ReCore titre

ReCore a été testé sur Xbox One

Alors que les exclusivités Xbox One peinaient à arriver, Microsoft avait surpris son monde lors de l’E3 2015 en annonçant ReCore, un jeu se déroulant dans un univers robotique, avec Keiji Inafune dans le staff. A l’époque, le créateur de Megaman ne se doutait pas que l’autre jeu sur lequel il travaillait, Mighty n°9, allait se faire bouder par la critique. L’homme, qui s’est fait connaître en bossant pour Capcom de nombreuses années, tient ici le rôle de producteur du jeu et son studio, Comcept, a travaillé avec le studio américain Armature et le français Asobo. Une belle collaboration internationale donc, qui laissait présager de belles choses. ReCore a réussi à nous duper.

Comme je l’expliquais plus haut, ReCore avait été annoncé lors de l’E3 2015 comme une exclusivité Xbox One. De par son univers intrigant, le titre était en bonne position pour devenir enfin le console seller qui manquait tant à Microsoft. Malheureusement, le jeu se fait extrêmement (trop ?) discret après le salon Californien et ne réapparait qu’un an plus tard, lors de l’édition 2016. Les premières images de gameplay nous font un peu peur mais on continue d’espérer. Mauvaise nouvelle, on apprend également que le jeu bénéficiera du programme Play Anywhere et qu’il sera donc aussi disponible sur PC. Etrange donc que l’histoire de ce ReCore. Mais le plus important là-dedans, que donne-t-il donc manette en main ? Si de bonnes idées sont bien présentes, ReCore est une énième douche froide. Laissez-moi vous dire pourquoi.


ReCore – Gamescom 2016 Gameplay Trailer par CooldownTV

Orbologiste

ReCore Alter Eden

Le monde d’Alter Eden est sec et stérile, pas top pour installer les humains

Mettons-nous dans le contexte. Une épidémie ravage la Terre et des scientifiques décident de l’évacuer pour une autre planète habitable et moins hostile. Pas de problème, elle a déjà été repérée et appelée Alter Eden. Rugueuse, chaude et stérile, Alter Eden n’est pas vraiment prête pour accueillir l’Humanité. Mais tout a été prévu. Des pylônes sont installés sur la planète pour commencer une terraformation qui la rendra enfin vivable, à base d’orbes étranges. Des agents sont envoyés pour superviser les travaux menés par des robots. Ces agents sont plongés dans un sommeil cryogénique et ne se réveilleront que 200 ans plus tard, lorsque la terraformation doit être terminée.
Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu : la planète est toujours un désert de sable géant et les robots sont devenus violents. Joule (prononcez Djoule, oui, comme le « rappeur ») se réveille au milieu de tout ce pataquès et va tenter d’arranger les choses. A première vue, le scénario n’a pas l’air si mal mais, au fur et à mesure de notre avancée et des messages de notre papa récupérés un peu partout, l’évidence se fait sentir… Entre une originalité absente, des facilités d’écriture et un twist totalement téléphoné, ReCore ne brille pas par son histoire. Le jeu s’illustre-t-il seulement d’ailleurs ? De bonnes choses sont tout de même présentes.
Tout d’abord, Joule ne parcourra pas le monde ouvert d’Alter Eden seule. Elle y sera accompagnée de Mack, un robot chien très affectif, de Seth, un robot araignée qui a le vertige et Duncan, un robot gorille puissant. Chacun possède ses capacités propres, en combat comme sur la carte et permettent à Joule de découvrir soit de nouveaux objets intéressants, soit de nouveaux passages. Mais, si seulement trois de ces orbots (nom donné à ces machines) ont un nom et un semblant de personnalité, deux autres seront accessibles. Pour les jouer, il faudra transférer l’orbe, donc l’âme, d’un des trois, dans celui que vous désirez. Il est même possible d’échanger les corps entre eux.

ReCore orbes

C’est ici que l’on peut améliorer les capacités de ses orbots

C’est ici que nous allons aborder ce qui représente en quelque sorte le cœur du jeu, les orbes. Chaque orbot est donc équipé d’une de ces sphères particulières. Celles-ci se déclinent en plusieurs couleurs : le rouge, le bleu, le jaune, le vert, le orange et le violet. Chaque ennemi donc sera de la couleur de son orbe, il faudra alors adapter son fusil (seule arme du jeu, qui gagne en puissance grâce à l’exp) pour la couleur présente face à soi. C’est un simple système avec la croix directionnelle qui permet de choisir l’une des quatre couleurs de votre arme. Un adversaire bleu sera plus vulnérable aux attaques bleues de votre arme, un rouge sera sensible aux attaques rouges, etc. Deux façons d’achever un ennemi sont disponibles.
Tout d’abord, il est possible de complètement lui ôter sa vie, ce qui lui fera lâcher un peu de loot. La deuxième façon est d’utiliser son Extracteur, un genre de câble qu’on lance en direction de l’orbe de l’ennemi et que l’on va tirer vers soi pour le lui extraire. Joule, si elle réussit cette attaque, se retrouve donc avec un orbe, de plus ou moins bonne qualité, dans son inventaire. Ils serviront à augmenter, une fois revenu dans votre QG appelé l’Exploreur, les caractéristiques de vos orbots comme l’attaque, la défense et l’énergie grâce à un système de points octroyés en fonction de la qualité des orbes. Autant vous dire que pour les monter à fond, il va falloir farmer sévère.
Des ennemis particuliers, comme les boss, possèdent en eux un orbe prismatique, cœur du scénario du jeu. Ces adversaires ne peuvent être tués que si on leur extrait l’objet. Ces sphères sont vitales pour pouvoir continuer l’aventure et accéder aux donjons avancés, qui demandent un certain nombre d’orbes prismatiques. On ne les trouve cependant pas que sur les boss. L’énorme map en monde ouvert de ReCore regorge de ces objets et il faudra tout fouiller pour essayer de les trouver. Ces orbes sont donc une bonne idée en soi, mais elles amènent un sentiment de répétitivité après quelques heures passées sur le titre. Répétitivité également soulignée par le contenu de ReCore.

ReCore tour Eden

Le monde d’Alter Eden a heureusement un peu de gueule

Trop grand trop chiant ?

Comme je l’ai dit, ReCore est un jeu en monde ouvert, découpé en plusieurs zones accessibles à mesure de l’avancée de Joule, tant en niveaux (il va falloir pex pour pouvoir atteindre des zones à niveau élevé) que dans l’histoire. Un monde ouvert beaucoup trop vaste pour un personnage se déplaçant très lentement et qui découragera beaucoup de monde, d’autant qu’il regorge de secrets et qui obligent donc, pour les découvrir, d’arpenter toute la map. On se retrouvera du coup à utiliser uniquement les téléporteurs situés un peu de partout pour se déplacer. Quelle erreur ! Et voilà, un teasing pour ce qui arrivera plus tard. Suspense.
Le monde d’Alter Eden est également composé de divers donjons accessibles, comme dit précédemment, en fonction du nombre d’orbes prismatiques en notre possession. Ici, le jeu mettra à profit (dans le monde ouvert également) le gameplay simple et vaguement rétro de Joule. Celle-ci peut effectuer des doubles sauts ainsi qu’un dash grâce à des propulseurs intégrés à son petit exosquelette. En résultent de nombreuses phases de plate-forme plutôt bien pensées, ponctuées de combats tantôt trop simples, tantôt un poil plus compliqués. L’équilibre de ceux-ci est assez particulier d’ailleurs. J’ai pu me retrouver à galérer contre trois robots de base mais réussir en moins de cinq minutes, sans aucune mort, un gros boss. Mais globalement, le jeu est plutôt facile. Les phases de plate-forme et les « puzzles » ne demandent pas de grandes capacités intellectuelles et c’est dommage. Le jeu manque de challenge même si, dans certains donjons secondaires, les objectifs ne sont pas toujours simples à remplir à 100%.

Pour revenir sur les combats, une touche permet de locker les ennemis présents. Malheureusement le tout est souvent assez confus, surtout dans une salle exiguë et on se retrouve souvent à tirer comme un dératé en appuyant à répétition sur la touche de lock. Si ceux-ci sont détruits uniquement au fusil, ils lâcheront du loot, composé de divers matériaux qui s’entreposeront dans votre inventaire tant que vous n’êtes pas revenu dans votre Exploreur. Là-bas, tout se vide dans le coffre du véhicule (oui l’Exploreur est un genre d’immense véhicule tout terrain). Ces matériaux serviront à personnaliser les différents orbots alliés. Il est donc possible de changer différentes parties d’un orbot après avoir recherché les plans adéquats (que l’on trouve souvent dans des coffres cachés sur la map) pour le rendre plus fort. Les matériaux servent donc à construire le tout. Un système de combinaison de matériaux est disponible pour pouvoir en obtenir de nouveaux de meilleure qualité, demandés pour certains plans. Un système plaisant, pas trop difficile à gérer et dont les résultats sont visibles dès le premier affrontement qui suit l’augmentation.

Pour le moment, vous êtes sûrement en train de vous dire devant votre écran, « bon ça a l’air bien cool tout ça. Pourquoi ce titre alors ? Cet homme sans âme aurait-il osé faire de la putaclic ? ». Non, bien évidemment. Il y a bien une raison pour un titre de ce genre. Je ne faisais que vous appâter habilement grâce à quelque tournure littéraire positive. La réalité de ReCore est tout autre.

Le chargement c’est maintenant

ReCore Duncan

Duncan, un des orbots ayant rejoint votre équipe

ReCore ne part pourtant pas mal. Bien que le jeu soit laid au possible (et ces éléments du décor qui apparaissent n’importe où n’importe quand !) et nous fait plus penser à un titre Xbox live Arcade de la Xbox 360 au niveau des graphismes, on passe de bons moments pendant les deux-trois premières heures de l’aventure. Déjà la direction artistique est bien foutue, les ennemis ressemblent à quelque chose et l’impression de gigantisme des décors est bien là. Ses défauts sont encore occultés par le plaisir de la découverte d’un titre que, personnellement, j’attendais. Et ce n’est pas parce qu’un jeu est laid qu’il est mauvais. Bon, passons sur un autre argument. La new gen était censée nous donner des sensations, du framerate constant et pas trop bas. Si la plupart du temps celui-ci ne s’en sort pas trop mal, il crie de douleur une fois que l’écran est rempli de plus de deux ennemis. Ce point, additionné à la confusion des combats due au grand nombre d’éléments et d’effets, ne rend que plus désagréable l’expérience. D’autant qu’on a connu plus dynamique comme système de combat.

Ceux-ci, pour revenir à eux encore une fois, sont parfois beaucoup trop longs pour ce qu’ils proposent. Un affrontement contre trois robots de taille moyenne peut bien prendre cinq minutes. Cinq minutes à courir et dasher dans tous les sens ça fait long. Ajoutons à la recette un système d’aggro des ennemis complètement pété. Laissez-moi donner un exemple. Lassé des innombrables combats qui m’ont amené jusque-là, je décide de la jouer discret pour traverser cette immense plaine de sable, région nord de la carte. Je vois des groupes d’ennemis poper un peu de partout au fil de mon avancée et je décide donc de me concentrer pour passer entre leurs zones d’aggro. Rien à faire, même à 150 mètres le machin me voit, prévient ses copains et me poursuit. Pareil lorsque, dans une autre zone, je décide de passer par des plates-formes aériennes plutôt que par la voie terrestre, un petit malin arrive toujours à me voir et à m’empêcher de rusher jusqu’au prochain objectif. Cela devient vite très lassant et répétitif. Je te tire dessus, je baisse ta vie suffisamment pour pouvoir accrocher ton orbe, je tire, je te l’enlève, tu meurs, je recommence sur ton copain, etc, etc. Forcément, avec une technique comme celle-là (j’aime les orbes donc je les prends en masse), il faudra régulièrement faire des allers-retours à l’Exploreur pour vider l’inventaire.

ReCore extracteur

L’Extracteur permet de récupérer des orbes et d’ouvrir des mécanismes

Il faut se téléporter jusque là bas via le menu du jeu et un écran de chargement apparaît. Et voici, mesdames et messieurs, pour moi un des plus gros défauts du titre, qui lui enlève le peu de rythme qu’il a déjà, les temps de chargements de ReCore. Ils sont légion, comme dirait l’autre. Utilisation du téléporteur, chargement. Changement de zone, chargement. Entrée dans un donjon, chargement. Entrée dans l’Exploreur, chargement. Et ainsi de suite. Si ce n’étaient que de courts temps de chargement cela passerait mieux. Mais le fait est qu’ils sont beaucoup, beaucoup trop longs. Je me suis amusé à en chronométrer quelques-uns et je suis parfois arrivé à un temps de 1 minute 38. C’est très long 1 minute 38 lorsqu’on n’a rien d’autre à faire que de regarder son écran sur lequel s’affichent des conseils que l’on connait déjà.

Surtout, le jeu semble « favoriser » tous ces temps d’attente. Vu que j’aime les exemples et les histoires, je vais vous raconter celle qui suit. Lorsqu’on sort de l’Exploreur, on ne peut emmener que deux compagnons avec nous. Déjà, ces compagnons auront dû être préparés en vue des obstacles qui peuvent éventuellement nous attendre sur la route (en mettant en marche ce fameux échange des orbes). Deux temps de chargement plus tard, on se retrouve face à une difficulté, l’équipe sélectionnée n’est pas du tout adéquate, et, surtout, un des robots nécessaires est en repos dans l’Exploreur, sans son orbe. Il faut donc y retourner et se taper encore ces temps de chargements. Vous comprenez un peu ? Plusieurs fois j’ai été découragé par le fait de savoir que j’allais devoir passer par tant de chargements et ait plutôt décidé d’abandonner.


ReCore aurait pu être un jeu extrêmement fun et intéressant, si les équipes avaient fait en sorte qu’il le soit. Lorsqu’on voit sa campagne de communication, on se dit que rien n’a été fait de leur part pour satisfaire au mieux les joueurs. Evidemment, on ne leur a pas montré grand-chose, ce qui ne leur a pas permis de s’exprimer dessus. Les développeurs auraient alors pu se rendre compte que quelque chose n’allait pas. Daté visuellement, possédant un gameplay qui nous amuse pendant les premières heures mais qui nous fait pousser un soupir d’exaspération plus tard, bourré de petits bugs, un framerate en carton et des temps de chargement en veux-tu en voilà, ReCore est une grosse déception. On arrive tout de même à se prendre d’affection pour l’héroïne Joule, candide et sympathique, et ses orbots de compagnie qui arrivent à être mignons. De bonnes idées sont présentes également. Mais malheureusement, rien de tout cela n’arrivera à nous faire oublier les énormes soucis dont souffre ReCore, et c’est vraiment dommage.
ReCore

ReCore

Les plus
  • Les phases de plate-forme
  • Le système d'orbes
  • Les orbots
Les moins
  • Les temps de chargement
  • Laid
  • Framerate aux fraises
  • Trop répétitif
  • Les combats manquent de dynamisme
  • Les temps de chargement
5 10