Pokkén Tournament DX

Prometteur sur le papier, Pokkén Tournament fit l’effet d’un pétard mouillé en débarquant tout fier sur la Wii U mourante de Nintendo. Tout portait pourtant à croire que les bonhommes avaient eu le temps de le rôder, et donc de l’améliorer, avec ces longs mois d’attente durant lesquels il était uniquement jouable sur bornes d’arcade au Japon. Malheureusement, le fait est que le titre nous arrivait inachevé, pourvu d’un contenu risible et d’un gameplay très vite redondant… On est loin du mélange Pokémon / Tekken qu’on nous laissait imaginer. Non content d’avoir provoqué la déception de nombreux possesseurs de Wii U, Bandai Namco remet le couvert sur Switch avec Pokkén Tournament DX, une édition censée être améliorée. En attendant sa sortie fixée au 22 septembre, Big N a diffusé une démo jouable sur l’eShop, donnant un aperçu des combats seuls, et à deux.

Annoncé à l’occasion d’un Nintendo Direct spécial Pokémon, nous ayant dévoilé Ulta Soleil et Ultra Lune ainsi que l’édition 3DS de Or et Argent, Pokkén Tournament DX se présente comme un portage amélioré de la version Wii U avec plus de contenu et quelques modifications. Dans les faits, « l’amélioration » n’est pas aussi flagrante que prévu.

On prend les mêmes… vous connaissez la suite

Pokkén Tournament DX

Graphiquement c’est pas dégueu, mais c’est perfectible

Pokkén Tournament sur Wii U, c’est un peu le temple de la honte pour les amateurs de baston. Le titre est le contre exemple parfait de ce qu’il faut faire pour développer un bon jeu de combat, enchaînant les défauts mineurs, pour un résultat global véritablement décevant. Manque cruel de contenu, absence totale de technicité dans les affrontements, un délire 3D puis 2D difficilement compréhensible, et un ensemble foutrement brouillon…Que dire de plus ? Reste qu’on prend plaisir quelques minutes à essayer plusieurs combattants, parce qu’il est vrai qu’incarner un pokémon pour aller taper sur la tronche d’un autre pokémon, ça a quand même de la gueule… Mais là encore, il y a un hic, puisque le titre embarque un roster très décevant, et les différences en jeu sont trop minces pour que l’on s’y attarde. Une mauvaise pioche, à n’en point douter, qui n’a clairement pas servi à la gloire de la Wii U, désormais morte et bientôt enterrée.

Pokkén Tournament DX

Evidemment, le roster initial est toujours là

L’ennui, c’est que Pokkén Tournament DX, l’édition Switch débarquant deux ans plus tard donc, c’est à peu de choses près la même recette. En effet, du coté du gameplay le titre n’a subit aucune retouche, et on se retrouve une nouvelle fois avec des affrontements terriblement brouillons, faisant la pare belle au tâtonnement et au spam… Inutile de vous dire que les amateurs de jeux de baston peuvent directement passer leur chemin, même les néophytes, qui pourront à la rigueur se rabattre sur Marvel vs. Capcom Infinite si le manque de technique leur sied. A coté de ça, le système d’équipe de soutien semble une nouvelle fois assez superficiel, quoique terriblement inégal. Enfin, les commandes n’ayant pas changées d’un pouce, la prise en main est relativement désagréable pour une raison assez simple : dans les phases 2D, utiliser le joystick est injouable, et dans les phases 3D c’est au tour de la croix directionnelle… Vous voyez où je veux en venir ?

 

Des bons cotés ?

Pokkén Tournament DX

ça devient très vite le bordel sur le terrain

Mais ne soyons pas mauvaises langues, Pokkén Tournament DX a tout de même subit des changements intéressants. À commencer bien sûr par son roster qui s’est étoffé de plusieurs combattants, quoique pas de beaucoup non plus, pour un total de 22 pokémon. C’est loin d’être dingue, mais ça suffit amplement, surtout qu’à la vue des trois jouables dans cette démo (Pikachu, Pingoléon et Dracaufeu) il apparaît clairement que les différences entre chacun ne va pas sauter aux yeux. Reste que l’on mettra certes un peu plus longtemps avant de balancer cette édition Switch dans un placard sombre et poussiéreux. En parallèle, le nombre d’équipes de soutien a lui aussi grossi, espérons juste que dans la version finale certaines d’entre elles aient un réel intérêt en jeu. Parce que, soyons honnêtes, les deux qui nous sont présentées ici ne sont guère convaincantes, tout comme le système de jauge qui permettra de faire appel à elles en combat, bien trop aléatoire.

À coté de ça, le titre a été légèrement lifté graphiquement, ou du moins semble un peu plus joli et peut-être même un peu plus fluide. Sur la TV, il n’est pas dégueulasse, quoique pas transcendant pour autant, tandis que la tablette affiche quand à elle à peu près la même chose que l’édition Wii U. On est loin de la claque graphique d’un The Legend of Zelda : Breath of the Wild, mais tout de même le résultat a le mérite d’être correct. Mieux réussi que les autres aspects du jeu tout du moins, ça mérite d’être souligné.

Enfin, puisqu’il faut bien l’aborder, cette édition Nintendo Switch dispose d’un sacré avantage par rapport à son aînée : sa portabilité. En effet, là où trouver des amis pour jouer sur Wii U était compliqué, d’autant qu’il fallait avoir le matériel en stock (et en plus d’être difficiles à trouver, les manettes Wii U sont inutilement coûteuses), ici il suffira de quelques secondes pour lancer une partie en local ou sur la TV. Bandai Namco a eu la très bonne idée de nous permettre d’essayer ce concept dans cette démo jouable, et en cela j’aurais presque envie de ne pas m’acharner plus sur le titre… Mais les faits sont là : certes, le fait de pouvoir jouer à deux en ne disposant que de deux joy-con est un avantage certain pour ce genre de jeu ; toutefois, soyons clairs à ce sujet, le solo était déjà particulièrement brouillon, et à plusieurs c’est pire. C’était déjà le cas sur Wii U, sur un écran de télévision… maintenant je vous laisse imaginer ce que ça peut donner sur l’écran de la tablette…


 

Arrivé au bout de cette courte démo, il apparaît ostensiblement que les amateurs de jeu de baston peuvent passer leur chemin, et l’amour de Pokémon n’est pas une raison suffisante pour endurer une seconde fois cette purge. Alors à qui s’adresse véritablement Pokkén Tournament DX ? À part à votre petit cousin qui prend plaisir à spammer Hadoken, ou le combo carré-carré-triangle de Law, difficile à dire… Alors bon, je ne sais pas trop quoi vous dire de plus, sinon qu’en dehors d’un roster étoffé, cette édition améliorée ne l’est finalement qu’au niveau de son contenu, ce qui est loin d’être suffisant pour excuser ses très nombreuses tares. 

Pokken Tournament DX

Pokkén Tournament DX

Les plus
  • Sa portabilité
  • L'ajout de quelques combattants
Les moins
  • Les combats toujours aussi brouillons
  • Les combattants se ressemblant trop en jeu
  • Les améliorations beaucoup trop sommaires
  • Graphiquement perfectible
  • Son prix, à n'en point douter