legion beta preview

Après la chute spectaculaire d’abonnés les mois qui ont suivi la sortie de Warlords of Draenor, Blizzard savait qu’il jouait gros pour sa prochaine extension sur World of Warcraft, Legion. Alors le studio a sorti l’artillerie lourde : le retour en grandes pompes d’Illidan Hurlorage, tué par les joueurs durant The Burning Crusade et l’arrivée d’une classe attendue depuis des années, le chasseur de démons.

World of Warcraft va fêter ses douze années d’existence cette année et reste toujours le MMORPG de référence. Mais il ne faut pas se bercer d’illusions, son âge d’or est loin derrière lui et nous approchons de la fin, aussi bien du côté du scénario que du côté commercial. Après avoir tenté la nouveauté avec Mists of Pandaria puis la nostalgie avec Warlords of Draenor, Blizzard joue cette fois la sécurité avec une valeur sûre, l’ennemi de toujours d’Azeroth, la Légion Ardente. Le but avoué de ces deux dernières extensions est d’essayer de ramener dans son giron les anciens joueurs qui ont été nombreux à quitter le jeu lors de Cataclysm et Mists of Pandaria. Reste à savoir si de belles régions et des personnages emblématiques seront suffisants pour redonner un second souffle à un jeu en train de mourir de sa plus ou moins belle mort.

Attention, cette preview peut contenir des spoilers à propos du déroulement de l’histoire.


World of Warcraft Legion – Cinématique d’ouverture par CooldownTV

Vous n’êtes pas prêts

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Bienvenue sur Mardum

Parmi les nouveautés les plus attendues de cette extension se trouve bien sûr le chasseur de démons, la nouvelle classe héroïque. Cette classe ne peut être jouée que par des elfes de sang et elfes de la nuit, étant les seules races dont certains représentants ont suivi Illidan dans l’histoire du jeu (même si les développeurs n’ont pas exclu qu’elle puisse être jouable par d’autres races par la suite). En tant que chasseur de démons, vous commencez au niveau 98 dans la région de Mardum. Vous y avez été envoyé par Illidan lui-même dans le but de retrouver la clé sargerite, une clé créée par Sargeras, à l’époque où il servait encore le Panthéon des Titans, pour empêcher les démons enfermés sur Mardum de s’échapper. Lorsque le champion des Titans succomba à la corruption des Nathrezims, la région explosa et la Légion Ardente fut fondée. Illidan a donc envoyé ses Illidaris récupérer l’artefact dans le but de l’utiliser pour envahir les mondes de la Légion Ardente. Mais c’était sans compter sur les personnages joueurs que nous étions à l’époque. Car la première partie des quêtes des chasseurs de démons se déroule durant The Burning Crusade et montre les véritables plans d’Illidan à ce moment alors que nous étions en train d’envahir le Temple Noir pour l’éliminer. Et la suite vous la connaissez, les cendrelangues d’Akama qui se retournent contre le chasseur de démons, la défaite de celui-ci face aux forces de la Horde et de l’Alliance et par conséquence, l’échec du plan contre la Légion Ardente. La deuxième partie se déroule elle au moment de Legion alors que les Gardiennes prennent la décision de libérer les Illidaris face au retour de la menace démoniaque et surtout de Gul’Dan, qui cherche à s’emparer du corps d’Illidan (que Maiev, en bonne obsessionnelle, avait décidé de récupérer). Il revient donc à votre personnage la charge de diriger les forces illidaries afin de mener enfin à bien la mission qui vous avait été confiée des années auparavant.

Les chasseurs de démons sont des combattants au corps à corps ne possédant que deux spécialisations, contrairement aux autres classes qui en possèdent trois voire quatre dans le cas du druide. Vous devrez donc choisir entre Dévastation, la spécialisation dps et Vengeance, la spécialisation tank. On se rend très vite compte que ce choix de limiter cette classe à deux spécialisations est autant un manque d’imagination de la part des développeurs qu’une volonté de pas plus empiéter sur le démoniste, qui se trouve déjà amputé de sa Métamorphose en démonologie. Cependant, si cette décision a pu en faire tiquer plus d’un lors de l’annonce, une fois en jeu elle n’est pas vraiment un handicap. En effet dans Legion, s’il sera plus facile de changer rapidement de spécialisation hors combat, il sera beaucoup plus dur d’être optimisé pour chacune d’entre elles à cause de la mécanique des armes prodigieuses, sur lesquelles nous reviendrons plus tard. De plus, les deux spécialisations occupant des rôles différents, les possibilités sont assez variées pour passer outre ce manquement. En combat, cette classe utilise deux nouvelles ressources, la Fureur pour les DPS et la Souffrance pour les Tanks, qui fonctionnent de la même manière que la Rage pour les guerriers : vous pouvez en gagner grâce à certaines techniques, la consommer pour en utiliser d’autres plus puissantes et elle diminue lorsque vous êtes hors combat. Ce qui rend vraiment le chasseur de démons plaisant à jouer, c’est sa grande mobilité. Il possède une panoplie de compétences qui le rendront particulièrement irritant pour ses adversaires, notamment en PvP. On peut citer par exemple le double saut, sa Ruée Fulgurante qui le fait se déplacer de plusieurs mètres en avant ou encore sa Retraite Vengeresse qui le fait reculer d’un bond pour échapper au combat. Ses pouvoirs démoniaques lui donnent accès à une vision spectrale qui lui permet de détecter les ennemis invisibles à proximité et qui ne manquera pas d’irriter les voleurs, d’autant plus que le chasseur de démons peut lui-même se rendre invisible avec ses alliés toutes les trois minutes. Malheureusement, cette partie plaisante du gameplay est contrebalancé par un défaut qui sera inhérent à toutes les classes dans cette nouvelle extension, le manque de sorts. Au fur et à mesure des extensions, dans un souci de simplification et d’efficacité, Blizzard n’a eu de cesse de modifier, d’ajouter mais surtout de supprimer certains talents et sorts. Legion n’échappe pas à la règle et nos barres de sorts sont la plupart du temps tristement vides.

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Un semi-démon ne serait rien sans ses ailes

Niveau design, les chasseurs de démons sont sans surprise et c’est très bien comme ça : on retrouve leurs emblématiques tatouages, cornes et bandeaux qu’il est possible de personnaliser lors de la création de votre personnage. A l’instar des chevaliers de la mort, leurs voix sont modifiées et ils possèdent des couleurs de peau exclusives, dans les tons violacées, qui rajoutent des abdos saillants à votre combattant semi-démoniaque. Mais si vous n’aimez pas le vert, passez votre chemin : tout ce qui est corrompu est vert dans le monde de Warcraft et les chasseurs de démons tirent leurs pouvoirs de la corruption démoniaque. Cette couleur est donc omniprésente, de la zone de départ jusqu’au domaine de classe en passant par leurs sorts qui génèrent pour certains du feu gangrené. Les armes prodigieuses des chasseurs de démons sont bien entendus des glaives, les Lames jumelles du Trompeur pour la spécialisation Dévastation et les Lames de guerre Aldrachi pour la spécialisation Vengeance. Illidan se rappellera à votre bon souvenir jusque dans la musique, où son thème est régulièrement repris dès qu’on se trouve dans un lieu lié aux chasseurs de démons. Rien n’a donc été laissé au hasard et ces petits détails raviront tous les fans de ces guerriers entre ombre et lumière.

Brace yourself, the Burning Legion is coming

En plus d’une nouvelle race, Legion introduit un nouveau continent, les Iles Brisées au large du Maelström. Les joueurs débarquent sur ce petit continent par le Rivage Brisé, où se déroule le scénario d’introduction de l’extension qui pose les bases de l’histoire et justifie notamment la continuité du conflit Horde/Alliance malgré une menace bien plus grande. Outre le Rivage Brisé, les Iles Brisées sont composées de cinq régions, Haut-Roc, Tornheim, Val’Sharah, Azsuna et Suramar. De nouvelles régions qui ne paraissent pas si nouvelles que ça à certains moments, tant les ennemis et PNJ amicaux rencontrés sont déjà bien connus des joueurs de World of Warcraft. Vous y côtoierez par exemple des satyres, des nagas, des Vrykuls et aurez même le plaisir (ou pas) de retrouver le fameux Hemet Nesingwary présent à chaque extension. La similitude avec d’autres lieux d’Azeroth va jusqu’à la musique, comme celle de Tornheim qui est très proche du thème des Grisonnes. Même la nouvelle capitale, feature présente à chaque extension, n’a rien de nouveau : on retrouve Dalaran pratiquement inchangée par rapport à Wrath of the Lich King. De nouveaux lieux ont quand même fait leur apparition au sein de la ville comme la Chambre du Gardien, une zone PVP dans les Entrailles et les entrées pour les différents domaines de classe. Malgré tout, les nouvelles zones de Legion sont une bouffée d’air frais après plusieurs extensions centrées sur les orcs et leur esthétique, avec un coup de cœur personnel pour Suramar, une région elfique où chaque lieu paraît encore plus enchanteur que le précédent.

Du côté de la montée en niveau, à part Suramar qui est une région de niveau 110, les quatre autres régions sont « flexibles » : vous pourrez choisir l’ordre dans lequel vous désirez les explorer car les ennemis de chaque zone ainsi que les récompenses de quêtes associées s’adapteront à votre niveau. Ce système était déjà présent avec les excursions temporelles mais à Legion, ce sera la première fois que Blizzard utilise le scaling pour la montée en niveau. Et le résultat est plutôt intéressant, avec un monde qui continue de réagir à votre présence même lorsque vous avez atteint le niveau maximum. Cette amélioration est d’autant plus importante que les joueurs seront amenés à revisiter régulièrement les différentes régions avec le système des expéditions. Ces dernières sont de petites missions que les joueurs de niveau maximum seront amenés à réaliser pour le compte d’une faction dans un temps plus ou moins limité. Elles pourront aussi bien être des quêtes classiques consistant à tuer x ennemis que des activités liées aux métiers, au combat de mascottes ou encore des énigmes à résoudre. Chaque expédition achevée procure de diverses récompenses et tous les trois jours, une faction différente vous demandera d’en compléter quatre de votre choix pour leur compte, en vous donnant en retour une cache d’objets rare ainsi que de nombreux points de réputation. Le système est séduisant, surtout que Blizzard promet une grande variété dans les missions avec plus d’une centaine d’expéditions différentes. Cependant dans les MMORPG, les bonnes idées sont définies par leur résistance au temps et il faudra attendre plusieurs mois après la sortie officielle de l’extension pour juger de l’intérêt de ce nouveau système face aux classiques quêtes quotidiennes.

L’esthétique elfique fait son retour à Suramar

Du travail, encore du travail…

Warlords of Draenor a vu l’apparition d’un nouveau lieu pour chaque personnage, le fief. Censé répondre aux demandes incessantes des joueurs qui réclamaient depuis des années un système d’housing, il avait fini par s’attirer l’ire de nombre d’entre eux. Il est vrai que le fief possédait plusieurs défauts : il était quasi-indispensable pour espérer monter de niveau ou monter son métier et les récompenses procurées par les missions étaient tellement importantes que l’on passait plus de temps à s’occuper de ses sujets dans son fief qu’à explorer Draenor. La société a donc assuré avoir entendu les critiques et corrigé le tir pour Legion avec les domaines de classe. Vous y retrouverez le même principe de missions et sujets, mais à une plus petite échelle avec des missions plus longues et beaucoup moins de sujets à recruter dans le monde. Elles serviront souvent un but plus important que de vous donner du stuff sans effort, en faisant avancer l’histoire de votre classe par exemple. De plus, vous n’y serez plus seuls, le lieu est partagé par tous les membres de votre classe ; moyen pour le côté RP mais bon pour le social. Blizzard a donc bien tenu sa promesse de ce côté-là, on passe finalement très peu de temps dans son domaine qui n’est essentiel que pour récupérer des quêtes et améliorer son arme prodigieuse.

Les domaines des chasseurs de démons et des voleurs, fidèles à leur image

Parlons justement de ces dernières. Les armes prodigieuses remplacent l’objet légendaire que l’on faisait monter en puissance ces dernières extensions grâce à des suites de quêtes, assez fastidieuses il faut l’avouer, et des visites répétées en raid. Chaque spécialisation de chaque classe a son arme dédiée, souvent reliée à un personnage ou moment emblématique de Warcraft. Nous pouvons citer, pour les plus connues d’entre elles, Porte Cendres ou Marteau du Destin, des armes portées par plusieurs propriétaires prestigieux comme Tirion Fordring et Thrall. L’idée de donner aux joueurs la possibilité d’équiper ces armes a fait grincer des dents dans la communauté qui voit d’un assez mauvais œil que tout le monde se balade en Azeroth avec une arme censée être unique. A part cette considération d’ordre roleplay, les armes prodigieuses possèdent un autre défaut majeur qui impacte cette fois le gameplay. Votre arme possède sa propre barre d’expérience qui correspond en fait à la puissance prodigieuse accumulée et qui, une fois remplie, vous permet de choisir une amélioration dans l’arbre de talents dédié. Plus votre arme monte en niveau, plus la puissance prodigieuse nécessaire pour choisir un nouveau talent est élevée. C’est là que se trouve le grand paradoxe de Legion. S’il est plus facile de changer de spécialisation et de talents à l’envi (il suffit de se trouver dans une zone de repos), la mécanique des armes prodigieuses empêche d’être optimisé sur plusieurs d’entre elles. Il est possible de faire les quêtes pour en posséder une deuxième mais vous devrez alors partager la puissance prodigieuse gagnée entre vos deux armes et sacrifier certains talents qui pourraient être utiles. Cette façon de faire est d’autant plus un défaut lorsque l’on connaît l’habitude qu’ont les développeurs de faire des modifications à la hache sur les classes. De plus, contrairement à ce qui avait été promis, les talents des armes prodigieuses ne suffiront pas à remplir nos barres de sorts, la plupart des ajouts étant des améliorations passives. Malgré tout, ces armes ont permis le retour et l’amélioration d’une fonctionnalité qui avait manqué, les quêtes de classes. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de les connaître, les quêtes de classe étaient des quêtes qui permettaient de débloquer certains sorts lors de votre montée en niveau. Par exemple, les démonistes devaient remplir des objectifs pour obtenir leurs démons ou leur monture. Ici, pas de sorts à débloquer mais une campagne qui s’attarde plus longuement sur l’histoire de chaque classe et de leurs représentants les plus célèbres. Rien qui ne révolutionnera votre style de jeu mais chaque ajout scénaristique est appréciable dans un jeu qui commençait à perdre son identité.


Il est toujours dur de se prononcer sur une extension d’un MMORPG, surtout en phase de bêta car la présence de nos compagnons de jeu est souvent ce qui permet de rendre l’expérience plus plaisante. On peut néanmoins saluer l’effort de Blizzard au niveau de la narration et de l’avancée de l’histoire, malgré quelques pirouettes scénaristiques proches de l’incohérence pour expliquer la présence de certains héros. Dommage que cela se soit fait au détriment du gameplay qui se retrouve encore une fois appauvri, même si les classes possèdent en contrepartie une identité plus forte. Mais l’ultime test pour Legion sera celui du temps car ce qui peut faire rêver lors de la sortie devient vite irritant quand il s’agit du seul contenu pendant des mois. On vous conseille malgré tout de tester Legion, ne serait-ce que les premiers mois, car la montée en niveau reste très agréable et la présence des chasseurs de démons justifie à elle seule les 45 euros demandés.

Legion

Legion

Les plus
  • Illidan
  • Le flex pour les zones de quêtes
  • La quasi-absence des orcs
  • L'absence d'un fief 2.0
  • La (toujours) superbe B.O
  • La scénarisation des quêtes
Les moins
  • La suppression massive de sorts
  • La limitation officieuse à une spécialisation
  • Le recyclage de zones et PNJ