Ah, Pokémon… Nous sommes des millions à travers le monde à jouer avec ces petites créatures, tantôt mignonnes et colorées, tantôt de mauvais goût, parfois même effrayantes. Qu’importe que nous ayons commencé avec les versions Bleue et Rouge sur Game Boy, Diamant et Perle sur Nintendo DS, ou encore, pourquoi pas, avec les très récents Soleil et Lune sur 3DS. Le fait est que la série de Game Freak perdure, et parvient toujours à conserver d’une main ferme l’engouement de ses fans, même ceux de la première heure. Alors bien sûr, certains choix de la part des développeurs n’auront pas plu à tout le monde, et si je ne devais vous parler que d’une seule erreur de parcours, je vous citerai sans hésiter la Force Z. Un ajout qui chamboule la façon de jouer, et qui a eu un impact considérable sur tout l’aspect stratégique de Pokémon. Enfin je serais mauvaise langue si je vous disais que la dernière itération en date est la seule qui fut controversée à son lancement. Toutefois, s’il y a bien un épisode qui aura mit tout le monde d’accord, c’est Pokémon Or et Argent.

Sorti le 6 avril 2001 sur Game Boy Color, Pokémon Or et Argent a la particularité de disposer de cartouches adaptées à la fois à la console en couleur de Nintendo, mais aussi à sa toute première Game Boy en noir et blanc. Un choix tout à fait judicieux, qui ne pouvait que conférer à cette nouvelle version un capital sympathie important. Mais si j’ai choisi de vous parler tout particulièrement de cette cartouche, c’est pour une toute autre raison. Vous n’êtes peut-être pas sans savoir que Big N sortait à nouveau Or et Argent sur l’eShop de la 3DS dernièrement, et offrait même la possibilité d’en commander une édition physique (sans cartouche bien évidemment) ; il faut croire que le portage de Bleu, Rouge et Jaune aura été lucratif. Mais saviez vous que beaucoup de joueurs considèrent cette édition comme la meilleure aventure Pokémon jamais réalisée ?

Les petits plats dans les grands

Pokémon Or et ArgentBien que Pokémon Version Bleue et Rouge n’étaient clairement pas parfaits, notamment pourvus de sérieux problèmes dans leur système d’affinités, il restait fort compliqué de passer après. Il faut dire que ces deux cartouches furent de véritables succès internationaux, lançant la marque Pokémon sur tous les plans, du dessin animé aux figurines, en passant par les indémodables cartes à jouer. Encore aujourd’hui, il s’agit d’une version culte, qui aura bercé l’enfance de nombre de joueurs, et d’une véritable référence culturelle vidéoludique universelle. Parmi les vingt / trente ans, difficile de trouver quelqu’un n’y ayant jamais joué, ne serait-ce qu’essayer sur la Game Boy d’un ami ou d’un cousin. Ainsi, les espoirs pesaient lourds sur les petites épaules de Pokémon Or et Argent, devant passer après une version Jaune elle aussi accueillie à bras ouverts. Et quelle ne fut pas la surprise générale lorsque cette seconde aventure fut annoncée meilleure que la première par bon nombre de joueurs !

Pokémon Or et ArgentSur le papier, il est vrai que Pokémon Or et Argent semble en avoir dans le ventre, ne serait-ce que sur un point crucial : il propose de voyager à travers deux régions distinctes. Une nouvelle, bien évidemment : Johto ; mais aussi, contre toute attente : Kanto, le monde des premières versions. Un choix intéressant, qui promet évidemment une durée de vie conséquente, d’autant que le contenu global n’a nullement été revu à la baisse pour l’occasion. Car qui dit deux régions, dit seize arènes, et autant de badges, ou encore un nombre de pokémon augmenté d’une centaine. Et je vous le rappelle, on est encore sur Game Boy Color, une console fortement limitée… on croirait presque que les développeurs ont fait rentrer tout ça à coup de chausse pied et d’huile de coude dans une si petite cartouche. Plus concrètement, en terme de durée de vie il faudra compter une bonne cinquantaine d’heures de jeu pour faire le tour de l’aventure et vaincre la Ligue Pokémon. Bien sûr, s’attaquer à la conquête du pokédex c’est une toute autre histoire !

On ne lésine pas sur les améliorations

Pokémon Or et Argent c’est aussi une bonne platée de nouveautés et d’améliorations. La première d’entre elles, bien sûr, étant l’apparition de la couleur puisque, rappelons le, cette édition est principalement destinée à la GBC. Dommage qu’à coté de ça le titre manque encore d’inspiration coté level design, mais aussi que les graphismes soient aussi moyens. Les nouveaux pokémon ont certes de la gueule, mais le jeu dans sa globalité est loin d’être stupéfiant. Il était possible de faire bien mieux sur la petite portable de Nintendo… mais passons, cet aspect n’affecte finalement pas vraiment le plaisir de jeu, surtout lorsque l’on est habitué aux graphismes plutôt austères des versions précédentes. Ce qu’il faut principalement retenir, c’est que ces deux cartouches apportent tout un tas d’améliorations à l’interface, à commencer bien entendu par l’inventaire, désormais classé en quatre pages, chacune étant sans aucune limite. Quel bonheur de n’avoir plus à stocker dans son ordinateur personnel (voire parfois jeter) les objets en trop…

En combat toutefois, c’est sensiblement la même chose que par le passé, à un petit détail près : on distingue désormais une barre d’expérience sous les points de vie de nos pokémon. Une avancée qui semble assez banale sur le papier, et qui change pourtant beaucoup le rapport au jeu, puisqu’il fallait auparavant se rendre dans les statistiques de nos créatures pour déterminer combien de points d’XP il leur manquait pour passer au niveau supérieur. Toujours dans les Stats, ces dernières ont abandonné le terrible Spécial, qui ne voulait pas dire grand chose, et ont gagné la Défense Spéciale et l’Attaque Spéciale. Deux notions que nous utilisions encore aujourd’hui dans les nouvelles versions, et qui ont permis de faire grandement évoluer la stratégie pokémon. Plus question de hasard dans l’élevage et dans le recrutement, puisque l’on sait dès le premier regard sur l’écran de Stats ce que vaut véritablement une créature.

Cet opus signe aussi l’arrivée du double type de pokémon, une avancée qui ne parlera pas aux néophytes, mais qui veut dire beaucoup pour les habitués de la saga. En effet, ce double type détermine entièrement les affinités des créatures, au risque parfois d’avoir des mélanges un peu farfelus. Il arrive aussi que ces changements fassent grandement empirer certains défauts de nos pokémon, comme par exemple avec Racaillou qui devient Roche et Sol, pour une faiblesse à l’eau tout simplement destructrice. Enfin, comment ne pas aborder le cas Pokédex, qui a lui aussi été pas mal amélioré. Beaucoup moins austère que par le passé, celui-ci gagne en beauté avec la couleur, et offre la possibilité d’être réglé selon trois modes différents. Dans chacun d’eux cependant, apparaîtra dans le coin en haut à gauche de l’écran l’image de la créature que l’on vise. Un clin d’œil non dissimulé au dessin animé, qui en fait de même, et un résultat plutôt joli.

Le meilleur jeu Pokémon ?

Pokémon Or et ArgentVu sous cet angle, difficile de comprendre ce que Or et Argent a de plus que les autres versions de Pokémon. Elle apporte certes son lot de nouveautés et d’améliorations, mais c’est aussi le cas de chacune des itérations suivantes, pas de quoi placer celle-ci sur un piédestal pour autant. Alors pourquoi faut-il que Or et Argent soit aussi adulé ? Difficile à dire là encore, mais si vous voulez mon avis c’est une question de dosage. Parce que 150 pokémon c’était bien, mais 250 c’est mieux, et ça reste toujours abordable. Ceux qui ne souhaitent que parcourir l’aventure s’y retrouveront, et ceux qui désirent partir à la conquête du pokédex n’y verront pas une épreuve insurmontable. Idem, le fait que cette version dispose de deux régions différentes apporte beaucoup, aussi bien en terme de durée de vie que d’intérêt, puisqu’une fois l’histoire bouclée le terrain de jeu sera tout simplement immense, et grâce à la fonction téléphone on pourra toujours trouver des adversaires.

Et pour ce qui est de son scénario, bien qu’il ne casse certes pas la baraque (on parle de Pokémon tout de même), il faut reconnaître que Or et Argent fait fort en n’étant jamais redondant et en restant toujours relativement juste. On ne sera jamais vraiment surpris, puisqu’une fois encore la trame est assez prévisible, mais un certain mystère s’en dégage et fait tout son charme. Et puis il faut avouer que la gestion du cycle jour / nuit était quand même plutôt novateur pour l’époque, du moins sur console, et que ça avait de la gueule ! Enfin, comment ne pas aborder les pokémon légendaires, avec tout particulièrement Raiku, Suicune et Entei, qui risqueront de vous tomber dessus à tout moment dans les hautes herbes, une fois relâchés. Un petit plus non négligeable à l’ambiance générale du jeu. Reste sa bande son qui, pour une raison que je ne pourrais expliquer, a tendance à plaire plus que celle de beaucoup d’épisodes.


 

Je ne me risquerai pas à qualifier Pokémon Or et Argent de meilleure version jamais réalisée de la série de Game Freak, il y a bien trop d’épisodes pour pouvoir en faire un comparatif global, toutefois force est de reconnaître que ses qualités sont nombreuses. Meilleure que les cartouches précédentes sur Game Boy, c’est un fait indéniable, cette aventure est longue, intéressante, et regorge de nouveautés utiles, ne serait-ce que dans son interface. Peu d’itérations ont innové autant jusqu’ici, et quand bien même, encore moins ont innové aussi justement. En bref, Pokémon Or et Argent ne dispose peut-être pas du même statut de jeu culte que les versions Bleue et Rouge, pourtant il l’aurait clairement mérité.

Pokémon Version Or / Argent

Pokémon Version Or / Argent

Les plus
  • Grand nombre d'améliorations
  • L'inventaire revu et corrigé
  • Deux régions à explorer
  • Un contenu énorme pour l'époque
Les moins
  • Level design plutôt banal
8 10