Horizon Zero Dawn test titre 2

Aperçu lors de l’E3 2015, Horizon Zero Dawn promettait beaucoup. Le jeu de Guerilla Games, le studio de Killzone, avait tous les atouts pour plaire : Open world, graphisme, jouabilité, univers pittoresque… Le jeu enfin entre nos mains pose une question simple : Les promesses sont-elles tenues ? La réponse est tout aussi simple : 3 mois après le début de 2017, on tient peut être le jeu de l’année sur PS4.

L’intérêt pour le post-apocalyptique ne semble pas se tarir. De la littérature au cinéma en passant par le jeu vidéo, nombreuses sont les adaptations de ce « genre », chacune ayant ses spécificités. Horizon Zero Dawn semble surfer sur la vague. Une impression qui s’estompe dès les premières minutes de jeu. Le post-apocalyptique version Guerilla Games a vraiment de quoi surprendre par son approche tournée vers la nature et la technologie. Un mélange savoureux pour un open world hors normes à l’esthétique des anges.

Bienvenu à Horizon Zero Dawn Park !

Que sommes nous devenus ? Voilà le premier problème posé par l’univers de Horizon Zero Dawn. Pour une raison obscure, l’humanité a presque disparu. Il ne reste plus que quelques humains organisés en sociétés tribales plus ou moins évoluées. Dans ce monde, post-apocalyptique ne vous attendez pas à voir apparaître des raiders, de la drogue, ou autre référence plus délirante à la science fiction. Le jeu est une ode à la culture amérindienne. La nature est au centre de l’univers. Elle a repris ses droits sur un monde devenu technologiquement fou. Si vous être charmé par les balades dans les bois et que « Danse avec les loups » est un de vos films favoris, alors Horizon Zero Dawn est fait pour vous.

Horizon Zero Dawn le test

La culture amérindienne est à l’honneur

Pourtant, tout ce qui composait l’ancien monde n’a pas disparu. Les machines ont pris le pas sur l’homme d’une façon originale : Elles constituent la faune du jeu. Un bestiaire qui emprunte clairement aux dinosaures. Les guetteurs par exemples ont tout du vélociraptor : agiles, attaquant en groupe, la forme générale de la bestiole etc… et que dire des longs-cous, de véritables diplodocus mécanique. Ce qui est admirable c’est que cette faune, dont l’origine interroge, se comporte comme de vrais animaux : vivant en groupe, chassant, broutant. On reviendra sur leur IA un peu plus loin, mais le fait de les voir évoluer de manière cohérente renforce l’immersion et les différentes espèces doivent être abordées avec respect.

Si l’on se penche sur le décor, on peut parler de dépaysement total. Un peu à la manière d’un The Last of Us, la nature côtoie les ruines de l’ancien monde, devenues fantomatiques, vestiges d’une civilisation éteinte. Elle reste toutefois présente et orgueilleuse ne serait-ce que par les créatures mécaniques qui peuplent le monde. De plus, les lieux visités ont tous des noms particuliers faisant des ruines antiques des endroits interdits et dangereux. Une part de mystère et de mysticisme permettant aux joueurs de s’évader le temps d’une session de jeu, et n’est ce pas là un des buts de notre divertissement préféré ? Guerilla Games a su remplir cet objectif et on ne peut que saluer bien bas le travail de l’équipe de développement.

Horizon Zero Dawn Test ambiance

Horizon Zero Dawn est capable de totalement nous immerger dans un monde étrange où technologie et nature ont étrangement fusionné. Des interrogations qui trouveront des réponses à mesure que l’on avance dans l’aventure. La beauté de l’univers post-apocalyptique est de plus desservie par une technique sans faille

Le futur de la technique sur console

Faire un univers cohérent est une chose difficile en soi, mais pour le rendre encore plus immersif, il faut aussi savoir faire cracher ses tripes à la plateforme choisie. Horizon Zero Dawn est une véritable claque technique dont beaucoup devraient s’inspirer. Le jeu est simplement magnifique. Peu de titres peuvent se vanter de nous décrocher la mâchoire à chaque nouvel environnement ou à chaque action de l’héroïne. Les décors sont dignes des plus belles cartes postales et les effets de lumière sont tout simplement ahurissant.

Horizon Zero Dawn

Le tout est extrêmement fluide et sans véritable bug ou gêne visuelle ce qui est vraiment une prouesse quand on connaît le nombre de jeux qui sortent mal optimisés et que les patch day one viennent corriger. Ici, on sent la volonté de bien faire les choses et de rendre la copie la plus parfaite possible. Et oui, ça compte dans une expérience vidéoludique et les déboires que connaissent les joueurs d’aujourd’hui. Durant ma session de jeu, je n’ai rien remarqué qui nécessite un report particulier. Ce qui est assez étonnant vu la taille du jeu et la richesse de son environnement. Un bon point qui me fait penser à un autre exemple du genre : The Witcher 3 qui était plutôt bien optimisé lors de sa sortie. Ce ne seront pas leurs seuls points communs comme nous le verrons.

Pour revenir à une comparaison plus technique, je dirais que Horizon Zero Dawn est aussi beau qu’un Unchartred 4 mais version open world. Si vous avez été bluffé par les 4èmes aventures de Nathan Drake, le jeu de Guerilla Games risque de définitivement vous faire perdre vos moyens. Il se hisse facilement au même niveau technique mais en étant beaucoup plus grand. On peut vraiment s’interroger sur les limites de la PS4 quand on joue à Horizon Zero Dawn . Est-ce la limite ultime ou peut-on aller plus loin ? L’avenir nous le dira. Il y a tout de même un bémol à cette partition bien jouée. Malgré des animations de qualité, certaines expressions des personnages peuvent sembler figées lors des discussions. Le constat est moins flagrant qu’un Fallout 4 et cela ne gâche pas l’aspect général du titre. Un mot sur la bande son au passage, fabuleuse, épique et parfaitement adaptée à l’ambiance générale.

Horizon Zero Dawn graphisme superbe

Je pourrais continuer pendant des heures à décrire les décors et les détails de la moindre pâquerette mais ce serait une perte de temps. Horizon Zero Dawn est une claque technique desservie par un gameplay aux petits oignons.

Une indienne dans les ruines

Immersif : Ok, beau : ok et le gameplay dans toute cela ?  Il est du même acabit que le reste : génial. Tout est en fluidité et en simplicité avec cette petite touche d’exigence qui comble le joueur plus tatillon sans le frustrer. La recette est saupoudrée d’une bonne dose de RPG.

Les mouvements de notre héroïne, Aloy, font quelque peu penser à ceux de notre cher Nathan Drake voir de Lara Croft pour certains passages. Aloy se déplace avec souplesse et grâce en particulier lors des phases d’escalades. A mon sens, elles sont un peu faciles mais c’est une tendance aujourd’hui de rendre les phases de plateformes impressionnantes et fluides au détriment de la difficulté. L’important reste qu’elles sont amusantes et permettent une exploration agréable.

L’exploration dans un open world est souvent secondaire. Rien ne vous oblige à visiter chaque recoin de la map. On ne dérogera pas à la règle ici et pourtant ceux qui feraient fi de cette partie risque de rater une phase des plus amusantes en plus de ne pas être redondante. L’ambiance générale du titre est y pour beaucoup et le comportement des machines rajoute une touche des plus originales. Leur IA est très cohérente et leurs différents comportements obligent à adopter une tactique particulière selon le type de machine. Certaines sont hostiles et d’autres très hostiles, il faut alors jouer des différentes capacités de Aloy pour s’en sortir.

Certains combats doivent bien se préparer comme dans The Witcher 3. L’approche « bourrine » est généralement à proscrire (à moins d’être bien équipé). Il faut au contraire comme un trappeur indien, observer puis agir vite et silencieusement. Les bestioles sont méfiantes mais vous pouvez les éliminez en les piégeant (vive le lance-câble), les distraire voir leur faire peur. Plus d’une fois on se surprend à s’éloigner des sentiers battus pour partir en chasse de ses étranges êtres qui, bien sûr, vous fournissent de quoi vous équiper et de l’expérience. A noter que vous pourrez aussi pirater des machines et avoir des montures. Pratiques pour se déplacer vite, voir avoir un garde du corps original.

Pour se défaire des défis, Aloy sait jouer de l’arc, de la lance et use de son « focus », un petit appareil technologique qui lui permet de suivre les déplacements des ennemis ou les repérer à longue distance. Pratique, il permet d’établir des tactiques selon les situations et d’analyser les points faibles des adversaires. Les combats prennent alors un autre sens. On peut tirer comme un sourd à l’arc mais il faut parfois faire preuve de retenu et essayer de frapper les points faibles de l’ennemi. Le système de visée est plutôt intuitif et on rate rarement sa cible. Aloy est aussi très habile avec sa lance même si le combat au corps à corps nécessite d’être prudent selon l’ennemi. Le système de combat est vraiment intéressant contre les machines, mais beaucoup moins contre les êtres humains. L’IA humaine est capable du meilleur, comme vous repérer dans un fourré bien planqué, comme du pire : 3 types abattus un par un sans qu’aucun des 3 ne réagissent… hors phase d’infiltration, on cible très facilement les têtes et on berne les ennemis beaucoup trop facilement. Un point noir, mais encore une fois loin d’entacher la qualité globale du titre.

Horizon Zero Down est aussi doté d’un petit côté RPG. Aloy peut acheter ou fabriquer de l’équipement qu’elle peut améliorer avec des pièces trouvées sur les machines. Elle possède aussi un arbre de compétence qui permet de se spécialiser même si avec un peu d’effort on peut le compléter totalement. De plus, les loots et les phases l’explorations sont plutôt généreux en matériaux ce qui permet de s’équiper assez facilement.

Le gameplay est comme le reste : très bon. Si on peut reprocher quelques aléas et une certaine facilité, il permet à n’importe qui de prendre rapidement le jeu en main et de faire plus ample connaissance avec une nouvelle héroïne.

Naissance d’une icône

Aloy, un nom qui risque de faire date dans le monde du jeu vidéo. Après tellement de reboot et de pré séquel etc… on avait peu de véritables nouveaux héros à se mettre sous la dent. Horizon Zero Dawn nous offre en exclusivité, un nouveau visage : une jeune femme plongée au cœur d’une aventure palpitante.

Horizon Zero Dawn Test ally

Aloy a un charme fou.

Aloy est au centre de l’intrigue en cela il n’y a pas vraiment de surprise. Le fil rouge scénaristique est des plus classiques : une jeune femme qui cherche des réponses sur sa destinée. Les premières minutes du jeu nous interrogent sur le destin de Aloy. Qui est donc ce bébé considéré comme un paria par sa tribu et élevé par un vieux mentor sage et courageux ? Par la suite, on grandit avec elle durant le didacticiel en apprenant les rudiments de la chasse et les bases du gameplay puis on la revoit plus grande, prête à dévorer le monde en quelque sorte et bien évidemment cela ne se passe pas comme prévu. Elle va apprendre à vivre dans un monde plus hostile qu’il n’y paraît et où l’être humain n’a pas tant changé que cela.

Le scénario est classique dans son déroulement, pourtant même sans surprise on suit avec plaisir les aventures de Aloy. Comme elle, nous nous interrogeons sur sa destinée, comme elle on cherche des réponses, comme elle on explore et on s’émerveille. Tout est ici fait pour que l’on vive l’aventure à travers ses yeux. Cela permet de donner une véritable fraîcheur à une narration correcte sans plus. Il faut préciser qu’à la manière d’un Geralt de Riv, Aloy aura des choix à faire dans ses réponses lors des discussions ce qui permet de déterminer un peu la suite de son aventure. Saluons, aussi les très nombreuses quêtes secondaires, qui sont loin d’êtres si secondaires, ou Fedex. On cherche, on piste, on enquête, le tout avec une qualité d’écriture soignée mais sans en faire trop. La comparaison avec The Witcher 3 s’arrête ici. A vrai dire, je dirais que c’est suffisant. Le jeu n’a aucune prétention de moralité ou de nous casser la tête sur la nature profonde de l’être humain durant les 50 H– 60 H de jeu.

Toutefois, cette héroïne rejetée, courageuse, qui part à l’aventure et qui s’émerveille tout comme nous a quelque chose de très frais et de sympathique. Je ne pensais pas m’amouracher autant d’une nouvelle figure dans le monde vidéoludique. Aloy, en plus de son design à l’indienne, est très attachante et me fait penser au sentiment que j’ai eu lorsque j’ai découvert Lara Croft sauf qu’ici nous avons une icône en construction et non une aventurière parfaite. Je suis curieux de connaître son avenir qui, à mon humble avis, s’annonce radieux.

Pour qui ?

Les fans d’open world qui seront aux anges après The Witcher 3 : Le jeu étant absolument énorme à parcourir.
Les porteurs de lunettes de soleil vont apprécier un jeu qui brûle la rétine à plus d’un titre. La réalisation technique est simplement époustouflante
Ceux qui aiment la nouveauté : Enfin, une nouvelle licence ! ce n’est pas une suite, un préquel ou un reboot d’une licence usée jusqu’à la corde. Un vent de fraîcheur souffle avec Horizon Zero Dawn, le tout porté par Aloy une héroïne promise à un bel avenir.


Horizon Zero Dawn est le jeu des promesses tenues. Certes, tout est loin d’être parfait, le scénario est un peu classique dans sa démarche, l’IA n’est pas toujours au top. Si on le décortique morceau par morceau, on tombe sur un bon titre sans rien d’exceptionnel à première vue. Puis, on se plonge dans l’aventure, on explore, on chasse et on s’émerveille. L’ensemble est absolument grandiose et dès les premiers instants, on sent que l’on va découvrir une page de la grande histoire des jeux vidéo. Et oui ! Pas moins que cela ! Là où certaines licences sont attendues au tournant et arrivent à nous décevoir, Horizon Zero Dawn surprend son monde et uniquement pour le meilleur. Si vous aimez les ambiances post-apocalyptiques douces, la nouveauté, les armes rudimentaires, le tout dans un monde ouvert adulte et cohérent, ne cherchez plus, l’aventure de Aloy est faite pour vous.

Test réalisé sur une PS4 normale avec une version personnelle du jeu

Horizon Zero Dawn

Horizon Zero Dawn

Les plus
  • Techniquement bluffant
  • Un univers immersif
  • La chasse aux machines
  • L'IA des machines
  • Durée de vie conséquente
  • Scénario classique mais efficace
  • Un aspect RPG sympathique
  • Des quêtes principales et secondaires sans redondance
  • Aloy, une héroïne vraiment bien faite
Les moins
  • Quelques défauts au niveau des animations faciales
  • L'IA des humains est à la masse
  • Un peu facile parfois (on peut régler la difficulté)
  • La VF parfois un peu approximative
9.5 10