Mass Effect Andromeda test titre

En 2012, les fans de Mass effect vivaient avec un pincement au cœur les dernières aventures du commandant Shepard. Si, comme moi, vous avez fait l’aventure depuis le premier, la séparation fut difficile. La faute à une aventure épique qui a su impliquer personnellement le joueur. Une formule gagnante qui fait la force de ce space opéra. 5 ans après, le retour de Mass Effect sur nos écrans est un vrai bonheur mais va t-on ressentir le climax des premiers épisodes ?

Mass Effect Andromeda, teasé avec un grand soin avant finalement de se dévoiler quelques mois avant sa sortie, est un jeu qui porte sur lui beaucoup d’espoir . Comment Bioware va t-il réussir à relancer la machine après avoir conclu la première saga Mass Effect ? Tout le problème est là . Quelques mois avant sa sortie, la bête a laissé échapper quelques alertes concernant son univers mais surtout sur son gameplay et son aspect technique. La voilà entre nos mains et le sentiment éprouvé est étrange. D’un côté Mass Effect Andromeda nous éblouit et nous fait vivre de grands moments de jeu et de l’autre il déçoit. Finalement, tout va dépendre de votre capacité à fermer les yeux sur les ratures d’une copie qui aurait pu être bien meilleure.

Hibernatus Effect

Mass Effect Andromeda souhaite faire table rase du passé. Le jeu se veut clairement un nouveau départ pour la saga tout en gardant ce qui fait son ADN, à savoir son lore (plutôt bien fourni d’ailleurs). Il faut donc dire adieu aux Reapers et à la voie lactée. Place à un saut dans le temps de 634 ans pour le projet initiative Andromède à savoir la colonisation d’une galaxie lointaine, très lointaine… Un peu trop d’ailleurs car en 634 ans, les choses ont bien évolué par rapport aux données de bases qui faisaient d’Andromède un havre de paix et de survie pour des races menacées d’extinction.

Dès les premières minutes le problème est posé : le voyage en hibernation a été long et les mondes en or devant permettre aux races de l’espace concilien d’y vivre ne sont plus viables. Des aliens peu sympathiques, les kert, ne souhaitent pas laisser les colons s’installer tranquillement et poser leur canapé volant sur ces planètes. D’étranges vestiges extraterrestres, les reliquats, semblent les intéresser. Un peu à la manière du premier Mass Effect, le jeu ne perd pas de temps pour nous placer dans l’action avant de se calmer pour nous permettre de visiter et de faire connaissance avec notre nouvel avatar.

Adieu, Commandant Shepard et bonjour aux membres de la famille Ryder, frère ou sœur selon votre choix initial. On retrouve une interface complète qui permet de multiples options de personnalisations de votre héros lors de sa création. Il n’est pas un commandant mais un pionnier sans la casquette en peau de castor mais avec une armure dernière génération et une IA dans la tête (Qui a dit IDA ?) . Votre mission est de coloniser des planètes tout en résolvant les mystères de la galaxie d’Andromède. Original et ça change du sauvetage de l’espace concilien. Après tout, on ne peut pas être Bruce Willis tous les jours.

A l’aide du Nexus, une base géante qui ressemble à la citadelle et surtout du Tempest vous endossez le rôle du pionnier chargé de reconnaître les mondes habitables. Une tâche difficile et un brin rébarbative à la longue car si votre exploration est ponctuée d’événements et d’intervention des kerts, globalement on a un peu l’impression de faire toujours la même chose et le mystère ne fait que s’épaissir là où des réponses sont parfois attendues. D’autant que le jeu est basé sur un faux rythme : ça démarre fort pour mieux retomber par la suite avant de s’accélérer pour notre plus grand plaisir.

Mass Effect Andromeda test colonie

Le genre de moments qui nous font aimer ME Andromeda

On sent la volonté de Bioware de tourner la page de la première saga. C’est un pari en parti réussi pour Mass Effect Andromeda puisque l’univers et l’objectif du joueur sont différents mais en même temps, on ne peut pas s’empêcher de penser à son aîné et de faire la comparaison. L’avantage est clairement à Mass Effect premier du nom qui avait ce je ne sais quoi de plus prenant.

Witcher Effect

L’écriture du scénario, voilà un combat que les développeurs veulent mener à pied et à l’épée depuis que certains (Suivez mon regard !) en ont fait un argument de vente. Mass Effect Andromeda cherche donc à faire aussi bien que la concurrence mais le résultat est plutôt mitigé.

On retrouve de nombreux personnages qui viennent rejoindre l’équipe mais leur charisme est très inégal. Bioware essaye de faire du neuf avec de l’ancien. Force est de constater qu’oublier la team Shepard est très difficile avec la Team Ryder. On retrouve une asari, une turienne (enfin), des humains dont une biotique plutôt sexy, un krogan (oh ! un homme !) … Nouveauté ou remake de la team Shepard ? On est en droit de se poser la question. Enfin tout le monde trouve de quoi se satisfaire car j’imagine les fans des krogans pester si on ne leur permet pas d’avoir un digne représentant dans l’équipe (Wrex quand tu nous tiens !). Le pire vient de leur histoire personnelle, tantôt intéressante, tantôt banale voir insignifiante un peu comme celle de James dans Mass Effect 3, le mec débarqué d’on ne sait où, avec son physique de bodybuilder et un pois chiche dans la tête. Ici, ce sont presque tous les personnages qui sont touchés par le phénomène mais certains comme Peebee arrive à tirer leur épingle du jeu mais plus par leurs réparties que par leur personnalité ultra attachante. Là, aussi la comparaison revient vite avec les anciens Mass Effect.

Mass Effect Andromeda Peebee test

Peebee est amusante pour une asari .

L’écriture globale du titre est tout aussi mitigée, oscillant entre le côté épique propre à la saga, capable de nous scotcher durant certaines séquences et une mollesse dans le rythme parfois nécessaire mais surtout pénalisante. L’histoire se développe autour d’une mystérieuse civilisation très avancée et des kerts. Les deux sont assez finement amenés et rendent l’histoire passionnante, en tout cas pour ceux qui aiment résoudre des mystères mais une fois qu’on s’éloigne de ce cheminement, on retombe sur des quêtes (tâches) d’une banalité sans nom. Aller voir untel, parler à un autre, ramasser, tuer…. Des quêtes qui sont proches de la profondeur de Mass Effect premier du nom. Personnellement, cela ne me gêne pas outre mesure mais presque 10 ans séparent les deux jeux et des nouveaux standards se sont insérés entre deux. Faire table rase du passé, ne veut pas dire régresser sur l’écriture globale du titre. Malheureusement c’est le cas ici.

Mass Effect Andromeda test histoire

Un scénario plein de mystères…

Pourtant chercher de la nouveauté par delà les galaxies est une idée plutôt intéressante mais elle est mal exploitée par Bioware qui se contente de la surface des choses. Les fameux choix par exemple se cantonnent au minimum syndical et les dialogues manquent de peps. En clair, on n’y croit pas vraiment. La musique et l’ambiance générale du titre rattrapent un peu la chose et permettent de mieux coller à ce qui faisait de ses ancêtres de bons jeux mais cela reste tout de même une déception.

Enfin, du Mass Effect

Alors après toutes ces critiques et ces aspects mitigés une question se pose : Mass Effect Andromeda est-il le digne successeur de la saga Mass Effect ? J’ai bien envie de répondre oui mais tout dépendra de votre amour pour la première saga ou de votre capacité à fermer les yeux sur les faiblesses pour vous concentrer sur les points forts. Plusieurs solutions sont alors possibles :

-Vous êtes fan de la première heure, vous pouvez détester.

-De même, vous pouvez aimer

-Vous ne connaissez pas la saga ? Rien de mieux qu’Andromeda pour vous y mettre mais vous pouvez aussi rejeter bien des aspects du jeu.

Les gens de Bioware ont mis fin à la saga Shepard en tant que scénario mais aussi en tant que gameplay. Ryder est beaucoup plus souple et moins « robocop » que son homologue. On retrouve les mouvements et les déplacements de la saga Mass Effect surtout sur le Nexus. Ryder se déplaçant sans arme avec cette démarche gauche-droite bien connue des fans. On peut être tatillon mais ce n’est pas une gêne en soit. Durant les phases d’exploration ou de combat Ryder peut utiliser les propulseurs de son armure pour sauter ou éviter les attaques. Un dynamisme qui fait du bien à un gameplay assez figé à la base. Une nouveauté puisque Shepard était mal doté point de vue saut (l’âge surement) .

Justement, pour les phases de gunfight, on retrouve la bonne recette des Mass Effect 2 et 3 : Couverture, tir et pouvoir. Le placement des personnages de la team a gagné en ergonomie et l’utilisation des pouvoirs est toujours aussi efficace. L’IA des alliés est peut être même un peu supérieure car ils réagissent mieux aux situations et n’hésitent pas à faire usage de leur capacité. L’IA des ennemis aussi est plus évoluée, on est parfois surpris par leur faculté à chercher l’encerclement pour les plus faibles. Les plus costauds chargent dans le tas pour nous pousser à reculer et à bouger. En clair, ça bouge, ça tir c’est fun. Là dessus Mass Effect Andromeda remplit son contrat haut la main.

Mass Effect Andromeda Gunfight Test

Les gunfights sont vraiment excellents

Bien sûr, on retrouve les aspects RPG qui ont fait le succès de ce space opéra. Au menu, différentes classes jouables que les fans connaissent déjà : Soldats, Biotique, techniciens… La nouveauté vient des profils que l’on peut sélectionner afin d’avoir des pouvoirs extérieurs à sa classe principale. De quoi faire des hybrides stratégiques. Les spécialisations deviennent plus efficaces et s’adaptent aux situations stratégiques. Le personnage s’améliore avec l’expérience comme nos compagnons. On retrouve aussi une personnalisation des armes et de l’équipement avec des mods et des munitions selon le type d’ennemis et de situation. L’exploration est aussi mise en avant pour le développement du personnage puisque les points de données collectés permettent de faire des recherches sur différents types d’armes ou d’armures. La petite nouveauté de Mass Effect Andromeda est ici car la collecte des points de recherches se fait par le scanner. Et non d’un krogan vous allez en scanner des trucs …. Il faut scanner pour gagner, c’est aussi simple que ça. Cela rend l’exploration plus immersive et le tout vient s’ajouter au codex cher aux jeux estampillés Bioware. Pour les gens qui aiment s’attarder sur le détail, ce jeu est vraiment une pépite.

Votre exploration de la galaxie d’Andromède sera aussi ponctuée de phases en extérieur. Parfois dangereuses pour votre fragile combinaison (à cause des radiations), il faudra compter sur le renfort du Nomad pour pouvoir se déplacer vite d’un point à un autre. Il faut dire que le véhicule est plutôt maniable et agréable à piloter, on se souvient la souffrance procurée par le pilotage du MAKO dans Mass Effect premier du nom. Ici, on est dans la cohérence et l’efficacité avec un véhicule améliorable via la recherche.

On peut aussi dire un mot sur le Tempest, sorte de SR3 Normandy où on passera le plus clair de notre temps. Comme son homologue, il sert de base mobile et fonctionne globalement de la même façon : changement de tenue, d’équipement, déplacement via une réglette sur la map galactique, interaction avec les membres de l’équipe…. Le tout est plus « design » mais cela ne déboussolera pas le fan de la première heure.

Mass Effect Andromeda Test Tempest

Le tempest a vraiment la classe pour un SR 3 Normandy

Bien sûr Mass effect ne serait pas Mass effect sans un petit côté social-time et à ce titre vous pourrez donc vous amuser à draguer à volonté les individus qui vous plaisent le plus. D’ailleurs les choix verbaux lors des discussions restent importants pour déterminer ce que va être votre Ryder mais on sent tout de même une implication moins grande que dans les autres opus. Cela renvoie à la critique sur l’écriture parfois bancale du titre.

L’effet de mass est loin d’être une théorie parfaite

C’est la rubrique que je ne voulais pas faire à la base mais voilà, les différents patchs et les lectures des différents forums ainsi que ma propre expérience m’ont convaincu de souligner un point important : le jeu est fini à la truelle. Il n’y a pas d’autres explications plausibles pour comprendre cette gabegie au niveau des bugs et autres problèmes techniques.

Imaginez vous les conditions du test : Un peu avant, je joue à Uncharted 4 qui est absolument fabuleux graphiquement, je teste Horizon Zero Dawn dont les animations faciales peuvent sembler un peu vide mais sont de très bonnes factures et parfois un peu de The Witcher 3 dans les moments de pauses dont on connaît les qualités. Me voilà glissant la galette Mass Effect Andromeda dans ma Playstation 4 prêt à jouer à un jeu graphiquement correct au premier abord et je tombe sur des animations faciales proches des sentinelles de l’air (pour les plus anciens vous vous souvenez surement de ce show fait avec des marionnettes) . Non mais allô quoi ? J’ai honte d’écrire cette phrase mais c’est l’impression que m’ont laissé les animations faciales de Mass Effect Andromeda. Le pire dans cette histoire est que certaines sont parfaitement crédibles comme celles de Peebee mais il faut être une asari pour être traitée normalement dans le cruel monde de Mass Effect.

Mass Effect Andromeda Test animations

Regardez, je suis expressive…

Je ne compte pas non plus les lags terribles voir carrément les écrans figés que j’ai pu avoir en Nomad. Pourtant le véhicule a une bonne maniabilité mais les bugs viennent gâcher l’expérience. Enfin, je note l’incroyable capacité de Ryder à se bloquer dans le décor. Un joli record car même Tomb Raider I ne me l’avait pas fait. Pour le reste, je vous laisse aller sur le net et découvrir les différentes vidéos, images, gifs qui viennent planter un pieu dans le cœur d’une œuvre qui aurait pu être magistrale. Nous ne sommes pas dans la déconvenue (un mot faible) de No Mans Sky mais le jeu laisse un goût de précipitation mal gérée.

Pour qui ?

Pour les fans de l’univers Mass Effect : Si vous avez aimé les aventures de Shepard vous aimerez les aventures de Ryder  grâce à un univers cohérent.

Pour les Christophe Colomb en herbe : Oui, il faut avoir l’âme d’un explorateur pour saisir les enjeux de Mass Effect Andromeda.

Pour ceux capables de gratter la croûte pour enfin tomber sur le jeu tant attendu mais il faut de la patience et une bonne dose d’intérêt.


Ce test fut très difficile dans le sens où je ne sais toujours pas comment me positionner face à la bête. D’un côté Mass Effect Andromeda est plein de promesses et de bonnes intentions. Un nouvel univers analogue à celui du premier ME, de nouvelles fonctionnalités, des phases d’exploration plutôt motivantes… La nouveauté est tout de même là. Mais voilà les ombres au tableau sont nombreuses que ce soit par l’écriture bancale, l’aspect technique clairement en deçà de tout niveau animation ou les différents bugs qui entacheront la progression. Et pourtant, on gratte, on s’acharne et on finit par tomber sur une petite pépite. On aurait aimé qu’elle soit plus grosse par comparaison à son prédécesseur devenu une brique de l’édifice vidéoludique mais elle est là. Ryder n’est pas Shepard mais on va tout de même croire en la capacité de Bioware de nous épater pour la suite. Après tout Shepard nous a bien fait comprendre que même la fatalité peut être combattue si l’on trouve les alliés prêt à se battre. Allez Ryder ! Le combat ne fait que commencer…

Ce test a été effectué avec une version personnelle du jeu sur une PS4 normale

Mass Effect Andromeda

Mass Effect Andromeda

Les plus
  • Des nouveautés bien placées comme le scanner
  • Des gunfights immersifs
  • Les phases en Nomad
  • L'exploration d'un nouvel univers
  • Le Lore Mass Effect
Les moins
  • Techniquement bancal
  • Une écriture en deçà de ce que l'on pouvait espérer
  • Beaucoup de mal à oublier la première saga
  • Ryder n'a pas encore la carrure d'un Shepard
7 10