Hitman Sapienza
Il aura fallu attendre six semaines pour voir arriver ce deuxième épisode de Hitman. Six semaines pendant lesquelles les plus acharnés auront retourné l’épisode introductif parisien, ou les moins convaincus auront tout simplement oublié le jeu. Mais bon, là n’est pas la question, les goûts les couleurs, tout ça. Notre Agent 47 délaisse les strass et paillettes du luxe et de la couture parisienne pour poser ses valises dans la charmante petite bourgade italienne de Sapienza. Si l’assassin chauve n’a de cesse de répandre la mort, le joueur, lui, a de quoi espérer (un peu) pour le futur de la série.


HITMAN – Sapienza Trailer – PS4 par CooldownTV

Sous le soleil

Sapienza villaDans cet épisode Sapienza, 47 se voit encore attribuer un couple de personnes à abattre : Silvio Caruso, génie scientifique, et Francesca De Santis, son assistante. Ensemble, ils développent un virus qui, s’il est mis sur le marché, plongerait l’Agence à la ruine, les assassins n’ayant alors plus à faire le sale boulot sur place. 47 est donc envoyé pour assassiner ces deux esprits exceptionnels et détruire le virus dans les laboratoires situés sous leur gigantesque villa. Ce dernier cas propose un troisième objectif bienvenu.
On commence la mission en face de cette belle villa et l’exploration commence. Rapidement on se rend compte que le village est plus grand qu’il n’en a l’air et on se prend à vouloir l’explorer le plus possible, pour découvrir tous les secrets qu’il renferme (discussions intéressantes, déguisements, spots de tirs, entrées secrètes, …). Le village de Sapienza jure parfaitement avec Paris. Si le niveau de la capitale Française nous mettait dans une ambiance froide, étouffante et étroite, Sapienza fait tout l’inverse avec ses couleurs éclatantes et surtout son vaste terrain de jeu. Les possibilités se font encore plus nombreuses, on se sent moins pressé d’explorer et de réfléchir à un plan d’attaque.
Encore une fois, on se plaira à tenter toutes les approches possibles grâce aux opportunités, mais aussi en improvisant totalement. Le tout sur une musique qui fera beaucoup penser à un James Bond. On se prend donc au jeu et on ne voit pas le temps passer. L’environnement plus ouvert laisse plus de place à notre imagination et semble plus propice aux gun-fight. Les plus bourrins devront éviter cette idée s’ils veulent faire de vieux os, en effet, si l’IA générale du jeu est un peu stupide, lorsqu’elle passe en mode combat, notre agent 47 ne survit pas plus de quelques secondes sous la pluie de balles déversées par les gardes de la villa. Donc voilà, on aura essayé cette option, on meurt et on se dit que de toute façon, Hitman est un jeu d’infiltration.

Attention à l’insolation

Les fans de Hitman seront donc ravis de retrouver un monde ouvert vaste et offrant de très nombreuses possibilités. Mais malheureusement, si on pouvait commencer à espérer, de nombreux points viennent entacher l’expérience et nous faire nous poser des questions sur le futur du jeu. Tout d’abord l’histoire principale du jeu est totalement diluée et se compose seulement de cut-scene que l’on retrouve à la fin de chaque niveau. On ne comprend pas encore de quoi cela parle ni où cela va mener et, à vrai dire, le modèle épisodique qui nous fait attendre 6 semaines entre chaque cut-scene nous fait nous dire « Ouais, je m’en fiche en fait ».  Comme dit plus haut, l’IA est assez idiote dans l’ensemble et agit parfois sans cohérence. Par exemple, j’ai pu empoisonner tranquillement une sauce bolognaise devant les yeux d’un chef cuisinier, mais ouvrir un robinet pour que l’évier déborde m’a valu quelques soucis avec un garde. Graphiquement parlant, cet épisode ne manque pas de charme mais est encore assez en retrait des références de la nouvelle génération. Dommage car on aurait aimé voir ce village fourmiller d’encore plus de détails.
Les bugs présents dans le premier épisode n’ont malheureusement pas du tout été corrigés. Un corps que l’on veut déplacer se bloque parfois dans un mur et les musiques, bien que discrètes, tendent parfois à saccader, voire à disparaître sans prévenir avant de reprendre quelques secondes plus tard. Les serveurs Hitman ont encore une très fâcheuse tendance à se déconnecter en pleine partie ce qui constitue tout de même un problème de taille qui montre donc que IO interactive n’a pas fait beaucoup d’efforts dans ce sens.

Sapienza rue
Enfin, et c’est le principal élément que j’ai à décrier sur ces deux premiers épisodes, on n’est pas assez immergés dans l’environnement. J’ai pu aborder ce sujet dans dans le test du premier épisode, tout le monde parlait avec un accent américain très prononcé, sans entendre une once d’accent français. Le problème est exactement le même dans cet épisode Sapienza, et peut-être même plus marqué. Dans le premier épisode, c’était une énorme réception qui rassemblait des personnes du monde entier, l’anglais étant alors une langue que l’on pourrait qualifier d’ « universelle ». Mais ici, les habitants du village, les touristes, les scientifiques clairement italiens, tout le monde parle anglais avec un accent très américain. Toujours pas d’accent italien en vue, si bien qu’on a du mal à se sentir en Italie malgré le cadre et on pourrait ressentir une forme d’insulte envers cette culture. On pourrait presque penser à un décor de cinéma à Hollywood squatté par des figurants Angelins (les habitants de Los Angeles). Io Interactive ne semble pourtant pas sans le sou et pourrait alors engager des doubleurs venant d’horizons différents, ou même, diriger les doubleurs, même s’ils ne sont qu’américains, pour que ceux-ci prennent un accent adéquat, à l’image des acteurs des GTA. On espère que les six semaines avant le prochain épisode au Maroc soient mises à profit pour corriger quelques uns de ces problèmes.


Cet épisode Sapienza est malgré tout une bonne surprise. Après avoir fait le premier épisode, je ne m’attendais pas forcément à grand chose de la part du second. Je dois bien avouer que Sapienza m’a surpris. J’ai passé du bon temps devant cette mission bien qu’elle soit un poil court. La sauce Hitman prend totalement dans des environnements vastes et variés, dans lesquels le joueur peut laisser totalement la place à son imagination. Malheureusement, l’expérience globale est ternie par de nombreux petits bugs et ce souci d’immersion. Je suis peut-être trop sévère, mais un jeu qui fait voyager le joueur dans le monde et qui ne fait aucun effort pour l’immerger dans les pays visités, qui fait fi des petites choses qui font qu’on reconnait le pays dans lequel on se trouve, un tel jeu ne peut obtenir mon approbation totale même s’il m’a fait passé de bons moments et me laisse un peu d’espoir pour les futurs épisodes.
Hitman

Hitman

Les plus
  • Un niveau vaste
  • Plus joli que le premier épisode
  • Encore plus de possibilités
  • Une durée de vie plus importante qu'on ne le croit
  • Des missions secondaires courtes mais avec du challenge
Les moins
  • Trop de bugs
  • IA pas très intelligente
  • Immersion limité
  • L'histoire principale trop en retrait
7 10