Mario Kart 8 Deluxe

Fraîchement débarquée le 3 mars dernier, soit il y a tout juste deux petits mois, la Nintendo Switch avait déjà trouvé près de trois millions d’acquéreurs quatre semaines après son lancement. Un chiffre qui ne vous évoque peut-être pas grand chose à coté des dizaines de millions de ventes qu’ont accumulées la Xbox One et la PlayStation 4 au fil des ans par exemple, mais qui prend toute son importance une fois considérés les catastrophiques résultats de la Wii U. Idem, le succès de la Switch pourrait presque être résumé au fait que Big N distribuait en mars quasiment un million de consoles supplémentaires à ses prévisions. En définitive, l’histoire n’est peut-être pas écrite, et pourtant tout semble déjà sourire à cette machine hybride, à la fois support de salon et portable, qui sortait accompagnée d’un autre grand succès, j’ai nommé The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Toutefois, sa bibliothèque est encore très loin de disposer d’arguments suffisamment solides, d’où une certaine attente insoutenable autour de bon nombre de licences, tout particulièrement celles estampillées Nintendo cela va de soi. Premier titre d’une liste que l’on espère longue, plus longue que les 16 misérables exclusivités de la Wii U en tout cas, Mario Kart 8 Deluxe sortait le 28 avril dernier, et promettait beaucoup.

Initialement paru sur Wii U en mai 2014, Mario Kart 8 était une véritable petite bombe, du moins en comparaison à la bibliothèque insipide de la console. Enfin ne soyons pas mauvaises langues, il s’agissait bien d’un must have, au même titre que l’étaient Bayonetta 2 ou encore Xenoblade Chronicles X dans d’autres registres, en témoignent d’ailleurs ses chiffres de vente énormes en comparaison aux autres titres du support, s’élevant à plus de huit millions de copies écoulées. Eh oui, tout de même, plus de la moitié des chiffres de la Wii U, qui s’est hissée difficilement jusqu’à la barre des 13 millions… Mais trêve de flagellation peu dissimulée, alors que ce support déchu prend doucement place en enfer, voilà que débarque sur la belle Nintendo Switch un certain Mario Kart 8 Deluxe. Une édition retouchée et pourvue de plus de contenu, avec en prime la possibilité d’être jouée là où le vent portera ce nouveau support hybride, à plusieurs comme en solo.

 

Petit retour en arrière

Mario Kart 8 Deluxe

L’effet anti-gravité n’apporte finalement pas grand chose

Partons du principe que vous n’avez jamais touché à l’édition originale de Mario Kart 8. Ne le prenez surtout pas mal, mais soyons pragmatiques : au vu de ses 13 misérables millions de copies écoulées (dans le monde, soyons clairs), je doute fort que beaucoup d’entre vous aient en leur possession une Wii U. Et c’est d’ailleurs très bien comme ça, puisque ce véritable échec commercial à la bibliothèque pathétique aura même finit par être délaissé par son constructeur, qui ne lui aura accordé qu’une poignée d’exclusivités. Pourtant, chez Nintendo, c’est justement les exclusivités qui intéressent, au delà des concepts nouveaux que proposent chacune de ses consoles depuis la DS et la Wii. Ainsi, j’imagine que si vous ne connaissez rien de cette édition Deluxe, il en va de même pour la version originale de Mario Kart 8, je reprendrais donc tout depuis le début, n’en déplaise aux puristes. Ceux-ci peuvent d’ailleurs passer directement à la section suivante s’ils souhaitent entendre parler plus particulièrement de ce qu’offre la version Switch, qui n’a d’ailleurs pas lésiné sur les modifications et sur les ajouts.

Mario Kart 8 Deluxe

Le nombre de personnages est juste dingue !

Comme chaque épisode, celui-ci a droit à sa petite particularité. Outre le fait qu’il s’agisse du tout premier Mario Kart en HD, ce sur quoi nous reviendrons plus amplement par la suite, ce huitième opus propose de jouer avec la gravité, en proposant souvent des loopings ou des passages impossibles à réaliser avec de simples roues. Ces dernières se replient pour l’occasion, laissant place à quelque instrument de science fiction permettant de rester accroché au circuit, ce qui donne parfois lieu à des retournements de tête sympathiques. Reste que malheureusement ce petit plus se révèle sous exploité, permettant simplement aux tracés d’avoir droit à plusieurs chemins (dont pas mal de raccourcis pas toujours aisés à dénicher, il faut bien le reconnaître), tandis qu’il aurait pu apporter beaucoup plus. Pourquoi la caméra suit-elle toujours le circuit par exemple ? Il aurait été assez fun qu’en jouant avec la gravité, le jeu joue aussi avec notre perception. Enfin bon, il ne s’agit là que d’un point de détail, et finalement le réel problème n’est pas là, mais plutôt dans la trop grande facilité de ce Mario Kart 8.

Mario Kart 8 Deluxe

Il fallait bien que les Ammibo servent à quelque chose

Je vous voie déjà venir : non la série n’est évidemment pas connue pour sa grande difficulté. Et c’est fort logique, puisque Mario Kart est une licence presque entièrement dédiée au multijoueur, et donc conçue pour être accessible à tous. Toutefois, le fait est que certains épisodes étaient plutôt techniques, ou du moins plus que ce à quoi nous ont habitué les opus 3DS et Wii U depuis, notamment l’indispensable Double Dash sur Gamecube. Idem, l’affluence de carapaces bleues et autres pièges tordus étaient, par le passé, bien plus conséquente. Mario Kart 8, quant à lui, propose une recette moins frustrante, avec des objets plus variés, mais aussi une IA beaucoup moins agressive que sur Wii, et surtout des circuits très larges. Un détail qui, en somme, plaira aux dingos du dérapage, qui reprend d’ailleurs exactement la même formule que Mario Kart 7, puisqu’il sera possible de glisser sur l’asphalte bien plus souvent et longtemps. Toutefois, force est de constater que l’impression de vitesse en est quelque peu amoindrie (mais améliorée dans cette édition Switch), mais aussi qu’on a beaucoup moins de mal à éviter les pièges qu’auparavant. En somme, la recette est très similaire à l’épisode 3DS, avec en outre le retour du deltaplane et des phases sous-marines, ainsi que des pièces.

 

Vers le Mario Kart ultime

Mario Kart 8 Deluxe

On peut à tout moment activer ou désactiver la conduite assistée

Si de base, Mario Kart 8 n’était pas avare en contenu, bien que le solo se boucle aisément en moins de six minuscules heures de jeu, il va de soi que cette édition Deluxe n’est pas en reste, puisqu’en plus de ses nombreux ajouts elle dispose de tout le contenu apparu en DLC sur Wii U. En plus des 32 circuits disponibles sur la galette d’origine, correspondant plus ou moins à un best-of des nombreux tracés des opus précédents couplés à quelques nouveaux, la Switch se dote de pas moins de 16 supplémentaires, sans nécessiter de téléchargement ou de paiement en sus. Parmi eux, quelques petites perles, mais aussi de vibrants hommages à d’autres séries du constructeur nippon (jamais je ne t’oublierais F-Zero !). Ajoutez à cela quelques nouveaux personnages, notamment issus de Splatoon, de nouveaux éléments de personnalisation des Kartings, la possibilité de jouer les circuits en miroir (comprenez en inversé), mais n’oublions pas non plus les modes Contre-la-montre, course VS et Bataille (ce dernier ayant été ajusté depuis la galette Wii U, pour notre plus grand plaisir) ; et vous obtenez d’emblée un contenu énorme, bien plus conséquent que ce à quoi la série nous avait habitué jusqu’ici.

Mario Kart 8 Deluxe

C’est le retour du deltaplane !

Un contenu qui n’aurait bien évidemment que peu de sens sans le multijoueur, le nerf de la série de Nintendo, son intérêt premier. Et autant vous dire que, s’il était déjà très réussi dans l’épisode original, il est encore meilleur dans l’édition Deluxe. D’abord parce que le mode Bataille a totalement été revu. La galette Wii U y proposait en effet de se livrer à des affrontements sur de véritables circuits, ceux-là même sur lesquels se déroulaient les Grands Prix, et le développeur a eu la décence de réaliser de véritables arènes à l’occasion de son arrivée sur Switch. Une riche idée, qui rend ce mode (très complet au passage, avec cinq modes de jeu intégrés) véritablement fun, même en solo. Du reste, le online permet toujours de jouer à deux sur le même support, ça c’est la classe intersidérale, et il est bien entendu possible de s’adonner à des parties jusqu’à quatre sur un téléviseur. Et si je précise bien « téléviseur », c’est parce qu’il est bien entendu possible, grâce à ce nouveau et merveilleux support, de jouer sur la tablette, seul ou à deux (bien qu’il est vrai que l’écran splitté affecte pas mal la visibilité), et même de réaliser des parties jusqu’à 8 en local, à condition bien sûr d’avoir chacun sa console et sa cartouche. Enfin la portabilité de la Switch trouve un sens !

Mario Kart 8 Deluxe

Certains objets sont quand même assez farfelus

Au delà de ça, Mario Kart 8 Deluxe a subit pas mal de petites transformations, qui ne sautent pas forcément aux yeux mais changent tout de même pas mal l’expérience de jeu. Ainsi, dans l’optique de le rendre encore plus accessible, Nintendo lui a implanté un système de conduite assistée (empêchant par exemple de se jeter soi-même contre les murs) et de régulation automatique de la vitesse (pas besoin de vous faire un dessin je pense). Dommage qu’au contraire, le développeur n’ait pas eu l’idée d’intégrer de quoi rendre les parties plus complexes, mais passons. Au passage, ces deux systèmes sont activés de base, attention donc si vous ne souhaitez pas vous faire materner par votre jeu. Les mordus de dérapages ont aussi droit à un troisième niveau de turbo, le violet, plus long à déclencher bien évidemment, ce qui n’est finalement pas un problème, rapport à la grande largeur des circuits, nouveaux comme anciens. Enfin, petit retour sur Double Dash (dont le circuit sur le bateau a été délaissé, sniff sniff) avec la possibilité d’embarquer jusqu’à deux objets simultanément. Dommage que, contrairement à ce classique de la Gamecube, il ne soit pas possible de switcher entre chaque.

 

Techniquement au top

Vient maintenant le moment fatidique de constater l’état graphique de cette version Switch. Car s’il est bien quelque chose qui aura fait grincer des dents et couler de l’encre, c’est la puissance technique de la dernière née de Nintendo. Il faut dire que les nombreux soucis présentés par The Legend of Zelda : Breath of the Wild, au delà de son aspect visuel exceptionnel, n’ont pas aidé à mettre en confiance quant à l’avenir de la console (même si, depuis, une grosse mise à jour a corrigé la plupart des problèmes). Bien loin de ses concurrentes directes, la PlayStation 4 et la Xbox One, ce support hybride n’atteindra jamais la 4K, et le 1080p y était jusqu’ici une légende. Jusqu’ici en effet, puisque Mario Kart 8 Deluxe est la première exception, et force est de constater qu’il tourne merveilleusement bien à ce régime sur un téléviseur. Déjà très beau sur Wii U, le titre se permet d’être plus lisse sur Switch, et même de corriger quelque peu l’impression de vitesse ratée de l’épisode d’origine, cerise sur le gâteau. Reste que sur la tablette, bridée je le rappelle à 720p, le tout est là encore très joli et fluide, même en multijoueur, local ou en ligne ! Quant à l’aspect musical de cet épisode, on aime ou non, mais il paraît évident qu’un travail tout particulier a été réalisé sur les sonorités, et il faut reconnaître que le tout rend vraiment très bien.

Pour qui :

Pour les possesseurs de Switch : ça vous paraît peut-être bête à lire, et pourtant si vous possédez une Switch alors on vous conseille de foncer tête baissée, puisqu’il s’agit bien du second Must Have de la dernière née de Nintendo.

Pour les amoureux de la licence : Mario Kart 8 Deluxe est en quelque sorte le Mario Kart Ultime, avec un contenu tout bonnement énorme, de nombreux modes, mais aussi la possibilité d’être joué sur un téléviseur ou emmené partout.

Pour ceux qui cherchent un jeu multi sur Switch : Si nous avions déjà eu droit à Fast RMX coté jeu multijoueur fun (tandis que 1-2 Switch montrait vite ses limites), Mario Kart 8 Deluxe est toutefois un cran au dessus, un véritable condensé d’amusement.


 

Ne passons pas par quatre chemins : Mario Kart 8 Deluxe est une véritable perle. Bien que les ajouts ne légitiment pas l’achat de cette nouvelle version dans le cas où l’on détient déjà l’édition Wii U, le fait qu’elle puisse être emmenée partout, jouée à quatre sur un téléviseur et jusqu’à huit en local en fait un indispensable pour tout possesseur de Switch. Si l’on regrettera bien évidemment qu’il ne s’agisse pas d’un nouvel épisode, son contenu énorme nous le fait vite oublier, d’autant que l’on tient ici un véritable jeu multijoueur donnant tout son sens à la portabilité de la console. En un mot comme en cent, Mario Kart 8 Deluxe est un condensé de fun que l’on conseille à tout le monde.

Test réalisé grâce à une version fournie par l’éditeur.

Mario Kart 8 Deluxe

Mario Kart 8 Deluxe

Les plus
  • Un condensé de fun
  • Du contenu à gogo
  • Les quelques petits ajouts
  • Magnifique
  • Jouable à 4 sur un téléviseur, et à 8 en local
  • Jusqu'à 2 joueurs online sur la même console
Les moins
  • Trop facile
  • Des circuits manquant toujours un poil de technicité
8 10