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Testé sur Xbox One

Les danois du studio Playdead sont de retour. Après le très sombre Limbo, vient à présent le non moins sombre et violent Inside, nouveau titre en 2.5D. Vous pensiez que Limbo était un des meilleurs jeux indépendants de la décennie ? Inside vient gentiment lui dire de se mettre en boule dans un coin et de commencer à pleurer. Bravo Playdead.

Inside est donc le petit frère de Limbo. Ce dernier, sorti en 2010, avait mis quasiment tout le monde d’accord grâce à son univers en noir et blanc dans lequel on avait peine à distinguer notre héros de son environnement. On avait l’impression que le monde lui en voulait, et c’était bien le cas. Limbo est sorti en plein âge d’or du jeu indépendant. Braid avait cartonné, Super Meat Boy se préparait à faire s’arracher les cheveux à bon nombre de gamers, et Fez était déjà dans les tuyaux pour nous étonner à sa sortie en 2012.  C’est d’ailleurs cette année que Inside a été annoncé pour Playdead. Depuis, peu, voire très peu d’informations ont été dévoilées au sujet du titre, les développeurs souhaitant garder le mystère et la surprise pour la sortie. On a attendu, mais ça en valait la peine.


INSIDE – Trailer E3 2014 par CooldownTV
 

Une aventure sombre et angoissante

Inside corps suspendus

Vous avez dit angoissant ?

On débute Inside sans transition entre le menu et la partie. Un gamin sans visage et portant un pull rouge déboule en courant dans une forêt sombre. On se dit qu’un truc ne va pas et donc on continue de courir. Plus loin, un type allume sa lampe torche dans notre direction et se met à nous courser. On lui échappe de très peu en sautant par-dessus un petit ravin, mais voilà qu’un autre homme a lâché son chien à nos trousses. On court, on stresse pour le bonhomme et on arrive finalement en sureté. Inside commence fort et nous met dans le bain. Certains se remémoreront, en voyant cette forêt, Limbo avec nostalgie. Mais très vite, et après avoir résolu quelques énigmes, on passe dans un environnement différent, puis encore un autre, tantôt un hangar, tantôt une installation scientifique, le tout à un rythme effréné et avec une fluidité déconcertante qui fait ressembler le jeu à une longue course poursuite incessante. L’absence totale de temps de chargement (seule exception, le chargement d’un checkpoint lorsqu’on meurt) y est pour beaucoup dans cette impression. Eh oui, dans ce jeu, comme chez son prédécesseur, on meurt, régulièrement. Playdead revient avec un univers sombre et violent qui nous laisse encore une fois l’impression que le monde en veut à notre personnage qui se fera noyer, dévorer, exploser, etc. Les danois n’ont que faire que le héros soit un enfant et nous proposent une aventure mature, dérangeante et intrigante. A ne pas mettre entre toutes les mains.

Au niveau de l’histoire, on ne peut rien vous dire. Il n’y a pas grand-chose à dire, ou peut-être que si, il y en a trop. Quoi qu’il en soit, Inside se vit et se ressent. Chaque décor parcouru, chaque personnage croisé, chaque énigme résolue est une pièce de l’énorme puzzle qu’est l’histoire de ce jeu. Si vous êtes un bavard, vous allez être déçu, aucun mot n’est prononcé durant les 4 h que dure le titre. Aucun mot ni aucune écriture pour vous donner un quelconque indice ou un élément narratif. Le jeu se raconte par ses décors et les situations croisées. On se pose beaucoup de questions tout au long de l’aventure et on finira peut-être par s’en poser encore plus lorsqu’elle sera arrivée à son terme, dans un final aussi magistral qu’inattendu, qui m’a personnellement laissé bouche bée à regarder l’écran des crédits pendant dix minutes sans bouger. J’aurais aimé vous faire part de mon ressenti sur cette histoire, ce que j’ai pu en conclure, mais cela serait peut-être gâcher la première expérience. L’histoire d’Inside est celle que l’on veut se créer dans notre imaginaire, elle est ouverte à l’interprétation et en ce sens, elle est plus belle encore que bon nombre de titres AAA comme indés.

Inside sous marin

Cette jeune fille aux longs cheveux vous fera stresser plus d’une fois

Des étoiles plein les yeux

Le moteur Unity fait ici des merveilles. Tout d’abord, aucun ralentissement n’a été à déplorer, et ça, ça fait plaisir dans un jeu, surtout sur Xbox One. Ensuite, le titre est beau. Attention, il n’est pas beau comme un Battlefield 1 peut être joli avec son moteur Frostbite non. Inside possède une direction artistique absolument superbe et nous propose des graphismes en 2.5D au style épuré, lisse, qui nous font parfois penser à un film d’animation. Inside nous emmène tantôt dans un décor gigantesque, qui écrase de sa grandeur le personnage, tantôt dans un monde sous-marin ou bien encore dans une ferme qui nous met plus mal à l’aise qu’autre chose. Notre petit héros semble même se mouvoir comme un être humain grâce au superbe boulot apporté à la physique du jeu. Une physique ultra réaliste sur laquelle seront basées quelques énigmes. Celles-ci sont d’ailleurs toutes plus intelligentes les unes que les autres. Playdead a une nouvelle fois fait un travail extraordinaire. Elles mettent à l’épreuve nos capacités intellectuelles et d’observation, mais aussi notre capacité à respecter un timing ultra serré qui, à une seconde près, peut vous valoir une nouvelle mort douloureuse, ou la réussite du passage. On stressera par moment, on restera, main sur le menton pendant quelques minutes à d’autres, pour trouver la façon d’avancer. Mais jamais on ne reste coincé bien longtemps sur un obstacle. Ceux-ci se passent souvent presque naturellement. Encore plus naturellement pour les habitués de Limbo ou de ce genre de jeux.
Lorsqu’une énigme est réussie (ou sur le point de l’être), parfois, quelques notes de musique s’activent, sublimant l’endroit dans lequel on se trouve ou soulignant l’action qui s’y passe. Un travail de composition minime mais très réussi tant celles-ci nous apportent émotions et dépaysement. Le reste de la bande son du jeu n’est que bruits de pas, de gouttes d’eau, de discussions lointaines ou de grincements de structures en fer. Encore une fois, Playdead reste dans le minimalisme mais qui apporte surement plus que si une bande-originale avait été créée pour tout le titre.

Et ce n’est pas fini ! Inside possède un gameplay de grande qualité également qui, sans révolutionner le genre, permet d’accentuer la fluidité du titre. Le petit bonhomme au pull rouge répond au doigt et à l’œil à nos sollicitations, sans aucune latence et sans bugs de collision. On n’est jamais à tomber dans un trou parce que le personnage a mis un peu de temps à s’arrêter, on n’est jamais à devoir repasser devant une échelle encore et encore parce que le héros refuse de s’y accrocher. Tout se fait le plus naturellement du monde. C’est tout ? Les arguments sont un peu courts non ? Je vous répondrai que oui, mais qu’ils ne sont que là pour vous donner une petite idée de ce qui vous attend dans ce titre grandiose qui parvient à nous transporter dans un monde plus dur, plus mature quand dans bon nombre d’autres productions. Si on voulait chipoter on aurait pu revenir sur les décors parfois un peu trop sombres qui cachent un mécanisme ou une porte. Mais la qualité générale du titre vaut bien qu’on ne s’y attarde pas.


Inside est une vraie pépite. Une pépite du jeu indé comme on en voit peu. Une pépite de narration comme j’en ai rarement vu. Le titre de Playdead m’a happé dans son univers brutal et sans concession en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « What the fuck ? ». Oui le jeu des danois pourrait en perdre certains par son côté perché par moments. Mais chaque arrière-plan, aussi glauque soit-il, chaque action, aussi étrange soit-elle, construisent l’histoire et permettent d’en comprendre les enjeux. Inside est beau, Inside est attachant, Inside est exigeant mentalement. Bref, je ne l’ai pas assez dit (ou peut-être trop ?) Inside est une perle, voire un chef d’œuvre qui se rejouera sans problème une fois l’aventure terminée une fois, ne serait-ce que pour faire plus attention aux détails et se forger une idée plus solide de l’histoire. N’hésitez pas, foncez le prendre sur Xbox One ou Steam, vous ne le regretterez absolument pas.
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Inside

Les plus
  • Une aventure très noire
  • C'est très beau
  • La narration par les décors très bien fichue
  • Des énigmes intelligentes
  • Un gameplay au poil
  • C'est fluide
  • Pas de chargements
Les moins
  • Un peu trop sombre parfois
  • On en veut encore !
9.5 10