Redout logo

redout testé sur PC

Cela faisait près de 2 ans que Redout avait été annoncé par les gars de 34BigThings. Deux ans que l’on se demandait si c’était, enfin, le retour officiel des jeux de courses de vaisseaux. Le retour de la période F-Zero – WipeOut, pour ne citer que les deux figures principales (les autres étant par exemple Rollcage, Star Wars Racer ou POD). On nous promettait des courses survoltées à plusieurs centaines de kilomètres-heure, des circuits incroyables qui allaient nous retourner l’estomac, d’autant que le jeu est compatible avec la VR. Autant vous le dire tout de suite, la promesse est tenue mais quantité de petites choses abaissent Redout vers une qualité que l’on appellera moyenne plus.

Comme nous allons le voir tout au long de ce test, Redout se veut comme un hommage et une suite spirituelle aux jeux de courses à grande vitesse des années 1990 – 2000. Un genre qui tend aujourd’hui à revenir doucement grâce à des développeurs indépendants qui veulent montrer leur amour au monde entier. On peut noter par exemple l’early access de GRIP, qui remet au goût du jour les mécanismes d’un Rollcage. 34BigThings se voyait plus dans l’anti-gravité et nous propose donc Redout, développé sous Unreal Engine 4 pour une plongée décoiffante dans un univers futuriste dont on revient diverti mais un peu déçu.


Redout – Trailer de lancement – gamescom 2016 par CooldownTV

 

Retour dans le passé

Redout vitesse

La sensation de vitesse est assez grisante

Je me rappellerai toujours de ce jour de noël 2002. Mes parents ont enfin décidé de m’offrir une console, ma première console. Bien sûr, il s’agissait de la PlayStation 2, reine des machines à cette époque face à une Xbox qui peinait à convaincre et une Gamecube qui venait d’apparaître dans nos magasins. Fini les après-midi à squatter chez mon voisin pour tâter du Tekken 3, du Medal of Honor ou du Crash Team Racing sur sa PlayStation, j’avais MA console et je découvrais un monde extraordinaire fait de polygones, de 3D, d’effets de lumière. Un monde que je ne quitterai évidemment pas. Avec cette console, un jeu de course pour le moins mythique, Gran Turismo 3 et un CD de démos. Ma mémoire flanche après toutes ces années mais il me semble que j’avais dedans, Sly Cooper, un FIFA et, ce qui nous amène au sujet de cette discussion entre vous et moi, WipeOut Fusion. A peine la démo lancée, j’étais déjà conquis par le jeu. J’étais jeune à l’époque, et passer plusieurs heures sur un même circuit avec le même vaisseau, à écouter le même morceau de techno ne me gênait guère (mes parents si). J’étais impressionné par l’effet de vitesse qui se dégageait lorsqu’on atteignait les 500 km/h, les attaques que l’on pouvait balancer sur les concurrents et le circuit totalement dingue. Je me rappelais avoir déjà joué à un jeu « similaire » sur la Nintendo 64 de mon cousin, j’apprendrai plus tard qu’il s’agissait de F-Zero, et trouvais que les sensations sur ce dernier n’étaient pas aussi intenses. Je faisais donc officiellement partie de la « team WipeOut ». Malheureusement je n’aurai pas l’occasion d’acheter un épisode de la franchise sur ma PS2. Et j’ai au final vite abandonné l’idée, un ami m’ayant alors présenté Star Wars Racer sur son ordinateur…

Bref, maintenant que le contexte a été expliqué revenons à nos moutons. Redout est un jeu de course très agréable et assume complétement son côté hommage. Et c’est peut-être un des défauts du titre de 34BigThings. Le fait est qu’après une petite heure de jeu, j’avais déjà cerné Redout. Il s’agit en effet d’un jeu hommage mais qui reprend tellement de mécaniques connues que l’originalité peine à se faire remarquer. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas, mais elle passe plutôt au second plan, bien qu’elle fasse partie intégrante du gameplay du jeu. On peut citer le système de propulseurs que l’on équipe sur les vaisseaux que l’on possède, un système bienvenu et intéressant. Chaque engin peut accueillir deux propulseurs, un actif, que l’on active donc en course quand on veut, et un passif. Le propulseur actif consiste en un genre de bonus pour soi-même (un drone qui répare notre bolide, un bouclier, etc) ou un malus pour les adversaires (brouillage de l’écran, drainage de l’énergie, etc). Ces propulseurs ajoutent un côté stratégique à Redout puisqu’il faudra choisir le plus approprié pour tel type de course. Lors d’une course d’endurance, il faudra peut-être privilégier un drone réparateur pour éviter de voler en éclats et de perdre de précieuses secondes.
Oui, car ici, chaque erreur peut-être fatale pour le résultat final. Une barrière percutée, un adversaire accroché un peu trop fort, et vous perdrez énormément de vitesse et de vie. Un temps précieux qu’il sera assez dur de rattraper tant les adversaires jouent serré avec vous. Combien de fois m’est-il arrivé de me faire doubler par trois gus d’un coup devant la ligne d’arrivée alors que j’étais persuadé d’être seul devant ? Un petit souci d’IA qui nous poussera à nous surpasser, un mal pour un bien donc si on peut dire. D’autant que l’IA a tendance, à l’instar d’un Mario Kart, à rester dans le même ordre lors d’un tournoi même si on le recommence. Je chipote à ce niveau puisque le plus important est d’arriver à la meilleure place possible mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il est frustrant de toujours se battre contre les mêmes personnages.

Redout bouclier

S’équiper d’un propulseur permettant de mettre un bouclier peut vous sauver une course

Qu’importe la façon, pourvu qu’on ait la vitesse

Au niveau du gameplay, Redout fait le boulot et propose un pilotage orienté arcade mais avec quelques subtilités. Tout d’abord, je ne peux que vous conseiller d’utiliser un pad pour jouer, mais cela semble logique. Le vaisseau tourne avec le stick analogique gauche mais cela n’est pas suffisant pour bien prendre un virage, en plus de gérer le freinage (qu’il faut bien prévoir à l’avance). Le stick droit permet d’incliner un peu plus votre vaisseau sur les côtés ou vers le haut ou le bas. Les côtés resserrent la prise des virages ce qui entraîne une baisse significative des chocs contre les barrières, tandis qu’incliner son bolide vers le haut lui permet de mieux appréhender une montée raide, et le faire pointer vers le bas lui évite de perdre de la vitesse dans une pente ou à travers un nuage rouge. Ce nuage rouge est un des obstacles rencontrés au milieu des pistes de course et qui demandent d’adapter son pilotage pour être le moins embêté possible. En plus de gérer son inclinaison il faut évidemment penser aux sorties de virages, ultra importantes si vous voulez doubler un concurrent grâce au boost, qui se recharge relativement vite mais qui ne sert pas forcément à grand-chose en ligne droite. Malheureusement une donnée que j’ai négligée jusqu’à tard dans la campagne, me privant de nombreuses médailles d’or.

Côté contenu, Redout n’a pas à rougir. Le jeu propose une campagne solo qui consiste en une succession de courses avec des vaisseaux plus ou moins puissants en fonction de votre niveau. C’est ici que vous gagnerez de l’argent en finissant des courses, pour vous acheter de nouveau propulseurs (qu’il est possible d’upgrader) et de nouveaux véhicules. Vous aurez également, à plusieurs reprises pendant votre campagne, l’occasion de signer des contrats qui, sous conditions, vous permettront d’améliorer encore vos vaisseaux. Le jeu n’est pas dur en soi lorsqu’on commence à maitriser le gameplay des vaisseaux mais offre tout de même quelques moments frustrants. Cette campagne pourrait être qualifiée d’échauffement pour le mode en ligne que propose Redout, et ici, c’est une autre paire de manches, entre les bourrins qui n’hésitent pas à vous envoyer valdinguer contre une barrière et les pros qui, une semaine après la sortie du jeu, vous mettent quatre secondes dans la vue. Sinon il y a toujours moyen de s’entrainer sur un des 10 modes de jeu en course solo.


Ces dix modes sont séparés en deux groupes, un groupe normal et des événements Pure, c’est-à-dire qu’ils n’autorisent pas l’utilisation des propulseurs. Sinon on est dans du classique et, je n’ai pas vu énormément de différence entre le mode Course et le mode Last Man Standing, le but étant toujours d’aller le plus vite possible et de rester devant. Au total, il est possible de courir sur une vingtaine de circuits qui se trouvent dans quatre régions différentes. L’occasion d’admirer (si vous en avez le temps) les beaux décors de Redout construits sous Unreal Engine 4. Les vaisseaux, quant à eux, possèdent un design particulier, plus épuré, faisant penser à un simple assemblage de polygones peu nombreux. Mais chacun des six types de vaisseaux (qui possèdent quatre bolides de niveaux de puissance différents) représente un hommage certain.
On pourra penser au taxi du Cinquième Elément (je ne mettrai pas ma main à couper là-dessus, mais c’est l’impression que j’en ai eu), aux pods de Star Wars Episode 1 en passant par des designs allongés, faisant penser aux vaisseaux de WipeOut. Chacune de ces machines possède un sound design relativement bien fichu mais que je ne peux m’empêcher de trouver décevant. Je m’attendais à des bruits de moteurs bien crados mais je me retrouve au final avec des vaisseaux qui se propulsent à la vapeur… Notons la techno qui fait son grand retour pour rythmer les courses. Musiques qui, soit vous énerveront au bout de dix minutes, soit vous feront vous endormir tellement elles sont peu entrainantes. Mais tout de même, bon point pour l’hommage.

Redout pods

L’inspiration de ce vaisseau est évidente pour qui a déjà vu un Star Wars


Je ne sais que penser de ce Redout. Je l’attendais avec impatience, heureux de pouvoir arpenter les pistes à 800 à l’heure dans des vaisseaux qui pètent la classe comme on dit. Au final je me retrouve avec un jeu, certes très divertissant, qui demande de la concentration, qui propose un contenu convenable pour le prix demandé (une trentaine d’euros) mais qui souffre de petites choses qui gâchent parfois le plaisir. Il est parfois difficile de s’y retrouver sur la piste tant les effets peuvent être nombreux. Le sound design n’est pas à la hauteur de mes attentes (mais n’est pas mauvais) et l’IA peut-être parfois frustrante. Au-delà de tout cela, Redout est un titre très agréable, mais peut-être pas assez pour qu’on ait envie de rester dessus de nombreuses heures.

Redout

Redout

Les plus
  • La sensation de vitesse
  • Le gameplay, facile d'accès mais dur à maîtriser
  • Le système de propulseurs
  • Du contenu
  • Des circuits variés
Les moins
  • Un certain manque de visibilité parfois
  • IA frustrante par moments
  • Musiques très bof
  • Pas de multi local
7 10