Injustice 2

Sans doute l’aurez vous remarqué avant que l’on pointe le doigt dessus : 2017 c’est un peu l’année du jeu de baston. Si l’an dernier nous accueillions, non sans plaisir, quelque Street Fighter V et autre King of Fighters XIV, en passant bien sûr par le WWE et l’UFC annuels (dans un genre quelque peu différent), ces jours-ci sont toutefois nettement plus propices à la castagne. La faute à une concentration de grosses attentes de mai à septembre, avec un Tekken 7 qui débarque longuement après sa sortie en Arcade au Japon, le retour du mythique Street Fighter II dans une nouvelle édition sur Switch, peu avant l’arrivée sur le même support de ARMS. S’en suivra, quelques jours après la rentrée des classes, la sortie du non moins attendu Marvel vs. Capcom : Infinite. Premier jeu de combat de cette longue liste à venir titiller nos manettes, Injustice 2 investissait quant à lui nos PlayStation 4 et Xbox One le 18 mai dernier.

Tandis que l’univers de Street Fighter, et plus généralement de Capcom, s’est déjà adonné à plusieurs rencontres avec les personnages de Marvel (mais pas seulement), Mortal Kombat s’est quant à lui attaqué à DC Comics. Ainsi, en 2008 nous avions droit au sympathique mais pas transcendant Mortal Kombat vs DC Universe, qui ne fit malheureusement que peu de bruit. Depuis, NetherRealm Studios, à l’origine de tous les épisodes de MK depuis l’excellente itération de 2011, a pondu un certain Injustice : Les Dieux sont Parmi Nous, reprenant quelques unes des têtes marquantes de l’univers de DC. Et étant donné la qualité de ce premier épisode, le second ne pouvait qu’être attendu de pied ferme par les amateurs de baston.


Injustice 2 – Trailer de lancement par CooldownTV

 

On prend les mêmes et on recommence… en mieux

Injustice 2

Superman et Batman sont potes dans Injustice 2… enfin quand ça les arrange

Partons du principe que vous n’avez jamais touché à Injustice : Les Dieux sont Parmi Nous (ou Gods Among Us dans son édition anglophone), que ce soit le cas ou non, et revenons ensemble sur ses qualités premières avant d’aborder sa suite. Développé par les mêmes fous furieux à l’origine de Mortal Kombat 9, puis X, et enfin XL (l’apothéose si je puis dire), le titre est un jeu de combat relativement classique reprenant la plupart des mécaniques initiées par la série susnommée, avec notamment une certaine rigidité des personnages (rien à voir avec Tekken 7 par exemple).

Les grosses différences entre les deux licences se situent surtout dans leurs univers, l’un particulièrement sanglant, l’autre beaucoup plus grand public, mais aussi dans leur technicité. En effet, si un néophyte pourra reprocher à Mortal Kombat XL d’être très (voire trop) complexe à prendre en main, un habitué de ce dernier fera sans doute la remarque inverse à Injustice, qui peinait à contenter les gros joueurs de par sa grande facilité ainsi que son relatif manque de combos. Idem, un amateur de jeux de combat aura vite fait de remarquer la grande ressemblance, pas vraiment flatteuse, dans la façon dont se joue chacun des personnages, bien que certains d’entre eux restent certes un poil au dessus. Des détails qui paraîtront insignifiants à quiconque ne pratique pas régulièrement ce genre vidéoludique très compétitif, et pourront pourtant rebuter ses amoureux.

Injustice 2

Le roster est tout à fait respectable

Injustice 2, c’est la même chose, en mieux ! Pas que le jeu s’écarte énormément de son aîné, soyons honnêtes, puisque la recette est globalement la même. Toutefois, cette seconde itération corrige certains détails qui faisaient défaut au premier, et elle le fait bien. Ainsi le titre est nerveux, et même un peu plus que par le passé, mais aussi son système de parade (auparavant compliqué, à l’inverse de l’ensemble du gameplay) a été légèrement revu. Ainsi, les coups spéciaux passent de moins en moins souvent à mesure que vous affrontez des adversaires plus puissants, et les joueurs les plus talentueux (ou l’IA en mode difficile) auront plus de mal à enchaîner les coups jusqu’à plus soif. En somme, Injustice 2 est plus équilibré que ne l’était Les Dieux sont Parmi Nous, et c’est aussi valable du coté de son roster. Ce dernier comporte 30 personnages à l’achat, contre 31 si vous avez pensé à précommander le jeu, ce qui est tout de même tout à fait correct. Ceux-ci ont un peu gagné en caractère (manette en main) depuis le premier épisode, et l’on a moins l’impression de jouer les mêmes combattants. Toutefois, dans les faits, les combinaisons de touches se ressemblent toujours pas mal, voire sont identiques. L’habitué du jeu de combat pourra y voir une offense, tandis que le néophyte ne peut qu’y trouver son bonheur, Injustice 2 se révélant ainsi relativement facile d’accès, comme l’était Les Dieux sont Parmi Nous.

Néanmoins, ne vous y trompez pas, aussi améliorée soit la recette de cette suite, certains défauts subsistent encore. A commencer par l’impossibilité de passer outre les cinématiques des attaques spéciales. Ces dernières, qui s’utilisent de la même façon que dans Mortal Kombat X et XL, soit en appuyant sur les gâchettes L2 et R2 en même temps, auront tendance à sortir très souvent, et même trop souvent si vous voulez mon avis (à raison de deux fois minimum par combat). Alors bon, reconnaissons leur un certain aspect spectaculaire pas dégueulasse, et même carrément joli dans certains cas, mais tout de même, à raison d’une dizaine (voire quinzaine) de secondes à chaque fois on finit par se lasser purement et simplement de ces petites vidéos, qu’on prend pourtant un malin plaisir à découvrir au début de notre expérience de jeu.

En outre, l’IA a parfois tendance à spammer un peu trop les mêmes attaques, et je peux vous assurer que ça n’a rien d’amusant (c’est un peu comme de jouer contre son petit frère de 5 ans qui ne connaît que la touche coup de pied). Enfin s’il est un peu plus technique que ne l’était son prédécesseur, Injustice 2 manque encore de combos et de coups différents pour pouvoir pleinement contenter tout le monde. Reste heureusement l’utilisation du terrain comme arme, ce qui est toujours aussi grisant, il faut le reconnaître, bien que Mortal Kombat le faisait un poil mieux.

On est pas des pigeons

Injustice 2

Les attaques spéciales ont vraiment de la gueule

Si le premier était plein de qualités, NetherRealm a de surcroît eu la riche idée d’y incorporer un contenu plutôt conséquent. Ainsi, le solo offrait de très nombreuses heures de jeu, avec un mode Arcade tout ce qu’il y a de plus classique, un mode S.T.A.R. Labs recelant de nombreux défis à la difficulté évidemment croissante, mais surtout une Histoire qui ne se foutait pas de notre gueule. Car soyons francs un moment, les jeux de combats brillent rarement par leur scénario, ce n’est d’ailleurs pas vraiment ce qu’on leur demande dans l’absolu. Ces derniers sont très souvent simplement un prétexte pour débloquer des personnages et autres contenus, et en somme ils font presque office de durée de vie artificielle.

Chez Injustice : Les Dieux sont Parmi Nous au contraire, le mode histoire avait un sacré intérêt, puisqu’en plus de proposer d’incarner un tas de personnages (gentils ou méchants), il disposait d’un scénario véritablement génial. Si sa mise en scène manquait malheureusement d’un petit quelque chose, l’histoire en elle même aurait presque pu faire office de bande dessinée à part entière, et mettait très bien en valeur l’univers de DC Comics. Restait enfin un multijoueur évidemment indispensable, comme chez tout jeu de baston qui se respecte, bien que ne proposant finalement que du Versus sur la même TV… et du Versus en ligne.

Injustice 2

Le Multivers est une chouette alternative à l’arcade

Et encore une fois, Injustice 2 c’est la même chose en mieux, à un tout petit détail près. Ce détail, c’est l’absence malheureuse d’un véritable mode Arcade. Le solo se découpe ici en trois parties, avec tout d’abord un mode Versus I.A. dont l’intérêt est aussi limité qu’il en a l’air. Vient ensuite l’Histoire, meilleure encore que celle du premier épisode, et mieux mise en scène, le tout doublé intégralement en français et se payant même le luxe de disposer de deux fins distinctes. Dommage que celui-ci ne soit pas plus long, on en verra en effet le bout en cinq à six heures maximum.

Enfin, reste le mode Multivers, venant plus ou moins remplacer l’Arcade et les défis du premier. Celui-ci proposera de combattre des personnages provenant d’univers parallèles, comme c’était le cas dans le scénario de Les Dieux sont Parmi Nous (oui bon, c’est capillotracté c’est certain). Si son intérêt semble de prime abord relativement limité, le fait que les différents mondes disponibles tournent régulièrement, ne restant disponibles qu’un certain temps (plus long en fonction de leur difficulté), et qu’ils soient tous un minimum scénarisés offre un atout de marque à ce nouveau mode de jeu. En outre, il offre l’opportunité de rafler un maximum de récompenses, même en cas de défaite.

Des récompenses qui seront bien souvent des pièces d’équipement à destination des différents combattants jouables, et le reste du temps des boites surprises… recelant la même chose, parfois en mieux. Car l’une des grandes nouveautés de ce second volet, c’est la possibilité de customiser les personnages. Pas pour le simple plaisir du tunning (c’est pas Need For Speed ok ?!), quoique ces pièces disposent chacune d’un style différent, mais principalement pour améliorer leurs capacités, qu’elles soient offensives ou défensives. L’intérêt sera ensuite de pouvoir rivaliser avec des adversaires plus puissants, et d’avoir une chance contre une IA qui aurait au bout d’un moment la fâcheuse tendance de nous déboîter sans nous laisser respirer. Car si la difficulté de base n’a rien d’impressionnant, loin de là, à mesure que l’on s’enfonce dans le profond mode Multivers on rencontre des adversaires de plus en plus coriaces, jusqu’à tomber sur de véritables monstres. Enfin, pour en finir avec le riche contenu du jeu, celui-ci propose bien évidemment du multijoueur qui, heureusement, est plus étoffé que ne l’était celui du premier volet. Le online offre de quoi se divertir un moment, à condition bien sûr d’être près à en découdre avec certains très bons joueurs, et il sera bien sûr possible de s’adonner à plusieurs parties Versus sur le même écran.

 


Injustice 2 – Skin/équipement – gameplay par CooldownTV

Beau et spectaculaire

Ce coup-ci, je n’ai nullement besoin de revenir sur les qualités graphiques de Injustice : Les Dieux sont Parmi Nous. Le jeu de NetherRealm Studios était beau, dynamique et explosif, un point c’est tout. Et vous l’aurez compris, Injustice 2 c’est là encore la même chose, tout en se permettant d’être au top coté technique. Les animations, qui pêchaient parfois dans le premier, sont ici parfaitement fluides, les effets de lumières sont tout bonnement sublimes, et il faut bien avouer que les décors ont de la gueule ! Quant au design des personnages, rien à redire, si ce n’est que certaines pièces d’armures ne sont peut-être pas assez différentes des costumes de départ… enfin bon, on ne va pas chipoter.

Le plus important reste que l’aspect très spectaculaire du jeu rende particulièrement bien, et l’habitué de Mortal Kombat sera même heureux de retrouver des gerbes de sang, qui n’étaient pas présentes auparavant. De quoi ajouter un petit coté jouissif aux combats. Reste que le mode online souffre de très rares ralentissements, ce qui ne saurait, on l’espère, durer. Enfin l’aspect musical est très réussi, et colle parfaitement avec l’ambiance épique générale. Mention spéciale au thème du Terrain de jeu du Joker, tout bonnement délectable.

 

Pour qui ?

Pour ceux qui ont aimé le premier : Les Dieux sont Parmi Nous était déjà une franche réussite, bien que certains détails restaient encore à corriger, et Injustice 2 fait encore mieux.

Pour ceux qui veulent du Mortal Kombat sans la difficulté : C’est un fait établi, Injustice propose des affrontements ressemblants beaucoup à ceux de MK ; la différence, c’est que celui-ci se révèle très accessible.

Pour ceux qui aiment DC Comics : A l’instar du premier épisode, Injustice 2 dispose d’un scénario fidèle à l’univers de DC, qu’on aurait tout aussi bien pu adapter en bande dessinée.


 

Comme le fut Les Dieux sont Parmi Nous, Injustice 2 est une franche réussite, qui se paye le luxe de corriger une bonne partie des défauts de son prédécesseur. Plus équilibré et fluide, le titre de NetherRealm Studios pêche cependant une nouvelle fois par un relatif manque de technique. Si le néophyte pourra y voir une aubaine, l’occasion de jouer à un jeu de baston sans devoir nécessairement en maîtriser toutes les ficelles, le puriste aura du mal à y trouver pleinement son compte. À coté de ça, il dispose tout de même d’atouts de choix, notamment un contenu solo particulièrement conséquent, ainsi qu’un mode Histoire au scénario vraiment génial. S’il ne s’agit pas d’un indispensable, Injustice 2 est toutefois une alternative tout à fait convaincante en attendant un éventuel prochain Mortal Kombat.

 

Cet article a été réalisé grâce à une version du jeu fournie par l’éditeur.

Injustice 2

Injustice 2

Les plus
  • Particulièrement accessible...
  • L'excellent mode Histoire
  • Un contenu conséquent
  • Le roster tout à fait correct
  • Du grand spectacle
Les moins
  • ... mais manque encore de technique
  • Pas de véritable mode arcade
  • Les personnages se ressemblent encore un peu trop manette en main
7.5 10