Il est fort probable que peu de joueurs se souviennent de Supersonic Acrobatic Rocket-Powered Battle-Cars sur PlayStation 3 sorti en 2009. Six ans après une première tentative pas vraiment convaincante, Psyonix retente sa chance avec un jeu qui a débarqué sur PC et PlayStation 4. Une petite remise à jour graphique, un concept toujours aussi simple et un nom un peu moins casse tête et voilà que débarque Rocket League. Pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent et pourtant le dernier né du studio californien est probablement en train de réaliser le braquage de l’année sur les deux plates-formes qui l’accueillent. Pourquoi un tel succès ? Cooldown tente de vous donner la réponse dans ce test un peu tardif.
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De 7 à 77 ans !

Rocket League fait donc officiellement partie de ces jeux au concept complètement improbable quand on y pense à tête reposée. Une arène fermée, un énorme ballon et deux équipes de…voiture radiocommandées. Si si, c’est bien ce dont il s’agit. Un match de foot, ni plus ni moins, où les joueurs qui tombent comme des mouches sont remplacés par des petits bolides boostés à la nitroglycérine qui ne demandent qu’à pousser cette grosse balle au fond de la cage adverse. Au niveau des commandes là encore rien de plus simple: un bouton pour accélérer, un pour freiner, un pour sauter et un pour utiliser le turbo. Ce dernier se recharge sur le terrain soit petit à petit en passant sur les petites pastilles jaunes soit d’un coup en ramassant une boule jaune sur un des côtés du terrain.

Évidemment, lorsqu’un joueur passe sur une de ces recharges il faut alors attendre un peu avant qu’elle ne revienne. Les matchs se disputent sur une seule manche de cinq minutes, l’équipe gagnante étant tout simplement celle qui aura marqué le plus de but. En cas d’égalité en fin de match, on jouera une prolongation qui se terminera au premier but marqué. L’arène étant fermée il est impossible de faire sortir la balle, ce qui signifie que seul le fait de marquer un but peut générer un (très court) arrêt de jeu. La réussite de Rocket League tient en partie de cet état de fait : durant les cinq minutes que durent un match il n’y a pas de temps mort. Et comme les petits bolides utilisés sont hyper nerveux, un match de Rocket League c’est de l’action non-stop qui rend ces trois cent secondes intenses et fun au possible. Si ce gameplay est d’une simplicité effrayante, sa profondeur fait de Rocket League un jeux bien difficile à maîtriser.

Si vous n’êtes pas convaincus, jetez donc un œil aux vidéos de gameplay de joueurs comme Fyshokid ou M1k3Rules et comparez ensuite avec une partie d’un joueur débutant. C’est bien simple, on a l’impression de ne pas regarder le même jeu. Cette profondeur de jeu vient avant tout de la physique de la balle et des véhicules qu’il faut apprendre à appréhender et à maîtriser pour vraiment devenir un bon joueur de Rocket League. Il ne suffit pas de foncer tête baissée sur le ballon et de « courir » dans tous les sens comme un chien fou pour espérer marquer un but ou, mieux, gagner des matchs. Bien au contraire. Il faut vraiment apprendre à se positionner, tenir son rôle, savoir réagir aux rebonds de la balle tout en gérant le jeu aérien. Car les sauts dont sont capables les voitures sont cruciaux pour la bonne gestion d’un match et la tenue du ballon. Sans oublier la gestion du turbo qui s’avère beaucoup plus subtile que de simplement appuyer sur un bouton pour vider d’un coup sa jauge complète.

Bref, vous l’aurez compris, la très grande force de Rocket League c’est avant tout la profondeur de son gameplay qui offre une marge de progression énorme à tous les joueurs qui voudront s’y essayer et tenter l’aventure en ligne. Rassurez-vous, puisque le jeu est très accessible on peut tout à fait s’amuser sans chercher à devenir un dieu de l’arène. Bien au contraire. Les parties entre potes sans se prendre la tête sont tout aussi fun que les matchs de haut niveau sont passionnants. C’est brouillon, pour ne pas dire bordélique, on se rentre dedans, on fait des passes sans le vouloir, on marque des buts totalement improbables et au final on se marre comme jamais. On finit par enchaîner les parties sans voir l’heure défiler, preuve que le jeu est captivant à tout niveau.

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eSports, me voilà !

Au niveau du contenu, là aussi, Rocket League joue la carte de la fausse simplicité avec 4 modes de jeux basés sur les mêmes règles mais qui, dans la pratique, se veulent finalement totalement différents. On passera rapidement sur le mode solo qui permet de joueur un championnat contre des joueurs IA même si cela reste bien pratique pour se faire la main tranquillement dans son coin. On pestera tout de même contre ces bots dont l’efficacité varie de la nullité frustrante (ce coéquipier qui arrête nos tirs) au génie insupportable (des tirs en trois bandes en pleine lucarne). Ce sont vraiment les modes de jeu à plusieurs qui offrent le plus possibilités.

Le 1 vs 1 se veut terriblement technique et il faut absolument maîtriser tous les aspects du jeu pour ne pas se faire laminer. Le 2 vs 2 offre une alternative intéressante puisqu’on peut déjà apercevoir la gestion des rôles en assignant un joueur à la garde des cages. Le 3 vs 3 est le mode préféré des joueurs puisqu’il permet la mise au point de véritables tactiques comme les attaques en duo pendant que le troisième joueur s’occupe de détruire les adversaires avec sa nitro. Des choses que l’on peut retrouver au niveau du 4 vs 4 même si ce mode se veut beaucoup plus bourrin et frénétique autrement dit, réservé aux soirées canapés avec les potes. Il n’est donc pas surprenant de voir que la scène eSports a accueilli les bras ouverts le dernier né de chez Psyonix tant il est capable de proposer du spectacle de haut niveau et de voir que le jeu cartonne aussi bien sur PC que sur PlayStation 4 (l’offre du PSN+ du mois d’août ayant bien aidé il faut l’avouer) vu la quantité de fun que les parties peuvent distiller sans se prendre la tête.

Attention toutefois, cet enthousiasme concernant le gameplay ne doit pas masquer les petits défauts de Rocket League qui, sur bien des plans, se contente du strict minimum sans chercher à en faire plus. Techniquement si le jeu est assez plaisant à regarder il ne fait pas non plus dans l’extraordinaire. Propulsé par l’Unreal Engine 3 avec ses effets de lumière flashy sympathiques les développeurs auraient pu forcer un peu plus leur talent pour vraiment aller plus loin. Même chose au niveau du contenu. Si on apprécie le fait de gagner de l’expérience au fil des matchs, on regrette que celle-ci ne serve finalement pas à grand chose. Certes on pourra toujours frimer dans les menus en ligne en affichant un niveau dix fois supérieurs aux autres joueurs, ça n’apporte fondamentalement pas grand chose de très intéressant.

Le contenu de customisation des véhicules (chapeau, jantes, aspect des traces du turbo, couleur et autocollants) se débloque petit à petit mais là encore, se veut relativement sobre. Quant aux statistiques des joueurs elles sont vraiment décevantes, surtout pour un jeu qui, au final, tend à vouloir faire de ses joueurs des stars de la scène en ligne. On aurait vraiment apprécier une petite carte de visite complète histoire de se construire un vrai CV en ligne. Dommage. Enfin dernier point: le prix ! Rocket League est vendu actuellement un peu plus d’une vingtaine d’euros, ce qui est beaucoup en comparaison du contenu offert. Certes si on compte en nombre d’heures que l’on y passera il sera vite rentabilisé, mais pour un tel tarif on n’aurait pas dis non à un peu plus de contenu.

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Conclusion

En mélangeant deux genres qui n’ont, à priori, rien en commun, Psyonix réussit finalement à proposer un jeu universel qui a le potentiel de plaire à tout le monde. Sa grande simplicité, aussi bien au niveau du gameplay que de sa mise en place en fait un jeu terriblement efficace pour les soirées à plusieurs et saura parfaitement remplir son rôle de divertissement fun et pas prise de tête. Une fois le plaisir de la découverte passé, viendra alors celui de la progression grâce, notamment, à ce gameplay riche et dynamique au possible et aux multiples facettes de son jeu en équipe. Avec l’intérêt que lui porte la scène eSports il est clair que l’on devrait entendre parler de Rocket League pendant un bon moment, et c’est tant mieux. Il faut espérer que Psyonix sache en tirer le meilleur en proposant du contenu régulièrement (et pas forcément du DLC payant messieurs) pour que les joueurs soient contents de l’investissement demandé au départ. Mais il faut bien reconnaître déjà que réussir à proposer un jeu aussi addictif avec un concept aussi simple est une véritable prouesse comme on en voit malheureusement trop peu ces derniers temps.
Rocket League

Rocket League

Les plus
  • Du Fun sans fin !
  • Marge de progression énorme.
  • Aussi bon pour l'eSports que pour le canapé.
  • Multijoueur en ligne et offline.
  • Cross-play PS4/PC.
  • Le mode replay.
  • Le mode spectateur.
Les moins
  • XP inutile.
  • Contenu de base un peu rachitique.
  • Finalement pas de vraies innovations.
  • Statistiques sous exploitées.
  • Un peu cher quand même !
  • Une pensée émue pour les joueurs Xbox One.
7.5 10