Planet Coaster logo

Les papas de l’excellent Elite Dangerous nous avaient surpris lors de l’E3 2015 en annonçant leur nouveau titre, Planet Coaster. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un jeu de construction et de gestion de parc d’attraction, dans la lignée des RollerCoaster Tycoon, série développée par le même studio, Frontier. Après plus de 10 ans de disette, les fans du genre ont pu se réjouir de retrouver un tel titre dans leur ludothèque. Après de longues phases d’alpha et de bêta, le jeu de Frontier est disponible officiellement depuis une semaine. Après plus de 16 heures de jeu le verdict est tombé. Planet Coaster est LA nouvelle référence du jeu de gestion/construction. Je vous explique pourquoi dans ce test réalisé sur PC à partir d’une version envoyée par l’éditeur.

Planet Coaster a pendant un temps du faire face à la concurrence que pouvait représenter RollerCoaster Tycoon World, annoncé en août 2014. Bien que ce dernier soit édité par Atari (et oui, Atari existe toujours) comme pour les précédents volets de la série, le développement, lui, a été donné à une autre équipe (bah oui, c’est Frontier qui se chargeait des précédents jeux).
Un point que certains n’ont pas remarqué tout de suite, provoquant donc une hype autour de ce jeu. Mais les phases d’early access et de bêta de RollerCoaster Tycoon World ont refroidi les fans. La faute à une optimisation aux fraises et à de trop nombreux bugs. Les joueurs ont donc commencé à se tourner vers Planet Coaster, qui s’est révélé dès le début comme étant un titre très prometteur. RollerCoaster a terminé sa course de bien mauvaise façon, en précipitant sa sortie pour qu’il soit disponible un jour avant le jeu de Frontier et lui faire concurrence. Mauvaise idée et les évaluations Steam sont là pour le prouver. Planet Coaster se retrouve donc avec le champs libre et mérite sa place de nouvelle référence du genre.


Planet Coaster – Trailer de lancement par CooldownTV

Un titre qui apaise

Planet Coaster joie

Les expressions des personnages sont diverses et appréciables

Planet Coaster est un titre qui fait du bien. Un feel good game si on devait mettre un mot dessus. Cela s’aperçoit dès le lancement de celui-ci avec une animation de logo pour le moins surprenante et rigolote. Les quelques notes de musique qui s’en suivent nous mettent directement dans le bain : Planet Coaster se veut joyeux. En même temps, on est là pour construire le parc d’attraction de nos rêves, celui qui laissera des souvenirs presque inoubliables dans la tête des visiteurs. Un sourire sur leur visage est la meilleure récompense que l’on puisse avoir. Et ça, les développeurs l’ont bien compris. Cela nous amène à souvent zoomer au plus près des visiteurs pour regarder leurs expressions, qu’ils soient sur une attraction ou simplement en train de se balader dans les allées du parc.

La palette présentée est très variée et la précision des sentiments affichés est assez incroyable (sur une même attraction on peut voir un homme se retenant de vomir, une femme lever les bras et un petit garçon crier de peur). En cette période pas forcément très joice, ça fait du bien de voir des sourires encore et encore.
Les personnages sont bien modélisés, dans un style situé entre le cartoon et le réaliste. Le jeu est d’ailleurs très beau. Chaque élément, chaque bâtiment ou attraction regorge de petits détails qui ne deviennent vilains que lorsqu’on a zoomé au plus près. Les effets de lumières et les reflets dans l’eau donnent un charme tout particulier au titre, notamment lors des couchers/levers de soleil. On notera parfois quelques petits bugs d’affichage des ombres, mais c’est très rare. C’est donc un grand oui pour la réalisation, soutenue en plus par une optimisation réussie.

Planet Coaster se veut comme un jeu dans lequel on « chill » comme diraient les anglophones. Sentiment renforcé par les très sympathiques et joyeuses compositions de Jim Guthrie. Jamais énervantes ou redondantes, les musiques posent un cadre et une ambiance bon enfant qui n’est pas pour me déplaire. Jamais la musique ne prend le pas sur le reste et sait rester en retrait, si bien qu’elle nous entraîne sans qu’on y fasse attention. Monsieur Guthrie, bravo. Mais Planet Coaster est un jeu chill également par ses mécaniques de gameplay.

Planet Coaster soleil

Les effets de lumières sont du plus bel effet

Construire jusqu’à plus soif

La grande force de Planet Coaster ce n’est pas son aspect gestion, non, c’est celui de la construction. Les possibilités sont tellement nombreuses et énormes que créer le parc parfait peut prendre des dizaines d’heures. Moi-même, avec mes 12 heures de jeu sur une même map, je n’ai rempli mon parc qu’au tiers (voire moins) et de nouvelles idées me viennent encore à l’esprit même à l’heure où j’écris ces lignes. Planet Coaster est avant tout un jeu de construction. Les développeurs de chez Frontier nous mettent à disposition une palette très fournie d’éléments de décors, de bâtiments et de petites mécaniques qui rendent le tout jouable et accessible facilement. Lorsque vous voyez un screen du jeu, comprenez bien que tout ce que vous y voyez a été posé à la main. Que ce soient les arbres, les pierres, les poubelles, les fleurs sur les murs des maisons, les lumières, les éléments de décors comme des animatronics ou des effets pyrotechniques. Tout doit être posé par le joueur comme il l’entend.

Les nombreux raccourcis clavier permettent une énorme liberté. Un pot de fleur ne sera pas forcément posé que par terre, si on veut le mettre à la verticale sur un mur, on peut. Ici, posez un bassin de fontaine, mettez en son centre une arrivée d’eau, plantez à ses côtés une plante grimpante type glycine et ajoutez enfin une statue en bronze d’un bouffon au-dessus de l’arrivée d’eau. Une simple fontaine peut être transformée en véritable œuvre d’art. Imaginez ce que vous pouvez alors faire avec un bâtiment. Certes, cela pourra rebuter certains joueurs. Toutes ces possibilités peuvent donner le tournis et les maniaques passeront la plupart de leur temps à combler les vides de leur parc avec divers éléments plus ou moins gros.

Chaque élément du jeu (hors attractions classiques) est posé soigneusement à la main

Mais c’est là l’une des principales richesses du jeu, la création est encouragée et les outils nous sont donnés pour arriver à nos fins. Créer ou agrandir un bâtiment pourra nous prendre des heures si on veut faire ça bien. Et il faudra le faire (ou se tourner vers le partage communautaire mais ne vous inquiétez pas, on y reviendra), le choix de bâtiments, et des attractions, manquant malheureusement de variété.

Pour les attractions, l’accent est surtout mis sur les montagnes russes, qu’elles soient pour les enfants ou les plus grands. Toutes les envies sont possibles lorsqu’on en construit une pièce par pièce. Faire passer un looping à moitié dans le sol ? Ok. Un bâtiment est trop ouvert ? Faites passer les rails dedans. Et ainsi de suite.
Mais construire une montagne russe n’est pas chose aisée. Il faut qu’elle réponde parfaitement, ou du moins le mieux possible, aux exigences des visiteurs. Après avoir terminé la construction, il faut lancer des phases de tests pour savoir comment répondront les gens : seront-ils trop apeurés ? Pas assez enthousiastes ? Auront-ils envie de vomir après leur tour ? Ces tests permettent de modifier par-ci par-là ou même totalement le tracé de notre attraction. Un exercice qui peut parfois limiter nos envies de sensationnalisme mais indispensable pour assurer un succès de l’attraction et donc une pérennité économique à notre parc. Il y a toujours une alternative. Si vous ne vous sentez pas l’âme d’un bâtisseur, les membres très actifs de la communauté proposent déjà des milliers d’objets et de structures créés par leurs soins. Il suffit juste de s’abonner dans le Steam Workshop et le tour est joué, un nouveau bâtiment tout beau est ajouté à vos plans de construction. Et la communauté sait y faire croyez moi.

Une gestion efficace au second plan

Planet Coaster mascotte

Gérer le bien être des mascottes leur permet de ne pas démissionner

L’outil de gestion, bien qu’il soit assez secondaire en bac à sable (le mode le plus intéressant du titre puisque tout est débloqué et notre portefeuille est illimité), n’en demeure pas moins utile et plutôt bien construit. Il faudra veiller à la satisfaction de chaque employé du parc, que ce soient les vendeurs des boutiques et restaurants, les mascottes ou encore les agents de propreté. Parfois, augmenter leur rémunération de quelques dollars suffit, parfois il faut les envoyer en formation pour qu’ils deviennent meilleurs.
Les prix des stands et attractions peuvent être relevés ou abaissés en fonction du succès de ceux-ci et leur rentabilité devra être surveillée. Encore une fois, l’outil de gestion passe au second plan lorsqu’on a découvert l’étendue des possibilités offertes par la construction. Evidemment, dans le mode scénario, ces deux aspects sont aussi importants l’un que l’autre, mais j’ai préféré passer mon temps en bac à sable pour profiter un maximum. Les personnes aimant les tableaux devraient tout de même y trouver leur compte.

Bon, avec tout ce qui vient d’être dit Planet Coaster ressemble à l’image qu’on se fait du parfait jeu de construction/gestion. Il n’en est pas loin assurément. Quelques petites choses viennent cependant gâcher un peu le plaisir. Enfin, gâcher est un bien grand mot, disons qu’elles nous font perdre un peu de temps. Par exemple, la caméra a tendance à faire des siennes et n’est pas très précise lorsqu’on zoom trop près du sol. Dommageable lorsqu’on veut effectuer une construction souterraine ou qu’on essaie justement de placer très précisément un objet à l’endroit désiré. J’ai pu également vivre deux ou trois crashs incompréhensibles du jeu, qui m’ont obligé à reboot mon ordinateur, mais pas vraiment sûr qu’ils soient à mettre sur le compte du jeu.
Enfin, lorsque le parc est trop plein que ce soient d’objets ou de visiteurs, Planet Coaster a tendance à ralentir plus ou moins fortement. En fonction des configurations, on peut dire qu’à partir de 7 000 visiteurs vos FPS commenceront à diminuer. Ne vous inquiétez pas, de toute façon, avant d’en arriver là, il y a du boulot.


Planet Coaster fait un bien fou. Son ambiance paisible et bon enfant accentuée par ses compositions en font un titre dans lequel on s’abandonne aisément. Rien n’est trop difficile, même si l’aspect construction pur de bâtiment (mur par mur etc) demande pas mal d’entrainement et d’essais. Après plus de 10 ans sans un tel jeu, cela fait du bien de se replonger dans la construction du parc d’attraction de nos rêves. Tout est ici maîtrisé par Frontier, de la construction au placement des décors en passant par la gestion et le partage communautaire. On espère désormais que plus d’attractions et de bâtiments viendront garnir le jeu et on aura alors droit à un titre quasi parfait qui s’impose d’ores et déjà comme le nouveau représentant du genre.

Planet Coaster logo

Planet Coaster

Les plus
  • Les nombreuses possibilités de construction
  • La liberté laissée au joueur
  • L'ambiance
  • C'est très joli
  • Les compositions musicales
  • Le contenu créé par la communauté
  • L'aspect gestion...
Les moins
  • Une caméra parfois aux fraises
  • Un petit manque de précision parfois
  • ...relégué au second rang en bac à sable
9 10