiance visuelle et sonore est impressionnant. Dès les premières secondes, le joueur est immergé dans la guerre, sans fioriture.

Même les objets que le joueur peut gagner, à la fin de chaque partie, sont crédibles. Pas d’objet surpuissant, pas d’armure invincible. Le système de loot et d’upgrade des items suit un schéma relativement simple. Chaque objet, quel qu’il soit, influe sur 3 statistiques. Plus l’objet monte de niveau, plus l’une des statistiques sera privilégiée au dépend d’une autre. Ainsi, personne ne se retrouve avec une défense et une attaque hors du commun. Chacun doit choisir sa manière de jouer. La possibilité de choisir trois ensembles d’équipement différents rajoute encore au côté tactique. Il faut cependant noter qu’en duel, les bonus d’équipements ne sont pas pris en compte. Modifier son personnage n’est qu’alors purement esthétique.

D’ailleurs, cette facette du jeu est elle aussi à la fois complète et crédible. Tout peut être modifié. Chaque partie d’armure peut recevoir un blason ou une gravure différente. Même les armes ont des visuels uniques. Sans compter tous les ornements déverrouillés comme récompense d’évolution ou achetés. Le blason quant à lui peut être personnalisé par un système de calques permettant pour les plus créatifs d’obtenir un emblème vraiment original. Tout cela renforce le lien entre le joueur et son champion, qui n’aura alors qu’une hâte : voir ses couleurs triompher.

Pour qui ?

Pour les joueurs aimant les gameplays profonds : Du simple novice au vétéran des VS fighting, For honor peut plaire à tout le monde, d’autant que la courbe de progression est vraiment agréable à suivre. On a l’impression de progresser au fur et à mesure qu’on joue notre champion.

Pour ceux qui ont une bonne connexion internet : Le système P2P d’Ubisoft oblige les joueurs à avoir une connexion stable s’ils souhaitent profiter pleinement du jeu.

Pour ceux qui aiment l’époque médiévale : L’ambiance, les armures, la bande sonore… De ce point de vue, le jeu est excellent. A défaut d’être réaliste, tout est crédible et parfaitement intégré à l’ensemble de l’univers.


For Honor est à mon avis un très grand jeu, un de ceux qui peuvent marquer l’histoire. Son gameplay, riche et jouissif, apporte un vent de fraîcheur bienvenu. En fait, ses seuls gros défauts sont techniques. Des serveurs dédiés et une correction de la gestion de groupe rendraient le jeu plus attrayant pour les joueurs lambda. Malgré tout, ces quelques soucis ne sont pas assez prononcés pour bouder le jeu qui, pour tout joueur n’ayant pas peur d’affronter « l’honneur » d’une communauté pvp, le comblera de plaisir.  

Test réalisé sur la version PC. 

 

For Honor

For Honor

Les plus
  • Un gameplay maitrisé, agréable et gratifiant.
  • Des graphismes somptueux rendant hommages aux nombreux détails qui parsèment les arènes.
  • Une ambiance bien rendue, autant visuellement qu'au niveau sonore.
Les moins
  • Les menus un peu lourds.
  • Les problèmes de freeze des parties.
  • Les quelques bugs arrivant parfois lors des sessions de jeu en groupe.
7 10