test overwatch

Cela faisait des années que Blizzard faisait miroiter à ses fans un projet connu sous le nom de « Titan » qui semblait être un MMOFPS futuriste. Après avoir annoncé un reboot total du projet puis finalement son abandon, Blizzard est revenu avec Overwatch, un FPS multijoueur né des cendres du défunt Titan. Un pari risqué pour le studio, qui s’attaque à un nouveau genre avec une nouvelle licence et une concurrence rude sous la forme de Battleborn, Paladins, Dirty Bomb et de nombreux autres.

Blizzard est habitué aux hits. Warcraft puis World of Warcraft, Starcraft, Diablo ou le plus récent Hearthstone, tous ont connu le succès à l’aide d’une formule simple : reprendre des idées ou des concepts déjà existants et les rendre plus accessibles au grand public. Une formule efficace jusqu’à Heroes of the Storm, MOBA simplifié dont le panel de héros tirés des différentes licences Blizzard n’a pu compenser une arrivée bien trop tardive face à des concurrents bien établis comme DOTA 2 ou League of Legends. Une erreur que n’a pas souhaité reproduire la société avec Overwatch, annoncé à la Blizzcon 2014, presque un an avant ses principaux concurrents qui se sont donc vus affublés du terme  « Overwatch-like ». Et malgré une bêta restrictive, la hype autour du FPS n’est jamais redescendue, grâce à une communication intelligente de Blizzard qui a misé sur son point fort : la caractérisation de ses personnages. Mais Overwatch mérite-t-il vraiment la place de leader qui lui a été automatiquement attribuée  ?


Overwatch – Bande-annonce officielle par CooldownTV

Heroes Never Die

tutoriel overwatch

Un tutoriel simpliste

La première bonne surprise lors de la sortie d’Overwatch a été les serveurs. Quiconque a déjà connu une sortie de jeu Blizzard sait de quoi je parle : des déconnexions aléatoires, des lags incroyables et des problèmes pouvant s’étaler sur plusieurs semaines. Rien de tout ça avec Overwatch, qui n’a souffert que d’un léger retard de 15 minutes par rapport à l’heure prévue et qui est depuis parfaitement jouable. Un net progrès que l’on avait déjà pu constater durant la bêta ouverte qui avait réussi à rameuter pas loin de 10 millions de joueurs sans problème. Une fois connecté, vous avez la possibilité de jouer au tutoriel, qui vous fera contrôler Soldat : 76, le personnage avec les compétences les plus basiques : un sprint, un heal et une capacité ultime qui lui permet de viser automatiquement les ennemis à sa vue. Un tutoriel inutile pour quiconque a déjà touché à un jeu dans sa vie tant celui-ci se contente de rappeler les bases : regarder autour de soi, se déplacer, tirer et utiliser ses capacités. A vrai dire, on ne peut pas vraiment le reprocher à Blizzard, Overwatch est aussi simple que ça à comprendre et c’est pour ça que la plupart des joueurs préféreront se lancer directement dans une partie contre l’IA. Car ici, point de campagne solo, Blizzard a fait le choix de se contenter d’un jeu purement multijoueur. Une décision décriée par certains mais qui paraît salutaire pour quiconque a joué au mode campagne de Battleborn.

C’est une fois la première partie lancée que nous arrivons au cœur de ce qui fait la particularité des « Hero Shooters » : les personnages. Aussi bien dans Overwatch que dans Battleborn ou Paladins, ce n’est pas une classe que vous choisissez mais bel et bien un personnage, avec ses compétences propres. A sa sortie, Overwatch compte 21 personnages, répartis dans quatre rôles : Attaque, qui regroupe tous les personnages purement offensifs et faisant beaucoup de dégâts comme Tracer, Soldat : 76, Pharah et d’autres ; Défense, qui regroupe les snipers, les constructeurs et tous ceux capables de contrôler les ennemis, comme Mei qui peut geler ses ennemis à l’aide de son canon endothermique ou encore Chacal et ses pièges et mines dévastateurs. Dans l’onglet « Tank », on retrouve les personnages avec le plus de points de vie, capables d’être en première ligne pour mener un assaut frontal ou protéger leurs alliés comme Reinhardt ou Winston. Et enfin les Soutiens au nombre de 4, chargés de rester auprès des leurs alliés afin de les soigner mais malgré tout capables de se défendre un minimum s’ils se retrouvent face à un ennemi. Et c’est sur ces deux dernières catégories que le premier problème se pose : certains de ces soigneurs ou tanks n’en sont pas vraiment. Symmetra, classée dans les soutiens, ne peut par exemple absolument pas soigner. Pire, à part sa capacité ultime, peu de choses la différencient d’un Torbjörn, classé lui en Défense. Tous deux peuvent donner un bouclier à leurs alliés (ironiquement, le bouclier de Symmetra est trois fois moins puissant que celui de Torbjörn) et sont considérés comme des constructeurs avec leurs tourelles. Et si la capacité ultime de Symmetra, un téléporteur, est bien en quelque sorte un soutien pour l’équipe, il ne permettra pas de les garder en vie, tout juste de les faire revenir plus vite de la mort. Zenyatta, de son côté, manque cruellement de puissance de soin et ne pourra pas rivaliser avec une Ange ou un Lucio. Ce qui ne signifie pas que ces deux personnages sont à jeter aux oubliettes : au côté d’un soigneur, ils se révéleront même redoutables, avec leurs possibilités offensives et leurs capacités ultimes capables de renverser le cours d’une partie. Pour les tanks, même problème : le classement de Zarya ou de D.Va dans cette catégorie est discutable. Si la capacité Matrice Défensive de D.Va lui permettra de survivre quelques secondes, une fois celle-ci finie, elle ne pourra pas résister à un tir nourri et se retrouvera bien vite hors de son méca. Une situation qui se répétera au cours d’une partie, si bien que vous aurez parfois l’impression de passer plus de temps à courir avec votre petit pistolaser qu’à piloter un gros robot mécanique comme vous le désiriez au départ. Zarya pour sa part, se rapproche plus d’un tank traditionnel que D.Va mais n’est malgré tout pas un choix optimal, surtout si vous jouez seul. Ses boucliers sont assez courts et demandent une bonne coordination avec vos coéquipiers pour profiter à son passif. Cependant, tout comme Zenyatta est un bon off-heal, D.Va et Zarya feront des merveilles en off-tank, encore plus si vous êtes en groupe avec des joueurs que vous connaissez. Mais connaissant Blizzard, rien n’est gravé dans le marbre : la société a l’habitude de buffer ou nerfer assez radicalement ses personnages au fil du temps. McCree en fera d’ailleurs prochainement les frais, un concepteur du jeu ayant admis que le pistolero était trop efficace contre les tanks et les boucliers.

Mais pour votre première partie, il est possible que votre choix soit plus guidé par l’affect que par le gameplay. Car depuis la première bande-annonce aux airs Pixar-esque, Blizzard s’emploie à créer un univers autour de son jeu en compensant l’absence de campagne solo par des court-métrages et comics sur les différents personnages et leur histoire. Une manière de faire qui présente des avantages aussi bien pour le joueur que pour la société. Premièrement, le joueur a la possibilité de regarder le court-métrage ou de lire la BD quand bon lui semble sans que cela intervienne dans son temps de jeu, ce qui est toujours plus agréable que d’être forcé à regarder une introduction de dix minutes lors du premier lancement avant de pouvoir réellement jouer. Oui Battleborn, c’est toi que je regarde. Autre avantage, pour Blizzard cette fois, cette méthode leur a permis de faire connaître leurs personnages auprès du grand public bien avant la bêta ouverte et la sortie du jeu. Depuis environ deux mois, la société sort quasi chaque semaine une BD ou une vidéo (voire les deux) narrant l’histoire d’un ou plusieurs personnages et sa place dans l’univers d’Overwatch. Rien de révolutionnaire dans ces petites histoires, les personnages sont stéréotypés et répondent à un archétype bien précis (la jeune British espiègle, le méchant très méchant tout en noir, tête de mort et rire diabolique compris pour ne citer qu’eux) et la trame de fond repose sur l’éternelle opposition entre robots et humains. Mais il est toujours sympathique de pouvoir apprécier le savoir-faire de Blizzard en matière de cinématiques et de reconnaître les lieux mis en scène une fois dans le jeu.

Easy to Learn, Hard to Master

Dès que vous vous sentirez prêts à affronter d’autres joueurs, ce qui devrait être le cas assez rapidement, vous aurez le choix entre deux modes : une partie rapide, qui est exactement la même chose qu’une partie contre l’IA mais contre des joueurs et un mode « Choc de la semaine », avec des règles différentes chaque semaine. Selon les semaines, les temps de recharges des compétences seront réduits, seulement certains personnages seront jouables ou encore votre personnage sera choisi aléatoirement et changera à chaque mort. Un mode amusant mais qui ne vous tiendra pas en haleine plus que quelques parties. Revenons donc à la partie rapide. Overwatch propose à sa sortie 12 cartes réparties dans 4 modes de jeu : attaque, escorte, attaque/escorte, contrôle. Des modes de jeu très classiques, qui consistent à prendre le contrôle de deux points dans la carte, à escorter un convoi ou encore prendre un point et le contrôler jusqu’à arriver à 100%. Les cartes sont choisies aléatoirement et représentent chacune une ville ou un lieu dans le monde lié à un personnage d’Overwatch et que vous pouvez bien souvent retrouver dans les autres réalisations de Blizzard autour du jeu. Loin d’être un simple élément de décor, il est nécessaire de les connaître sur le bout des doigts pour tirer le plus de profit d’une attaque ou trouver rapidement le kit de soin qui vous sauvera la vie.

Le premier constat une fois en jeu est la facilité avec laquelle Overwatch se prend en main. Après la lecture des compétences et une ou deux parties, vous serez relativement efficace avec un personnage. Et heureusement, car il est nécessaire de connaître la plupart des héros et leurs capacités afin d’être utile : il est possible de changer de personnage en cours de partie, ce qui vous obligera à vous adapter à la composition de l’équipe d’en face et à ses modifications. Toutefois, malgré cette option, vous ne pourrez pas tout contrer : la possibilité de prendre plusieurs fois le même héros vous fera parfois tomber sur des horreurs comme cinq Reinhardt/un Bastion ou encore six Tracer. Mais rassurez-vous, le jeu donne des indications sur l’équilibre de votre équipe, avec une petite alerte sur le côté en cas d’absence de healer, de tank ou de personnages offensifs/défensifs, ce qui pousse la plupart des joueurs à choisir les héros nécessaires. Comme dans tous les jeux Blizzard, cette apparente simplicité cache quelques subtilités. Dans Overwatch, cela s’exprime par exemple à travers l’importance du son, qui sera votre meilleur allié pour éviter une attaque mortelle. Tous les personnages possèdent une réplique qui annonce l’arrivée de leur compétence ultime et le son des ennemis étant plus fort que celui de vos alliés, vous devriez savoir facilement d’où provient l’attaque (même si vous n’échapperez pas à quelques secondes de panique en entendant un « It’s High Noon » ou un « Fire in the hole » provenant de votre propre équipe). Le bruit des pas des ennemis, assez fort, est également un bon indicateur de leur proximité et pourra souvent vous sauver d’une attaque surprise, surtout si vous jouez un sniper. Certaines compétences ont aussi leurs subtilités, comme la Riposte de Genji qui peut renvoyer la plupart des capacités ultimes (dont celle d’Hanzo si vous arrivez à être assez près pour la renvoyer quand elle est encore sous forme de flèche) ou le Pneumastic de Chacal qui peut monter sur les murs.

Un autre point sur lequel Overwatch se différencie de ses concurrents, notamment Battleborn, est la durée des parties. Ne vous attendez pas à passer trente minutes sur la même carte, les parties se font en une dizaine de minutes, voire moins si une équipe domine l’autre. Une durée jugée trop courte par certains mais qui ne vous empêchera pas de passer votre nuit sur le jeu, les parties s’enchaînant naturellement et rapidement. Blizzard a d’ailleurs pensé aux plus motivés d’entre nous, en ajoutant un système de niveaux et de hauts-faits qui permettent de débloquer des améliorations cosmétiques.

Taillé pour la compétition

modes jeu overwatch

Le mode classé brille par son absence…

L’autre bonne surprise d’Overwatch est son optimisation sur PC. Grâce à ses graphismes cartoon, nullement besoin d’une grosse configuration pour le faire tourner très correctement : en possédant une GTX 960 et un processeur qui est à peine l’équivalent d’un i3, j’arrive à tourner généralement entre 50 et 60 IPS en Ultra, avec quelques drops à 40 en faisant tourner des applications un peu gourmandes en fond. Au niveau des options, tous les raccourcis sont entièrement personnalisables et il est même possible d’utiliser votre manette sur votre PC (hérésie). Le jeu inclut un chat vocal, probablement plus pratique pour les joueurs américains que pour les européens, et un système d’emotes permettant de saluer et remercier vos coéquipiers ou encore de leur indiquer que vous avez besoin de soins ou que votre capacité ultime est prête. Si elles sont loin d’être aussi nombreuses et variées que les VGS de Smite par exemple, elles seront largement suffisantes pour vous faire comprendre dans la plupart des cas. Pour ne rien gâcher, comme indiqué précédemment, aucune déconnexion et aucun bug ne sont à déplorer pour le moment. Concernant les versions sur consoles, elles tournent à 60 IPS avec une résolution d’image de 1920×1080 qui peut parfois baisser lors de grosses phases de teamfight sans impact visuel important.

Mais Overwatch n’est pas exempte de reproches et l’absence du mode « classé » à la sortie du jeu s’est faite remarquer. Un manquement surprenant de la part de Blizzard qui axe clairement son FPS sur l’eSport depuis son annonce, Overwatch possédant déjà ses équipes dédiées et ses compétitions, dont certaines se sont même déroulées durant la phase de test. Si certains sont encore sceptiques sur la crédibilité du titre pour la compétition, plusieurs arguments jouent en faveur de Blizzard. Premièrement, la société n’est pas une nouvelle venue dans le monde de l’eSport : certains de ses titres comme Starcraft II ou Hearthstone sont des jeux compétitifs majeurs et parmi les plus regardés. De plus, l’entreprise organise chaque année sa propre convention, la Blizzcon, où se déroulent des finales de championnats mondiaux de Starcraft, Hearthstone, Heroes of the Storm et World of Warcraft dotées de grands moyens (pour l’édition 2016, les prix vont de 250 000$ à 1 000 000$). Cette capacité à financer sa propre scène compétitive a déjà attiré l’attention de grandes organisations d’eSport qui se sont empressées de recruter pour Overwatch. Mais ne soyons pas cyniques, le FPS attire également pour l’importance donnée au teamplay, pari risqué en 2016 pour un jeu multijoueur mais essentiel lorsque l’on parle compétition. Il faudra cependant attendre fin juin pour l’arrivée des parties classées et de la première saison officielle.


18 ans après la sortie de Starcraft, Blizzard revient avec une nouvelle licence qui possède tous les ingrédients qui font le succès des jeux de l’entreprise : une prise en main rapide avec un gameplay compréhensible même pour les grands débutants, des graphismes cartoon agréables à regarder et peu gourmands en ressources et des personnages avec une identité forte, reconnaissables au premier coup d’oeil. Il est malgré tout regrettable que le mode classé ne soit pas disponible dès la sortie et que certains personnages ne correspondent pas vraiment au rôle qui leur est dédié, Symmetra étant l’exemple le plus frappant. Cependant, Overwatch est un jeu agréable et fun sur lequel il est facile de passer un bon moment seul ou entre amis et je ne sais pas pour vous mais je n’en demandais pas plus.

Overwatch

Overwatch

Les plus
  • Fun aussi bien seul qu'en groupe
  • Serveurs stables et parties faciles à trouver
  • Facile à prendre en main
  • Des personnages attachants et facilement reconnaissables
Les moins
  • Des héros qui ne correspondent pas au rôle qui leur est attribué
  • L'absence des parties classées à la sortie du jeu
  • Une histoire un peu stéréotypée
8.5 10