steep preview

Grande surprise de la conférence Ubisoft de l’E3, Steep dévale une pente glissante. En tentant le dépoussiérage du genre des jeux de glisse enneigés, Ubisoft Annecy s’attire forcément l’attention des fans déçus d’attendre un SSX current-gen qui ne montre pas le bout de son nez. Pourtant la cible est bien loin d’être la même, comme a pu nous le démontrer notre session de jeu à la Paris Games Week.

Voilà quatre ans qu’un bon jeu de sports d’hiver n’a pas daigné se montrer sur nos consoles. Aussi, Steep semble avoir le champ libre pour contenter les adeptes et les curieux. Mais avec son monde ouvert et son relatif réalisme, pas sûr que les fous de tricks endiablés y trouvent leur compte. En effet le jeu d’Ubisoft se focalise plutôt sur l’exploration et la découverte que sur les enchaînements à rallonge.


Steep – Nos impressions depuis la Paris Games… par CooldownTV

Un grand bol d’air pur

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Steep propose pas moins de quatre gameplays différents

Nous voici lâchés dans un massif alpin nappé de sa plus belle robe blanche. Sans aucun objectif affiché à l’écran, le jeu nous invite à pousser simplement le stick de notre manette pour dévaler notre première pente. Nous sommes alors sur un snowboard. La pente est rude, et les obstacles nombreux. Heureusement, on peut effectuer de petits sauts et même quelques petites figures pas bien vilaines pour faire apparaître un compteur de points à l’écran. Des points qui, dans cette démo, ne servaient pas à grand-chose mais qui laissaient entrevoir une monnaie d’échange permettant l’achat d’équipement dans le futur.

Si par malheur votre personnage se prend les pieds dans le tapis, attendez-vous à une longue, très longue chute. En effet et dans un souci de réalisme (qui ne s’accommode pas toujours du game design, donc), votre personnage chutera ad vitam eternam si vous perdez l’équilibre. Une chance qu’Ubisoft ait inclus la possibilité de réapparaître quelques mètres au-dessus de notre point de chute pour reprendre la course comme si de rien n’était. L’occasion de passer, au choix et à la volée, à une paire de skis, une wingsuit ou un parapente.

Une fois en bas de la piste ? On remonte en selle bien sûr ! Steep ne vaut bien que pour la descente. En effet les développeurs ont opté pour un système de téléportation sur différents spots de la montagne que vous débloquez au fil de la progression dans le jeu. Différents points de départ s’offrent à vous, chacun disposant de ses propres caractéristiques de dénivelé et d’un paysage particulier. Certaines zones se veulent plutôt boisées (à éviter en ski), là où d’autres offrent d’immenses calottes de glace qui rendez la descente des plus remuantes. La carte laissait même apparaître une montgolfière de laquelle se lancer à corps perdu, mais qui n’était malheureusement pas accessible dans le temps qui nous était imparti.

Chilling in the snow

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Le jeu joue la carte de la découverte

Une chose frappe particulièrement lorsque l’on s’essaie à Steep : la quasi-absence d’objectifs. Mise à part la possibilité de créer un groupe à la volée avec une autre personne se trouvant à proximité dans le jeu afin d’engranger plus de points de style, rien ne nous était proposé en termes d’objectif dans cette démo. On sait que le jeu d’Ubisoft Annecy se concentre sur l’expérience à plusieurs, notamment sur la création de parcours et de défis (un peu comme The Crew ou encore le multijoueur proposé par Mirror’s Edge Catalyst). Aussi, on ne s’inquiète pas trop. Car encore une fois : Steep se pose en contrepoint d’un jeu de sport typé arcade.

Pas qu’il soit difficile à prendre en main, bien au contraire. Mais se dégage d’une partie de Steep une sensation de légèreté, un certain bien-être. Aucun objectif n’était proposé ? Tant mieux ! Nous n’avons que mieux pu profiter des environnements (malheureusement assez peu détaillés) qu’offrent les Alpes. On sent également dans cette volonté manifeste d’offrir quatre expériences différentes via les sports proposés une intention noble de la part des développeurs : inciter à découvrir. À jouer uniquement pour se changer les idées, pour décompresser.

Cela s’offre à nous par le dépouillement général du titre, mais également dans de petits détails tels que la possibilité de ranger les skis, ou de ne pas déployer la wingsuit pour, simplement, enfoncer ses bottes dans la poudreuse afin de profiter des gracieux panoramas offerts par le jeu. Notons aussi le gimmick de notre avatar à prendre de longues et bienfaitrices bouffées d’air pendant une descente en wingsuit ou en paraglide. Notre personnage semble vouloir retransmettre son évasion au joueur.

GoProphage

Fort d’un partenariat avec les trublions du sport extrême que sont Rebdull et GoPro, Steep offre la possibilité de jouer à la première personne, peu importe le sport qui a votre préférence. Une idée agréable sur le papier, qui se révèle malgré tout plutôt hasardeuse dans son exécution. En cause ? Le positionnement, trop bas, de la caméra qui donne un peu la nausée.

La vue embarquée fait son petit effet lors des descentes en wingsuit les moins mouvementées, mais les parcours en snowboard ou a ski vous retourneront un peu l’estomac pour peu que vous soyez sensible au motion sickness. Un comble pour un jeu non VR. Malgré tout, la feature a le mérite d’exister et contentera forcément les plus exigeants des joueurs voulant jouer à fond la carte du dépaysement.

L’occasion est bonne d’aborder les limites déjà entrevues de Steep. Nous l’avons vu : l’absence (temporaire on l’espère) de réels objectifs n’est pas si gênante que ça, dans le sens où le jeu s’oriente clairement à destination des personnes cherchant une expérience d’évasion. Et il y a de quoi faire ! Le snowboard, le ski et le wingsuit proposent un gameplay singulièrement différent, mais on peine encore à voir le réel intérêt du parapente. J’ai tenté l’expérience en sautant du plus haut sommet disponible dans la démo. Le coucher de soleil m’a offert un joli paysage à observer… mais la chute ne m’a pas paru moins longue. J’ai mis environ 3 minutes avant de toucher le sol, et ce n’est pas la possibilité de faire des 360° qui m’a permis d’oublier mon ennui.

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Espérons ne pas nous sentir trop seuls sur cette vaste montagne

L’avis de Mallo, rédacteur de Cooldown.fr
Avec son principe d’open world à parcourir en ski, snowboard, wingsuit, parapente ou même à pieds, Steep se démarque assez nettement des autres jeux du genre. Conçu comme un jeu d’exploration ou il faut créer ses traces, effectuer des courses avec tout le matériel possible et découvrir des spots idéaux, il se pose comme un vrai jeu de détente avec un fort rapport à la nature. La prise en main demande un temps d’adaptation certain, Steep se situant entre la simulation et l’arcade. Pas évident au premier abord ; on est satisfait de réussir un trick et à traverser une zone compliquée sans problème. Cependant le titre souffre de textures approximatives et d’une physique plus qu’aléatoire dès lors qu’on chute. Le succès du titre dépendra surtout de sa communauté, chargé de créer compétitions et tracés, aspect impossible à expérimenter sur un salon. J’ai le sentiment que titre sera très clivant du côté des joueurs, mais dans tous les cas, il est rassurant de voir qu’Ubisoft propose quelque chose d’original.

Steep est un pari. À l’essai, le jeu se révèle être agréable à prendre en main, et proposer une expérience sans concessions : du fun, de l’instantané, du multijoueur, une variété de gameplays. Rappelons que, si le jeu ne se pose pas du tout en concurrent d’un SSX, il véhicule une approche tournée vers l’exploration et la détente. En cela, Steep semble être le jeu parfait pour se relaxer après une journée de travail harassante. Pas sûr que tous les joueurs s’y retrouvent néanmoins. Le prix de vente sera déterminant pour convertir les plus sceptiques. Pour le moment affiché à 60€, Ubisoft aura fort à faire pendant la phase de bêta du jeu pour convaincre le plus grand nombre du bien-fondé de son projet !

Steep Ubisoft

Steep

Les plus
  • Instantané
  • Une sensation de liberté
  • La variété des gameplays...
Les moins
  • ... qui montrent très vite leurs limites
  • Une caméra à la première personne mal pensée
  • Techniquement faiblard