A l’occasion de la Japan Expo, Nintendo a tout bonnement envahi la section jeux-vidéo pour étaler toutes ses nouvelles productions. Entre pépites déjà disponibles et sorties prochaines, la Switch était très largement mise en avant. Trônant au milieu du stand Nintendo, Super Smash Bros. Ultimate s’est laissé approché par le grand public dans une version démo. L’occasion de comparer le nouvel opus à ses prédécesseurs.

La queue paraît bien longue, vue de l’extérieur. Peu importe : avec une camarade, je m’engouffre entre les plots et les bandes de tissu rouge qui délimitent la file d’attente. En une dizaine de minute à peine, la distance à fondu, et nous voilà déjà à 50 centimètres d’une borne libre. Agréable surprise : toutes les manettes compatibles sont testables, y compris la manette Gamecube, grâce à son adaptateur inédit. Une hôtesse se glisse à côté de notre poste : « Vous avez l’habitude d’utiliser cette manette, ou de jouer à Smash ? » Je mens, je dis non, pour voir. Nous sommes habilement redirigés vers une borne équipée de manettes Switch Pro. « Ce sont des manettes plus simples à prendre en main, si vous êtes débutants. Elles sont assez similaires à celles des concurrents. » Malin et bien vu : le personnel connaît le matériel.

Mêlée générale

Enfin bref ! Fi de suspense : chaque manette réagit au doigt et à l’oeil, même si un temps d’adaptation est nécessaire à chaque changement. Logique. La jouabilité reste impeccable, fruit de longues années d’optimisation et de perfectionnement d’une formule déjà bien conçue. Attaques normales et smashes s’enchaînent sans temps morts, sur sol ou dans les airs. Idem pour les attaques spéciales, qui font tout le sel des affrontements. Les trailers n’ont pas menti : Super Smash Bros. Ultimate est plus nerveux et réactif que ses grands frères, se rapprochant de Melee dans l’esprit (pas toujours dans la maniabilité). Pour la Japan Expo, le mode de combat était volontairement plus bordélique que technique, avec des pluies d’objets pyrotechniques pour amuser les joueurs, mais pas de doute : le soft possède un fort potentiel compétitif dès que les joueurs se retrouvent en face-à-face, livrés à eux-mêmes.

Image de Ridley dans Super Smash Bros. Ultimate avec Ridley

Notez bien : Smash Bros. est le seul univers où Ridley peut se saisir d’un gros marteau et vous frapper avec. Comme s’il avait besoin d’être plus menaçant…

Le contre-coup logique est un bazar parfois trop éparpillé sur l’écran. Les sessions de Super Smash Bros. Ultimate se jouaient à 3 ou 4. Imaginez le déluge d’effets spéciaux ! Même avec l’interface peaufinée, se repérer dans la masse de feu, d’étoiles chatoyantes et de fumée relève du parcours du combattant. Je me dois de noter que la Tour, nouvelle arène tirée de Zelda : Breath of the Wild, était souvent peu lisible, à cause d’une faible surface de jeu confinant la zone de bourre-pif. Bien sûr, elle mériterait d’être testée à deux pour tirer plus de conclusions. Par contre, il faut noter une forte orientation cartoon dans la nature des effets spéciaux, alors même que les combattants et décors sont plus détaillés, plus « Full HD ». Chacun appréciera ou critiquera le tournant ; personnellement, je trouve que cela relie mieux des univers très opposés, comme Metal Gear Solid et Kirby, en donnant à chacun une grammaire visuelle commune. La synthèse est réussie. Par moment, ces effets plus exagérés et colorés permettent aussi de mieux se repérer, finalement, dans la mêlée.

Toujours plus loin, toujours plus de monde

Pour le coup, une poignée de personnages étaient jouables, y compris les newcomers Ridley et Inkling. Par curiosité, j’ai mis le grappin sur un Inkling, pour le comparer aux précédents personnages. Le représentant de Splatoon s’insère parfaitement dans le paysage de Super Smash Bros. Ultimate, avec une jouabilité instinctive. L’Inkling possède des mécaniques uniques, tournant autour de sa jauge d’encre. Pour maximiser sa puissance de feu, Inkling doit toujours avoir une réserve minimale d’encre. Colorer vos adversaires renforce la puissance de vos frappes, vous permettant de les expulser plus vite. Ridley fut aussi très agréable à jouer ; puissant, peut-être trop, sa taille massive et ses frappes brutales sont jouissives. Les nouveaux Trophées Aide et Pokémons ne font pas pâle figure non plus. Mon préféré est largement Chelours, toujours incongru et pourtant bien balèze.

En l’espace de quelques parties, Super Smash Bros. Ultimate a confirmé son tournant compétitif, ses qualités visuelles et ludiques ainsi que son gameplay efficace. Le gameplay retravaillé laisse entrevoir un grand potentiel technique, et j’ai hâte de voir les premiers tournois après la sortie du jeu. Comme d’habitude, les choix de Sakurai sont impeccables niveau casting et arènes, même si l’on souhaiterait en avoir toujours plus. Espérons que les prochains personnages à être révélés seront tout aussi bons, et que le soft s’offrira un mode Online solide. Super Smash Bros. Ultimate serait alors l’un des jeux de combat les plus complets du marché.

Super Smash Bros Ultimate

Super Smash Bros. Ultimate

Les plus
  • Le dynamisme et la technicité sous-jacente du gameplay
  • Un casting toujours plus large mais toujours aussi cohérent
  • Des ajouts bienvenus, parfaitement dans l'esprit de la saga
Les moins
  • Parfois illisible quand beaucoup de joueurs se fracassent en même temps
  • Toujours pas en magasin...